Me voici de retour pour un second chapitre qui, j'espère vous plaîra. Je sais que l'histoire, jusqu'à présent, vous a paru quelque peu dépourvue de sens mais je vais bientôt éclairer votre lanterne ! J'espère que ce chapitre saura fournir les réponses nécessaires à vos questions.

Pairing : Grimmjow x Ichigo

Disclaimer : Les personnages ne sont pas à moi...Bref, ne remuons pas le couteau dans la plaie !

Warning : Ô_ô Quel warning ? Y a pas encore de lemon donc je pense pas que je vais...AH ! Si si : il y aura un lemon ! (s'empressa-t-elle de rajouter, ne voulan pas se prendre une balle dans la tête de la part de ses lecteurs adorés...) Petit lime toutefois pour la mise en bouche !

Sur ce, bonne lecture ! Et review, siouplaît !

-On ne triche pas avec soi-même...-


- Entre crétin ! Tu vas geler sur place !

Grimmjow écarquilla de grands étonnés alors que le rouquin poussait un grognement, lui tournait les talons et réitérait sa demande de façon charmante :

- J'tai dit de te grouiller ! Le chauffage, c'est pas gratos !

Le bleuté eut un moment de flottement puis passa enfin le seuil de la porte en la claquant derrière lui, ruminant déjà. Non mais qu'est-ce qu'il lui faisait là ? Ils ne s'étaient pas vue depuis des années, souffrant chacun de leurs côtés ( de ce qu'avait compris Grimmjow) et il se permettait de lui adresser la parole de cette manière ?!

Il s'ébouriffa les cheveux, faisant tomber les quelques flocons qui n'avaient pas fondus, enleva son manteau qu'il jeta, en guise de protestation contre l'attitude d'Ichigo sur la commode du hall d'entrée avec un superbe et magnifique feulement de rage. Il était bien connu que Grimmjow n'était pas homme à se laisser traiter de la sorte mais du fait de ne pas s'être vus durant 10 longues années, il voulait faire preuve de bonne volonté et pour une fois, jeter sa fierté aux orties. Peut-être Ichigo était-il juste de mauvaise humeur ces temps-ci et qu'il allait...

- Grimmjow ! Tu comptes rester combien de temps dans mon hall ?! Je te préviens qu'il est hors de question que je boive mon verre sur le paillasson !

Le bleuté en question sentit les poils de sa nuque se hérisser et une irrésistible petite voix doucerette murmurer à son oreille d'une voix plus que tentatrice :"Pars de cet appart, Grimm...Il ne veut apparemment pas de toi alors retourne-toi et va te saouler dans un bar, histoire d'oublier que tu l'as revu. Puis tu pourrais p'tête te...". Il chassa ses pensées et la petite voix avec un geste agacé de la main et se dirigea dans la direction qu'avait pris Kurosaki, chemin menant sûrement à la cuisine. Il ne put sempêcher de remarquer que le logement d'Ichigo n'avait pour teinte qu'une couleur jaune très claire qu'on aurait facilement pu confondre avec du blanc et qui était complètement nu. Seul le mur du hall d'entrée possédait un miroir simple orné d'un cadre en bois. Une odeur de peinture fraîche s'insinua dans ses narines et lui donna fortement envie d'éternuer. L'appartement était récent...Il fronça les sourcils avant de découvrir un Ichigo, mains sur les hanches, l'observant :

- Quelque chose ne va pas ?

- L'appart : tu l'as fait refaire récemment ?

- Ouais. Pourquoi, ça te pose problème ?

- N-Non ! bredouilla le bleuté en ayant un mouvement de recul.

Il ne connaissait pas cet Ichigo devant lui : froid, aussi dur et coupant qu'un silex. Dépourvu d'émotions... Il avait toujours connu un Ichigo souriant, chaleureux, même quand lui-même se trouvait dans une situation difficile. Et dieu : ils en avaient connu des situations dont ils avaient dûs lutter pour en réchapper ! Alors pourquoi ce recul, cette sorte de méfiance à son égard ? Ils s'aim...Il se coupa. Peut-être que c'était ça qui rebutait le roux. Il n'était plus...amoureux ? En même temps, quoi de plus normal après dix ans de séparation...Mais dans ce cas, pourquoi ce baiser dans le parc ? Pourquoi leur échange avait-il été si fort, si beau si ce type ne ressentait plus rien ? C'était à ne plus rien comprendre ! Ichigo dut remarquer son trouble car il poussa un long soupir avant de demander, toujours aussi peu aimable :

- Tu bois quoi ?

- Hein ? Euh...Whisky s'te plaît.

- J'ai du Jack Daniels si tu veux.

- Ouais : ça devrait l'faire...

