Blabla de moi moi moi :

Coucou tout le monde... non, non, non, ne me jetez pas de tomate à la figure... je suis vraiment désolée de l'attente mais je crois que les mise à jours seront un tout petit peu plus espacées concernant cette fic. Du moins, tant que je n'aurais pas assez de temps pour écrire les chapitres suivants.

Je préfére mettre en ligne réguliérement que 2 fois par semaine et tout d'un coup mettre un mois entier pour le chapitre suivant :)

Bref... bonne lecture )

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Chapitre 2

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POV Lola

Je sais qu'il ne s'attendait pas à me retrouver comme ça mais que voulez-vous, les gens changent. J'essuie rageusement ma joue que cette satanée larme chatouille et lui demande, comme une faveur :

- N'en parle pas à Dre s'il te plait.

Il lève légèrement les sourcils et me regarde avec plein d'ironie au fond des yeux.

- Ah parce que tu me vois aller le voir en lui annonçant que sa sœur se défonce le cerveau à coup de coke ? De toute façon, il ne me croirait pas… j'ai déjà assez de mal à le croire alors que je le vois de mes propres yeux.

Je balaye négligemment sa remarque.

- Tu as une trop haute opinion de moi cher Tom.

- Ou peut-être toi, une trop basse.

Je rejette la tête en arrière, laissant mon corps tout entier se laisser aller à cette douce euphorie que je sais passagère… mais tellement agréable.

- Alors… raconte-moi un peu ta vie de star. Fais-moi rêver.

Il soupire avant de se lever pour se rapprocher de moi mais cette fois-ci ça ne me brusque pas, au contraire même… il m'a manqué ce con là ! J'ouvre un œil pour le voir s'installer à même le sol, le dos reposant contre les tiroirs de mon bureau.

- Que je te fasse rêver ? Pourquoi, tu rêves pas assez avec ce que t'as pris ?

Pourquoi se sent-il obligé d'être sarcastique ?

- Tu veux vraiment me pourrir ma seule heure de bonheur de la journée ou quoi ?

- Non, je voudrais juste comprendre pourquoi une fille aussi équilibrée, délirante et adorable que toi est tombée là-dedans – Me dit-il tristement.

Je soupire lamentablement, mon seul trippe de la journée va partir en fumée simplement parce que j'ai été assez idiote pour penser que j'étais toute seule lorsqu'Alex a débarqué… si c'est pas malheureux.

- Tom… j'ai beau avoir pris ce que j'ai pris… tu ne sauras rien du tout. Alors soit t'es sympa et tu me pourries pas mon heure de gloire, soit tu dégages.

- Ok, ok. Qu'est ce que tu veux savoir ?

Je lui demande comment c'est dehors, loin de ce pays qui me dégoute. Il me raconte alors Paris, de la folie de Bill en voyant toutes ces boutiques, il me parle aussi de l'Europe de l'Est… qu'on a beaucoup de chance d'être là où nous sommes. Il évoque la promo interminable, les plateaux télé, les interviews, les séances photo aussi.

- Pauvre choupinet. A t'entendre on dirait que c'est terrible.

- J'aime mon travail pour la musique, je m'éclate pendant les concerts mais le reste c'est… usant.

Il a l'air tellement sérieux en disant ça que je reprends un peu le contrôle de mon cou pour pouvoir tourner la tête vers lui.

- A bon ?

Il ricane un peu avant de me demander la dernière fois qu'on s'est tous vu.

- Ca date… pourquoi ?

- Parce que c'est ce qui me manque tous les jours. Lola, la dernière fois que j'ai dormi dans mon lit, c'était il y a trois putain de mois. Les chambres d'hôtel commencent à me sortir par les yeux… sans compter ma famille… mes amis… La dernière fois que je t'ai parlé de visu, je crois que ça remonte à l'année dernière.

- Allez courage, bientôt vous serez connu dans le monde entier, et vous pourrez prendre des mois de congés sans solde pour vous reposer. Tu dormiras dans ton lit tous les soirs et tu prieras n'importe quel dieu de repartir en tournée tellement ça te manquera. Et puis, toutes ces filles prêtent à faire n'importe quoi pour passer ne serait-ce qu'une nuit avec toi… c'est pas ça le bonheur pour un homme ?

- T'es jalouse ou quoi ? Me taquine-t-il.

- Jalouse de quoi ? Le sexe ne m'intéresse pas.

- Tu sais pas ce que tu rates alors !

