Voici le premier chapitre.
Expansive-taste : Merci pour ton commentaire. En effet la fiction ne sera pas rose. Parce que je n'imagine pas ce couple vivre une vie idyllique. J'espère que tu apprécieras la suite.
Un petit tour dans l'enfance d'Astoria … Enjoy ^^
Du plus loin que je me souvienne j'ai toujours été une jeune fille sage.
Comme se plaisait à dire ma mère : « Astoria, une enfant sage, naïve et extrêmement décevante ».
Décevante, je le suis à tout point de vue.
Je suis une cadette, une deuxième qui aurait dû naître héritier mâle si Merlin avait bien fait son travail.
Malheureusement pour moi, je suis passée à côté le jour de la distribution. Parce que non seulement j'étais une fille, mais en plus ma naissance ayant été difficile, le médicomage déconseilla toute nouvelle grossesse à ma mère sous peine d'y perdre la vie.
Je grandissais donc dans l'indifférence générale, entourée d'elfes de maisons qui s'occupaient de moi à longueur de journée. Quand j'atteignis l'âge de six ans et que l'on fut convaincu que j'étais une sorcière, on m'octroya un précepteur qui se chargeât de mon éducation. Je me pris vite de passion pour les études et dévorais le moindre livre qui me tombait sous la main.
Mon père, très souvent absent pour ses affaires et peu intéressé par sa descendance ne m'adressait la parole que lorsque mon comportement méritait une réprimande.
Ma mère reportait sur moi la faute de mes attributs féminins et me témoignait une froideur polaire en toute circonstance.
Ma sœur aînée, Daphnée, jouissait de cette situation et prenait plaisir à me rappeler que je n'étais rien.
Et elle avait raison. Car elle, elle était tout ce que je rêvais d'être tout en étant sûre que je ne le serais jamais.
Une jolie poupée de porcelaine, ayant la beauté blonde de ma mère, les traits fins et aristocratiques de mon père. Un corps qui devint vite élancé et pourvu de formes avantageuses couplé à un visage d'ange doté d'yeux bleus océans capables d'envouter tout ceux qui croisait son regard.
Moi j'étais son exact opposé. Brune, les cheveux bouclés avec une nette tendance à s'emmêler. Un corps de taille moyenne, plutôt svelte mais dépourvu de formes, ce qui me rendait aussi « plate qu'une planche à pain » selon ma chère sœur.
Quand nous sortions, les rares fois où j'accompagnais ma famille dans les réunions mondaines, je n'étais que la cadette. La sœur de la très belle Daphnée, celle que l'on trouve mignonne mais que l'on oublie vite pour se concentrer sur le joyau familial, promis à contracter une grande alliance.
On a toujours attendu de moi que je sois discrète, polie et surtout muette.
Je ne peux pas dire que j'ai manquée de quoi que ce soit sur le plan matériel.
J'ai reçu une éducation parfaite, latin, grec, arithmétiques, anglais, lettres, histoire de la magie, géographie du monde magique etc.
Mes robes, même si je portais celle dont Daphnée ne voulait plus parce que mes parents ne voyaient pas l'intérêt d'investir pour moi, était à ma taille. Je n'avais pas froid en hiver. Mais quand ma coquetterie s'est manifestée je me suis prise à envier ma sœur et son statut. Moi je n'étais que la seconde, destinée à épouser un sorcier de moindre importance, sang-pur certes mais sans guère d'influence, ce qui n'apporterait aucun bénéfice à ma famille. Daphnée, elle pouvait prétendre à un héritier.
Ma mère, un jour où je soupirais devant mon miroir en me regardant dans une nouvelle robe de seconde main, me fit bien comprendre que je devais m'estimer heureuse que mon père dans sa grande mansuétude m'ait constitué une dot.
Je ravalais mes larmes.
Je n'étais pas du genre superficielle mais j'avais je crois, comme toutes les jeunes filles de mon âge des rêves qui ressemblaient à : « Un jour mon prince viendrait et je vivrais heureuse ».
Naïveté d'enfant.
Plus les années passaient plus je me rendais compte que je n'étais rien. Mon éducation n'intéressait personne, on me conviait de moins en moins aux sorties familiales, j'étais seule la plupart du temps, je ne recevais aucune invitation de la part d'autres sorciers de mon âge …
Et puis vint le jour béni où je reçu ma lettre de Poudlard.