Ichigo baissa le regard, crispa les poings. Il fallait qu'il parte...Il devait le faire décamper et au plus vite ! C'était juste...trop terrible. Si on lui avait dit qu'un jour il commettrait quelque chose d'aussi mauvais à l'encontre de Grimmjow, il aurait proclamé que cet homme était son étoile, sa muse et que jamais il ne pourrait lui infliger le moindre mal...Il l'aurait sûrement juré sur sa vie. Il se rendait alors compte qu'il n'aurait alors pas eu beaucoup de considération envers son existence...De plus, Grimmjow, toujours les yeux fixés sur lui, était tellement à sa merci, tellement peu conscient du danger qu'il represéntait qu'un poignard n'aurait pas fait plus de dégâts dans son coeur.

Le bleuté parut inquiet et posa sa main sur son épaule :

- Ichigo ? Est-ce que ça...

Par réflexe, le rouquin se dégagea violemment, ses deux orbes ambrées empreintes de colère. La main de Grimmjow resta suspendue quelques instants dans le vide, éberlués, autant l'un que l'autre. Il se rétracta, ramena son bras vers son corps, lui adressa un regard interloqué puis étira ses lèvres en un rictus dévoilant sa colère sourde. Ichigo bredouilla une suite de sons inconpréhensible pour justifier son geste mais de brèves onomatopées s'échappèrent seulement de sa gorge. Une boule lui noua la trachée. Mais qu'est-ce qu'il faisait ?! Grimmjow serra le poing, les yeux fermés, ne cachant pas son incompréhension et sa rage montante :

- Là, j'te suis plus...gronda-t-il. Tu m'embrasses, tu me déclares que tu ne veux plus jamais me perdre, tu m'emmènes dans ta piole et là tu me repousses, tu m'évites et tu me prends pour ton clebs...

Il ouvrit ses yeux d'un seul coup, le foudroyant comme l'éclair. Ichigo eut la chair de poule. S'il avait oublié une seule chose sur Grimmjow (car toutes les autres étaient gravées dans sa mémoire, que ce soit le toucher, l'odorat...ou le peu de vue qu'il avait), c'était bien ce charisme, cette force d'esprit capable de briser ou de tordre selon sa volonté le plus rude des esprits.

- Tu veux en venir où, Ichigo ?! tonna-t-il.

Le rouquin était pétrifié. Il leva une main hésitante, la rabaissa, bredouilla mais échoua à former une phrase potable, décida d'avancer : chaque pas lui paraissait une marche dans un étang de boue et de vase. Il glissait, il s'empêtrait...et il n'atteignait pas son but.

Grimmjow en eut assez. Assez d'être pris pour un pigeon par touts ceux qu'il croisait. Assez que devant la personne qu'il aim...que devant une personne qui lui était chère il doive encore fermer sa gueule et rester poli et calme alors qu'il était encore rejeté, cassé. Il tourna les talons, un grondement sourd s'élevant dans sa cage thoracique et faisant vibrer son être. Il se dirigea vers la sortie. Ichigo parvint enfin à développer ses pensées en un ordre suppliant :

- Attends, Grimmjow !

Il se précipita vers lui et sans trop réfléchir l'enserra dans ses bras, collant son torse à son dos et fermant les yeux. Il colla son oreille à cette surface ferme et parvint à capter les battements de coeur surexcités du bleuté ainsi que son souffle saccadé, énervé au possible. Grimmjow se stoppa net puis lança par-dessus son épaule :

- Alors quoi à la fin ?! Je pars ou je reste ?!

- ...

- J'ai pas entendu !

- Reste ! Reste ! Je...Pardon...

La rage laissa place à la compassion, comme un adulte devant un enfant en pleurs, comme s'il se trouvait face à une chose tellement belle qu'il lui était impossible d'hausser le ton plus que ce volume-là. Il se sentirait coupable alors que la victime dans l'histoire : c'était lui ! Il se retourna, toujours dans les bras d'Ichigo qui releva la tête vers lui. De très peu. Ichigo avait vraiment grandi. Il état presque de la même taille que son partenaire maintenant, même si Grimmjow restait le plus grand. Le roux se contenta de plonger son visage dans le cou du bleuté, effleurant la peau de son souffle chaud et réconfortant. Quelques mèches vinrent effleurer le menton du plus haut, le chatouillant et provoquant d'irrévocables frissons dans tout son être, des pieds à la tête. Leurs corps se confondirent dans cette étreinte, ne formant plus qu'un, leurs deux esprits noyés dans la chaleur qu'émettait leurs deux anatomies. Les mains restèrent sages, les lèvres n'entrèrent pas en contact, juste la respiration plus ou moins calme de l'un et de l'autre sur leurs épidermes.

