Auteur : Manthy
Base : XXX Holic
Disclaimer : Encore des personnages géniaux qui appartiennent aux CLAMP…
Note : Spéciale Halloween TRES en retard je le sais, qui bénéficie d'un cross-over avec Lawful Drug
Juste pour estimer votre culture générale D'où vient le titre de ce deuxième chapitre ?
Chapitre 2 : l'habit bleu de Watanuki
Yûko l'avait laissé rentrer chez lui plus tôt ce soir-là, et tandis qu'il préparait la pâte pour les ravioles au potiron qu'Himawari lui avait expressément demandé de confectionner, Watanuki n'avait cessé de se demander quelle mauvaise surprise lui réservait cette fois-ci. Après tout, il serait toujours temps pour lui de passer l'habit de marmiton qu'il avait pensé revêtir initialement. Le jour venu, il dû bien admettre que ce n'était pas si terrible que ça d'avoir cédé pour une fois au caprice de Yûko. Un peu encombrant et un peu trop chaud peut-être. En fait, le principal inconvénient de ce costume était…
« Kyaaa ! Watanuki-kun ! Où as-tu trouvé ce costume ? Il est MA-GNI-FI-QUE !!
- Merci, marmonna le jeune homme embarrassé par la quinzième crise d'hystérie dont il faisait l'objet.
- Et … tu es qui au juste ?
- … Euh, c'est-à-dire que… »
Il fut interrompu par une fine main blanche sur son épaule, et une voix mystérieuse.
« Watanuki interprète le pire des magiciens démoniaques : le bourreau des cœurs à lunettes ! »
Yûko éclata de rire avec les lycéennes, au plus grand désespoir de Watanuki.
¤
La veille
« Tadaïma ! Comment… ARGH ! »
Watanuki sentit une masse s'écraser sur sa poitrine, le précipitant sur le sol. Kuda Kitsune, le renard en tube, avait encore frappé. Alors que le jeune homme tentait de repousser la créature démesurément affectueuse mais légèrement envahissante et qui, malgré sa taille réduite, pesait un poids équivalent à celui de sa forme véritable, Yûko et ses deux assistantes firent leur entrée dans le hall.
« Joli coup, Kuda Kitsune ! lança la sorcière en tapotant gentiment la tête de la créature. Maru, Moro, à vous de jouer !
- Jouer ! s'écria Maru en saisissant le poignet gauche de Watanuki.
- Hein ? fit bêtement sa proie. Mais qu'est-ce que… ?
- Jouer ! s'écria Moro en attrapant fermement sa main droite.
- Mais… OÙ EST-CE QUE VOUS M'EMMENEZ ?! »
Yûko sourit en portant son verre de saké aux lèvres. Watanuki était tellement amusant à taquiner. Elle s'appuya contre la cloison extérieure de la chambre où les fillettes avaient entraîné leur aîné.
« Mais qu'est-ce que vous voulez à la fin ? demanda ce dernier avec lassitude.
- Jouer ! lui fut-il répondu à l'unisson.
- D'accord, d'accord, soupira le lycéen. Et vous voulez jouer à quoi ? »
Le sourire de la sorcière s'élargit encore lorsque, de l'autre côté de la paroi de bois, les deux enfants joignirent leur voix pour s'exclamer à pleins poumons :
« JOUER A LA POUPÉE !!
- Que… QUOI ? YÛKO-SAAAN !! »
La jeune femme éclata de rire alors que les cris se poursuivaient, se transformant en vociférations, puis supplications, tandis que les jumelles retiraient son uniforme au lycéen. Elle abandonna à regret ce concert si plaisant, pour se rendre dans l'une des gardes robes de la maison. C'était dans celle-ci qu'elle conservait non ses propres habits, mais ceux qu'elle avait reçus comme paiements. Elle passa devant ses plus récentes acquisitions – de très rares exemplaires : une tenue d'archéologue complète, la robe d'une authentique princesse, une armure de ninja en parfait état et un costume de magicien polaire de grande qualité – pour arriver, au fond de la pièce, devant ce que l'on pouvait considérer comme une vitrine. Elle y retrouva Mokona, ses petites pattes appuyées contre le verre, et son reflet révélant une grande mélancolie.
« Cela fait longtemps, hein, Yûko ? demanda-t-il d'une petite voix.
-Pas tant que cela, j'imagine, répondit-elle d'une voix qui se voulait impassible.
- J'ai l'impression que cela fait une éternité, poursuivit la créature. Il me manque.
- …
- Yûko ?
