Merci beaucoup pour les reviews... Pour ce qui est de la dimension des chapitres, je sais que les premiers sont courts mais ils devraient s'allonger au fur et à mesure (je préfère travailler par séquences). Et désolée si certaines descriptions semblent interminables, mais j'ai déjà l'impression qu'elles sont courtes (si je pouvais, je vous décrirais même la petite poussière qui vient de se poser sur la moquette... non, je plaisante :). Enfin, pour Yuya, ce n'est même pas qu'elle soit mon personnage préféré, c'est qu'elle s'est imposée en personnage principal (je ne sais pas pourquoi, d'ailleurs...--' j'espère que j'arriverai à ne pas faire trop d'écarts)
Chapitre 2 : Passer en major…
Tokai commençait à prendre des dimensions nationales. Petit à petit, le nom se faisait une histoire et une renommée. Leur réputation intéressait de nombreux journaux, et autres paparazzis. Mais rien ne les atteignait. Heureusement pour eux, les journalistes ne fouillaient pas encore trop loin et ce passé qu'ils voulaient tous deux dissimuler n'était pas encore apparu au grand jour. D'un commun accord, Kyoshiro et Yuya ne s'interrogeaient jamais sur leurs antécédents. Cela ne regardait qu'eux.
Un jour, Yuya était arrivée plus tôt au studio. Habituée à côtoyer d'autres groupes, dont celui d'une belle jeune femme toujours vêtue de noir, qui chantait d'une voix d'opéra dans un groupe de metal, et qui était devenue son amie, Yuya fut surprise de voir que personne n'occupait le micro. On devait être dans les jours creux où les gens ont la flemme de venir répéter, pensa-t-elle. Le directeur du studio semblait en grande discussion avec une des plus belles femmes que Yuya ait jamais vue ! Elle avait les proportions dignes d'une Venus de Milo, et Yuya sentit revenir au galop un vieux complexe sur ses propres mensurations. La femme inconnue était d'une sensualité débordante, et Yuya n'aurait pas été étonnée de la voir se jeter sur le directeur pour le… dévorer ? oO
- Mais ?! Qui est cette planche à pain ?
Le sang de Yuya ne fit qu'un tour. Sa décision était prise, cette jeune femme était une POUFFE, entendez Personne Obsédée et Unanimement Femme Fatale donc Embarrassante, à être éloignée au plus vite. Ou mise hors d'état de nuire. Elle s'avança vers la cause de son énervement, une réplique bien sentie aux lèvres quand le directeur la coupa, visiblement gêné :
- Ah bien, la voici justement, Okuni-san. Je vous présente Yuya Shiina, la chanteuse de Tokai.
La surprise se peignit sur les traits d'Okuni. Sentant que l'air devenait irrespirable et sachant parfaitement que les éclairs qu'il voyait dans les yeux de Yuya ne présageaient rien de bon, le directeur s'éclipsa sur un :
- Bien, je vous laisse, n'est-ce pas ?
Mais les deux femmes ne faisaient déjà plus attention à lui. Elles s'affrontaient du regard, jaugeant froidement l'être qu'elles avaient en face d'elles. Puis, Okuni fit entendre un rire de gorge qui poussa Yuya à l'exaspération.
- Je t'imaginais plus mûre, dit-elle avec un petit désappointement dans la voix. Et plus… femme, aussi. Après tout il t'a choisie parmi de nombreuses…
- Non mais je ne vous ai rien demandé, explosa Yuya. Si madame perfection n'a rien d'autre à faire que de venir m'insulter dans mon propre studio, en faisant montre d'une familiarité insultante, je la prie de partir d'ici au plus vite.
Yuya ne savait pas exactement ce qu'elle allait faire si Okuni restait, mais une chose était sûre, elle ne s'en sortirait pas indemne…
- Elle a du caractère, sourit Okuni sans se départir de son calme légendaire. Et pour éviter tout malentendu, continua-t-elle, je vais me présenter. Je m'appelle Izumo no Okuni, et je suis informatrice. La plus belle de toutes, cela va sans dire.
Yuya plissa les yeux, l'air sceptique. Okuni s'empressa de terminer, l'air supérieur :
- Oh, quelle lenteur ! Je repère les groupes prometteurs pour les majors. Ce qui signifie que TON succès passe par moi. Compris ?