Grimmjow était perdu. Aux deux sens du terme. Autant mentalement que physiquement. Il s'égarait avec une joie nouvelle dans le parfum, la senteur d'Ichigo. Leur univers fut, pour l'espace de quelques secondes, une place commune connue d'eux seuls où ils évoluaient selon leurs désirs, selon leurs souhaits les plus profonds. Mais pourquoi Ichigo était-il si...étrange ? Il paraissait voiler à Grimmjow des choses qui semblaient trop importantes pour être ignorées.

Ce fut justement pour cette raison que le roux se détacha bientôt de l'étreinte, rouge comme une...fraise. Un éclair de lucidité venait de se frayer un chemin jusqu'à son esprit embrumé d'un doux bonheur et ce n'était pas pour le satisfaire. Plus ils s'attacheraient à nouveau, plus cela serait dur. Il en était conscient. Il était totalement inutile de vouloir repeindre les ordres en rose ou de les transformer. Il savait parfaitement ce qui l'attendait. Ce qui attendait Grimmjow. Oui, vraiment inutile de remuer le couteau dans la plaie ou de jeter du sel dessus. Il était trop tard pour faire marche arrière...Beaucoup trop tard, hélas !

- Je...Je vais chercher la bouteille...

Et il disparut. Grimmjow prit le temps de revenir faiblement à la réalité, avec la lenteur d'une feuille qui se pose à terre. Se gratta la nuque en soupirant et se dirigea vers ce qui lui semblait être le salon. Muni d'un fauteuil, d'une télé écran plat et de deux meubles, un joli balcon donnait sur les lumières de la ville, plus en-dessous. La simplicité de la pièce donnait une impression de vide. Grimmjow avait rêvé se rendre un jour dans l'appartement d'Ichigo, de découvrir la décoration chaleureuse, la peintue chaude, les cadres avec les photos de sa famille mais...il semblait...il semblait qu'il n'y avait rien de cela. Il devait bien avouer qu'il était déçu. Au lieu d'une moquette agréable pour les pieds, donnant l'impression de marcher sur un petit nuage, il n'y avait qu'un carrelage froid et d'une blancheur trop...blanche. C'était...

- Et voilà le Jack Daniels ! s'exclama Ichigo en apportant une bouteille authentique et deux verres de cristal d'un air triomphant.

Les pensées de Grimmjow s'envolèrent et il offrit à Ichigo un sourire reconnaissant (que très peu de personne connaisse...).

Après avoir servi son invité et s'être tous deux assis, un moment de silence les pongea tous les deux dans un véritable malaise. Grimmjow observait le liquide aux teintes orangées en le faisant tournoyer dans son verre et Ichigo se contentait d'observer ses mains qui se tordaient. Grimmjow décida alors de briser ce flottement qui ne faisait qu'accroître leur chance de nouvelle séparation, et ça, il n'en voulait pas. Plus jamais. Il reposa donc le récipient sur la table et questionna :

- Et donc, qu'est-ce que tu fais maintenant ?

- Oh ! Je...euh...Je suis en pleine étaude de médecine pour reprendre ensuite la clinique de mon père. Tu sais que j'ai toujours aimé protéger les gens. C'est d'ailleurs ce que tu me reprochais quand on était tous deux dans nos lycées respectifs...

Cette allusion donna une possibilité de parole à Grimmjow. Il continua donc :

- Ouais...T'étais au lycée Shigekuni et moi au lycée Hogyoku. Tu te rappelles le jour de notre rencontre ?

Ichigo eut un léger rougissement suivi d'un sourire moqueur :

- Tu parles de cette fameuse journée où je t'ai prouvé, à toi et à tous tes gars, que la montagne de muscles crainte et respectée qui était censée être plus forte que moi était en réalité plus faible ? Oui, je m'en souviens...

Grimmjow eut un grognement ennuyé en regardant par la fenêtre :

- Tsss ! La chance du débutant ! J'étais mille fois mieux expérimenté que toi dans ce domaine !

- Ah ouais ? demanda Ichigo, amusé par la réaction de son invité. Ce qui explique que tu aies perdu une seconde fois quelques jours à peine plus tard, quand t'as voulu ta revanche ?!

Le bleuté cilla :

- Nani ?! Nan mais tu rigoles ou quoi ?! Je l'ai fait exprès, voyons !

Le roux fut secoué d'un rire amer et son regard s'aiguisa. Il se versa une rasade de whisky et la descendit cul-sec, suivi par Grimmjow. Il se maudit encore d'être aussi mauvais lors de ce qui devait être des retrouvailles. Mais il enchaîna, ne dévoilant nullement son jeu :

- Tu "l'as fait exprès", hein ? Pauvre Grimminounet, acculé contre le mur ! Tu sais autant que moi ce qu'il s'est réellement passé ce jour-là !