Comme une jeune fille bien élevée je me contentais d'un sourire devant mes parents alors qu'intérieurement je débordais de joie. J'allais enfin pouvoir échapper au Manoir perdu au milieu de la campagne d' Inverness.
Mon père se contenta d'un « J'espère que tu seras répartie à Serpentard » sans détacher son regard de son journal.
Ma mère m'ignora.
Je savais ce qui m'attendait si je n'étais pas envoyée dans cette maison. Je serais reniée, pas officiellement bien sûr, mes parents auraient à cœur d'éviter un scandale mais ma vie tournerait vite à l'enfer.
Le choixpeau m'envoya chez les Verts et Argents à mon plus grand soulagement.
Ma sœur ne m'accorda aucune attention, comme la plupart de mes compatriotes, mais se donna malgré tout la peine d'envoyer un hibou à mon père pour l'informer de ma répartition. En réponse je reçus ceci :
« Astoria,
Nous sommes satisfaits de ta répartition. Tâche de ne pas faire honte à notre famille et à ta nouvelle maison.
Irvin Greengrass. »
Ma scolarité se passa sans encombre jusqu'à la fin de ma quatrième année. Je rapportais un bon nombre de points à ma Maison et j'excellais en potions, ce qui m'attira les bonnes grâces de Snape qui se permit de glisser quelques mots me concernant à mon Père.
Avec le temps, j'ai pris conscience qu'ils s'étaient probablement vus au cours d'une réunion de Mangemorts mais à l'époque le retour de leur Maître ne me concernait pas et j'en étais à peine consciente. Je pris un plaisir avide à lire les quelques mots que je reçus :
« Continue comme ça.
Ton père.
IG. »
Ce fut la seule fois où je perçus un brin d'affection de sa part.
La vie reprit son cours, je fuyais autant que possible ma salle commune humide et traversée de courants d'air pour trouver refuge au chaud dans la bibliothèque d'où je percevais vaguement la tempête arriver.
Et puis arriva le moment où notre directeur de maison assassinat notre directeur. Je n'eus pas le temps de dire « Quidditch » que le monde bascula.
Poudlard était devenu une prison, même pour nous les Sangs-Purs, l'atmosphère était irrespirable au château, les Carrow étaient des monstres et Snape ne valait pas mieux pour laisser ces brutes agir. En quelques jours mes préoccupations concernant, mon physique, ma place au sein de ma famille, ma superficialité matérialiste, mon avenir, mes études volèrent en éclats face à la dureté de la réalité que j'avais jusqu'à présent ignorée.
Des gens mourraient en dehors du château, mon Père était un Mangemort, Vous-Savez-Qui avait pris le contrôle du Ministère, Harry Potter se battait. Je rasais les murs, me faisant encore plus petite que d'habitude. Je suivais le mouvement et baissais la tête.
Pendant la bataille de Poudlard, je fus parmi les premières à être évacuée par le passage secret menant à la Tête de Sanglier, de là, on sépara les Serpentards des autres maisons, des Aurors prirent nos identités, nos baguettes et nous placèrent sous surveillance constante. Je compris que malgré moi je faisais partie du camp des perdants.
Mon père échappa à un procès par je ne sais quel miracle, même si aujourd'hui je le soupçonne fortement d'avoir mis la main au coffre pour s'assurer la bienveillance du Magenmagot.
Je repris le chemin de Poudlard, pour trois ans d'études. Je n'avais pas refait ma quatrième année, les effectifs étaient trop importants et les professeurs jugèrent que j'avais le niveau pour « sauter » une année.
Je prenais conscience de ce que le monde magique avait subit. Tout n'était que ruines, des bâtiments en passant par l'organisation de l'Etat lui-même. Sainte-Mangouste, le Chemin de Traverse, l'économie, tout avait été détruit. Le chômage, la pauvreté, la mendicité, la violence, le nombre de SDF, d'orphelins, de veuves de guerre, d'infirmes atteignaient des sommets.
Et au milieu de ce marasme social, les têtes tombaient les unes après les autres.
Les procès s'enchaînaient, révélant une gangrène bien plus profonde que prévue. Il y avait ceux qui avaient participés par conviction, ceux qui avaient été obligés parce qu'un membre de leur famille était menacé, ceux qui l'avaient fait avec plaisir, les passifs qui s'étaient contentés de baisser les yeux et de rentrer les épaules. Bref, toute la population était de près ou de loin concernée par les évènements judiciaires, procès, perquisitions, dénonciations et délations en tout genre.
