Titre : Alors, elle te plaît ?

Genre : Romance et mystère

Rating : Tout public. (K+)

Personnages : Tous

Résumé : Heiji prévoit d'acheter une maison et trouvant la perle rare, décide de la faire visiter à sa meilleure amie. Jusque là, tout va bien, hein ? Sauf, quand on prend en compte toute la symbolique de cette action. Kazuha/Heiji ! Enjoy ^^

Disclamer : Détective Conan ne m'appartient pas T.T

Spoiler : Aucun

Note : Bisous à tous et bonne lecture ! Merci pour vos reviews ^^


C'était durant le mois de mai, un jour de beau temps, quelques mois après la visite de la maison. Ce jour-là, Heiji était arrivé en retard en cours et sitôt l'heure finie, il avait sans un mot pris Kazuha par la main et tandis qu'elle protestait sous les rires moqueurs de ses camarades, il l'avait emmené hors de la classe. Il ne s'arrêta que lorsqu'ils atteignirent un endroit tranquille, autrement dit, le toit du lycée. Là, il se tourna vers elle résolu et face à son regard sérieux, elle arrêta ses récriminations.

"Bien, souffla-t-elle en croisant les bras, je t'écoute."

Il lui sourit et se redressa, se tournant vers l'horizon.

"Hum... Kazuha..."

Il ne savait pas trop comment si prendre et bientôt son visage prit une teinte rosée. La jeune fille se rapprocha de lui.

"Tu as quelque chose de prévu ce soir ?

- Non", répondit-elle.

Il opina et se tourna vers elle soudainement.

"J'ai réservé au Majesty pour vingt heures... pour nous deux, tu... ? Rah !" finit par grogner le détective.

Ses pensées n'arrêtaient pas de se mélanger dans sa tête. Il passa une main dans ses cheveux nerveusement et arrêta en entendant un rire. En effet, elle riait doucement. Le Majesty était un restaurant traditionnel qu'elle aimait tout particulièrement bien qu'elle n'y soit allée qu'une fois.

"Aho ! commença Heiji en posant ses mains sur ses hanches.

- D'accord", répondit alors Kazuha, coupant court à une nouvelle dispute.

Il parut surpris et lui sourit finalement avec tendresse. Cela la fit chavirer et elle sentit son coeur cogner dans sa poitrine.

"Dix-neuf heures trente chez moi", déclara-t-elle en partant.

Non, non, elle ne fuyait pas. Elle était juste surprise. Normalement, Heiji n'agissait pas ainsi, c'était surprenant. Alors qu'elle rejoignait sa classe, elle commença à réfléchir à la tenue qu'elle allait mettre ce soir, ignorant les questions de ses amies. Une belle robe s'imposait, mais laquelle ?


Lorsque le dessert arriva, tous deux étaient en pleine conversation. Elle rit à une de ses remarques et lança un regard gourmand à sa coupe de glace. En fin de compte, elle avait opté pour une robe noire à bretelle. Elle était assez simple, avec un beau décolleté décent. Marquée à la taille par une ceinture verte claire, elle s'évasait ensuite jusqu'au dessus des genoux.

Même Heiji avait fait un effort. Il portait une veste noire, un pantalon noir également ainsi qu'une chemise blanche ouverte de deux boutons rendant sa tenue moins formelle.

Ils mangèrent leur dessert en silence et alors que Kazuha terminait sa glace, Heiji se racla la gorge. Il cherchait bien évidemment à attirer son attention.

"Qu'est-ce qu'il y a ?" interrogea-t-elle en posant sa cuillère.

Il sortit un document de sa poche et lui donna. Elle le parcourut rapidement et un sourire vint bientôt illuminer son visage.

"Tu l'as achetée ! s'écria-t-elle, ravie.

- Oui, les papiers sont signés. Je peux allez y vivre dès à présent si je veux.

- Super ! Je t'aiderai ! assura la jeune fille.

- J'y compte bien", répliqua Heiji, reprenant le document.

Elle rit et finit son dessert, savourant ce bonheur.

Une fois dehors, ils décidérent d'aller se promener. Ils étaient venus à pied de chez eux, le restaurant n'étant pas loin, aussi, ils rentrèrent simplement par un autre chemin.

"Au fait, Kudo vient la semaine prochaine pour m'aider à emmener mes affaires.

- Ran sera là, alors ?

- Ils sont inséparables", répondit seulement Heiji avec un sourire.

Elle approuva et le questionna sur la réaction de ses parents. Si ça avait été un choc pour sa mère, son père lui avait fait plein de recommandations, de serments sur ce qu'allait être sa vie seul, mais Heiji était décidé et ça, ils le comprennaient tous les deux.

