Salut!

Alors, comment ça va maintenant que les vacances sont là?

Vu que je n'ai pas entendu de vos nouvelles, j'ose espérer que vous avez aimé le dernier chapitre. Parce que ça y est, c'est la fin de la guimauve et le début des problèmes! Parce que, je ne veux pas dire, mais on entend pas beaucoup parler de Bucky avant Infinity War...

Bon, je ne sais pas trop quoi dire donc je vous laisse à votre lecture!

Disclamer : Je n'ai aucun des vengeurs sous mon aile, mais par contre, Sander est bien à l'ombre!


Noir du sommeil. Les doigts dans de la terre. Je fronce les sourcils. Sens le soleil qui réchauffe mon épiderme. Un peu trop. Assez pour encore devenir rouge tomate. Inspiration. Poussière qui se colle dans mes poumons. Expiration. Bourrasque de vent. Lumière qui brûle mes paupières fermées. Je les ouvre progressivement. Consciente de devoir le faire par étapes pour ne pas m'abîmer les rétines.

-Hey.

Voix familière. Main sur mon front. Sur ma joue. Qui caresse tendrement. Je pose mes doigts sur les siens. Contemple le visage penché au dessus de moi, sans même douter de son identité. Bucky. Sourcils froncés, barbouillé de sueur, souffle court. Quelque chose ne va pas.

-Il faut que tu te lève.

Et puis les canons qui explosent. Les armes qui crachent leurs jets de flammes. Merde. Je me redresse rapidement, comme brûlée par la poudre qui envahit mes narines. Mes mains sont pleines de poussières et ce que je croyais être de la terre n'est que du béton en poudre, vestige des rues d'une New York à présent dévastée. New York. Vague de panique dans l'estomac. Armée alienne qui envahit les avenues. New York. Hurlement dans le lointain. Je croise mon reflet dans une vitre tenant encore debout. Mon corps d'enfant. Des cheveux trop longs, qui tombent sur mon visage. Sur mes épaules. Dans mon dos. Qui m'empêchent de voir correctement. J'attache un élastique autour de ma tignasse. Pas le temps de réfléchir au pourquoi du comment je me retrouve dans mon corps d'avant ma première bataille en tant que vengeure. Eclat vert qui passe devant mes yeux. Et la main de métal dans la mienne. Pour ne pas me perdre.

-Il faut qu'on évacue.

J'acquiesce. Attrape une barre de fer qui dépasse d'un bout de ciment. Machines spatiales qui filent au dessus de nos têtes.

-Sander, Hulk a besoin de toi, bourdonne la voix de Clint dans mon oreille.

Hulk. Il est là. Quelque part. Je lance un regard à Bucky. Front plissé, arme en avant. Prêt à se battre. Je ne peux pas l'abandonner. Je ne peux pas... Je... Et une vague d'assaillants qui fondent sur notre position. Cri gutural dans mon dos. Je me retourne. Hulk, au prises avec des robots d'argents. Trop. Il ne pourra pas... Je dois le rejoindre. Je dois l'aider. Un éclat bleu qui passe devant mes yeux.

-Dégage l'assassin.

Accent de Sokovie qui bouscule mon sergent. Comme dans mes souvenirs, aussi beau, aussi acerbe. Mais je n'arrive pas à détacher mon attention de Hulk qui se meurt. Je sens mes pas qui s'actionnent par eux mêmes. Parce qu'il est mon meilleur ami. Il faut que j'aille le sauver. Il ne peut pas encore disparaître. Il n'a pas le droit de disparaître encore une fois dans le vide intergalactique.

-Stark.

Panique dans sa voix. Panique dans mes os. Je me retourne.

-Tu as tué mes parents!

Tony, gant levé, luisant d'un bleu inquiétant. Yeux fous de rage et de chagrin. Bucky. Hurlement de Hulk. Déchirée entre les deux. Entre celui que j'aime et celui que j'aime.

-Tu l'avais pas vu...