C'est dit sur le ton de la plaisanterie mais moi… ça ne me rappelle que trop de chose. Et les mots sortent de ma bouche sans que je n'aie réellement cherché à les retenir.

- Je sais ce que j'évite.

Tom perd son sourire instantanément avant de se redresser sur les genoux pour mettre ses yeux à mon niveau… ne me regarde pas comme ça… pas toi…

- Lola, qu'est ce qui s'est pa…

Je me relève d'un bon pour ne pas entendre la fin de sa phrase et fait quelques pas frénétiques dans ma chambre en m'enserrant la tête entre les mains. Je revois des flashs et j'hausse la voix, comme si ça pouvait les faire partir.

- Tais-toi putain ! Je t'ai dis que je ne voulais pas de question… arrêtes !

- Calme-toi Lola… c'est bon, je change de sujet… regarde !

Il est resté au sol et a utilisé une voix tellement douce que j'ai pas pu faire autrement que de le regarder. Il a les mains en l'air et reste silencieux, comme s'il voulait me laisser le temps de me calmer. Je lui tourne le dos machinalement et fais un tour d'horizon de ma chambre avant de m'approcher d'une étagère en particulier. Et la panique laisse place à une nostalgie enivrante.

- Vu le tas de poussière, ça doit faire un moment que t'en a plus prises.

Oui, ça fait aussi partie de ma vie d'avant… celle où je n'avais pas besoin d'être shootée jusqu'aux oreilles pour arriver à dessiner quelque chose de bien, où mon appareil photo ne me quittait jamais, où je profitais de la vie.

Je me retourne vers mon ami plus qu'encombrant en me saisissant de l'objet si peu utilisé depuis tant de temps.

- Je peux ?

Et je lui brandis mon appareil photo sous le nez, c'est pas si vieux… je devrais réussir à le faire fonctionner encore, nan ?

- C'est pas comme si j'étais pas mitraillé à longueur de temps.

- Cache ton enthousiasme. Je te posais la question, ce n'est en rien une obligation.

Je me retourne, déçue qu'il n'ait pas voulu se laisser prendre en photo. Pour une fois que j'avais envie d'autre chose que de ma poudre blanche.

- J'ai pas dit que je ne voulais pas… mais je veux que tu me dises un truc en échange.

Je soupir en laissant mes bras tomber le long de mon corps.

- Non Tom… je ne te dirai pas ce qu'il s'est passé.

- Ca tombe bien, ce n'est pas ça que je voulais savoir.

Ah bon ? Ok, il m'a bien eu sur ce coup-là ! Il est toujours assis par terre, un pied sous les fesses et l'autre jambe serrer contre son torse et, malgré mon attitude… je ne supporte pas de le voir ici. C'est comme si une partie de moi le rejeté – en même temps que le reste du monde – et qu'une autre partie le suppliait de rester… lui… juste lui.

- Je voulais savoir… tes études, tu les as lâchées ?

Il doit voir mon étonnement, je ne sais pas comment il s'y prend mais il connait plus de détail sur ma vie que mon propre frère avec qui je partage ce toit.

- C'est sûr… comment veux-tu faire des études de photo, sans prendre de photo. Vu la tronche de ton appareil, ça doit faire un temps qu'il n'a pas servi.

Et voila pourquoi je refuse l'entrée de ma chambre à tout le monde : Parce qu'elle donne trop d'indice à quelqu'un d'un peu futé.

- Ok t'as gagné – Ma voix est sarcastique, il veut savoir, il saura ! Je me suis dégotée un boulot pourrie dans un resto tout aussi minable et tout mon fric part en poudre. Je peux te photographier maintenant ?

Il se contente de dire oui en inclinant le visage et je positionne l'objectif alors que lui prend la pose.

- Je veux juste photographier mon voisin… tu peux laisser la panoplie de rock star au placard. Alors arrête de regarder mon appareil comme si la photo était pour une groupie de base… ok ?

Il éclate de rire après ma réplique et c'est pile à ce moment là que j'actionne le bouton. Je n'ai même pas besoin de vérifier sur l'écran, je sais qu'elle sera parfaite. J'en fais encore quelques unes avant qu'il ne me suggère de sortir.

- Il fait beau, je suis sûr que t'arriverai à trouver des super trucs à prendre en photo.

Je lui dis que non, je n'ai pas envie de sortir mais il démonte mes faibles arguments un par un, c'est comme ça que je me retrouve dehors, l'air frais courant dans mes cheveux emmêlés. On se balade en silence jusqu'à arriver à l'air de jeux pour enfants où sont en train de brailler un bon nombre de marmots.