Il leur avait montré la maison, expliqué qu'il prenait un emprunt, raconté ses recherches. Son père l'avait écouté sans rien dire et d'ailleurs, il n'avait rien dit du tout. Il avait juste souri à la fin. Shizuka en revanche avait dû pleurer toutes les larmes de son corps. Heiji ne lui dit pas, mais elle l'avait également taquiné déclarant qu'il serait ainsi plus tranquille avec Kazuha. Ce à quoi il n'avait rien répliqué. Non, strictement rien. En fait, il s'était retrouvé à court d'arguments tout simplement.

Ils arrivèrent bien vite devant la maison de Kazuha et avant qu'il ne parte en lui souhaitant bonne nuit d'un signe de main, elle le retint.

"Merci pour ce soir, dit-elle d'une voix douce. C'était très... agréable. Merci de me tenir au courant", souffla-t-elle du bout des lèvres.

Alors, il se tourna vers elle avec son air sérieux.

"Kazuha, déclara-t-il, tu fais partie de ma vie, que tu le veuilles ou non."

Ces paroles la touchèrent tout particulièrement et son coeur bondit quand elle réalisa qu'il se penchait vers elle. Avant qu'elle ne fasse quoi que ce soit, il avait déposé un baiser sur sa joue, caressant l'autre de sa main droite, et était parti. La jeune fille resta longtemps devant le petit portillon. Quand elle rentra enfin, elle découvrit son père installé dans le salon.

"Tiens, tu ne dors pas ? questionna-t-elle, surprise.

- Non, je... j'ai discuté avec Hattori aujourd'hui."

Elle savait qu'il parlait d'Heizo, le père d'Heiji, dont il était très proche.

"Alors, Heiji a acheté une maison ?

- Oui", affirma-t-elle en s'asseyant à ses côtés, toute sourire.

C'est à cet instant qu'il remarqua la tenue qu'elle portait. Il la détaillait un moment.

"Je t'ai bien dit que je dînais avec Heiji ce soir ? s'inquiéta-t-elle devant son mutisme.

- Oui", opina-t-il.

Elle soupira, soulagée et se leva.

"Vous êtes allés où ? demanda son père tandis qu'elle commençait à monter l'escalier.

- Au Majesty", répondit-elle joyeusement.

Il l'entendit fermer la porte de sa chambre et soupira. Dire qu'il pensait qu'ils allaient dans un fast-food, pourquoi tout devait aller si vite ?


Il avait recommencé.

Le premier cas, on cherche un suspect proche de la victime. Au deuxième cas, on cherche les points communs. Ils en étaient là.

Cependant, quand viendrait le troisième, ils chercheraient seulement un coupable, un psychopathe. En effet, en une semaine, deux enlèvements avaient déjà eu lieu et pas n'importe où. C'était le lycée Kaiho, le lycée d'Heiji et Kazuha, qui était touché. Hattori et Toyama, impliqués bien plus que de nécessaire, enquêtaient activement sur les lieux, suivis d'Heiji.

La première victime se nommait Miyuki Toori, une lycéenne de première année tout ce qu'il y a de plus banal. Au départ, ils avaient donc interrogé son père, fraîchement divorcé et ayant la garde temporaire de sa fille. Puis, ils avaient appelé sa mère vivant à l'autre bout du Japon, mais la jeune fille était introuvable. La fugue restait possible, mais trop de détails menés vers l'enlèvement. Ses affaires notamment, alors qu'elle allait au club de tenis très tôt le matin, ses affaires n'avaient pas été retrouvées dans les vestiaires, mais juste devant.

De plus, elle n'avait même pas eu le temps d'aller aux vestiaires étant donné que sa tenue était toujours dans le sac. Miyuki avait donné rendez-vous à une de ses amies. Celle-là même qui après avoir retrouvé les affaires et fait le tour de l'établissement, finit par contacter un professeur.

Une jeune fille ne fuguerait pas en laissant son portable, son porte-monnaie et encore moins une amie l'attendre, c'était certain. Bref, elle avait été enlevée et alors que les enquêteurs n'avaient aucune piste, une jeune fille de deuxième année, Nakao Sota, disparut à son tour.

Elle se rendait à un entraînement matinal d'aïkido et c'était Kazuha qui avait donc sonné l'alerte en ne la voyant pas arriver. Les membres du club s'étaient séparés et par deux, avaient retourné l'établissement dans ses moindres recoins. Heiji les avait rejoint entre temps, laissant son père voir pour la famille de Nakao, mais il n'y avait aucune trace de la jeune fille. Devant les vestiaires, son sac avait été retrouvé ainsi que son portable, sa tenue d'aïkido, ses cours, enfin, la piste de l'enlèvement était la plus probable.

