Remerciements à : Daniel Lipman et Ron Cowen, ainsi que Russell T. Davies, d'avoir créé une série aussi géniale, et à Epsylon, sans qui je n'aurais sûrement jamais pu m'en sortir.
Avertissements : - Si par un concours de circonstances improbables vous êtes parvenu jusqu'ici alors que vous considérez l'homosexualité comme une maladie mentale, il vous est vivement conseillé de rebrousser chemin et de ne pas revenir avant d'avoir un peu évolué.
Cette fic est classée M, pour des raisons qui vont vite vous sauter aux yeux. Donc si vous avez moins de 16 ans, je vous conseille également d'attendre quelques temps avant de lire cette fic.
A partir de là, vous êtes considérés comme prévenue chers lecteurs.
Résumé : C'est une variation effectuée à partir de la fin de l'épisode 3.04 de la série Queer as folk. Pour ceux qui auraient la mémoire qui flanche : après avoir été accusé, puis innocenté, dans une affaire de pédophilie, Brian reçoit la visite de Justin, venu lui rapporter le bracelet volé par son neveu ; à ce moment précis, la tension sexuelle entre les deux hommes est telle que l'on pourrait faire marcher un vibromasseur sans pile ; au lieu de céder à la tentation, Justin préfère retourner auprès d'Ethan. Quel cours aurait pris l'histoire s'il était resté ?
Review : (Epsylon) En effet, dans la VF ils ont remplacé « Sunshine » par « mon Ange » ( je crois que la raison est que Sunshine se traduit par rayon de soleil, du coup ça fait un peu communauté hippie, et ça devait poser problème au niveau du mouvement des lèvres) j'ai choisi la VF parce qu'écrivant en français j'ai voulu être francophone jusqu'au bout.
Chapitre 2
Justin s'éveilla peu avant l'aube _ il devait être près de 5 heure du matin, il faisait encore nuit noire _ sa tête posée sur la poitrine de Brian, bercée par le rythme de sa respiration. Ce dernier dormait à poing fermé, son bras gauche reposant mollement sur le dos du jeune blond, sa main droite encore prise dans ses mèches. Tous deux étaient couchés en travers du lit.
Doucement, mais aussi rapidement qu'il le put, Justin se dégagea et alla chercher ses affaires, qui étaient demeurées au pied de la porte. Il se rhabilla à la hâte et quitta le loft sans un bruit. Une fois dehors, il marcha un long moment, le visage offert au vent froid qui se levait. Le pas lourd, la démarche incertaine, il s'efforçait vainement de remettre de l'ordre dans ses idées. Les larmes lui montaient aux yeux lorsqu'il songeait à Ethan qui avait dû l'attendre toute la nuit.
Comment allait-il bien pouvoir lui expliquer son absence ? Devait-il lui dire la vérité ? S'il se mettait à genoux, s'il le suppliait sans cacher ses larmes, peut-être parviendrait-il à lui pardonner ce moment de faiblesse. Car ce n'était que cela, n'est-ce pas ? Un simple moment d'égarement, une erreur qui ne se reproduirait plus jamais. Mais pouvait-il en être si sûr..? Lorsque le souvenir de la nuit passée redevint présent à son esprit, que tous ces sens en ébullition se rappelèrent de la sensation de son corps fort, sensuel, pressé contre le sien, il ne put contenir un sentiment de plénitude qui lui transperça la colonne vertébrale. Et ses larmes reprirent de plus belle sans qu'il puisse les arrêter. Il se trouva désorienté et dû s'appuyer contre un muret pour retrouver un semblant d'équilibre, la respiration laborieuse.
S'il n'y avait pas d'autre moyen, s'il ne pouvait demeurer seul avec Brian sans se jeter sur lui, alors qu'à cela ne tienne : il ne le verrait plus. Mais à cette idée, il se sentit envahi d'un sentiment de détresse et de vide immense, s'affaissant le long du mur. Bon sang qu'allait-il faire !
Il arriva devant la porte de l'appartement de Daphné, sans trop savoir comment, et frappa dessus comme un automate. Son amie lui ouvrit, l'air fatigué, surprise de le trouver sur son palier à une heure pareille avec ce visage hagard.
_ Daphné, je peux utiliser ta douche, s'il te plait ?
_ Euh...Ou...oui...
Sa demande ressemblait tant à une supplique, que la jeune femme n'eut pas le cœur d'exprimer le moindre refus. Qui plus est, il paraissait tellement perdu, qu'elle était décidée à ne pas le remettre dehors avant de savoir ce qui le tourmentait tant.
