Merci, merci, merci pour toutes vos adorables reviews ^^ Comme récompense, ce chapitre arrive deux jours avant la date prévue vu que ma motivation frukesque m'a donné une avance confortable pour les chapitres suivants :D Je n'ai pas pu répondre à Loupiote54, mais j'espère que ce nouvel udpate te plaira aussi :)

Ce chapitre est court et peu passionnant mais il est important pour la suite de l'histoire... pas moyen de le couper, désolée ^^ Le prochain chapitre arrivera en fin de semaine !


CHAPITRE I : SEASONS OF LOVE


Le massacre durait depuis un peu plus d'un quart d'heure.

Ils étaient dans un café en France. Selon Arthur, ce simple fait était déjà de mauvaise augure, mais Francis avait insisté sur l'atmosphère française, chargée de particules de séductions et d'amour. Et pourquoi pas du champagne qui sort des fontaines, pendant qu'on y était ? Parce que, dans ce café, l'anglais aurait été bien infichu de trouver la moindre trace d'amour entre lui et...

Il leva les yeux, jusque là obstinément tournés vers la nappe de la table, vers celui qui avait eu le courage d'accepter ce pastiche de rendez-vous galant et qu'il allait probablement devoir rembourser jusqu'à la fin de sa vie – ce qui risquait de se produire dans assez longtemps, même de l'avis des plus pessimistes. Kiku était rouge comme une écrevisse, et sa bouche s'entrouvrait toutes les trois minutes, comme pour se préparer à dire quelque chose, avant de se retrancher dans un mutisme embarrassant.

Arthur soupira. Il avait eu sa dose de moment bizarre pour la journée, merci bien-n'en-jetez-plus-la-coupe-est-pleine. Il se racla la gorge pour attirer l'attention de son homologue japonais.

Rien.

Il se re-racla la gorge, plus fort.

Toujours rien.

Dans un élan de désespoir, il toussa, prenant bien soin de produire un boucan de tous les diables et de s'arracher la moitié des poumons au passage. Japon, sans lever les yeux vers lui, prit pour la première fois en quinze minutes la parole :

« Arthur-san, souhaiterais-tu une pastille pour la gorge ?

- Hm... euh... non.

- Comme tu veux »

Retour du silence. Angleterre détestait Japon. Non, en fait c'était probablement son meilleur ami, mais jamais au grand jamais, lorsque France lui avait demandé de but en blanc de qui il se sentait le plus proche parmi toutes les nations, n'aurait-il du marmonner un « Kiku » presque inaudible. Sauf que s'il s'était écouté, il aurait éructé un sarcastique : « Oh, je ne sais pas ? Un fucking parasite qui passe tellement de temps à squatter mon salon que j'envisage sérieusement de lui faire payer un loyer ? » Et ce serait revenu à admettre que France était la nation dont il était le plus proche, et ça, il n'en était pas question. Pas quand il savait que la réciproque n'était pas vraie : France avait ses amis tordus – Angleterre ne voyait pas d'autres mots – et puis Canada. Lui n'avait presque aucune relation, si on exceptait le timide Kiku et Alfred ( qui, même si Arthur ne pouvait s'empêcher de l'aimer, était un bloody ingrat, mais il s'égarait ) ces deux derniers siècles. Dis comme ça, c'était un peu pitoyable.

Dieu merci, il n'avait pas parlé d'Amérique. Sa fierté ne s'en serait jamais remise si Francis avait appelé son ancienne colonie pour arranger un rendez-vous romantique avec Arthur pour l'après-midi même. Au lieu de ça, il se retrouvait à boire sa troisième tasse de ( mauvais et cher ) thé depuis presque vingt minutes en observant Kiku s'enfoncer dans son malaise. Il en eut assez.

« Japon, ne prends pas mal ce que je vais te dire mais je n'ai aucune envie de sortir avec toi »

Voilà, c'était dit, craché et enterré alors peut-être qu'ils allaient enfin sortir de cet atroce silence. Il n'y a jamais de silence avec Francis, lui souffla une petite voix désagréable ( qui ressemblait étrangement à celle de son frère, brr ). Plus d'un millénaires de coups bas en tout genres aident à entretenir la conversation, se répondit-il à lui même. Parce que s'il commençait à partir dans des théories foireuses, il n'avait pas fini.

Kiku arrêta de tripoter la nappe et releva la tête vers lui, toujours aussi rouge, mais l'œil surpris.

« France-san m'a assuré que tu m'appréciais assez pour envisager que notre relation prenne une tournure romantique.

- Yes, yes. C'est France, d'accord ? Pays de l'amûr et tout ça. Et puis il ferait n'importe quoi pour m'embêter, considère que tu es une victime collatérale.

- Et pourtant tu es là ? »

Apparemment, Japon ne comprenait pas qu'Arthur accepte de rentrer dans la blague de Francis... et à dire vrai, lui non plus. Il posa sa tassez et utilisa sa main libre pour la passer dans ses cheveux – un geste qui était en train de devenir une sale habitude et n'arrangeait pas sa coupe pour un sous.

« Je ne sais... il a commencé à me dire une dette parce que je l'avais sauvé.. je veux juste oublier donc si sa lubie pouvait être satisfaite vite fait... mais il veut me trouver l'amour... je sais, c'est stupide, l'amour, à moi... tu es la personne la plus proche de moi... c'est juste que je ne t'aime pas comme ça. »

Japon sembla faire le tri et rassembler les morceaux de son discours en un ensemble cohérent, puisqu'il parût soulagé qu'Angleterre n'ait aucune pensée impure envers lui.