Avec Miyuki enlevée lundi et Nakao vendredi, ça faisait deux enlèvements en une semaine. À présent, tous faisaient leur possible pour ne jamais se trouver seul et cela arrangeait bien Kazuha qui suivait Heiji comme son ombre. Nakao était une bonne amie à elle et elle était très inquiète pour elle.

La première chose qu'ils firent fut de fouiller les vestiaires puis la salle de rangements située juste derrière, mais ils ne trouvèrent rien d'anormal. À vrai dire, il n'y avait pas de marque de lutte, aucun objet perdu, rien. Voyant l'état de sa meilleure amie, Heiji se retournait la tête au sujet de cette enquête. Il appela Shinichi plus d'une fois, mais le détective de l'Est séchait également.

Le samedi soir, après une longue journée d'enquête, Heiji rentrait en moto et arrivait à hauteur de sa nouvelle maison quand il constata quelque chose. Il s'arrêta dans la ruelle, enleva son casque et se tourna vers Kazuha avec un visage contrit.

"Tout de même, souffla-t-elle, je ne pensais pas que tu allais oublier de me déposer !

- Gomen, gomen Kazuha. Je n'arrête pas de réfléchir au sujet de l'enquête et...

- Tu m'as oublié, affirma-t-elle, gonflant ses joues de colère.

- Gomen, si tu veux je te raccompagne ?" proposa-t-il, mais il connaissait sa réponse.

Au loin, le soleil se couchait et le temps se couvrait. La pluie n'allait pas tarder à tomber et Kazuha n'aimait pas quand il rentrait en moto ainsi. D'ailleurs, elle regardait la même chose que lui.

Il lui sourit d'un air désolé et ils gagnèrent la maison avant que ne tombent les premières gouttes.

Kazuha avait déjà dormi chez Heiji, notamment avec Ran lorsque les Tokyoïtes étaient venus aider pour l'emménagement, aussi, elle avait quelques affaires ici. Heureusement, elle avait son sac avec sa tenue d'aïkido sur elle. En effet, à l'approche des compétitions, les entraînements s'intensifiaient et ce même le dimanche matin.

Rapidement, elle prépara son futon dans la pièce du bout du couloir, presque en face de la bibliothèque et en diagonal du jardin intérieur. Elle envoya un message à son père, la prévenant de son absence et rejoignit Heiji dans son bureau. Debout face à un grand tableau relatant les événements, elle rit un peu en le voyant passer d'un détail à un autre, cherchant le lien.

"Heiji, je sais bien que chaque détail reste incrusté dans ta mémoire. À quoi te sers ton tableau ?

- C'est pour les clients, dit-il sans se retourner. Enfin, là, je t'avoue que ça me permet de mettre les choses au clair."

Il lui sourit et se replongea dans l'enquête. En habituée, Kazuha ne chercha pas à le distraire, encore moins à le détendre. Elle fila à la cuisine et constata avec déception que les plats à emportés étaient l'aliment de base de son détective. Néanmoins, elle trouva quelques légumes lentement en train de pourrir et supposa alors que pris de cours par l'enquête, il n'avait pas eu le temps de les préparer. Cela la rassura un peu sur son alimentation.

Chantonnant, elle prit un tablier et commença à cuisiner. C'était quelque chose qu'elle adorait faire. De plus, elle savait qu'Heji aimait sa cuisine et cela l'emplissait de joie.

Bientôt une douce odeur se répandit dans la pièce et sans qu'elle ne s'en rende compte, Heiji vint l'observer. Concentrée comme elle l'était, elle ne le vit pas jusqu'à ce qu'elle prenne le plateau dans le but de le rejoindre. Surprise, elle manqua de le renverser et voulant le rattraper, perdit l'équilibre. Il la retint par la taille et sauva le plateau.

Ils soupirèrent de soulagement en voyant leur repas sauf et amusés, se tournèrent l'un vers l'autre. Heiji se dit que la distance séparant leur nez devait être de dix centimètres tout au plus. Ils rougirent de concert et se relevèrent en s'injuriant ce qui était définitivement mieux que les excuses gênées. Enfin, c'était eux.