- A moi aussi. »
C'est à peine si ces derniers mots étaient audibles. Les deux vieux amis restèrent un moment en silence, à observer l'habit dont le bleu nuit du velours contrastait avec le blanc éclatant de la soie. Yûko ouvrit la porte et passa la main sur les broderies d'or qui couraient sur la poitrine du vêtement, se rappelant encore du souffle qui la soulevait autrefois.
Des cris venus de l'autre côté de la maison la sorti de sa contemplation. Elle sourit à nouveau, d'un sourire tendre et un peu triste, puis saisit le cintre ou reposait le lourd habit de velours.
« Watanuki, j'ai ton costuuume ! »
Watanuki arracha presque l'habit des mains de Yûko. Maru et Moro lui avaient enlevé ses vêtements sans trop de douceur, et il n'avait aucune envie d'essuyer une fois de plus les commentaires sarcastiques de Yûko sur la blancheur cadavérique de sa peau, sa maigreur douloureuse ou autre stupidité. Il enfila rapidement le pantalon de velours bleu, puis boutonna la chemise de soie blanche. Ce n'est qu'alors qu'il remarqua l'extrême douceur des tissus, leur fluidité, leur confort. Il revêtit le gilet puis le manteau brodé plus lentement.
Cela fait, il s'immobilisa, partagé entre un étrange sentiment de familiarité et un malaise dont il n'arrivait pas à déterminer les causes. Il pouvait sentir le pouvoir du dernier propriétaire du costume, et il se demanda ce qui avait pu poussé un être d'une telle puissance à passer un marché avec Yûko. Le cheminement de ses pensées le conduisant à la sorcière, il se souvint soudain de sa présence dans la pièce et se tourna vers elle.
Il fut surpris par l'expression mélancolique peinte sur son visage. Les yeux de la jeune femme parcouraient l'habit comme si elle cherchait quelque chose caché dans ses plis. Sans accorder d'importance au regard posé sur elle, elle s'approcha de son employé pour effleurer le velours du bout des doigts, comme si elle redoutait de l'abîmer ou de s'abîmer elle-même à son contact. Elle joua un instant avec les fermoirs avant de passer les mains sur les épaules du jeune homme, qui n'étaient pas assez large pour occuper entièrement le tissu. Elle pinça distraitement les plis qui se formaient à la naissance du bras pour ensuite laisser glisser sa paume jusqu'au bout de l'ample manche.
« Yûko ? »
La sorcière leva lentement les yeux vers le visage du jeune homme, troublée d'entendre une voix qui n'était pas celle qu'elle aurait voulu entendre. Elle chercha un moment avec désespoir dans les traits de son vis-à-vis des traces des yeux et du sourire si doux de son vieil ami. A la place, elle plongea dans des yeux vairons écarquillés par la surprise où pouvait se lire de l'inquiétude et un sourire incertain, puis écarta du front blanc les mèches folles noires d'encre qui l'avait envahi.
Watanuki ouvrit la bouche pour bredouiller quelques mots de réconfort, quand Yûko lui pinça violemment le nez.
« Comme tu es mignon, Watanuki !
- Pardon ?
- Oui, cela te va siii bien ! Je devrais t'habiller ainsi tous les soirs !
- QUOI ?! Mais, mais, mais… »
Mokona, Maru et Moro, restés jusque là silencieux, sentirent que le moment de leur entrée en scène était venue, et se lancèrent dans une danse tribale autour du lycéen agité de mouvements de fureur.
« Watanuki est MI-GNON !
- Mignon !!
- Mignon !!
- Mignon--- !! »
Yûko échangea un regard avec Mokona, sourit à l'unisson avec lui avant de s'exclamer en chœur avec la créature :
« Watanuki ! Du saké pour fêter tout ça !!
- MAIS POUR FÊTER QUOI ?
- Le fait que tu sois siii—MIGNON !! »
Parole prononcée quand on rentre chez soi. On pourrait le traduire par « je suis rentré ! ». Je trouve ça tellement mignon que Watanuki s'annonce ainsi en entrant chez Yûko ! Hanyaaaa !
Car bien évidemment, Yûko possède une dizaine de garde-robes. Au moins.
Pour ceux qui n'auraient pas suivi Tsubasa Reservoir Chronicle, je parle des costumes de nos quatre héros, que Yûko garde en réserve depuis qu'ils les ont oublié lors de l'un de leurs déplacements.
L'amour sans doute . Je suis vraiment désolée, je me suis rendue compte après coup que Watanuki a l'air de dire que Clow est surpuissant par rapport à Yûko, or on peut plutôt penser qu'ils étaient de force égale. Disons que Yûko camoufle si bien son aura, ou alors que Watanuki y est tellement habitué, que le pauvre garçon ne réalise pas à qui il a faire ! (Insérer un rire démoniaque de Yûko et un glapissement apeuré de Wata-Chan).
