Quand il rejoignit son bureau en début d'après-midi, son lieutenant n'était pas là. Tout était en ordre, plus une trace de la mésaventure de ce matin. Tout de même, qui y avait-il de si drôle à se prendre une explosion de blé en pleine figure ? Décidément, il ne la comprendrait jamais...

Il retourna à son poste, et soupira devant la pile de rapports qu'elle lui avait laissés.

D'un autre coté, comme elle n'était pas encore arrivée, il n'était pas obligé de s'y mettre tout de suite. Une petite sieste ne lui ferait pas de mal, après il serait d'attaque.

A peine commençait-il à s'endormir que la porte du bureau claqua. Il vit une Liza furieuse rentrer comme un boulet de canon. Elle ne lui jeta même pas un regard et se plongea directement dans ses dossiers.

Elle était en retard. Ca lui faisait une trop belle excuse pour la charrier, il n'allait pas la laisser passer.

« Hé bien, lieutenant, la ponctualité ne fait plus partie de vos vertus ? » Il lui avait dit ça en se vautrant dans son siège, les mains derrière la tête, l'air le plus détaché du monde. Il s'attendait à la voir piquer un fard, mais au lieu de ça, elle leva juste un sourcil et lui répondit calmement : « Je m'adapte à mon environnement, colonel. J'étais sûre que vous voudriez vous reposer après les évènements de midi. Et vous savez que je ne peux pas vous laisser dormir avec tout le travail qu'on a en ce moment ! »

Pris à son propre piège. Il n'aurait jamais cru ça d'elle. Non pas qu'il sous-estime son intelligence, il savait parfaitement à qui il avait à faire, mais il ne pensait pas qu'elle lui répondrait en le mettant en cause. Normalement, elle se serait excusée prétextant qu'elle n'avait pas eu le temps d'aller déjeuner après avoir nettoyer le bureau. Et d'ailleurs, normalement, elle aurait été à l'heure, quitte à ne pas manger du tout !

L'après-midi passa assez rapidement. Ils avaient tous de quoi s'occuper. Mais ils restaient perplexes devant l'attitude de Liza. Après sa remarque au colonel, elle retrouva sa bonne humeur du matin, et ce n'était pas chose courante. En général, elle était plutôt neutre, répondant aux questions professionnelles de façon efficace, mais sans plus. Alors qu'aujourd'hui, elle souriait, prenait des nouvelles de tous les soldats passant dans son bureau et plaisantant même un peu avec certains. Elle rit aussi de bon cœur avec toute l'équipe quand Havoc se fit décommander de son rendez-vous du soir, avec une nouvelle merveilleuse petite amie. Encore une fois, il venait de perdre la femme de sa vie.

Devant sa mine déconfite, elle se sentit un peu mal à l'aise et stupéfia tout le monde.

« Vous savez Jean, moi je serais ravie si je rencontrais un garçon comme vous ! » Tous les regards se portèrent sur elle. Elle ne parlait jamais de sa vie privée, si bien que tous étaient convaincus qu'elle n'en avait pas, qu'elle était une sorte de vestale dédiée au culte du dieu du feu Mustang.

« Vous... vous voulez dire que vous sortiriez avec moi ? » Havoc la regardait avec surprise, mais aussi avec intérêt. C'était une belle femme, personne ne pouvait le nier. Si elle était un peu plus... disons chaleureuse, et qu'elle s'habillait autrement, c'est sûr qu'il aurait tenté sa chance.

Elle ne put s'empêcher de rire devant la tête de son collègue. « Sans doute, oui, lieutenant. Enfin si les circonstances étaient différentes... Je crois que vous êtes un garçon adorable. Et vous, au moins, vous ne prenez pas les femmes pour des distractions d'un soir. » L'allusion était à peine voilée et le colonel, ainsi que le reste de l'équipe ne manquèrent pas de la relever. Bien sûr il n'apprécia pas du tout qu'elle critique son mode de vie, mais ce qui le gênait encore plus c'est qu'elle sous-entende qu'Havoc lui plaisait. Il aurait bien voulu trouver une remarque pertinente pour le remettre à sa place, mais il manquait cruellement d'inspiration. Alors il allait la piéger elle.

