Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres personnages ne faisant pas partie de l'univers de GW sont ma propriété.
Genre : Hurt/confort/Amitié.
Lectrice 01 : Arlia Eien.
Acteurs : Heero, Relena, Sylvia, Duo, Hilde.
Début d'écriture 28 octobre 2011
Chapitre 2
Pour Heero ce sont les deux semaines les plus longues de sa vie. Monsieur Durant n'est pas du tout emballé par le projet, tout en lui expliquant Yuy a l'impression de devoir convaincre un client récalcitrant.
Il est de plus en plus persuadé qu'il va falloir remplacer l'homme à la tête de la Noventa 2. En regardant les chiffres de façon plus approfondie, il constate bien que le directeur ne met rien en œuvre pour faire fructifier l'affaire. Il donne des ordres mais à aucun moment, il ne s'implique vraiment et la mission que son patron veut lui faire assumer l'épuise, on dirait.
Alors qu'il est dans la navette qui le ramène sur Terre à Marseille, Heero repense aux questions de l'homme
-« Quoi ! Je vais devoir me déplacer, les dirigeants des sociétés ne viennent pas ici ? »
Même avec le temps, il n'en revient toujours pas. Comment bien expliquer sinon en montrant avec les installations. Il serait bien resté pour faire les entretiens des futurs contrats à la place de Monsieur Durant, seulement hier en téléphonant à Sylvia pour savoir s'il pouvait prolonger, sa femme lui a dit qu'elle commençait à avoir des contractions. Elle revenait de chez son gynécologue qui lui avait affirmé que le col commençait à s'effacer, que la naissance pouvait être du jour au lendemain.
Il voulait être là pour la naissance du bébé, pouvoir le serrer dans ses bras dès les premières minutes de sa vie pour qu'il sache qu'il serait toujours là pour le protéger comme il l'avait fait avec Sylvain.
Il devait aussi avouer qu'il se sentait coupable envers son petit bonhomme qu'il avait chéri seulement au moment de sa naissance. Il n'avait pas comme pour celui-ci chercher à l'aimer avant sa venue au monde.
Heero secoue la tête, cela ne sert à rien de ressasser le passé, c'est fait on ne sait rien y changer. Il s'est bien rattrapé, il s'est occupé de Sylvain et l'a choyé.
C'est donc très heureux qu'il pousse la porte de sa résidence après avoir pris un taxi. Son petit garçon se précipite dans ses bras.
-« Tu m'as manqué. Où est maman ? » Demande-t-il en serrant son fils dans ses bras.
-« Salon. » Baragouine Sylvain.
Avec son précieux colis dans les bras, il s'y rend. La jeune femme est couchée dans le divan avec un livre.
-« Tu as fait bon voyage ? » Interroge la future mère.
-« Très bon, tu n'es pas trop fatiguée ? » Questionne-t-il.
Il s'installe près d'elle et lui vole un tendre baiser.
-« Ça va, il a été très sage, je suis heureuse que tu sois là. J'ai eu peur d'accoucher avant ton retour. » Sourit-elle.
-« Je serai revenu à la première alerte. » Rappelle-t-il.
Il dépose Sylvain sur le sol, ce dernier part vers ses jouets qui sont éparpillés un peu partout sur le sol.
-« Je sais. Tu en as profité pour rencontrer Duo ? » S'informe sa femme.
Heero cligne plusieurs fois les paupières, surpris par la question. Il pensait plus discuter de son travail que de son ancien coéquipier.
-« Non, je ne sais même pas s'il est toujours sur L2. Je n'ai aucun contact avec eux depuis que la paix est instaurée. Et puis, j'avais vraiment autre chose à faire, Monsieur Durant ne croit pas du tout au produit, c'est un bon second tant qu'il peut rester au bureau, mais pour le reste. »
-« S'il faut tu y retourneras et on le changera. »
-« Cela a été pénible sans vous. »
-« Pour nous aussi, mais tu crois en ton produit au point d'avoir payé le brevet avec l'argent qu'il te restait de ton travail pour Relena. Il faut le défendre. » Insiste Sylvia.