Les répliques continuaient, montaient en puissance mais restaient tout à fait raisonnables. Etrangement, une rupture de 10 années n'avaient pas altéré leur complicité ou la joie qu'ils éprouvaient à se chamailler, se taquiner pour un oui pour un non. D'ailleurs, Ichigo était bien l'un des seuls qui avait jamais pu avoir une telle relation fusionnelle avec Grimmjow mais...à quel prix ? Quand celui-ci était parti, ne laissant derrière lui que les cendres d'un amour calciné, Ichigo avait cherché à comprendre...Etait-ce du fait de son handicap ? Est-ce qu'il était devenu un boulet pour le bleuté ? Il s'était torturé l'esprit pour savoir, pour comprendre ce qui avait engendré ce malheur. Au final, il avait mis cela sur le compte de son handicap, comme beaucoup d'autres choses et avait fini par prendre une décision : il allait remédier à ce problème. D'une façon définitive.

Alors qu'ils riaient encore, comme si Grimmjow avait entendu ses pensées nostalgiques, il demanda doucement :

- Et tes yeux alors ? Lorsqu'on...enfin, qu'on s'est quittés, tu étais au bord de perdre la vue mais tu as l'air de beaucoup mieux t'en tirer aujourd'hui !

Ichigo baissa le regard au sol. Son coeur se serra. Les souvenirs affluèrent à lui comme une vague glacée et le replongèrent dans ses "années lycée", quand il avait rencontré Grimmjow...


Une tape qui se voulait amicale mais qui faillt lui démonter le dos s'abbatit sur lui alors qu'Ikkaku Madarame, un des jeunes qui formait la bande et son bras droit au demeurant éclatait d'un rire tonitruant :

- C'que tu leur as mis, Ichigo ! C'était juste génial ! Quand je pense qu'ils se sont moqués de toi à cause de ton problème aux yeux : tu leur as prouvé que t'étais pas une de ces tafioles qui s'dégonflent, hein ?!

Au début, parler d'un tel sujet avec le jeune roux était délicat. Et comme peu de garçon de cet âge (16 ans) sont délicats, on en parlait pas et Kurosaki restait seul. Puis, petit à petit, la bande l'avait accepté devant les exploits qu'il arrivait à faire et encore après, ils avaient décidé d'en faire leur chef.

- Un chef fort et aveugle : c'est trop la classe ! s'amusait à scander Madarame quand d'autres venaient pour se moquer ou lancer des injures.

- Pas tout à fait aveugle, Ikkaku ! rétorquait le roux en s'indignant.

Au commencement, le soutien que lui apportait son groupe lui suffisait. Cela lui avait donné une bouffée d'oxygène...qui n'avait été que passagère. Bientôt, du fait qu'il soit chef de bande, il avait rencontré d'autres personnes de lycée plus malfamés que le sien et les railleries étaient devenues de plus en plus nombreuses et lourdes à porter. L'état nerveux d'Ichigo n'avait en rien arrangé son rétablissement et la cécité avait encore empiré.

Lors d'un grave accident de voiture survenu l'année d'avant, Ichigo avait perdu sa mère et subi un sévère traumatisme crânien qui avait entraîné la perte progressive de sa vue. Il n'en parlait à personne. A un certain stade, il ne savait même plus si cela l'affectait ou non. C'était devenu un fait divers de tous les jours. Peut-être l'une des pires choses pouvant arriver à un individu ayant enduré un drame. Nul n'avait été là quand la voiture était sortie de la route. Nul ne l'avait vu plonger dans le ravin et encore moins le parebrise qui s'était tâchée d'une terrible mare de sanglante. Il était l'unique à avoir vu, vécu cette horreur. Pendant que son père et ses deux soeurs étaient à leur domicile, lui filait avec sa mère sur une voie vers la mort. Il ne se plaignait pas : il ne faisait que constater la réalité. Il s'était voilé la face en cours, continuant à sourire, à rire et accumulant toujours plus de peine et de frustration sans qu'aucun de son entourage ne s'en rende compte. Oui. Il avait failli à l'une des plus grandes règles qu'il s'était fixé : on ne triche pas avec soi-même.

Or, ce soir-là, le destin décida d'envoyer sur son chemin une autre personne qui méritait qu'on s'intéresse à elle autant qu'à Ichigo. Quelqu'un de perdu qui avait besoin d'être reconduit dans la lumière.