Pietro. Incapable de terminer la fin de sa phrase, un trou béant de blaster dans la poitrine. Si grand que j'arrive à voir à travers son corps. Non. Non. Non. Je suis en plein cauchemar. Genoux qui tombent sur le sol, incapable d'avancer. De faire un choix. Qui sauver? Hulk, Pietro ou Bucky.

-Natasha/Betty!

Les deux noms qui se confondent dans mon esprit. Tête qui craque, tournant trop vite. Bruce sous les tirs ennemis. Qui se jette devant la rousse pour la protéger. Ou devant la brune plutôt. Mais Hulk n'est plus avec lui. Hulk est en train de mourir. Bruce est en train de mourir. Pietro est en train de mourir. Bucky est en train de mourir.

-Tu n'aurais pas dû t'attacher. S'attacher, c'est pour les faibles. Tu es faible.

Voix qui résonne dans le chaos. Alec. Toujours Alec, doigts entremêlés à ceux de Loki, Ultron dans leurs sillages. Figures royales synonymes de mort. Et moi qui ne peux rien faire. Qui regarde, incapable de respirer, incapable de bouger. Incapable de choisir celui que je sauverai. Incapable de choisir ceux qui disparaîtront à jamais. Ils vont tous mourir. Je vais être toute seule. Je ne peux pas être toute seule. Aquarelle de violet derrière ces monstres qui me font face. Comme un marionnetiste qui tire toutes les ficelles de leurs âmes démoniques.

-NON!

Hurlement qui me déchire les cordes vocales. Qui déchire toute ma réalité. Ils vont tous mourir. Je vais mourir aussi. Je dois mourir aussi. Je m'élance en avant, avec ma vulgaire barre de fer entre les doigts. Pour les vaincre. Tous. Ils les ont tous tué. Ils doivent payer. Je passe les aliens. Je passe les robots. Je passe les héros qui furent mes amis. L'araignée. Stark. Captain. Natasha. Tous incapable de me retenir. Et puis une main, incroyablement grande qui enferme mon bras droit. Une autre, plus fine, qui s'occupe de mon bras gauche. Je me retourne, écume aux lèvres, muscles tendus à l'extrême, pulsant d'une rage bouillante. Pour voir deux figures que je m'invente depuis l'enfance. Si réelle que je pourrais presque y croire.

-Sander, il faut que tu te réveille ma chérie.

Une femme avec des yeux d'un bleu incroyable, à la peau d'un blanc presque irréel et des pomettes hautes. Qui me ressemble autant qu'elle ressemble à Alec. Mélange diffut de nous deux.

-Sander, il faut te réveiller.

Un homme métisse. Avec des lèvres charnues, un corps malingre et des cheveux un peu plus crépus que les miens. Qui me ressemble autant qu'il ressemble à Alec. Mélange diffut de nous deux.

Esprit qui débloque. Non. Ils ne peuvent pas exister.

-SANDER!

Quatre voix qui hurlent mon prénom en même temps. Hulk. Bruce. Pietro. Bucky. Je ne sais plus. Je ne sais plus ce que je dois... Larmes qui coulent le long de mes joues. Poitrine contre mon visage. Torse contre mon dos. Rires débordant de haine. Plaintes trop fortes qui résonnent dans ma tête. Tout qui se mélange. Pour ne plus que former du violet effroyable.

-Réveille toi!

Voix imaginaires de ces parents qui n'ont peut-être jamais existés formant un écho dans mon esprit embrumé de sommeil.