Ils rejoignirent le bureau et assis sur un canapé de fortune devant la table basse, mangèrent en silence. Heiji ne quittait que peu le tableau des yeux et lorsqu'il se releva dans le but de rajouter un élément, il constata que Kazuha s'était endormie. Se traitant mentalement d'abruti, il la souleva délicatement dans ses bras et l'amena à sa chambre. La jeune fille s'était levée tôt pour s'entraîner et l'avait suivi le reste de la journée. Elle devait être morte de fatigue. Heureusement, elle avait préparé son futon et il put la déposer dedans. Il enleva ses chaussures, son pull et dénoua ses cheveux. Il déposa un tendre baiser sur son front et sortit sur la pointe des pieds.

Il réalisa en rejoignant le bureau que la pluie ne s'était pas arrêtée. Au contraire, un éclair illumina le sombre couloir et juste après, le tonnerre résonna dans toute la maison.

"Super proche", souffla Heiji, vaguement inquiet.

En effet, Kazuha n'était pas vraiment à l'aise par ce temps et si elle venait à se réveiller, avec tous ces enlèvements, elle risquait d'être assez confuse et angoissée.

Après avoir nettoyé et rangé les restes du repas, il éteignit le bureau et décida d'aller se coucher. Sinon, dimanche serait particulièrement long. Il enleva son haut en chemin et le déposa dans un bac d'un angle de la pièce. À côté, se trouvaient deux chaises, une avec des hauts, une autre avec des pantalons. Un panier en dessous regorgeait de sous-vêtements et quelques pulls étaient posés sur le dessus. Avec son futon et une petite lampe, il s'agissait là, des seuls meubles, si on pouvait appeler ça des meubles, de sa chambre. Le détective prit un bas de pyjama et déplia son futon. Il s'assit dessus, tourné vers l'extérieur. Après un instant de réflexion, il se leva, fit coulisser le shōji et se retrouva sur le chemin en bois, contournant le jardin. Il fit glisser le shōji extérieur et soupira devant le temps déplorable. Un vent violent le transperça. Il ferma les shōjis et retourna dans sa chambre.

Après le kidnappeur avait peut-être déplacé les filles. Les sortir de lycée était quelque chose de risqué, mais possible. Peut-être étaient-elle toujours dans le lycée ? C'était les deux choix possible. Ensuite, il pouvait vouloir les déplacer la nuit, bien que le lycée soit surveillé, c'était une hypothèse à étudier. Il pouvait également les déplacer lorsque les choses se seraient calmées, mais en attendant, il devait les nourrir et ça le contraignait à revenir tous les jours ce qui n'était pas chose aisée. Ou dans le pire des cas, les deux jeunes filles étaient déjà mortes et leur cadavre dissimulé.

Heiji se prit la tête entre deux mains. Il ne fallait pas qu'il pense ainsi. Kudo arrivait lundi prochain, il pourrait les aider. Bizarrement, ce qui l'inquiétait le plus, c'était Kazuha. Il avait une sorte de mauvais pressentiment.

Après tout, les critères du kidnappeur étaient simples : être une jeune fille étudiant au lycée Kaiho, faire partie d'un club permettant les venues très matinales et être mignonne.

Oui, beaucoup étaient concernées. De plus, Miyuki était en première année, Nakao en deuxième et Kazuha en troisième, ce qui correspondait en terme d'ordre logique.

Cette pensée le fit rager. C'était trop risqué, mais elle ne pouvait pas ne pas venir en cours ou encore louper ses entraînements, elle ne lui pardonnerait pas. Il soupira une nouvelle fois et tressaillit. Il y avait du bruit dans la maison. Soudain, il reconnut la démarche de Kazuha. En effet, la jeune fille fit coulisser le shōji et l'appela doucement.

"Heiji ?" murmura-t-elle, son futon dans ses bras.

Elle eut un petit cri en entendant le tonnerre et referma la porte derrière elle. Il se tourna vers elle et lui sourit. Sans un mot, il tapota la place à côté de lui et elle ne se fit pas prier. Elle déplia son couchage et s'allongea dedans aussitôt.

"Merci", souffla-t-elle en se mettant de côté.

Quelques secondes plus tard, elle dormait. Heiji tenta un moment de se concentrer, mais le sommeil le gagnait et avec Kazuha tranquillement endormie à ses côtés, c'était compliqué de rester sur l'enquête. Il se glissa sous sa couverture et se tourna vers son amie. Il la vit frisonner et ne put résister plus longtemps. Doucement, il se rapprocha d'elle et la serra contre lui. Presque aussitôt, elle se blottit contre son torse et soupira comme une bienheureuse. Heiji frémit sous son souffle et ferma les yeux. C'était plus dur qu'il ne le pensait finalement de tenir avec Kazuha dans ses bras, de refouler toutes ses pensées. Ce n'est qu'après une bonne vingtaine de minutes qu'il réussît à s'endormir.