Je garde un souvenir un peu flou de cette époque charnière où tout un chacun relevait sa manche gauche pour prouver son innocence. Et enfin les sentences tombèrent.
Greyback, Lestrange, Rockwood, Dolohov, Avery, Goyle Senior, Crabbe Senior, Dimitrov et bien d'autres reçurent des peines allant du baiser du Détraqueur à quelques années à Azkaban dans un quartier de haute-sécurité. Certains purent sans doute remercier avec ferveur leurs avocats payés rubis sur l'ongle.
Le procès le plus médiatique fut sans nul doute celui des Malfoys qui se déroula juste avant ma dernière année à Poudlard. Il aurait fallu être sourd, aveugle et muet pour échapper aux révélations qui éclaboussèrent le pays. Le Ministère avait voulu finir avec panache la « saison des procès » et livrer en dernier à la justice la famille la plus connue. Sauf que tout dérapa quand Lucius Malfoy se mit à parler.
Le Ministère en voulant faire un coup retentissant perdit sur tous les fronts, parce que non seulement Malfoy Senior livra des noms hauts placés mais qu'en plus Harry Potter témoigna en leur faveur. Père et fils avaient déjà fait deux années de préventive à Azkaban, Narcissa avait été placée en résidence surveillé et assignée à domicile.
A l'issue de leur procès, elle fut acquittée et ils écopèrent de trois ans fermes pour « complicité active ». Joli terme.
A la rentrée, les affaires se tassèrent et les ASPICS qui m'attendaient en fin d'année me détournèrent vite de l'actualité. Aux vacances de Pâques, j'appris que le mariage de ma sœur était prévu pour fin août. Elle avait fait son entrée dans le monde alors que j'étais à Poudlard et dès le début elle avait croulé sous les invitations et les demandes.
Mon père avait accepté celle d'un certain McLaggen, « Sang-Pur, héritier d'une grosse fortune écossaise de surcroît » selon les propres termes de ma mère.
La nouvelle ne me fit, ni chaud, ni froid, mais je pris conscience de ce qui m'attendait moi aussi à ma sortie de l'école.
Je n'avais pas eu la naïveté de croire que l'étau de rigidité qui enserrait ma classe sociale se briserait. Je pensais que peut-être les mentalités évolueraient mais les préparatifs du mariage achevèrent de tuer dans l'œuf mes espoirs de changements.
Je ferais mon entrée mondaine, on me remarquerait, où pas. Mon père choisirait mon mari et si personne ne se présentait, il m'allouerait une pension avec laquelle je m'installerai ailleurs qu'au Manoir.
Je quittais Poudlard avec un pincement au cœur, ce château avait abrité mes plus belles années, j'avais été plus libre ici que nulle part ailleurs.
Je sais maintenant que c'est à ce moment là que je perdis le contrôle de ma vie. Les évènements s'enchaînèrent alors à une vitesse folle.
Il y eu les préparatifs, pendant lesquelles ma mère me mena la vie moins dure, trop occupée à se vanter des mérites matrimoniales de son aînée. Elle m'affubla d'une robe jaune canari qui jurait sur mon corps maigrelet et dont la coupe m'enlaidissait.
Je ne bronchais pas. A quoi bon ? Je porterais de toute façon cette robe.
Je fis mon maximum pour passer inaperçue pendant toute la fête et j'y réussis parfaitement bien.
Ma sœur quitta le Manoir dès le lendemain, et ma mère s'échina à faire de ma vie un enfer. Mon père lui avait signifié son intention de me marier au plus vite et voulait que se soit effectif d'ici à un an. Je passais tout l'été à apprendre tout ce que devait être une parfaite épouse. Du matin au soir, des professeurs de maintient, de danse, d'élocution, de bienséance, de conversation défilaient au Manoir pour m'enseigner l'art d'être une aristocrate.
Il fallait que je sois prête pour le mois d'Octobre, date de lancement de la saison. Les familles de Sangs-Purs rescapées investissaient leurs demeures londoniennes plus faciles à chauffer en hiver que les grands manoirs de campagne plus adaptés à la chaleur toute relative de l'été.
J'appris durant ce laps de temps tout un tas de choses que je jugeais inutiles.
Saviez-vous que le riz au lait ne se mangeait pas avec une cuillère mais avec une fourchette ? Que la préséance aux cours des repas se fait en fonction de l'état de la fortune et non en fonction des affinités ? Qu'il ne faut jamais tendre quoique ce soit à un invité mais le faire glisser sur la table ?