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POV Bill

On marche cote à cote depuis plusieurs minutes dans un silence de plomb, je vois bien qu'il m'en veut de l'avoir traîné dehors… il a toujours été très mauvais comédien et incapable de cacher ses sentiments.

Mais si la situation dure depuis autant de temps qu'il nous l'a avoué tout à l'heure, je sais pourquoi Tom nous a mis à la porte. Il a toujours été plus proche de Lola que moi… sûrement parce qu'ils avaient un caractère similaire mais j'ai un furieux doute concernant son utilité sur ce coup-là.

C'est pas que j'ai pas confiance mais sincèrement, si Lola ne dit rien à Andreas… c'est pas pour en parler à mon jumeau qu'elle n'a pas vu depuis des lustres.

- C'est dingue de me dire que ma propre sœur est devenue une étrangère pour moi. Je ne sais pas ce qu'elle fait de ses journées, je ne sais pas avec qui elle traîne, je ne sais pas ce qu'est devenu sa vie… tout ce que je sais, c'est qu'elle passe plus de nuit à pleurer qu'à se reposer. Je comprends même pas comment elle tient à ce rythme.

Je l'écoute me parler, comme il aurait dû pouvoir le faire depuis longtemps. Je vis mon rêve en tant qu'artiste et en tant qu'homme mais quand je vois l'état actuel de mon meilleur ami… je me dis que je suis un piètre soutient pour lui.

- Et tu ne sais pas du tout ce qui a déclenché tout ça ?

J'essaye de paraître le plus calme possible, ne serait-ce que pour ne pas lui communiquer mon stress. Même si Tom est plus proche d'elle, c'est quand même de la petite Lola dont on parle, et c'est quelqu'un à qui je tiens beaucoup.

Je me rappelle d'une personne hyper souriante, toujours une blague à faire à quelqu'un sous le coude et un appareil photo greffé à la main. Je la trouvais plutôt jolie, des cheveux naturellement bruns que je lui ai toujours enviés et des yeux d'un gris qui ferait baisser le regard de n'importe qui, si seulement elle savait les utiliser.

- Non… je me rappelle juste l'avoir vu rentrer tard un soir pendant les vacances d'été et comme je t'ai dit, elle s'est enfermée dans sa chambre pendant plusieurs jours avant d'y faire un raffut de tous les diables. Depuis, c'est persona non grata pour n'importe qui… interdiction de ne serait-ce qu'apercevoir ce qu'il s'y cache.

Je passe un bras autour de ses épaules alors qu'il niche sa tête dans mon cou, ça me fait mal au cœur de le voir si faible. On continue de marcher tranquillement avant de se poser sur un banc public un peu en retrait de la rue. Je m'installe sur le dossier alors que lui reste debout en préférant sortir un paquet de cigarette de sa poche.

- Et le pire – il sort un briquet et allume sa clope – c'est que je veux pas la laisser… malgré qu'elle fasse tout pour me rejeter.

- Pourquoi tu voudrais la laisser ? Je m'inquiète devant sa mine.

Il tire une ou deux fois sur sa cigarette et commence à faire des ronds avec la fumée, son silence est un peu pesant mais qu'est ce que je peux faire d'autre que d'attendre ?

- J'ai été accepté au FHW Berlin.

Le FHW ? La vache ! Il me coupe les pattes le blondinet. Il s'agit d'une importante école internationale à Berlin, il a toujours caressé le rêve de vivre à la capitale pour quitter ce bled pourri. Il devrait sauter de joie, je ne comprends pas qu'il dise ça comme si c'était une catastrophe. Et je réalise soudain que la rentrée à déjà eu lieu… il y a plusieurs semaines.

- On est en octobre… qu'est ce que tu fous encore là ?

Il me lance un regard plus que blasé et je me rends compte de l'étendu du problème. Jamais il ne partira d'ici sachant la crise que traverse sa sœur et tout comme je le ferai pour mon jumeau, il préfère se sacrifier plutôt que de lâcher sa seule famille.

- Ils gardent ton dossier malgré tout ?

Il acquiesce lascivement en m'expliquant qu'ils lui ont donné un délai pour pouvoir régler son problème familial.

- Je ne suis pas rentré dans les détails mais ils m'ont quand même laissé jusqu'à la fin du mois pour me décider, sinon ils jettent ma candidature aux ordures.

- Mais tu ne peux pas rater cette chance… il faut que tu partes !