Ikkaku fronça les sourcils avant de retrousser les babines dans un rictus haineux :

- Tiens tiens...Regardez qui va là...La bande la plus détestable de toute la ville ! Que me vaux le déplaisir ?

- Oï Madarame ! Toujours aussi aimable à ce que je vois ! grinça l'autre entre ses dents. Mais j'te r'tourne la question !

- Espèce de sale p'tit...

Ichigo lui attrapa l'avant-bras et susurra, pensant éviter la bagarre :

- Calme, Ikkaku. Qui est-ce ? Décris-le moi !

Le jeune homme eut un nouveau soupir méprisant avant de parler à son chef. Ichigo devina que son regard ne pesait pas sur lui et qu'il continuait de défier les autres de ses yeux lançant certainement des éclairs. Le rouquin faillit lui broyer la main : le message fut assez clair. Madarame fixa ses orbes marrons sur lui. Il s'éxécuta :

- Un p'tain de p'tit schtroumph et toute sa clique ! L'ordure sortie de la décharge !

- Ikkaku ! gronda Ichigo, sa voix s'intensifiant sous la colère. Réponds-moi tout de suite !

- Grimmjow Jaggerjack ! s'écria-t-il. Là, t'es content !

- Très bien, se contenta Ichigo. J'en ai entendu parler. Pas la peine de rester ici plus longte...

- Oï Oï Oï ! les héla une voix en face, où est-ce que vous pensez aller là ?! Vous nous insultez et vous comptez vous barrer ensuite ! Hmm...Pas correct du tout ça !

- D-Roy : ferme-la et laisse parler Jaggerjack-sama ! ordonna une voix plus posée mais prête à se déchaîner.

- Ouais : écoute un peu Shawlong, p'tiot. Hmm ?

La voix était la même que celle qui avait répondu en premier à Ikkaku : rauque, penchant dans le grave et arrogante. Elle coula sur la peau d'Ichigo comme un tissu de satin, provoquant chez lui un doux mais terrible tremblement. On lui avait parlé de Grimmjow Jaggerjack : une véritable brute épaisse qui savait à peine lire et compter et qui prenait un malin plaisir à provoquer les groupes des autres écoles. Il venait, lui et sa bande du lycée le moins recommandable de tout Karakura : Hogyoku. Ichigo ne voulait pas de problème. Il devait partir sans rétorquer s'ils ne voulaient pas avoir d'ennuis or, ses jambes avaient décidé de faire la grève pendant quelques instats qui furent les secondes de trop. Le timbre sonore l'avait pétrifié, collé au sol. Il n'avait plus qu'un seul désir : entendre encore ce même son effleurer le creux de son oreille et se répercuter jusqu'à lui en un délicieux écho. Il frissonna une nouvelle fois. L'autre dut le voir :

- Oh, on dirait que t'as froid, minet. Viens me voir que j'te réchauffe ! Hey mais...ouais...on dirait ce gars qui a que le mot "honneur" à la bouche et qui se permet d'arpenter notre ville ! T'es le rouquin aveugle de Shigekuni, non ? Dans ce cas, on a un petit différend à régler...

C'était faux, absurde. Jamais ils ne s'étaient rencontrés auparavant. Que ce soit de loin ou de près, qu'elle soit adressée à lui ou à un autre, Ichigo aurait reconnu cette voix. De plus, un faible éclat bleu illuminait sa vision plongée aux trois quarts dans le noir. Ce gars avait l'air plus qu'atypique ! Ichigo inspira profondèment. Cet homme était haï par pratiquement toutes les écoles de la ville. Si Ichigo lui collait une bonne correction, personne ne viendrait se plaindre. Au contraire, certains lui seraient peut-être même reconnaissants. Et la rage intérieure qu'il additionnait sans pouvoir la relâcher depuis des semaines et qui lui tiraillait les tripes : il allait enfin pouvoir la faire sortir ! Mais c'était contre son code de faire cela. C'était déraisonnable. De plus, si ils venaient à être surpris par un agent de police, ils seraient vraiment dans la merde. Il ne devait pas...Il ne devait vraiment pas du t...

- Ikkaku, surveille la rue en amont. Chad, en aval. Ishida, reste sur le côté et empêche les hommes de ce cher monsieur d'intervenir. Rukia, tu porteras main forte à Ishida si c'est nécessaire.