Cette horreur prit fin quand il fallut que je me jette dans le grand bain.
Je ne voulais pas me marier, mais j'avais enduré mon calvaire en attendant d'agir. J'étais une Serpentarde, je n'attaquais pas de front. Je n'opposais donc aucune résistance et faisait profil bas.
C'est ainsi que de bals en dîners je m'arrangeais pour faire tapisserie et quand quelqu'un m'approchait je n'avais pas à me forcer pour bafouiller et rougir. Mon carnet de bal, relique imposée par les traditions, dans lequel je devais inscrire le nom de mes prétendants suivant leur ordre de demande pour une danse, restait vide au désespoir de ma mère et à mon plus grand bonheur.
Mon idée était simple et d'une logique implacable.
Pas de prétendants, pas de demande, pas de mariage.
En restant assise sur ma chaise, sans chercher à me mettre en avant comme toutes les autres, je me forgeais petit à petit une réputation de frigide asociale. Plus le temps passait et plus je me fondais dans le décor, personne ne m'accordait un regard sauf lorsque j'étais avec mes parents, politesse oblige.
Mère se douta rapidement de quelque chose et contre-attaqua.
D'abord des menaces, puis l'interdiction d'entrée dans la bibliothèque familiale. Sans succès.
En Mai, à quelques semaines de la fin de la saison, elle mit Père dans le conflit.
Il m'ordonna de me reprendre et me laissa jusqu'à Septembre pour trouver un parti où il me vendrait au premier qui arriverait quitte à payer pour ça.
La peur pris le dessus sur ma détermination.
J'avais été naïve de croire que je pourrais déjouer leurs plans. Ma mère se ferait un malin plaisir de me vendre au pire parti et se réjouirait de couper les ponts avec moi pour m'être mariée en dessous de ma condition.
Hypocrisie quand tu nous tiens.
Il ne me restait que deux solutions, soit je m'investissais dans la recherche d'un mari acceptable où je me compromettais avec un homme, ruinant ainsi totalement ma réputation.
La seconde solution, je l'écartais très vite. J'avais beau abhorré mon monde, je n'avais jamais connu que ça et tout m'étais étranger en dehors de lui. Je n'étais pas prête à tirer une croix sur ma position sociale et matérielle. Que ferais-je sans argent ? Sans logement ni travail ?
Nous quittâmes Londres, début Juin, pour la suite de la saison qui se déroulait à la campagne. J'étais indécise quand au comportement que je devais adopter pour redorer ma réputation quand le mois de Juillet arriva.
Je regrette aujourd'hui de ne pas avoir eu le courage nécessaire pour briser mes chaînes. Maintenant je coucherais sans hésiter avec le premier Moldu venu mais à l'époque j'étais trop jeune et trop inexpérimentée pour tourner le dos à ce que j'avais toujours connu.
Ainsi reprit le bal des pique-niques et des garden-party durant lesquels j'essayais de redresser la barre, mais compte tenu de mes exploits les résultats n'étaient pas mirobolants et j'avais mes conditions.
Les veufs de l'âge de mon père en quête de remariage et de viande fraîche furent rayés de la liste, les célibataires endurcis et ruinés à la recherche d'une dot pour les renflouer subirent le même sort. Quelques noms émergèrent malgré tout :
En haut de ma liste, Théodore Nott, grosse fortune, donc peu intéressé par l'état de ma dot. Grand, brun, athlétique, yeux bleus, intelligent d'après le peu de paroles que j'avais échangé avec lui. Mais courant août, il fut éliminé. Non seulement, Parkinson lui avait mis la main dessus mais en plus je l'avais surpris au détour d'un bosquet dans une situation compromettante avec un autre homme.
J'ignorais à l'époque que ce genre de relations pouvait exister, j'étais perplexe quand à la façon dont ils pouvaient procéder pour l'acte charnel et je rougis jusqu'à la racine des cheveux quand je compris.
En second position trônait Blaise Zabini, métis, très très riche mais dans le courant de l'été de mauvais placements financiers le laissèrent sur la paille. Il avait dorénavant besoin d'une héritière ce que je n'étais pas. Il tomba très bas dans mon estime quand il annonça ses fiançailles avec Milicent Bullstrode et qu'il me proposa un arrangement indécent que je refusais outrée. Il me ria ouvertement au nez en me donnant rendez-vous dans quelques années quand je serais moins prude.
Sur le coup je ne compris pas le sens de sa phrase. Aujourd'hui j'en souris, il avait tellement raison et j'étais tellement candide.