Il termine sa cigarette puis jette négligemment le mégot dans la rue et j'ai le cœur qui se serre douloureusement en voyant une fine larme dévaler sa joue.

- Je peux pas la laisser… je m'en voudrais toute ma vie s'il lui arrivait quelque chose.

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POV Lola

Tom ralenti sa marche et je fais de même afin de toujours l'avoir dans mon champ de vision, c'est stupide je sais mais c'est plus une manie qu'autre chose. De toute façon, il n'a pas l'air de s'en formaliser et continu de se diriger tranquillement vers l'air de jeux.

- Tu ne devrais pas te balader comme ça.

Il se retourne vers moi en levant un sourcil dans une parfaite imitation de son frère et je balaye la rue du regard.

- Quelqu'un pourrait te reconnaître.

- Et alors ? Dit-il en levant les épaules. Tu sais bien comme on est apprécié dans le village… ici on n'aime pas les gens qui vont au bout de leur rêve.

Je suis toujours en mode euphorie mais en regardant ma montre, je sais bien que mon rêve à moi arrive bientôt à son terme… plus dure sera la chute. En attendant ce moment fatidique, je laisse mon ami poursuivre sa marche alors que je braque l'appareil photo vers les enfants. Je ne les connais pas mais les voir sourire me réchauffe un peu le cœur.

Encore plus lorsque Tom se fait apostropher par l'un d'eux pour venir jouer. Je les canarde dans tous les sens et je crois n'avoir jamais vu le guitariste si détendu depuis bien longtemps. Finalement, je me laisse tomber dans l'herbe qui entoure le petit parc, et inutile de vous dire que j'ai refusé toute tentative de ces gamins pour jouer avec eux. J'ai préféré m'appuyer contre le tronc d'un arbre et regarder les photos que je venais de prendre.

- Tu me les montres ?

Je cache par réflexe mon appareil contre ma poitrine et relève la tête vers Tom en levant une main pour cacher le soleil.

- Tu sais bien que je ne le fais jamais.

- Tu pourrais faire une exception – me répond-il boudeur avant de s'installer en face de moi.

Pour ma part, je sais que je commence à descendre de mon nuage puisque le peu de confiance que je réussissais à ressentir disparaît lentement. Je sais que Tom le voit aussi, comment ne pas le voir de toute façon puisque tout mon corps se tend peu à peu.

Il en profite pour m'arracher l'appareil photo des mains et je l'entends appeler un certain Martin… qui n'est en fait qu'un petit garçon d'une huitaine d'années.

- Tu peux nous prendre ? Lui demande-t-il en tendant l'appareil photo.

Je m'apprête à rouspéter, il s'agit de mon appareil quand même, mais mon ami se retourne vers moi en me tendant une main pour que je me lève. Main que je meurs d'envie de prendre mais qui reste tendu pour rien puisque je me relève toute seule.

- Ce n'est que ma main… elle ne va pas te manger tu sais.

Il est blessé, bravo ! Je suis vraiment bête parce que je sais qu'il s'agit de sa main à lui mais comment lui dire que je n'ai plus jamais touché personne intentionnellement depuis ce jour-là ? Il me prendrait pour encore plus folle que je ne suis réellement.

Je baisse les yeux pour ne pas croiser son regard trop expressif, je n'ai pas besoin de me sentir plus mal pour une connerie pareil. Finalement on se colle l'un à côté de l'autre maladroitement, aussi coincé que lors de la photo de classe. Je sens alors sa main se poser dans mon dos en un geste amical mais il la retire dans la seconde en sentant mon corps entier se crisper.

J'ai beau me répéter en boucle que ce n'est que Tom, rien n'y fait... j'aimerai tellement pouvoir de nouveau sentir ce genre de geste sans l'assimiler à un geste agressif, vous ne pouvez pas imaginer ce que je vis au quotidien… ne serait-ce que prendre mon frère dans mes bras… comme avant.

Je n'essaye même pas de sourire pour la photo, j'ai rien demandé moi. Je regarde simplement le petit Martin tenter tant bien que mal de maintenir l'appareil droit et après avoir appuyé sur le bouton, il redonne fière comme un paon mon bien à notre ami commun.

- Celle-là, je peux la voir puisqu'elle n'est pas de toi !

Mais quel gamin, c'est pas possible ! Je lève les yeux au ciel tout en me mettant à la recherche de la photo alors qu'il se place derrière moi, sa tête dépassant de mon épaule. Je stoppe tous gestes, respiration presque coupée.