Justin fila directement sous la douche, sans ajouter un mot. Il savait qu'il n'échapperait pas à une séance d'explications, mais pour le moment tout ce qu'il voulait c'était se débarrasser de l'odeur de Brian qui lui collait à la peau depuis qu'il avait quitté le loft. Finalement, c'était plus que logique qu'il soit allé en priorité chez Daphné : en territoire neutre, où il savait qu'il ne serait pas jugé et que, quoiqu'il décide, il serait soutenu. Oui, en cet instant, ce dont il avait besoin c'était d'une épaule amicale sur laquelle il pourrait se reposer pour réfléchir en toute tranquillité.
Il fit couler l'eau glacée, le froid mordant faisant voler en éclat la douce torpeur dans laquelle il baignait depuis la nuit passée. L'eau noya ses larmes, le libéra de l'emprise de Brian, et surtout, le mit face à sa faute. Il se sentait dévoré par le remord et la culpabilité _ étrangement _ sans être sûr que ce soit envers Ethan. Lorsqu'il sortit de la douche, grelottant, une serviette propre et un peignoir l'attendaient au bord de l'évier. Il remercia intérieur sa meilleure amie qui, décidément, savait mieux que personne lui venir en aide. Dans le salon, cette dernière l'attendait sur le canapé, l'air attentif. Il s'assit à côté d'elle, fixant le mur, et commença son récit par sa conclusion :
_ Je suis un sale con d'enculé hypocrite.
Environ une demi-heure plus tard, Justin et Daphné étaient toujours assis côte à côte, l'un tenant sa tête entre ses mains, l'autre lui serrant l'épaule droite.
_ J'arrive pas à le croire, se lamenta Justin, je l'ai quitté parce que j'en avais assez de ses histoires de coucheries à partenaires multiples, et à peine trois semaines plus tard _ alors que j'ai un petit-ami, qu'on a tous les deux une vie sentimentale et sexuelle quasi-idyllique _ je me jette sur lui comme un junkie sur sa dose d'héroïne. Je suis encore plus pathétique qu'un ex-drogué qui aurait replongé.
_ Si le sexe à long terme avec Brian provoque l'addiction, c'est peut-être la raison qui fait qu'il n'avait jamais eu de petit-ami avant toi.
Justin lui jeta un regard noir.
_ Ca va, je tentais juste de détendre l'atmosphère, répondit Daphné. Alors qu'est-ce que tu vas faire ?
_ Me pendre.
_ C'est un peu radical.
_ D'abords, il faut que je trouve une explication à donner à Ethan pour mon absence de cette nuit.
_ Tu ne vas pas lui dire la vérité.
_ Si, mais d'abords il faut qu'il m'arrive un truc horrible. Peut-être qu'il m'en voudra moins si j'ai les deux jambes cassés...
Les deux amis rire de bon cœur, Daphné fut soulagée de voir que le jeune homme avait retrouvé un peu de bonne humeur.
_ Ethan devrait bien se montrer compréhensif : après tout, il était à la place de Brian il n'y a pas si longtemps.
Justin resta songeur, il n'était pas certain que les situations de Brian et Ethan soient comparables.
_ Pour le moment il vaut mieux ne rien dire. Je vais rentrer, et pour lui expliquer mon absence, je lui dirais que j'étais ici pour t'aider à je-ne-sais-quoi...
_ Chagrin d'amour : dit-lui que je me tenais sur le bord de l'évier avec une lame de rasoir et que j'étais prête à m'ouvrir les veines.
_ Oui, je lui dirais ça pour le moment.
Au diner, Justin peinait à suivre le mouvement : il n'arrêtait pas de se tromper dans les commandes, renversa le café et s'endormit à trois reprises contre le comptoir. Debbie dû le rappeler à l'ordre un nombre incalculable de fois. Ses paupières étaient lourdes et il avait des cernes énormes sous les yeux.
_ Mon Ange, mais qu'est-ce qui t'arrive aujourd'hui, t'as une tête à faire peur.
_ Désolé Deb, j'ai aidé Daph à réviser ses examens. Ca l'angoissait tellement qu'on y a passé la nuiiiiiiiiiiiiiiit, répondit le jeune homme d'une voix endormie.
_ Dis plutôt qu'Ethan t'a pas laissé fermer l'œil, répliqua la serveuse en riant. Ecoute, je sais que vous êtes jeunes et en pleine possession de vos moyens _ et vous avez parfaitement le droit d'en profiter _ mais si Dieu a inventé les week-ends, c'est pour éviter que les clients se retrouvent avec un zombie pour les servir.
_ D'accord, je tâcherais de m'en souvenir la prochaine fois.
Prions pour qu'il n'y en ait pas de nouvelle.
Alors qu'il se faisait cette réflexion, un nouveau client entra dans le snack. Sans même lever les yeux _ trop occupés à s'assurer que la cafetière ne débordait pas _ Justin marcha d'un pas automatique vers lui et s'arrêta devant sa table.