J'ouvre les yeux. Ma poitrine se soulève trop vite, forçant contre les sanglots qui m'empêchent de respirer. Besoin d'évacuer. De me laisser aller... Je me précipite devant l'évier. Vomis tout ce que j'ai avalé la veille. Les pâtes à la bolognaise. Le yaourt au lait de chèvre. Ma pilulle. La salade de tomate. Et de la bile. Beaucoup de bile. Un peu de sentiments aussi. Je veux Bruce. Il me faut Bruce. Je crois geindre son nom entre deux subresauts. Mais il n'est pas là. Il ne me répond pas. Il devrait être là. Il a toujours été là après les cauchemars... Il m'a abandonné. Comme la sensation qu'il me laisse toute seule une deuxième fois. Ou une centième, parce que mes rêves semblent adorer que je le perde. Encore et encore et encore. Je dois... Je dois... Je dois oublier. Main qui glisse vers l'égouttoir et les couverts propres. Cherchant désespérément une lame pour apaiser la souffrance de l'âme. La douleur aide. La douleur est réelle. Pas ces souvenirs qui ne sont pas les miens. Du fer glisse le long de mes doigts. En mange brièvement la pulpe. Trouvée. Poignet levé par habitude. Tranche qui dévore la chair. Réconfortant. Une coupure. Hulk englouti par une armée de bébés Ultron. Une coupure. Bruce sous les balles pour sauver sa Natasha. Ou sa Betty. Je ne sais pas. Elles ne sont plus rien sans lui. Une coupure. Pietro, avec un trou béant dans la poitrine, pire encore que de le voir transpercé de balles. Une coupure. Tony qui pulvérise Bucky. Bucky. Bucky. Je regarde sur son côté du lit. Endormi avec un petit filet de bave le long de sa barbe. Là. Il est là. Il n'est pas parti. Il ne m'a pas laissée. Il ne m'a pas abandonnée. Il ne me reste que lui. Je respire enfin. Lâche mon couteau. Mon sang dégouline sur le plancher et goût horrible dans la bouche. Mais ce n'est pas grave. Il est là. Il va bien. Tout va bien. Il est là. Je me rallonge. Me blottie contre lui en appuyant légèrement sur mon poignet, jambes enroulées autour des siennes pour le garder contre moi. Il est là. Ce n'était qu'un de ces rêves qui fait mal. Mais tout va bien. Tout va mieux. Il grogne. Tente de bouger. Mais il ne peut pas. Il ouvre un oeil endormi. Un deuxième. Pleinement et totalement alerte. Il soupire. Passe sa main valide sur mon visage caché par mes cheveux. Il ne pose pas de question. Me demande simplement de soigner mes plaies trop fraîches. Sans avoir besoin de les voir pour savoir qu'elles sont là, quelque part. Et de me laver les dents parce que j'ai une halène de chacal. Je me lève, regrettant immédiatement de quitter son contact. Passe un peu de désinfectant et beaucoup de gaze sur ces coupures plus profondes que d'habitude. Brosse mes dents une fois. Deux fois. Trois. Jusqu'à ce que je ne sente plus que de la menthe dans ma bouche. C'était un de ces cauchemars spéciaux. De ceux qui font que mon monde s'écroule de nouveau. Qui manque à chaque fois de me voir retomber dans l'alcool. Pour oublier. Encore et toujours oublier. Je me rassois. Il se redresse. Passe une main autour de mon ventre. Brûlante de vie. Besoin qui grandit. Ses lèvres explorent ma mâchoire. Mon cou. Mon oreillle. Descendent. Encore et encore. Pour ne plus penser. Pour ne plus penser à rien d'autre que les vagues de plaisir qui envahissent ma chair. Ne plus rien penser jusqu'à ce qu'il faille dormir de nouveau. Pour survivre à la journée à venir, lente et longue, avec le soleil d'Afrique pour nous brûler l'épiderme. Il change les draps. Je pars sous la douche. Il me rejoint sous l'eau glacée. Lave son corps trop bien fait. Je l'aide à mettre du savon dans son dos, passant délicatement sur toutes les cicatrices de sa peau. Sans vraiment chercher à rallumer la flamme que nous devons éteindre pour retourner nous coucher. Propre et à l'abri des cauchemars, je me rendors d'un sommeil sans rêves.