-« Tu as raison. Je vais prendre une douche et vous préparer à manger. Un bon repas en famille va me faire du bien. »
µµµ
Il est trois heures du matin quand Sylvia réveille doucement Heero.
-« Chéri, tu peux aller habiller Sylvain, on va le déposer chez ma grand-mère en se rendant à la clinique. »
-« Le travail a commencé ! » S'inquiète-t-il.
-« J'en suis à une contraction toutes les quinze minutes depuis deux heures, mais elles augmentent en intensité. »
-« Tu vois qu'on n'aurait pas dû faire l'amour. » Sermonne tendrement son mari.
Pourtant il est impatient de savoir le sexe de son enfant. Depuis le contrôle des naissances et qu'on a interdit à un couple d'avoir plus de deux enfants et qu'il y a eu des abus et des avortements abusifs dans certaines familles qui voulaient absolument un héritier on ne peut plus donner le sexe durant les échographies.
-« Je sais mais tu m'avais tellement manqué ! » Lâche-t-elle avant de grimacer.
-« Reste calme, je prends tout en main. »
Heero se lève et s'habille, il prend la valise qui se trouve près de la porte pour déjà la descendre on ne sait jamais qu'il doive porter sa femme. Puis il sonne à la grand-mère de sa femme pour la prévenir qu'ils vont arriver d'ici une dizaine de minutes. Il remonte pour s'occuper de Sylvain, il prend le sac du gamin et lui passe son peignoir qu'il ne prenne pas froid avant de placer dans la voiture. Il met la valise de sa femme dans la voiture et remonte pour voir si cette dernière a besoin d'un coup de main. Il la trouve dans les escaliers. Il l'aide à descendre et s'installer dans la voiture.
Il peut enfin démarrer et rouler jusqu'à la maison de la grand-mère. Comme son fils pleurniche un peu, il le sort de la voiture pour le porter jusqu'au la chambre qu'il occupe quand il dort chez sa mamie.
Heero est nerveux, la naissance de Sylvain a été rapide, il se voit mal devoir accoucher sa femme dans la voiture. Encore une chance, la maison de la grand-mère est sur le trajet de la clinique. Il n'a pas perdu trop de temps, surtout qu'il voit que Sylvia respire de plus en plus souvent de façon hachée pour supporter les contractions.
En moins de dix minutes, il s'arrête devant les urgences, c'est de toute façon par là qu'il faut entrer pour un accouchement nocturne. Sylvia va déjà vers le sas alors qu'il prend la valise dans le coffre.
Il vient retrouver sa femme qui signale que le travail a commencé à l'accueil. Une infirmière arrive rapidement avec un fauteuil roulant pour la mener au deuxième étage.
Les choses se passent encore plus vite que pour Sylvain, en moins de deux heures, Heero a sa fille dans les bras.
-« Regarde ma chérie, elle est magnifique Heather. » Dit-il en lui montrant un ravissant bébé aux cheveux noirs.
-« J'espère qu'elle va te ressembler. »
-« Du moment qu'elle soit en parfaite santé, je ne lui demande pas plus. » Répond Heero en venant embrasser le petit front tout fripé.
Pendant les trois jours où Sylvia reste hospitalisée, Heero s'occupe de son fils à la maison. Il travaille à domicile, les rares fois où il doit faire un saut au bureau, il le dépose chez la grand-mère de sa femme seulement il n'en a jamais pour plus d'une heure.
Ensemble, ils vont voir la maman et Heather à la clinique tous les jours pendant une grosse heure.
Dans l'après-midi du quatrième jour, Heero ramène sa femme et sa fille à la maison. Il n'a pourtant pas envie de retourner au bureau toute la journée, il tient à profiter de la présence du bébé.