- Tom… s'il te plaît… tu peux te mettre ailleurs ?

Je l'entends soupirer avant qu'il ne bouge de place lentement, comme s'il ne voulait pas m'effrayer… ce dont je l'en remercie intérieurement. Finalement, je lui montre l'écran de mon appareil et il éclate de rire. Il faut dire que le cliché est plutôt original.

On est complètement de travers, avec une large vue sur le ciel au dessus de nos têtes.

- Je l'adore ! Tu pourras me l'envoyer ?

Je tourne la tête vers lui, le regard étonné et lui demande sur un ton ironique s'il n'est pas en train de se foutre carrément de ma gueule.

- Bah non… je l'aime beaucoup, elle est marrante.

Il fait une bouille de petit garçon, genre je suis en train de le gronder. Quel sale môme !

- Pourquoi ? Elle a rien d'extraordinaire – Lui dis-je en rangeant mon appareil dans sa housse.

On commence doucement à rassembler nos affaires et je le regarde enfiler sa veste à capuche tout en réfléchissant. Je repose ma question afin de savoir ce qu'il trouve de si fascinant dans ce cliché débile mais il se détourne agacé.

- Mais je t'en pose des questions moi ? Je te dis que je l'aime bien, c'est pas un crime quand même. Si tu ne veux pas me l'envoyer, me l'envoi pas et puis c'est tout.

A peine une heure ensemble et ça y est, je l'énerve. Quand je vous dis que j'étais douée pour éloigner les gens. Pourtant, lui… le premier à avoir percé un tant soit peu ma bulle… ça me touche de le voir me tourner le dos.

- Tom… – il se retourne vers moi et je suis soulagée de voir le regard sans reproches qu'il me lance. Faudra que tu me donnes ta nouvelle adresse mail si tu veux que je te l'envoi.

Au fur et à mesure de mes mots, ma voix se meurt en même temps que je baisse la tête. Je ne suis plus habitué à tant de « normalité » dans les relations humaines. C'est tellement plus simple de se méfier de tout le monde, puisque de toute façon, chacun à sa part d'ombre à cacher.

- Passe-moi ton téléphone – Il dit ça tout en tendant la main dans ma direction.

Hein… quoi ? Pourquoi ?

- Pourquoi ? Je répète à voix haute.

Il stoppe sa marche et je manque de lui rentrer dedans… qu'est ce qu'il a encore !

- Pourquoi t'es tout le temps sur la défensive… avec toi, j'ai l'impression d'être un gros monstre prêt à te sauter dessus.

J'évite comme je peux la collision et fais genre de ne pas avoir entendu ses mots en poursuivant mon chemin. Sauf qu'il n'est pas de cet avis et qu'il se saisit de mon bras d'un geste vif pour me retourner… avec le recul, je suis certaine qu'il n'y avait aucune agressivité mais sur le coup, j'ai cru que mon cœur allait lâcher.

Mes yeux se sont embués de larmes à la seconde et je me suis recroquevillée le plus que j'ai pu. Sa main s'est alors ouverte comme s'il venait de se brûler et je me suis effondrée par terre comme une loque sans son soutien.

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POV Tom

Putain mais c'est quoi son problème ? Je lui ai attrapé le bras comme n'importe qui pourrait le faire et j'ai eu l'impression de lui broyer les os tellement sa réaction est excessive. Elle m'a lancé un regard terrifié et je n'ai pu faire autrement que de la lâcher dans la seconde tant sa détresse m'a fait peur.

Elle est maintenant par terre, enserrant ses jambes contre elle pour se balancer doucement tout en pleurant silencieusement. Une image pareille ne correspond pas du tout à Lola mais de toute façon, tout ce que je vois depuis le début ne correspond pas à Lola. Mais qu'est ce lui est arrivé ?

Je me baisse pour me mettre à son niveau et j'ai l'impression qu'elle ne me voit pas, enfermée dans un monde que je ne peux accéder… elle me fait flipper comme ça.

- Hey – Je reconnais pas ma voix tellement je parle d'une façon anormalement douce, mais je sais pas, c'est un réflexe.

Aucune réponse…

- Lola… tu m'entends ?

Je suis toujours accroupi devant elle, mais je vous assure que je parlerai à une autiste que ça ferait plus d'effet. J'approche doucement ma main, pour lui enlever une mèche de cheveux qui lui barre le visage mais elle a un nouveau brusque geste de recul.