Don't you dare forget the sun

Panique. Pour me souvenir que ce n'est que mon réveil. Qu'aucune balle, qu'aucun blaster, que rien de dangereux ne pourra jamais venir ici. Envahir notre cocon de sécurité. Mon poignet m'élance. Peut-être que j'aurai dû me faire des points... Plus la peine d'y penser. C'est de ma faute. Je dois assumer.

-Sandy...

Surnom que me donnait Alec. Grimace intérieure alors que mon corps se raidit par habitude. Jusqu'à ce que je me souvienne qu'il n'est plus là. Que c'est Bucky, maintenant, qui l'utilise pour me murmurer des choses que nous seuls partageons.

-Il faut qu'on y aille.

Je grogne. Pas envie de me lever. Pas envie d'affronter le monde hors de notre maison. Il s'empare de mes lèvres. M'entraîne dans son sillage quand il se lève. Enfoiré. Parce qu'il est trop fort et que je suis trop légère. Il me tend une orange pour tout petit déjeuner. Et des vêtements pour aller travailler. Un short tâché d'herbe et un t-shirt rouge. Pour ne pas avoir trop chaud sous le soleil brûlant. Il s'habille. Mange des oeufs brouillés préparés à la vas-vite. Je m'occupe d'aller chercher Thulani. Il s'occupe de sortir les chèvres. Transumance. Il faut les changer de champ. On en a pour la journée. Il garde désespérément sa main dans la mienne. Ou c'est plutôt l'inverse. Je ne sais pas. Je ne sais plus rien. Simplement qu'il est là. Et ça me suffit pour avancer. Toujours avancer un peu plus chaque jour dans l'espoir de ne jamais tomber.

-Tu vas me dire ce que tu as vu?

Je soupire. Il me le demande tout le temps. Dans l'espoir que je lui en parle. Mais il n'a pas besoin de ça. Il a ses propres démons à gérer.

-Non.

Sa main rafermit sa prise.

-Un jour, tu pourras tout me raconter, tu sais. Et je serai là pour t'écouter.

Je hoche la tête. Il dépose un baiser sur ma joue auquel je ne réponds pas. Je préfère surveiller notre troupeau, même si le chien le fait déjà très bien tout seul. Pour ne pas parler. Pour ne pas lui dire que je le vois tous les soirs, à mourir encore et encore et encore. Que c'est une faiblesse parce que ça me tue à petit feu. Que l'amour, c'est pour les enfants et que nous n'en sommes plus. Que nos rêves se retrouveront emportés par la faucheuse. Peut-être pas maintenant, alors qu'on suit notre petite vie tranquille en pleine campagne. Mais plus tard. Quand il sera trop vieux, beaucoup trop vieux, et que son serum ne coulera plus dans ses veines pour le maintenir en vie. Quand je serai en fauteuil après une dernière bataille contre une maladie quelconque. Parce que nous sommes humains. Tous les deux. Et que la mort est là, tout le temps, au dessus de nos têtes. Je ne parle pas pour ne pas lui dire que je l'aime et que c'est la pire chose qui me soit jamais arrivée. Ou la meilleure. Incapable de me décider sur ce dé lancé en pleine figure par une entité quelconque. Je suis déjà incapable de choisir en quoi je crois. Alors comment croire en lui? Le temps file au gré de nos pas. Jusqu'à ce que le soleil et la fatigue ne décident qu'il soit l'heure de se reposer un peu. On s'assoit sur un rocher, assez en hauteur pour voir nos bêtes broutant tranquillement. Parce qu'elles ont le luxe de ne pas réfléchir, cherchant simplement de quoi se sustenter et se reproduire, sans jamais en faire plus. Sans en faire trop. Je soupire. Penser à autre chose. Je me glisse derrière son dos, jambes repliées, assez haute pour jouer avec ses cheveux. Jusqu'à faire une natte française parfaitement serrée. Il passe sa main sur sa tignasse. S'amuse avec ses pointes. Je me rassois à côté de lui. Un peu plus vide. Apaisée. Parce que ce sont des gestes simples comme ça qui m'empêche d'avoir toutes ces pensées qui tournent perpétuellement dans ma tête.