Son regard n'était plus vitreux : il semblait être alors animé d'une nouvelle flamme ardente. En face de lui, l'homme aux cheveux bleus fit craquer ses doigts en roulant des épaules. Du moins était-ce que Kurosaki pouvait deviner à chaque bruit effleurant ses oreilles. Le bleuté afficha un sourire carnassier qui avait généralement pour but d'intimider son ou ses adversaires mais...comment intimider un aveugle ?! Le roux se positionna, ferma les yeux et écouta. Le moindre crissement du bitume sous les semelles, le plus petit souffle saccadé, la colère sourde qui résonne : toutes ces choses inconnues aux oreilles d'un être humain normalement constitué lui apparaissait comme une évidence. Il était peut-être à deux doigts de perdre la vue, cependant, tous ses autres sens s'étaient aiguisées, prenant soudain une toute autre dimension. Bien entendu, Grimmjow se jeta en premier dans la bataille. Au départ, Ichigo ne faisait qu'esquiver, se contentant découter les faits et gestes de Jaggerjack, puis comprit que s'il continuait à ne pas vouloir riposter, le combat n'aurait pas de fin. Il ne fallut pas longtemps pour que Grimmjow s'écroule. La bataille, aussi épique fut-elle, prenait fin. Il hurla alors qu'Ichigo se retournait pour partir :

- J'aurai ma revanche ! Je t'aurai un jour, je t'aurai* ! KUROSAKI !

Rukia et Ishida n'avait même pas eu besoin d'intervenir. Les hommes de Grimmjow observaiten, médusés, ce qui était l'échec cuisant de leur meneur. Personne ne parlait. Le "Jaggerjack-sama" avait quitté les bouches...

Quelques jours après, le bleuté se représenta à nouveau devant Ichigo, réclamant un nouveau duel. Le dénouement fut le même. A compter de ce jour, Grimmjow se mit à harceler le rouquin dans l'espoir d'un nouvel assaut entre eux. Mais la discussion tournait en rond :

- Je veux qu'on se batte !

- Non.

- Ichigo ! Je veux le troisième et dernier combat ! Après ça, on pourra s'oublier dans les règles !

- Non. Tu délaisses tes gars par-dessus le marché. Je refuse d'être la cause de votre désunification.

- T'as de ces mots !

- Change pas de sujet !

- Alors essaie pas de m'ignorer ! Je fais ce que je veux de mes hommes !

- ABRUTI !

Le roux se levait alors, prenait la direction opposée à celle du bleuté et il se faisait la tête durant une semaine entière. Puis, le bleuté revenait, toujours avec cette même soif de bataille et Ichigo désespérait de se voir un jour tranquille sans ce type qui l'emmerdait d'une façon spectaculairement éreintante. Plus d'une année s'écoula ainsi. Les deux ennemis d'autrefois traînaient à présent continuellement ensemble, même si Grimmjow quémandait encore et toujours la même chose. Puis, un soir, alors qu'il rentrait à son appartement d'étudiant, le bleuté sortit de l'ombre, lui barrant le passage, lui déclarant encore une fois son désir :

- On se fait un p'tit duel, Ichi ?

- Non. Laisse-moi rentrer chez moi.

- T'as p'tête peur que j'te batte cette fois, hmm ? Allez avoue-moi tout !

- Je t'avouerai que tu m'emmerdes. Hélas, ce n'est pas spécialement une nouveauté pour toi comme pour moi...

- Tu sais ce qu'il faut que tu fasses pour avoir la paix : bats-toi !

- Non...

- Allez...

- NON.

- Ichi, s'teu plaît !

- J'ai dit "NON" ! Espèce de crétin fini !

Qu'est-ce qui lui prit à ce moment-là, il ne sait pas. Personne ne pourrait certainement jamais lui dire. Ce soir-là était l'une de ses soirées où un lycéen exténué n'a pas spécialement envie qu'on lui casse les pieds et que la situation peut vite dégénérer (beaucoup doivent se reconnaître là-dedans...). Son sac de courses tomba à terre avec un bruit étouffé. Il se hissa sur la pointe des pieds, attira la nuque du bleuté d'une main ferme à son propre visage et réalisa ce qu'il rêvait de faire depuis quelques semaines déjà. Malgré l'énervement que lui procurait le bleuté, il était d'une certaine manière, le seul à être à ses côtés tout le temps, qu'il pleuve ou qu'il vente. Ichigo se fichait pas mal de pourquoi il demeurait toujours avec lui mais c'était une certaine source de réconfort même s'il prétendait le contraire. C'est ainsi que leurs lèvres se rencontrèrent pour la première fois. Ce ne fut tout d'abord qu'une simple et légère pression, un tout premier baiser, aussi innocent que pur*, une agréable découverte du corps de l'autre. Grimmjow avait les yeux écarquillés et lorsqu'Ichigo s'écarta et se rendit compte de ce qu'il venait de faire, il bredouilla laborieusement une suite de mots inintéligible visant à déclarer des excuses. Excuses que, bien entendu, il ne pensait pas. Il s'attendait à des injures, un cri puis une violente brimade qui signerait la fin de leur relation "amicale". Tant pis. Ichigo avait exaucé son voeu et son coeur en débordait déjà de bonheur. Il remerciait Grimmjow pour lui avoir tenu compagnie pendant cette année. Pour l'avoir sorti de la monotonie sans même s'en apercevoir. Sa vision, depuis quelques temps semblait même se stabiliser. Il ne régressait plus. Il était heureux. La seule chose qui aurait pu sortir de sa bouche n'était certainement pas des excuses, juste un "merci" silencieux. Mais Grimmjow fut plus rapide et avant que le roux n'ait pu faire quoi que ce soit, il était déjà plaqué à la porte de son appartement par une main chaude et ferme.