Heather dans les bras, il se rend jusqu'au bureau au sein de la maison. Sylvain étant un peu jaloux du temps que sa maman consacre au bébé, la jeune femme a décidé de jouer une petite heure avec lui avant de le mettre à la sieste.
Le nourrisson vient juste de manger, Yuy en profite pour la câliner avant de la coucher. D'une main, il compose le numéro de Monsieur Durant sur L2.
-« Alors comment vont les démonstrations ? Vous avez déjà réussi à placer des contrats d'installations ? »
Malgré la distance, Heero sent une certaine gêne chez son interlocuteur.
-« Pas vraiment, ils n'ont pas l'air convaincus. » Finit-il par avouer.
-« Pourtant le premier endroit à faire il semblait enthousiaste au téléphone ! » S'étonne Yuy.
-« Quand je lui ai expliqué dans la pratique ce qu'on allait faire, il a fait machine arrière. »
-« Monsieur Durant, vous allez contacter les deux derniers clients et les reporter à lundi et mardi après-midi. » Exige-t-il.
-« Deux démonstrations sur la journée. » Soupire l'homme.
-« Ne vous tracassez pas, je vais venir les faire. » Rétorque-t-il sèchement avant de raccrocher.
Heather gémit dans les bras de son père, elle est sensible à la nervosité de ce dernier. C'est en la calmant qu'il se rend dans le salon où sa femme joue avec son fils.
-« Il y a un problème ? » Demande-t-elle.
Elle tend un cube au gamin pour qu'il continue sa construction.
-« Je vais virer Durant et mettre quelqu'un à la place. Il bousille le secteur. » Rage toujours Heero.
-« Il est à trois ans de la retraite. Je regarderai tout à l'heure qui tu peux former pour le remplacer. » Propose Sylvia.
-« Il faut que je retourne sur L2. »
-« J'ai entendu. Tu y vas longtemps ? » Demande-t-elle en tendant un autre bloc à son fils.
-« Je n'ai pas envie d'être séparé longtemps de vous, c'est maintenant qu'elle va le plus changer. Je vais m'arranger pour y aller une semaine sur deux, repousser les rendez-vous de la troisième semaine sur la quatrième. » Soupire-t-il.
-« Cela me semble une bonne idée et puis une fois la relève assurée, tu ne devras plus y aller autant. » Rassure la jeune femme.
-« J'espère. Je vais coucher Heather. »
µµµ
Dès dimanche soir, Heero embrasse sa femme et ses deux enfants. Elle est simplement venue le conduire et le déposer à l'aéroport. Elle ne va pas savoir rester le temps du décollage avec deux enfants en bas-âge.
Heero a réservé une chambre dans le même hôtel. Dès le lundi matin, il arrive au bureau de L2. Sa femme avait commencé à regarder le profil des employés de L2 et elle devait finir de choisir qui conviendrait le mieux pour remplacer Monsieur Durant. Il sait qu'elle lui communiquera le nom d'ici un jour ou deux.
Yuy s'installe à son bureau et s'attèle à repousser les rendez-vous de la troisième semaine. Il reprend aussi le numéro de téléphone des trois premières sociétés contactées afin d'obtenir un deuxième rendez-vous pour clôturer l'histoire.
Il a eu une longue discussion avec Sylvia, cela restait la meilleure solution, leur donner une dernière chance d'être dans les premiers à bénéficier de cet avantage. Ils ne pouvaient pas donner des primes pour les attirer, seulement Heero devait vérifier que l'information était passée convenablement avant de remplacer Monsieur Durant.
Il est dix heures quand Heero a fini de mettre son programme en place. Il est temps, il a rendez-vous à 10h30 dans une petite entreprise en fonderie du nom de « Tubulaire », elle crée des poutres qui servent dans la construction de satellites ou d'immeubles ainsi que d'autres choses sur commande.