Vous devez me prendre pour un mec complètement débile mais franchement… je vois pas ce que je peux faire dans la situation actuelle. Et ça me fait un putain de mal au cœur de la voir dans cet état, vous pouvez pas imaginer. J'ai mille questions qui tournent dans la tête mais la principale dans l'immédiat c'est : comment rentrer ?

Je m'assoie sur le trottoir en face d'elle, ma tête posée sur les mains croisées et attend. Je ne sais pas ce que j'attends… un déluge peut-être… un miracle plutôt. Mais ma patience paye puisque après quelques minutes, ses larmes se tarissent et ses yeux se font moins lointains. Je retente ma chance en l'appelant… sans succès.

Ce qui commence à m'asticoter quelque chose de sévère ! On va pas coucher là en attendant que mademoiselle sorte de sa transe. Autant taper son point faible… et le seul que je lui connaisse, c'est son frère.

- Ok… bah je vais appeler Andreas alors ! Lui dis-je sans être tout à fait certain qu'elle m'écoute.

Pourtant je vois un éclair de vie traverser son regard… on va peut-être y arriver !

Je porte le téléphone à mon oreille, attendant la première sonnerie fatidique puis entends la voix de mon meilleur ami. Vu comment je suis accueilli, j'aurai peut-être mieux fait de m'abstenir.

- Putain Tom ! Mais t'es passé où ? Tu fais chier, y'a plus personne à la maison et Lola a disparu et…

- Elle est avec moi du con ! Alors arrête de gueuler comme un veau parce que t'es en train de me péter les oreilles.

Un gros silence s'installe et je m'inquiète de la santé mentale de mes amis… faut pas partir trop longtemps d'eux parce que lorsqu'on revient, on reconnaît plus personne. Si, si, je vous jure !

- T'es dehors ? Me demande-t-il finalement.

- Oui.

- Avec elle ?

Putain, il est complètement barjo ce mec.

- Oui, je suis dehors, avec elle ! Mais qu'est ce que t'as, t'es flippant !

- Elle est pas sortie dehors avec quelqu'un depuis qu'elle fait sa crise. Tu l'as menacé ou quoi ?

Ah bah vu l'état léthargique dans lequel elle se trouve, heureusement qu'elle ne sort pas souvent.

- Bah justement… on a un petit problème ici. Lola est… PUTAIN !

Le légume qui me sert de compagnie vient de refaire surface et je regarde mon téléphone en train de mourir après que Lola ne me l'ait arraché des mains pour le jeter par terre… je craque tout de suite ou pas ? Tentons d'être diplomate... je me pince l'arrête du nez en essayant de gérer au mieux ma voix.

- Je peux savoir ce qui t'a pris ?

Elle regarde elle aussi mon portable en train de grésiller lamentablement sur le sol, les deux mains devant sa bouche. En même temps, c'est une simple question rhétorique puisque j'ai purement cherché à la faire réagir. Je pensais juste pas que mon téléphone en pâtirait…

- Je… je… je suis désolée.

- Je me fou complètement que tu sois désolée, je veux savoir ce qui t'es passé par la tête.

Qu'est ce qui faut pas faire pour qu'elle parle, je vous jure ! En attendant qu'elle ne crache le morceau, je ramasse les diverses parties de mon défunt compagnon… ça pour être mort, il est mort. J'espère au moins que ma puce est intacte… pour les numéros.

- Je… je…

- Tu ? Je lui lance un peu exaspéré quand même.

- Je t'avais dit de ne pas en parler à Andreas ! Pourquoi tu l'as appelé ? Tu voulais lui raconter quoi ?

Mais c'est qu'elle m'engueule en plus !

- Mais t'es folle ou quoi ? Ca fait dix minutes que t'es complètement amorphe, tu t'es pas dit que ça m'inquiéterai ?

Elle s'étonne et me coupe les pattes en m'avouant qu'elle ne se rappelle pas avoir fait une crise pareille. J'ai envie de la croire, vraiment… je sais pas, j'ai comme un doute.

- Tu peux me passer ton téléphone ?

Elle recommence alors à me lancer ce regard suspicieux… j'aurais jamais imaginé que je puisse être si patient avec quelqu'un d'autre que mon frère.

- Faut bien appeler Andreas, il doit être en train de s'inquiéter à mort.