- Grimm...

Une bouche puissante vint prendre la sienne en un échange dévastateur qui les laissa tous deux pantelants alors que le bleuté descendait dans le cou, effleurant la carotide de ses lèvres brûlantes, laissant de longs frissons et autres soupirs tremblants parcourir le corps sous lui qui le suppliait presque de continuer. Ichigo était déjà ailleurs. Se délectant du goût presque sucré de l'épiderme du jeune éphèbe, Grimmjow ne voulait plus penser. Juste se perdre. S'égarer dans les sensations qu'il ressentait rien qu'en lui parlant, rien qu'en l'effleurant du bras. Des émotions tellement fortes qu'elles le submergeaient, l'engloutissaient et le recrachaient ensuite, le laissant haletant et tremblant de désir pour un homme qu'au départ, il haïssait plus que tout.

Il reprit avidement la bouche de Kurosaki sous la sienne, frottant son corps contre le sien, leurs deux anatomies se callant sur le même rythme, la même cadence pour se consummer d'amour, encore et encore. Leurs langues se mirent alors en danse, les liant plus étroitement, si cela était possible.

Une vieille voisine arriva à ce moment-là. Elle lâcha un petit couinement de souris mourante avant de décider de rentrer chez elle rapidement, farfouillant à la hâte dans son sac.

Grimmjow et Ichigo ne l'avait nullement remarqué, trop occupés qu'ils étaient à se perdre dans les méandres de l'amour. Passant une langue ardente sur les lèvres de son partenaire, Grimmjow murmura :

- Quand est-ce que tu comptes nous faire rentrer dans ton appartement ? A moins que tu préfères rester dehors...

Ichigo rougit fortement, amenant un sourire des plus carnassiers sur le visage de Grimmjow qui décida de laisser agir sa main baladeuse :

- Dépêche-toi, Ichi : on chauffe ici...

Alors que Grimmjow lui pétrissait les hanches et mordillait la peau de son cou d'une façon merveilleusement outrageante, Ichigo parvint tant bien que mal et ouvrir la port de son appartement et à s'engouffrer à l'intérieur, suivi de près par le bleuté, qui, sitôt entré, le plaqua à nouveau contre le mur, arrachant le manteau de son partenaire et le jetant au sol. Une lueur amusée s'alluma dans son regard quand il passa ses mains sous le tee-shirt et vint taquiner les mamelons du jeune roux. Déjà durcis et mis à mal, Ichigo poussa un gémissement qui se perdit à nouveau sur les lèvres de Grimmjow qui continuait son lent massage de ses grandes mains, fermes et incendiaires. Mais bientôt, le roux devint beaucoup trop adorable pour qu'il puisse avoir ne serait-ce qu'un peu de contrôle sur lui-même. Les yeux fermés sous le plaisir que lui donnait l'autre, sa bouche entrouverte et offerte et cette légère rougeur qui colorait ses pommettes donnèrent à Grimmjow une autre fièvre que celle de la maladie. Sans que le roux ne dise toujours rien, il trouva la chambre par lui-même, commençant à trouver son jean beaucoup trop petit et étouffant. Il l'allongea sur le matelas avec une délicatesse dont il se surprit lui-même, comme si Ichigo était l'une des choses les plus précieuses qu'on lui eut donné. Bientôt nus tous deux, ils s'observèrent, toujours sans un mot, se touchant, se caressant et profitant de leurs corps, partageant une attraction qui les dépassait autant l'un que l'autre.

Cette nuit, ils firent l'amour. Pour la première fois. Leurs corps se reconnurent, leurs âmes s'embrasèrent. Il n'y en aurait pas d'autres à partir de maintenant. Ils n'y avaient plus qu'eux. Eux et leur passion qui semblait aussi inaltérable que le plus pur des joyaux. Ils ne se sépareraient plus jamais. Du moins était-ce ce qu'ils voulaient alors que leurs anatomies s'entrechoquaient et que leurs doigts s'enlaçaient à nouveau...