Quand Heero pousse la porte de l'établissement, il se trouve face à un homme d'une trentaine d'années en chemise à carreaux et pantalon de velours, il est assis derrière un bureau.
-« Bonjour, Heero Yuy, nous avons rendez-vous pour un entretien afin que je vous explique le moyen de produire votre propre énergie renouvelable. » Dit-il en entrant tout en tendant la main.
L'homme remonte d'un doigt ses lunettes avant de la serrer.
-« C'est le patron que vous venez voir, il vous attend dans le hangar. » Rétorque-t-il en montrant une porte dans son dos.
Heero est surpris. Seulement après une petite réflexion, il se dit que justement le directeur cherche le meilleur endroit pour placer le récupérateur de chaleur, cela prouve qu'il est intéressé.
Il se rend à la porte qu'il ouvre, il se trouve sur un surplomb qui lui montre les deux cuves qui chauffent pour fondre les métaux. La chaleur est presque intenable.
Par habitude, il regarde le plafond et constate que la cheminée est au centre de la pièce ce qui va faciliter la récupération de la chaleur.
Des yeux, il cherche un homme qui pourrait être le patron, il ne voit que trois ouvriers. Il va aller interroger le premier pour qu'il lui indique où est son supérieur.
Arrivé près de l'homme, qui doit avoir son âge, qui travaille avec un plus jeune en lui expliquant des choses.
-« Hm, hm, pouvez-vous me dire où est le patron, Monsieur Yuy nous avions rendez-vous. » Dit-il à un homme de dos.
Ce dernier a la casquette enfoncée sur le crâne, la chemise bleu fermée alors que l'autre l'a grande ouverte. Heero se demande comment il n'a pas trop chaud, lui cuit dans son costume chemise.
L'homme se retourne, Heero fait un pas en arrière.
-« Ainsi c'est toi Monsieur Noventa ! » S'exclame le plus âgé des deux ouvriers.
-« Monsieur Yuy, je travaille pour la société Noventa ! » Rectifie-t-il.
-« Arrête ton air guindé, on va aller plus loin pour discuter. » Répond l'homme en montrant une direction.
-« Je cherche le patron. » Rappelle sèchement Heero sans bouger d'un pouce.
-« Tu l'as devant les yeux. Je n'aime pas la paperasse, c'est pour ça qu'il y a un guignol au bureau. » Sourit-il en relevant un rien sa casquette.
Il ouvre sa chemise pour libérer une longue tresse.
-« Si tu veux essayer de me fourguer ton produit, il faut me l'expliquer. Je n'ai pas trop de temps à perdre, j'ai un ouvrier malade et un stagiaire à former. »
Heero décide enfin de bouger pour s'éloigner des fourneaux. Il se doute qu'il pourrait se trouver nez à nez avec son ancien coéquipier en circulant sur L2 mais pas de cette façon.
Il a été surpris, puis en rage de voir que pour Maxwell les choses sont restées identiques. Il n'a même pas eu l'air d'être étonné que ce soit lui et directement après Heero avait senti la chaleur grandir dans son corps de se retrouver à nouveau près de lui, de voir qu'il le considérait comme une vieille connaissance et comme s'il n'y avait pas eu six années qui s'étaient écoulées.
Alors pourquoi ne pas avoir continué à le relancer ? Peut-être comme lui a dit Sylvia parce qu'il en avait eu marre de le relancer. C'était tout à fait possible.
-« Tu as des nouvelles des autres ? » Demande Yuy quand ils arrivent aux escaliers.
Heero croit qu'ils vont monter seulement Duo s'assied sur la deuxième marche, Heero s'installe à côté de lui.
-« Si tu veux parler du privé, repasse ce soir, j'habite au bout de la rue au 36. J'y suis souvent à partir de 19 heures, on peut souper ensemble. Tu es descendu dans un hôtel je suppose. »
-« Au Gaius. »
-« C'est le meilleur aussi. Bon, montre-moi ton truc que je vois si c'est aussi intéressant que le petit fascicule reçu. »
Heero ouvre son attaché-case qu'il avait à la main et commence ses explications.