Yuya changea de couleur. Pourquoi donc devait-ce être, entre mille, cette femme désagréable ? Elle regarda Okuni droit dans les yeux, et murmura :
- Je n'ai aucune raison d'être sympathique avec une personne qui s'incruste dans ma vie sans permission. De plus, votre comportement est loin d'être celui qu'on attend d'une personne de votre statut. Enfin, et tant pis si je ne passe pas en major, mais j'ai l'habitude de faire les choses à mon rythme. Alors c'est vous qui vous plierez à mes exigences.
Et Yuya la planta là. Okuni, demeurée seule, sourit et murmura :
- Mais nous nous reverrons, Yuya, n'en doute pas… C'est ton partenaire qui m'intéresse, pas toi. Mais je comprends pourquoi Kyoshiro t'accompagne… Oui, du début à la fin, on dirait mademoiselle Sakuya…
Elle éclata de rire et s'éclipsa.
Kyoshiro, en pénétrant dans le studio où il répétait avec Yuya, sentit aussitôt qu'aujourd'hui, maladresse ou non, il allait morfler. Il suffisait de voir l'aura ténébreuse qui planait au-dessus de Yuya pour deviner que la chanteuse de Tokai n'était pas dans son meilleur jour.
- Mais quelle impolitesse, en plus. Et puis, je ne lui ai rien demandé, moi ! Ce n'est pas la taille qui compte, mais la forme. LA FORME !!!
- Oui, je trouve aussi, eut le malheur d'ajouter Kyoshiro.
- …
Après quelques aller-retours bien sentis, Yuya se sentit mieux et consenti à démarrer la répétition. Kyoshiro attendit la fin pour lui annoncer la nouvelle :
- Ah oui, Yuya. J'ai parlé avec le directeur du studio, il m'a dit que sa boîte organisait un concert des grandes stars et des groupes prometteurs ce samedi. Tu en as sûrement entendu parler, non ? Et comme un groupe s'est désisté en dernière minute, il a pensé à nous.
- QUOIIIIIIIIIIIII ?
Yuya sentit son cœur défaillir. Un concert aux côtés des plus grands… Quoi de mieux ?
- Mais il y a un petit problème. D'ici samedi, il faut trouver un batteur, un bassiste et un deuxième guitariste.
- …
- Yuya !
Kyoshiro se précipita pour ranimer la jeune femme. Un baiser ? Non, trop obsédé. Une gifle ? Il était assuré de s'en ramasser un, d'aller-retour, et dès le réveil de Yuya. De l'eau ? Non, Yuya allait lui faire prendre un bain habillé de force. La solution s'imposa :
- Des sels ? susurra une voix à l'entrée de la porte.
- Okuni !
Kyoshiro regarda la jeune femme et lui dit très vite :
- Qu'est-ce que tu fais ici ? Si elle te voit, elle…
- Nous nous sommes déjà présentées, ne t'inquiète pas.
- Attends, c'était toi la femme qui l'a mise d'archi-mauvaise humeur ?
- C'est elle qui s'est énervée toute seule.
- Je sais, mais ce n'est pas une raison pour
- QUI S'ÉNERVE TOUTE SEULE ?
- Yu… Yuya…
- Oh, planche à pain s'est réveillée.
- DEHORS !!!
C'est ainsi que Kyoshiro et Okuni se retrouvèrent loin de la salle de studio où Tokai avait l'habitude de répéter.
- Quelle violente, se plaignit Okuni.
- Elle est comme ça. Qu'est-ce que tu voulais, Okuni ?
- Un baiser, répondit-elle.
- oO
- Je plaisante, sourit-elle. Mais tu te doutes que si je suis venue vous voir, c'est pour une raison précise. Tokai va sans doute bientôt recevoir l'offre de plusieurs majors, révéla-t-elle. Je peux vous vendre au plus offrant. Mais…votre groupe est incomplet pour percer réellement. Vous n'êtes que deux, et vos musiciens changent à chaque semblant de tournée. J'ai donc une proposition à vous faire. Des noms d'artistes à vous proposer.
- Qui intégreraient Tokai ?
- Oui, cajola-t-elle.
- Mais où ton intérêt, là-dedans ? demanda Kyoshiro, qui connaissait bien Okuni.
- IL va bientôt réapparaître, et je ne serais pas surprise qu'il se substitue à un des artistes que vous choisirez pour votre groupe.
- Mais… qui te l'a dit ?
- C'est… Mon petit doigt ! minauda Okuni.
Okuni sourit faussement devant l'air abattu de Kyoshiro. Elle avait failli dire mademoiselle Sakuya. La voyante lui avait prédit son retour. Mais Kyoshiro devenait fou à l'évocation du simple nom de Sakuya, et Okuni le savait très bien. Il faudrait qu'elle surveille ses paroles…