«Tu as dit à France-san que je suis ton meilleur ami ? C'est très flatteur, Arthur-san

- Qui d'autre ? Répondit-il en haussant les épaules.

- Vu le temps que vous passez ensemble, je pensais que France-san serait plus susceptible d'entrer dans cette catégorie.

- Oh, je t'en prie. Tu sais qu'on ne peut pas se supporter. »

Japon sembla sur le point de dire quelque chose mais sa bonne éducation et sens du tact firent qu'il s'en abstint et rappela à Angleterre pourquoi il aimait autant le japonais. Kiku eut un petit sourire. Il était beaucoup plus à l'aise que quelques minutes auparavant et but même une gorgée de son thé, intouché jusque là.

« Je suis soulagé que tu n'as pas de sentiments romantiques à mon égard. Je craignais de te blesser dans ton amour propre en repoussant tes avances.

- Ne t'en fait pas pour ça ( Angleterre fit un signe de la main, comme si ça n'avait aucune importance ), je sais qu'aucune personne normalement constituée ne voudrait de moi »

Il avait voulu dire ça en riant mais quelques ombres un peu plus amères s'y étaient glissées. Kiku ne les releva pas mais tenta subtilement d'adoucir le jugement sévère que venait de s'infliger l'anglais.

« Cela n'a rien à voir, Arthur-san. Tu es une formidable personne, mais il se trouve que mon cœur s'est déjà attaché à une autre âme. Et on ne peut guère aller contre ces choses là.

- Vraiment, qui ? »

Arthur était stupéfait. Kiku ressemblait un peu à un robot, parfois. Une sorte de Wall-e ( * ) hyper gentil, mais incapable de se lier aux humains – en l'occurrence, aux nations, parce qu'il ne pouvait pas comprendre leur mode de fonctionnement. Ça n'avait pas toujours été le cas, bien sur : Arthur se souvenait de la terreur japonaise, de l'Empire, des samouraïs, de ces contes qui fleuraient le mythe et la légende. Tout cela appartenait à une autre vie. Mais ils n'étaient pas vraiment amis en ce temps là. Kiku n'était ami avec personne et Arthur... oh, Arthur faisait probablement la guerre à sa seule nation voisine à cette époque, n'est-ce pas ?

Ils étaient tous les deux très seuls. Deux îles, à ça d'appartenir à un bloc continental mais non. La condamnation à un destin exceptionnel mais à une vie solitaire. Et longue. Très, très longue.

Son bourdon passager fut éclipsé par la réponse de Japon :

« C'est une information très personnelle et nous préférerions ne pas ébruiter cette information pour le moment. »

Nous ? Kiku était donc vraiment en couple ? Le timide et trop poli japonais avait trouvé l'amour ? Il songea l'espace d'un instant que Francis avait peut-être raison : il craignait grave quand ça concernait les choses de l'amour. Et voilà qu'il commençait à penser comme América ( * ) Le fond du trou. Ugh.

Cela dit, Arthur n'était pas assez égocentrique pour ne pas se réjouir du bonheur de son ami. Il lui adressa un sourire, le sourire le plus sincère qu'il pouvait afficher en ces circonstances.

« Je comprends. J'espère que vous serez heureux ensemble, alright ? »

Japon lui rendit son sourire et le remercia. Et soudain, la journée parut un peu moins insupportable à Arthur.

Ils se séparèrent tôt, après avoir fini leur thé en échangeant quelques banalités – il faisait beau, ici, plus beau qu'en Angleterre, mais pas tant que ça, est-ce que la saison des typhons était finie au Japon ? Oh, tant mieux. Exceptionnellement, Arthur décida d'errer un peu dans les rues de Paris – que le tunnel lui serve au moins à gagner du temps sur son planning, merci. L'air était doux, les couples de sortie, et les rires fusaient un peu partout. Ses pas le menèrent jusqu'au centre touristique où il ne pouvait entendre aucun mot de français, ou presque : langues scandinaves, asiatiques, slaves ou latines se mêlaient si étroitement qu'essayer d'en suivre les conversations était inutile : il fallait les accepter comme un tout, comme une musique un peu fausse jouée avec les plus beaux instruments du monde.

Un peu somnolent, il se fit la réflexion que ce pays de malheur était en train de déteindre sur lui et qu'il allait finir par utiliser huit adjectifs par phrases et parler de l'amûr à longueur de temps. Il était l'heure de rentrer. Il poussa la porte de sa demeure à dix heures du soir, à moitié surpris de ne pas trouver Francis dans son salon, mais soulagé : il avait besoin de quiétude après ce bain de foule. Il se déshabilla et tituba, saoul de toute cette journée interminable qu'il venait de subir, jusqu'à sa chambre et s'écroula comme une masse sur son lit, décidé à ne plus bouger jusqu'au matin.

Avant de fermer les yeux, il repensa à Kiku et se dit que même si lui n'arrivait pas à trouver le grand, le vrai, le merveilleux amour, il était quand même content que ça existe encore et que, peut-être, il pourrait arrêter d'en parler au second degré, comme ci le concept en lui-même était une vaste blague.

Peut-être.

J'espère que ça vous a plu ! A la semaine prochaine pour la suite !

(*) : Référence à... à... ( mais non, pas Wall-e ! ) un bonbon ( ou un one-shot ) à celui ou celle qui me trouve où j'ai pioché la comparaison avec Wall-e.

(*) : Ce qui sous-entendrait quand même qu'América pense. Wow. On ne s'y attendait pas, n'est ce pas ?