-« Tu crois que ça peut améliorer le rendement si je mets des tôles au plafond comme un cône vers la cheminée ? » Demande Maxwell.
Yuy observe une nouvelle fois le toit du hangar qui est fait de tuiles poreuses.
-« C'est certain cela canaliserait encore plus la chaleur vers le seul endroit où elle peut encore monter. Mais l'avantage de tes tuiles c'est qu'elles laissent la chaleur sortir de partout, vous allez cuire, cela va devenir une fournaise. » Rétorque-t-il après un moment.
-« Je peux tenter un essai avec de la marchandise ratée, des plaques qui ne sont pas assez droites. Si ça n'est plus supportable, je les refonds. J'y perds pas grand-chose. » Réplique Duo.
-« Donc tu es intéressé. » Lâche le commerciale.
Il tend la main pour prendre un contrat dans une poche de son attaché-case.
-« Laisse-moi ton contrat, je regarde ça à tête reposée et je te dis quoi. » Répond Maxwell
-« Je repars vendredi ! » Prévient Heero.
-« Ok, tu viens ce soir ou pas ? » Interroge Duo en se levant.
-« Tu auras relu le contrat ? »
-« Je ne crois pas. Ce n'est pas pour parler boulot mais du bon vieux temps, des autres. » Explique Maxwell. « Oui, je viens Sam. » Dit-il au jeune avant de reporter son attention sur Heero. « Alors ? »
-« Je viendrais pour 19h15. »
-« À tout à l'heure, dépose le contrat au guignol. » Dit-il en partant.
Heero ne peut s'empêcher de sourire. Est-ce que l'employé sait seulement son surnom ? Si Duo n'a pas changé et il n'a pas l'air d'avoir changé, oui, il le sait.
Il remonte les escaliers et passe par le bureau.
-« Je dois vous remettre ceci. » Dit-il.
-« Je lui donnerai quand il remontera, bonne journée monsieur. »
-« À vous aussi. »
L'après-midi, Yuy a une autre place à faire, il est temps pour lui de retourner au bureau afin de voir s'ils ont eu d'autres demandes d'explication.
Il doit aussi téléphoner à Sylvia pour la prévenir que ce soir, il va chez Duo, il est certain de faire plaisir à sa femme.
Pour plus de tranquillité dans sa discussion, il repasse par l'hôtel et puis il tient à prendre une douche, il est couvert de sueur. Il devrait peut-être adapter une tenue plus légère s'il fait aussi chaud dans toutes les entreprises.
Enfin mieux dans sa peau, il sort son téléphone de manière à sonner à sa femme.
-« Je ne te réveille pas ? » Questionne-t-il directement.
-« Non, Sylvain est debout depuis une heure. Je viens de remettre Heather au lit après son bain. Tu sonnes bien tôt ! »
-« C'est surtout qu'au soir je n'aurai peut-être pas le temps. » Avoue-t-il.
-« En quel honneur ? » Interroge-t-elle.
Heero entend qu'elle sourit et au ton de la question, elle doit déjà connaître la réponse.
-« Je soupe avec Duo. »
-« Je m'en doutais. Comment l'as-tu rencontré ! » Insiste-t-elle.
-« Il est le patron de Tubulaire. »
-« Oh c'est bien, il a bien évolué. Comment en est-il arrivé là ? » Questionne-t-elle.
-« Je saurai ce soir, ici il était pressé. »
-« J'espère que tu t'amuseras. Tu veux parler à Sylvain ? »
-« Oui, passe-le-moi. Bonjour, bonhomme. »
-« Papa ! » S'exclame le gamin.
-« Tu joues bien ? »
-« Oui, oiture. »
-« C'est bien bonhomme, papa revient bientôt. »
-« Il est reparti jouer. Tu me manques. »
-« Vous me manquez tous. » Réplique-t-il.