-Comment tu sais aussi bien coiffer les gens?

Rupture du silence confortable. Je ris un peu. Ca, c'est une question qu'il ne m'avait pas encore posée.

-J'avais les cheveux longs avant. J'adorais tenter de nouveaux trucs avec. J'ai appris en regardant les gens. Apparement, je me débrouille pas trop mal pour quelqu'un qui n'a jamais eu personne pour lui enseigner ça.

Mon regard se perd dans le lointain, un peu dans des souvenirs qui fond du bien à l'âme et je suppose qu'il hausse un sourcil d'interrogation. Il m'a toujours connue avec des cheveux courts. D'abord parce que je n'allais pas bien. Et puis maintenant parce que je les préfère comme ça, rasés d'un côté, de la longueur d'un carré de l'autre. C'est plus simple pour se battre. Surtout plus simple pour être prête rapidement le matin.

-Ils m'arrivaient aux fesses mais ce n'était pas très pratique au boulot. Je les ai coupés après être entrée chez les vengeurs.

Souvenir de Natasha et de ses mains expertes. Du claquement sinistre des ciseaux, pour moi qui ne les avaient jamais raccourci avant. C'est plus simple. Ca fait un problème en moins.

-Il faudra que tu me montre une photo.

Je souris.

-Pas possible chéri. C'est pas l'idéal quand on est en cavale, que d'avoir des souvenirs physiques.

Il sert mon épaule de sa main. Comme si cet état de fait était horrible. Mais il ne l'est pas. Je ne regrette pas mon enfance avec Bruce. S'il y a bien une chose dans ma vie que je ne regrette pas, c'est ça.

-Parle moi de quand tu étais petit, toi. Tu ne m'en parle jamais.

Son regard se perd dans l'infini. Et il raconte. Il parle de sa mère et de ses précieux cookies, réservés aux occasions spéciales. De la maison qui sentait le linge propre et le tabac froid. Mais qu'il n'aimait pas y être. Il préfère me parler de Steve. Un petit Steve, tout fragile, un peu comme fait en verre, malingre et toujours malade. Qui n'en faisait toujours qu'à sa tête, incapable de se rendre compte qu'il ne pouvait pas se battre contre toutes les brutes du quartier. Il me dit comme il enviait ses principes si forts. Comme il les envie toujours. Il me raconte qu'il avait pris l'habitude de traîner dans tout Brooklyn, faisait toutes les allées, tous les soirs, avec toujours cette angoisse au creux de l'estomac, de voir Steve battu à mort près d'une poubelle. Il me parle aussi de la Grande Dépression et du rationnement. De la faim qui tord les boyaux, des familles qui s'arrachent pour avoir un peu de pain pour les gamins. J'imagine les gens hurler contre des militaires pour nourrir leurs enfants, se retrouvant face à un mur de règles et d'ordres qui ne flanche pas. Jamais. Je me souviens de ces gens là. De Ross et de tous les autres. Ces militaires sans cervelle. Il me parle du racisme constant, jusque dans les écoles. Il me parle de ses jeux d'enfants. D'osselets, de billes et de pleins d'autres choses que je devrais connaître, qui remplissaient les cours de récréation. Il me dit que ces jeux-la, je ne les connais pas parce qu'ils sont trop vieux. Je n'ose pas le contredire pour lui parler de moi, qui n'ai jamais été à l'école. Que je sais à peine ce qu'est une récréation. Que je n'ai connu que le lycée, pour deux ans. Il me parle des femmes d'avant, qu'il voyait comme de fragiles créatures, comme de légères aventures. Il me dit que je suis la seule qu'il ne voie pas comme ça. Qu'il comprend, avec ma douleur qui irradit de partout. Mais que je garde pour moi pour éviter les victimes collatérales. Besoin d'être là. Je glisse ma tête contre son épaule. Il lisse mes cheveux. Le silence englouti tout. Nos peines et nos joies. Jusqu'à ce que son ventre ne grogne. Eclats de rire qui explosent dans nos poitrines. Si incongru que s'en est comique. Il se décale un peu pour récupérer son sac. Me tends un sandwich que je suis incapable de prendre, respirant à peine à cause des subresauts légers de mon torax. Léger coup dans mes côtes pour me faire revenir sur Terre.