Piètre argumentation, mais argumentation quand même. Et puis ça a l'air de la convaincre puisqu'elle me tend enfin son portable… comme quoi, tout arrive. Je vais directement dans le répertoire et suis estomaqué de constater qu'à part un certain « Alex », n'y figure que le numéro de son frère… aucun autre à l'horizon. Je pianote encore quelques trucs et appelle finalement mon blond de copain avant qu'il ne casse tout chez lui.

- Lola ? T'es où ? Qu'est ce qui se passe ? Tom est…

- C'est toujours moi – Je lui coupe la parole. La communication a coupé, mon téléphone doit déconner. Arrête de t'inquiéter, je te ramène ta sœur… ok ?

De toute façon, il n'a pas franchement le choix et on raccroche l'un comme l'autre en espérant que tout ira bien. J'ai vraiment l'impression d'être dans une autre dimension… Je veux dire, poser pour un photographe… répondre à des questions débiles… écrire des musique… ok ! Mais gérer ça, c'est pas vraiment un truc que je fais tous les jours. Le chemin de retour se fait dans un calme apparent, la miss est obstinément restée un pas derrière moi et n'a pas ouvert la bouche jusqu'à ce qu'on passe la porte d'entrée.

- Ah vous voilà ! Vous vous êtes bien baladés ?

On est accueilli par mon frère, et rien qu'en le voyant, je sais qu'il y a un problème… encore un. Il est très mauvais menteur et pas diplomate pour deux sous alors forcément, ça n'aide pas. De toute façon, quel que soit le ton et la forme qu'il est utilisé, Lola trace son chemin pour s'enfermer dans sa piaule.

On se retrouve entre jumeau, yeux dans les yeux et complètement à la masse.

- Tu sais ce qu'elle a ? Me demande alors Bill.

Je soulève les épaules en signe d'impuissance.

- Non, elle a rien voulu dire. En plus, vu l'heure qu'il est, on a intérêt à pas traîner sinon maman va nous couper la tête.

Les yeux de mon double s'écarquillent d'angoisse… Une Simone Kaulitz énervée n'est vraiment, mais vraiment pas bon pour nous. Je prends congés d'Andreas en lui promettant que je repasse demain et file dans le couloir pour dire au revoir à Lola.

Je m'arrête quand même derrière la porte et frappe des petits coups secs… qui restent sans réponse.

- Lola, je sais que t'es là. Fais pas genre que tu m'entends pas.

Trente secondes après, la porte s'ouvre de quelques centimètres pour laisser passer la moitié de son visage.

- On doit y aller avec Bill et…

Je n'ai pas le temps de poursuivre qu'elle referme déjà la porte en me lançant un vague « c'est bien pour vous ». Par réflexe, je passe mon pied pour bloquer la porte.

- La moindre des politesses serait de m'écouter jusqu'au bout !

- Tom, putain tu fais chier. C'est hallucinant ! Je t'ai rien demandé, j'ai pas demandé que tu me parles, j'ai pas demandé que t'essayes de me comprendre, je t'ai pas appelé à l'aide… Alors rentre chez toi !

Je patiente qu'elle termine sa belle tirade qu'elle a du jeter à la tronche de tout le monde et tente d'accrocher le gris de ses yeux… sans grand succès puisqu'elle fuit mon regard comme la peste.

- Ok. Alors à demain – Lui dis-je finalement.

Je peux être un vrai pot de colle quand je veux, elle n'aurait jamais dû l'oublier… et je vais bien le lui rappeler. La porte de sa chambre claque sans qu'elle ne m'ait répondu quoi que se soit mais si elle croit vraiment que je vais la lâcher maintenant… elle rêve tout debout !

Mon jumeau et moi rentrons finalement, mais le trajet est beaucoup plus silencieux qu'à l'aller... chacun en train de penser à ce qu'il s'est passé aujourd'hui.

- Quelle merde ! S'exclame-t-on en même temps, ce qui nous fait sourire.

- Allez, toi d'abord. – Me lance Bill.

Mais je me retrouve bien con parce que je ne lui ai jamais rien caché et je ne me vois pas commencer maintenant… seulement… parler de ce que j'ai vu… raaaah mais j'en sais rien ! Bill doit sentir mon trouble parce qu'il arrête sa marche et me choppe le bras pour me tourner vers lui.

- C'est si grave que ça ?

- Ca pue… ça c'est sûr. Mais sincèrement, je ne connais pas du tout l'étendu du problème.

Le téléphone de mon frère se met alors à sonner et je reconnais la sonnerie qu'il a mise pour maman. Après quelques « oui », « hum,hum » et autre « d'accord », il raccroche avec un air un peu désabusé.