- Ichigo ? Hey, Ichi !

- Ah...Euh...Ouais ? demanda le roux d'une voix pâteuse, revenant à la réalité comme si on l'avait heurté d'un électro-choc.

- P'tête...P'tête que tu veux pas qu'on en parle...Je...Je comprendrai tu sais...

- Non ! Je...Je pensais juste un peu...

Autre silence. Pesant. Ichigo s'éclaircit la gorge :

- Ouais donc...J'ai...Après qu'on se soit séparés, j'ai...j'ai décidé de tout faire pour recouvrer totalement la vue. Je...Je ne voulais plus jamais être un boulet pour personne. Et surtout pas pour toi. Je voulais te retrouer et être à ta hauteur : mériter tes attentions. J'ai alors entendu parler d'un savant qui faisait des recherches sur le corps humain. Il était réputé dangereux et plus personne n'osait l'apporocher. Cependant, il recherchait des cobbayes pour une expérience sur les yeux qui devait pouvoir éclaircir la vue grâce à un système de laser. C'était inespéré. Je n'ai pas hésité une seconde malgré les mises en garde d'Ikkaku qui avait eu quelques échos sur lui. L'expérience avait 20 % de réussite. Les 80 % restantes suggéraient une mort quasi-certaine. J'étais au courant des statistiques. Je savais parfaitement ce qui m'attendait si tout ceci échouait. Mais je...je ne tenais plus tant que ça à la vie. C'était ma dernière chance. L'ultime qui pouvait me permettre d'être un jour à ton niveau. Et...elle a marché. Le chercheur, Mayuri Kurotsuchi n'est pourtant pas satisfait puisque je suis encore largement myope et à stigmates. J'ai été payé. Je n'ai plus jamais revu Kurotsuchi. Toi non plus.

Grimmjow n'en croyait pas un mot. Du moins, il refusait de le croire. Il n'avait jamais pensé qu'Ichigo se torturerait ainsi pour son handicap et se remettrait totalement en cause...à cause de lui ? Il poussa un long soupir tremblant : mais qu'avait-il fait ?

- Et...Et...bredouilla-t-il en se frappant intérieurement, pourquoi tu...pourquoi tu ne m'as pas retrouvé ?

Ichigo regarda par la vitre d'un air absent, observa la minuscule caméra incrustée dans le volet qui les observait. Et lui : qu'était-il en train de faire ? Il se passa une main dans les cheveux et souffla :

- Il y a eu quelques...complications.

Autre silence bien plus pesant que l'autre. Grimmjow eut une soudaine envie de se jeter par la fenêtre.

Ichigo se maudit pour ce qu'il était en train de faire en ce moment-même.

Ils restèrent muets. Longtemps.

Ce fut encore une fois Grimmjow qui rompit le blanc en brandissant la bouteille de Jack Daniels et planta son regard dans celui de son hôte :

- Ecoute Ichi, pour ce soir, je veux boire. Je veux m'bourrer la gueule ! Et j'aimerais que tu fasses pareil ! J'en...J'en peux plus. Donc tu vas aller chercher toutes tes bouteilles et on va boire. Boire et boire encore jusqu'à ce que...

Il se tut. Le message n'était pas difficile à interpréter. Ichigo inclina légèrement la tête et se leva. Il possédait 4 bouteilles de Jack Daniels. Ils lui avaient dit qu'il lui en donnerait plus s'il fallait mais que ça devrait suffir. Le verre que Grimmjow venait de boire cul-sec contenait déjà un fort somnifère qui ferait effet dans une demi-heure approximativement. Cela lui laissait assez de temps pour chasser Grimmjow de son appartement truffé de micros et de caméras. Peine perdue. A peine serait-il dehors qu'ils l'épingleraient. Alors autant que Grimmjow reste ici, boire une bonne bouteille avant que le cataclysme se déchaîne et que leur tranquilité vole en éclats. Autant en profiter. Une dernière fois.

- Juste une dernière, s'il vous plaît, supplia-t-il alors qu'une larme solitaire glissait sur sa joue.

Il l'essuya. Il était trop tard pour pleurer. Beaucoup trop tard. Finalement, tout était bien de sa faute...


* = C'est la Maaf !

* = Je rassure les lecteurs attendant le lemon que Grimmjow ne fait pas dans le chaste...*Q*

Et voilà ! Fin de ce second chapitre ! En espérant que certaines choses sont déjà plus claires même si tout est encore un peu brouillé...

Petit oubli de ma part : la musique allant avec le premier chapitre est "Where is my mind ?" (version "Sucker Punch"). Allez écouter si ça vous dit !

J'espère vous retrouver pour le troisième chapitre ! Une review please !

A bientôt !