-Quand t'auras fini de te foutre de ma gueule, tu devrais manger un bout.

Immense sourire sur ses lèvres et yeux qui pétillent. J'aime nos moments comme ça. Où tout est sérieux et qu'une petite chose nous sort de nos souvenirs. Aussi simple qu'un ventre qui a faim...

-Je t'aime.

-Je t'aime aussi.

Les mots sortent comme ça, d'instinct. Plus naturellement qu'avant. Je vais mieux. Je peux lui dire ça. Il a le droit de me voler ça. Il me supporte. Nos lèvres s'effleurent. Parce que nous sommes là l'un pour l'autre. Encore un peu.

-Loup blanc. Tigre blanc.

Ombre au dessus de nos têtes. Sursaut. Réflexes de défense. Je suis debout devant lui, poings en avant. Soldat de l'armée Wakandienne. Et T'Challa dans le lointain. Okoye derrière lui. Tous les deux avec des mallettes entre les doigts. Visages sombres. Je ne comprends pas. Je tourne mon regard vers Bucky. Il a les sourcils froncés, un poing en guise de main, tous les muscles de son corps tendus à l'extrême. Et je me surprends à l'imiter. Je ne comprends pas.

-Qu'est ce qu'il se passe?

Ma voix tremble un peu d'inquiétude. Depuis quand est ce que ma voix peut être pleine de ça? Je suis un robot. Je ne montre pas mes peurs. Surtout pas celle de ne rien piger. Masque qui refait surface, comme une couverture réconfortante qui cache tout ce que j'ai à l'intérieur de moi. Je suis le Robot de Chicago. Je l'ai été pendant longtemps. Mes traits se tendent, mes poings se ferment davantage. Je ne suis plus qu'une machine à tuer.

-Le roi vous demande.

Il baisse sa tête en signe de respect avant de s'écarter de notre chemin. Buck s'avance d'un pas. D'un deuxième. Jusqu'à être trop près. Je reste dans son sillage. Le roi nous fixe quelques instants, lèvres pincées, comme un soupçons de pitié dans le regard. Je plisse les yeux. Il dépose sa mallette sur un balot de paille. L'ouvre. Pour révéler le nouveau bras cybernétique de Bucky. Sa nouvelle prothèse, qui aurait dû être prête pour dans un mois. Pas maintenant. Peur qui me troue les intestins. Impression de tomber. Okoye s'avance. Fait de même. Pour dévoiler un bô de vibranium augmenté technologiquement pour me servir d'arme à feu. Ca aussi, ça aurait dû mettre plus de temps à arriver. Je ne comprends pas. Bucky passe sa main valide sur le métal froid. Je laisse mes doigts courir sur mon présent. L'alliage respire contre la chaleur de mon épiderme. Forme des traces grises. Je ne comprends pas.

-Où est le combat?

Les mots résonnent dans mon esprit. Non. Non. Non. Pas ça. Pas encore. Pas une nouvelle guerre. Souvenir du rêve de cette nuit. De Bucky à genoux, en sang. Pas ça.


Re!

Alors, ce chapitre? Pas trop ennuyant? Qu'est ce que vous avez pensé de la séquence du cauchemar? Trop démonstrative? Ou comme il faut? Et est ce que vous trouvez approprié le surnom Wakandien de Sander, Tigre Blanc? Ah et au passage, ça m'était complètement sorti de la tête qu'un perso marvel s'appelle comme ça... Mais bon, il ne fait pas parti du MCU donc on peut dire que ça va? Et qu'est ce que vous attendez pour la suite?

Bon, après toutes ces questions, je vous laisse profiter de votre week end!