_ Qu'est-ce que ce sera ? dit-il en luttant pour ne pas bailler.
_ Un grand flacon de vitamines, ça urge.
Le jeune homme lâcha la cafetière qu'il tenait à la main lorsque, levant la tête, il se retrouva face à celui qui ne cessait d'hanter son esprit depuis que le jour c'était levé. L'objet tomba à terre avec grand fracas, répandant son contenu sur le lino. Debbie se précipita vers eux avec une serpillère tandis que Justin c'était déjà baissé pour ramasser les éclats de verre.
_ J'ai l'impression que quelqu'un a passé une toute petite nuit hier soir, lança Brian d'une voix neutre.
Le jeune homme se cogna la tête contre le rebord de la table, et pour couronner le tout la main qui tenait les éclats de verre se referma instinctivement sous l'effet du choc.
Bordel ! Mais qu'est-ce qui lui avait pris de quitter son lit ce matin.
Bon d'accord, ce n'était pas son lit.
Bon d'accord, Brian était encore dedans.
_ Fiche-lui la paix, toi, s'énerva Debbie à l'adresse de Brian. Le pauvre Ange n'est pas dans son assiette aujourd'hui...
_ Oui, j'avais cru comprendre. Et la mienne arrive quand ?
_ Quand y aura moins urgeant. Et toi, cette fois elle s'adressa à Justin, vas soigner ça et prends ta journée _ avant de blesser quelqu'un d'autre.
L'interpelé ne protesta pas, attrapa une serviette en papier et l'appliqua sur ses plaies. Puis il quitta la salle en trombe, sans prêter attention au regard de Brian braqué sur lui. Il rentra directement chez lui, heureusement il n'avait pas de cours ce jour-là. Affalé dans le vieux sofa défoncé, avec Wolfram(1) installé sur son ventre, il dû passer toute la journée à dormir. Si bien que lorsqu'il émergea de son sommeil, la nuit était tombée. Ce fut le contacte doux et chaud d'un baiser sur ses lèvres qui le fit sortir de ses songes. Ouvrant les yeux, il vit Ethan agenouillé près de lui, un sourire tendre et radieux cousu sur le visage.
_ Alors comment s'est passée ta journée, mon Bel au Bois Dormant.
_ Ne m'en parle pas, répondit Justin, un vrai cauchemar. Au diner, j'ai enchaîné les catastrophes et je me suis même ouvert la main.
Il lui montra sa main bandée. Ethan la prit dans les siennes et l'embrassa. Puis l'embrassa sur la bouche, dans le coût, et commença à faire glisser la fermeture éclair de son sweet. Alors qu'ils approfondissaient leur baiser, un bruit semblable à un grognement de bête affamée se fit entendre, provenant de l'estomac du blond.
_ Je parie qu'avec toute cette agitation tu as complètement oublié de manger, commenta Ethan avec amusement. Ne bouge pas je vais te préparer quelque chose.
Assis de chaque côté de la table, les deux jeunes gens se dévoraient des yeux. Justin se sentait plus reposé et apaisé. Le mal aise qui l'avait poursuivit toute la matinée semblait s'être évaporé. Après tout, était-il vraiment utile d'en parler à Ethan ? La nuit dernière n'avait été qu'un moment de faiblesse, une erreur qui ne se reproduirait pas, il en était persuadé. Brian et lui avaient été ensemble pendant près de deux ans, coucher ensemble était devenu presqu'un réflexe pour eux. Il avait entendu parler d'anciens fumeurs qui reproduisaient dans leur sommeil les gestes qu'ils exécutaient du temps où ils tenaient encore une cigarette en main(2). Ce qui s'était passé pouvait s'apparenter à ce genre de réflexe.
_ Tu devais vraiment dormir profondément, lança Ethan au milieu du repas, je t'ai appelé plusieurs fois sur ton portable mais tu n'as pas répondu.
_ Ah, oui ? La batterie doit être à plat. Il faudra que je le recharge...
_ Il a dû se vider quand tu étais chez Daphné...
Justin s'arrêta brusquement de manger et fixa son petit-ami, mais le visage de celui-ci n'exprimait qu'une innocente curiosité.
_ Oui, sans doute, répliqua-t-il brusquement, faut dire que je l'ai laissé allumé toute la semaine.
_ Tout va bien ? Tu semble nerveux mon amour...
_ C'est rien, j'ai dormi trop longtemps, je suis hyper excité maintenant...
Pour donner plus d'appui à ses affirmations, il se leva de table et se jeta sur Ethan, l'embrassant à pleine bouche.
1. Wolfram est le chat d'Ethan.
2. Autentique: je l'ai vu dans un magazine de santé.