« Elizabeth Havoc, c'est vrai que ça sonne plutôt bien... » dit-il d'un air rêveur. « J'espère que nous serons invités au mariage ! »

Liza le regarda sans comprendre. Elle n'avait jamais parlé de se marier, ni même dit qu'elle voulait effectivement sortir avec lui, alors qu'est-ce qui lui prenait au colonel ? Il devait certainement chercher à se moquer d'elle pour qu'elle lui parle de sa vie privée. Une façon de lui faire dire si elle avait quelqu'un en ce moment.

« Vous savez bien, colonel, que la fraternisation est très mal dans l'armée. Surtout entre collègue d'une même équipe. »

« Mais si ce n'est que ça, je peux demander à vous faire transférer. Je ne voudrais que vous passiez à coté du bonheur à cause d'un règlement aussi idiot ! »

Elle ne répondit pas. Est-ce qu'il plaisantait ? Il était prêt à se séparer d'elle aussi facilement ? Non, ça ne pouvait pas se passer comme ça !

« Eh bien je suis ravie de voir que suis importante dans l'équipe. Et pourquoi me transférer moi plutôt qu'Havoc ? » Cette fois elle avait perdu sa bonne humeur. Et tout le monde s'en rendit compte, sauf évidemment, le colonel, toujours vexé qu'elle lui ait préféré son lieutenant.

Il réfléchit un instant, puis répondit : « Vous avez raison, vous êtes plus efficace que lui, et beaucoup plaisante à regarder. Havoc ce sera donc vous qui serez transféré. » Il la vit rougir légèrement quand il dit cela, et il en fut réconforté. En plus s'il virait Havoc, il perdait un rival et elle n'aurait d'yeux que pour lui !

Non mais ça va ! On parle d'Hawkeye ! Il s'embrouillait dans ses pensées. Il n'avait pas l'intention de la séduire ! Ce n'était que son lieutenant, rien de plus !

« Eh, mais c'est pas juste, j'ai rien demandé, moi ! Non seulement je me fais planter par ma copine, mais en plus je me fais virer ! Ca fait beaucoup, non ?! Et en plus, colonel, je ne sors pas avec Hawkeye... C'était juste pour rire ! » Havoc commençait à s'agiter et à mouliner les bras dans tous les sens pour rappeler que ce n'était que des suppositions. Il n'avait aucune envie de se faire évincer pour une remarque amicale d'une collègue !

Leur discussion fut interrompue par l'arrivée d'une secrétaire. « Lieutenant Hawkeye, il y a une personne qui vous demande. » Liza regarda la secrétaire avec surprise, puis son équipe et répondit de faire entrer.

Tout ce qu'ils virent, fut d'abord une énorme gerbe de blé, tenu par un grand gaillard, dont ils ne pouvaient voir le visage, enfoui sous les épis. Le colonel regarda Liza d'une façon qu'elle n'arrivait pas à interpréter puis s'approcha du livreur.

« Bonjour... C'est « Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, qu'il lui tendit le 'bouquet' en criant : "Lili ! Ca fait un bail !"

Elle attrapa le blé, et son visage s'éclaira d'un immense sourire. Elle se jeta au cou du nouvel arrivant en riant et répétant sans cesse « C'est pas vrai ! »

Roy n'aimait pas du tout ça. Déjà, elle avait encore mis du blé partout, même si cette fois, rien n'avait explosé. Ensuite, elle était dans les bras de quelqu'un qu'il ne connaissait pas, et n'avait pas l'air de vouloir s'en décrocher. Il toussota plusieurs fois pour manifester sa présence.

Liza reprit contenance et se détacha de son ami. C'était un grand blond, d'environ 25 ans, avec les cheveux longs, noués sur la nuque et de grands yeux bleus. Plutôt le genre tombeur. Si ce n'est une cicatrice qui lui coupait complètement la joue gauche. Roy sentait qu'il détestait ce type. Une envie subite de le transformer en brochette.

« Lili, tu es occupée, alors je te laisse. On peut se voir pour dîner ce soir ? »

« Oui bien sûr. » Elle se tourna vers son supérieur, mais celui-ci se contenta de répondre : « Vous savez, nous avons beaucoup de travail, je ne suis pas sûr que nous finissions très tôt. »

C'était la meilleure. Lui qui voulait finir tous ses dossiers aujourd'hui quitte à finir à la nuit ? C'était le monde à l'envers !