-« Passe une bonne soirée. »
-« Merci. »
Heero raccroche, il a encore du pain sur la planche.
µµµ
À 19h15 précises, Heero sonne au 36, la porte ne tarde pas à s'ouvrir sur Duo en tenue de ville : jeans, une chemise légèrement ouverte.
-« Viens. »
Il lui montre son appartement un deux pièces de trois mètres sur quatre, dans une, il y a un lit et une garde-robe, dans l'autre, une cuisine qui fait salon en même temps. Il y a encore une pièce plus petite qui comprend la salle de bain et fait office de buanderie également.
-« Je sais, ce n'est pas bien grand, mais on va monter à l'étage, il y a plus de place chez Hilde. »
Tout en suivant Maxwell, Heero l'interroge.
-« Hilde ? »
-« Oui, tu la connais, c'est elle qui nous a prévenu pour Relena dans le Libra et qui a pris les plans. »
-« Hn. »
Ils sont arrivés à l'étage, Maxwell frappe sur la porte, elle s'ouvre rapidement sur une femme brune qui sourit aux deux arrivants.
Duo pousse Heero dans le dos pour le faire entrer.
-« Ainsi c'est toi Heero ! J'ai beaucoup entendu parler de toi. » Dit-elle en l'embrassant sur la joue.
Yuy se sent un rien mal à l'aise, il a été subjugué par la beauté de la jeune femme, il a même ressenti un pincement au cœur en réalisant qu'elle est avec Duo. Il s'en veut. Il est marié, il a deux enfants dont une qui n'a pas une semaine. Comment peut-il se sentir attiré physiquement par la jeune femme ?
-« Tu m'avais bien dit qu'il n'était pas bavard. » Surenchérit Hilde.
Maxwell continue de le pousser, une main sur l'épaule jusqu'au canapé. L'apéritif est préparé sur la table basse. Une fois installé, Heero peut constater que c'est vrai l'appartement est plus grand. Il y a déjà une pièce de plus et elles sont plus spacieuses. Duo est à ses côtés et Hilde dans un club en face.
-« Il y a longtemps que vous êtes ensemble ? » Demande Yuy.
Il tient à prouver qu'il n'est pas si silencieux que cela. Hilde éclate de rire.
-« Nous ne sommes pas ensemble, Duo attend que son chevalier monté sur son armure blanche vienne l'enlever. » Explique-t-elle.
Yuy fronce des sourcils et se tourne vers son ancien coéquipier.
-« En terme plus simple, je suis gay. » Éclaire-t-il.
-« Oh ! » Lâche-t-il surpris.
Heero ne s'explique pas la chaleur qui l'envahit à ce moment-là, comme si l'espoir n'était pas perdu, comme s'il était au début d'une bataille qu'il pouvait gagner. Gagner quoi ? Il n'en a aucune idée, néanmoins, il se sent bien, beaucoup plus à l'aise.
-« Et tu as des nouvelles des autres ? » Reprend Yuy.
-« Non, à part Quatre grâce aux journaux et toi ? » Demande Duo.
-« Pas plus. » Avoue-t-il. « Merci. » Dit-il à la jeune femme.
Elle vient de lui tendre un verre de jus de pomme.
-« Si tu veux de la vodka pour durcir. » Propose Hilde.
-« Non, je n'aime pas l'alcool. » Répond Heero.
-« Duo, je ne te demande pas. » Dit-elle en mettant un fond de Vodka avant de mettre le jus de pomme.
-« Ne me fais pas passer pour un alcoolique, c'est le seul que je bois sur la journée. » Rétorque Maxwell en tendant la main.
-« Et comment as-tu eu cette société ? » Interroge Heero.
Il vient de tremper ses lèvres dans la boisson et il a pensé que sa femme allait lui redemander demain.
-« Par héritage, il n'y a que deux que j'en suis le patron. » Répond Duo.