N'ayant eu aucunes relations avec un homme j'étais ignorante de beaucoup de choses mais pas pour longtemps encore.
Le troisième était Marcus Flint, plus âgé que les deux premiers, il avait déjà la trentaine, brun, trapu avec un faciès … original mais doté de charme, fortuné mais sans plus. Il pouvait cependant se permettre de ne pas être regardant quant à la fortune apportée par sa future femme. Sympathique avec un bon sens de l'humour, je l'appréciais mais son regard glacial et calculateur ne me mettait pas vraiment à l'aise.
Il demanda l'autorisation à mon Père de me courtiser et m'emmena plusieurs fois sur le Chemin de Traverse où nous nous promenions sous la surveillance de ma Mère où de la sienne. Il était prévenant, n'hésitait pas à m'offrir ce dont j'avais envie, un livre, une glace chez Fortârome, un bijou etc. Il n'eu aucun geste déplacé, se comportait comme un vrai gentleman. Je me demandais pourquoi il n'était pas encore marié et quand je lui posais la question, il me répondit qu'il attendait la bonne personne.
Mon cœur de jeune fille eut un raté et fondit sous le compliment implicite. Je me pris à espérer un baiser volé de sa part. Un raz-de-marée secoua la haute société au cours de l'été mais il passa inaperçue à mes yeux tant j'étais sur un petit nuage. Et pourtant ceux qui s'accumulaient à l'horizon, noirs comme les Ténèbres auraient dû m'alerter mais je ne vis rien venir trop prise par ma « relation » avec Marcus.
La dernière réception de la saison eut lieu le premier week-end de Septembre chez les Masson et fut fabuleuse. Marcus réussit à me soustraire à la vigilance de notre chaperon et me tira à travers les allées du magnifique jardin à la française dans lequel flottait un entêtant parfum de rose.
Avec douceur, il me fit asseoir sur un banc de pierre situé sous une pergola couverte de glycérine. Il badina pendant quelques minutes avant de s'approcher de moi. J'eu un frisson quand il replaça une de mes boucles derrières mon oreille et que ses doigts effleurèrent ma mâchoire.
Comme dans un rêve je vis ses lèvres s'approcher des miennes. A quelques millimètres de ma bouche, nos yeux s'accrochèrent et une lueur que je ne connaissais pas brilla dans ses yeux.
-Tu me fais confiance Astoria ? Chuchota-t-il.
-Oui, murmurais-je après une légère hésitation.
-Tu ne devrais pas.
Soudain ses lèvres furent sur les miennes, douces et légères au départ, j'y pris plaisir mais bien vite il se fit plus exigeant. Sa langue pénétra violemment ma bouche et je voulus me reculer mais une poigne de fer s'abattit sur ma nuque. Je poussais un gémissement de douleur, vite étouffé par une nouvelle pénétration de sa langue qui cherchait la mienne. Ses dents se refermèrent sur ma lèvre inférieure, la mordant avec hargne, le goût métallique du sang me fit avoir un haut-le-cœur.
Je cherchais à le repousser de toutes mes forces en me débattant mais il me plaqua contre son torse et je n'étais pas de taille à lutter. Une de ses mains se plaqua sur ma poitrine qu'il malmena, le fin tissu de lin n'était pas assez épais pour atténuer la douleur et je ne parvins pas à retenir mes larmes.
Au bout d'un temps qui me parut infiniment long, il s'arrêta à bout de souffle et saisit mon menton tremblant entre ses doigts.
-Tu as un effet sur les hommes que tu ne soupçonnes même pas petite. Dorénavant, tu m'appartiens corps et âme. Ton Père a accepté ma demande. Nous serons officiellement fiancés dans un mois.
Je reculais vivement en le voyant sortir sa baguette mais il se contenta d'envoyer un sort de dissimulation sur mes lèvres et mon cou.
-Un mot de tout ça à quiconque et tu le regretteras, me dit-il menaçant avant de me tendre la main pour me relever.
Trop perturbée pour réagir, je la saisis et le laissais me raccompagner jusqu'aux toiles de tente installées dans le parc sans remarquer l'ombre menaçante tapie dans les bosquets.
Voilà pour aujourd'hui. Je vous prie de m'excuser pour les fautes d'orthographes qui traînent dans le texte, je ne suis pas très amie avec Madame Orthographe ^^.
En espérant que ça vous ai plu … Le prochain chapitre sera du POV de Drago.
A bientôt.