« On peut faire ça une autre fois, Lili... »

« Non, c'est pas grave. Tu n'as qu'à passer à 21h, je serai dans mes quartiers. Je pense qu'on aura fini. Et sinon, tu tiendras compagnie à Hayate ! » Elle lui fit un immense sourire et retourna s'asseoir à son bureau sans un regard pour le colonel.

« Ok, alors à tout à l'heure ! » Et il se dirigea vers la sortie.

Toute l'équipe resta figée un bon moment après une telle scène. C'était surréaliste. Elle eut le temps de ramasser son bouquet et d'aller chercher un vase pour l'installer qu'ils n'avaient toujours pas bougé. En retournant à son poste, elle leur jeta un regard noir, et ajouta sur un ton qui ne laissait aucune place à la discussion : « Et alors, vous avez entendu le colonel ? Nous avons beaucoup de travail, alors au boulot !! »

La fin de la journée se passa normalement, chacun étant plongé dans ses dossiers. Il faisait nuit quand ils furent enfin libérés. Liza enfila son manteau et s'apprêtait à sortir quand Roy la rappela. Il lui tendit une petite carte. Elle était accrochée à un des épis et apparemment, elle lui avait échappé. Evidemment, il n'avait pu s'empêcher de la lire, et aurait voulu la garder, mais puisqu'elle avait rendez-vous avec son auteur le soir même, il valait mieux éviter.

Elle baissa les yeux, et découvrit juste quelques mots : "Ils me font toujours penser à toi, Leo." Elle sourit et regarda son colonel. Elle était radieuse, il aurait voulu la garder comme ça prêt de lui, mais il savait qu'il n'en avait pas le droit.

« Vous allez être en retard. Votre Leo vous attend. »

Elle le regarda avec surprise et répondit simplement : « Ce n'est pas lui Leo, tout à l'heure c'était Arthur. » Elle ne put retenir un sourire devant la mine de son supérieur. Elle ajouta « Merci pour la carte colonel. Passez une bonne soirée, » avant de filer vers ses quartiers.

Arthur ? Et Leo alors, c'était qui ? Et combien y en avait-il qui lui tournait autour ? Cette journée ne lui plaisait vraiment pas. Vivement le lendemain que les choses reprennent leur cours.

Il décida d'aller se changer les idées dans un bar pour oublier toute cette affaire.

En revenant, il ne put s'empêcher de passer vers les quartiers de son lieutenant. Et quelle ne fut pas sa surprise de la voir à la porte, en civil, vêtue d'un pull et d'un jean, les cheveux lâchés, en train de discuter avec le blond. Arthur. Il détestait ce prénom. Il resta un moment en retrait à écouter leur conversation, mais ils ne racontaient pas grand chose d'intéressant. D'un coup, il entendit le prénom maudit. L'autre. Leo.

« Je suis ici pour préparer son arrivée. Il était tellement content à l'idée de te revoir. Il n'a pas oublié tu sais. »

Liza baissa la tête. « Je me doute. J'ai bien compris avec le petit mot de ce matin. Mais je ne sais pas si c'est une bonne idée... »

Arthur lui souleva le menton pour se plonger dans ses yeux : « Tu sais qu'il est fou de toi. Il l'a toujours été. Et franchement, vous allez très bien ensemble ! »

Elle sourit légèrement. « Je ne sais pas. Ca fait tellement longtemps... Beaucoup de choses ont changé. » Elle détourna les yeux et son regard se posa sur le coin du mur, à quelques centimètres de là où était Roy. Si elle avait pu voir à travers les murs, elle l'aurait vu se mordre la lèvre et partir l'air dépité.

Voila pour la suite. Je le redis, mais je fais ca au boulot, donc je ne sais pas trop quand je pourrais continuer... L'histoire ne devrait pas être trop longue, enfin j'espère, pas plus de 6 chapitres. Soyez patients ! Je fais de mon mieux, mais je dois qand même faire mes rapports !

Merci aux miss pour leurs encouragements, ca m'a fait très plaisir ! Et j'espère que ca vous plait toujours...