-« Héritage ? » Insiste Yuy.
-« Depuis la fin du coup d'Etat, je travaille ici, l'autre secteur n'était pas rentable, j'ai abandonné. Hilde est retournée travailler dans sa supérette. Le patron m'aimait bien, on s'entendait bien. Il n'avait pas de famille non plus. J'ai été surpris qu'il m'ait couché sur son testament. » Explique Maxwell.
-« Après t'avoir couché dans son lit, je ne trouve pas tellement. » Sourit Hilde.
-« Il était beaucoup plus vieux ? » Interroge Heero vraiment intrigué.
-« Il avait le double de mon âge quand j'ai commencé à travailler pour lui. Il est surtout mort jeune. » Rectifie Maxwell.
-« Et toi ? » Demande-t-elle.
Devant les sourcils froncés de Heero, Duo éclaire sa lanterne.
-« Comment es-tu arrivé là ? »
-« En voulant faire une nouvelle fois mes excuses à Sylvia Noventa, elle m'a proposé un travail. J'ai gravi les échelons. Comme la dynamo à chaleur est mon idée, c'est moi qui développe le projet. » Explique Heero.
Duo lève un sourcil puis sourit avant de dire.
-« J'ai pas eu le temps de regarder ton contrat, je le ferai ce soir dans mon lit en pensant à toi. »
-« On ne parle pas de boulot. » Exige Hilde.
-« On ne parle plus de boulot. » Admet Maxwell.
Le reste de la soirée est agréable, ils parlent de tout et de rien devant un bon repas. Heero est enchanté d'avoir accepté, il a l'impression d'être dans un cocon rempli d'attention et il aime cela. Duo et Hilde savent mettre de l'ambiance, ils sont charmants, dynamiques.
Et Heero se sent revivre, il n'a pas de place à tenir, pas de rôle à jouer, pas de preuves à montrer. Il est 22 heures quand Hilde regarde sa montre pour la première fois. Ils viennent de faire la vaisselle et de la ranger ensemble.
-« Tu as raison ma belle, il est temps. Tu te lèves aux aurores. » Réalise Maxwell.
-« Vous pouvez repasser demain, j'adore votre compagnie. » Affirme-t-elle.
-« Tu auras lu le contrat ? » Demande Yuy.
-« Normalement oui. » Admet Maxwell.
-« Si cela ne dérange pas Hilde, à la même heure ? » Propose Heero.
-« Et s'il a lu le contrat, rien ne t'empêche de revenir mercredi avec ou sans Duo. » Insiste Hilde.
-« Je viens à peine de le retrouver, tu ne vas pas me le piquer, s'il vient, je viens aussi. » Lâche Duo les deux mains sur les hanches.
Heero sent à nouveau cette chaleur l'envahir. Il est apprécié et aimé. C'est ce qui le fait retourner vers Sylvia, il s'en rend compte, voir les bras tendu de son fils et le sourire de la jeune femme lui fait tout oublier, toutes ses craintes s'envolent. Oui, il a besoin d'avoir l'impression d'être utile et apprécié.
Est-ce que c'était déjà le cas durant la guerre ? Yuy croit bien que oui, c'est pour cela qu'il se surpassait pour attirer les compliments et se sentir valorisé. Même si on ne lui en faisait pas, il savait qu'il était important et que les choses bougeaient grâce à lui.
Une main se met sur son épaule.
-« On va y aller Heero, elle se lève tôt, elle commence à 7h30. »
-« Toi pour 8 heures, je te fais remarquer. » Bougonne la jeune femme.
-« Oui mais tu es une femme, tu es moins résistante. » Taquine Duo.
-« La femme n'est pas moins résistante, elle pense autrement. » Défend Yuy.
-« Merci, Heero ça fait plaisir de se sentir soutenue. » Ajoute Hilde un petit sourire vainqueur sur les lèvres.
À Suivre…