- Elle ne rentre pas ce soir ? Je demande, bien que connaissant la réponse… elle ne nous aurait pas appelés sinon.

- Non… son connard de patron à besoin d'elle pour boucler un bilan ou je sais pas quoi. Elle rentrera dans la soirée. Fait chier putain ! Ca fait une éternité qu'on l'a pas vu !

C'est clair qu'on se faisait une joie de la revoir enfin. C'est notre petite maman quand même !

- Tu devrais appeler les autres… une soirée poker, ça te tente pas ?

J'ai intérêt à lui changer les idées au frangin, sinon il va me faire une déprime vite fait bien fait.

- Je perds tout le temps, c'est trop nul.

- Fais pas ton gamin, on la verra demain et puis elle rentre dans la soirée. C'est pas la fin du monde… Si tu veux, je te laisserai gagner.

Son regard s'allume d'un coup, j'avais oublié qu'on parlait de poker et la dernière fois qu'on a joué, je lui ai mis une telle tannée que je risque de le payer cher.

- Ok ! Appelle-les alors.

- Heu… c'est que ça va pas être possible – Je lui annonce en montrant le cadavre de mon téléphone.

Il éclate de rire en se moquant royalement de moi et j'ai due subir ses railleries jusqu'à la maison tout simplement parce que Môssieur préférait être au chaud pour appeler… espèce de boulet !

Je me jette sur le fauteuil en prenant bien soin de poser mes jambes sur l'accoudoir et allume la télé sur une quelconque chaîne musicale… bah oui, c'est pas parce qu'on fait de la musique qu'on ne doit pas regarder ce que fait le voisin. Je baisse quand même le son quand mon frère rentre dans la pièce, son téléphone à l'oreille.

- Ouai ce soir. T'es pas dispo ?

- Non c'est sûr. Pour une fois qu'on peut se voir pour autre chose que pour le boulot !

- Ok, bah ramène la bière et on gère le reste. A tout à l'heure !

Il se jette sur le canapé familial d'où se fait entendre un « crac » assez caractéristique et je le regarde un sourire en coin.

- T'as cru que t'était à l'hôtel ou quoi ?

Ses joues se colorent doucement mais sûrement et il murmure un « oui » vraiment mignon.

- C'est devant maman que tu devrais prendre cette attitude… personnellement j'en ai rien à foutre de ce canapé !

- Ouai, pi de toute façon, il est tout vieux et tout moche… je lui en rachèterai un !

Ah bah c'est beau d'avoir de l'argent… je vous jure ! Bref, passons au sujet qui me pose le plus de problème dans l'immédiat.

- Tu ne m'as pas dit ce que t'avait raconté Andreas…

Il se remet plusieurs mèches de cheveux en place avant de prendre la télécommande pour couper le son de la télé.

- Il est accepté à son école de Berlin.

- Quoi ? Mais c'est super !! Et quand est ce qu'il…

- Il ne partira pas.

Ah ? Bon… mais heu… depuis le temps qu'il rêve d'aller là-bas, je pige plus là ! Je reste ébahit comme une carpe hors de l'eau et mon frère éclaire enfin ma lanterne.

- Je sais pas ce qu'il se passe avec Lola mais tant qu'elle sera comme elle est… il refuse de partir. Ils gardent son dossier sous le coude en attendant sa réponse mais le connaissant, il n'ira jamais là-bas s'il s'inquiète pour elle.

Bill me lance alors un regard des plus chargé, il sait très bien que je ne lui ai pas tout dit mais le même dilemme que tout à l'heure se pose à moi. Si Lola apprend que j'ai parlé de ça… elle va me couper la tête. Je suis en plein remue-méninges et mon jumeau monte le volume de la télé… de toute façon, il sait bien que je lui parlerai dés que ça voudra bien sortir. On regarde machinalement les clips se succéder, lui tapotant du pied sur le sol et moi tentant de décortiquer les notes. Je suis en plein Sol Majeur lorsque les mots sortent de ma bouche avant que je n'ai pu les retenir.

- Elle se drogue.

Ca y est, je l'ai dit. Advienne que pourra.

- Je te demande pardon ? S'enquit Bill, ses yeux reflétant parfaitement la surprise.

- Lola… elle se drogue… mais j'ai pas l'impression que se soit son plus gros problème.

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Bon... on en sait pas beaucoup plus, mais un peu quand même. Vous avez aimé ? Sinon pourquoi ?

(GabyKa part se cacher sous un coussin...)