Et non !

Pas de doute non plus.

N'espérez rien de ce côté-là.

Aucune aide ne viendra à moi.

Pas à temps.

Il n'y a vraiment personne pour pratiquer cette petite route esquintée à l'écart de tout. Pas quand la nationale est fluide et agréable à souhait.

Personne pour la prendre, sauf quand on s'appelle Anthony DiNozzo comme moi, l'éternel aimant à problèmes.

Et quand tout ce qu'on a jamais voulu faire c'est de retarder un peu le moment fatidique où l'on frappera à la porte de cette maison particulière, particulière dans son contenu plus que dans sa forme, une maison dont la cave ne renferme rien de moins extraordinaire qu'un bateau, en construction, vous avez bien compris, un bateau, version grand format et tout et tout.

Mais je m'égare.

Tiens, d'ailleurs à qui est-ce que je m'adresse ?

Aux étoiles qui ne sont pas là ?

Aux flocons qui ne le sont que trop ?

Au silence régnant qui … qui … bon bon vous aurez compris …

La réponse est que j'en sais fichtrement rien.

Mais ça fait du bien.

Ça fait même un bien fou.

Ça me fait me sentir moins seul face à mon destin.

Non pas que j'ai peur hein !

Je ne maitrise plus rien, que ce soit mon corps ou mon esprit, pas même ma santé mentale apparemment, mais ce n'est pas grave car, je ne pensais pas dire ça un jour, mais perdre le contrôle est … c'est … ça a quelque chose de reposant.

Et j'ai moins mal à la tête comme ça.

J'oublie que j'ai mal à la tête.

Et ailleurs.

Mais particulièrement à la tête.

Bon c'est pas tout ça, j'ai un récit à finir, j'ai jamais aimé les queues de poissons, ou est-ce que c'est l'eau de boudin ?

Enfin bref.

Où en étais-je ?

Ah oui. La maison. Avec son drôle de paillasson en forme de hibou.

Non non. Je me trompe. Ça c'est celle de Ducky.

C'est la cave pardon ! La maison à la cave. Celle de Gibbs.

Gibbs.

Gibbs et l'idée absurde de déviation.

La mienne d'idée, pas celle de Gibbs bien sûr. Il faudrait que je l'aie vu pour qu'il ait pu me la communiquer. Et si c'était le cas je n'en serai pas là.

Quand même, réfléchissez un peu !

Ou alors c'est moi qui deviens confus !

Oui, c'est possible.

Pardon.

C'est que j'ai un peu de mal à faire le tri là. Tout se mélange dans ma tête.

C'est comme de rouler à cent dix avec une bicyclette, vous voyez ? Et sans casque. Pas prudent je sais, mais comme vous l'avez sans doute remarqué rouler à soixante-dix avec un airbag ça aide pas forcément beaucoup plus !

Et ça fait tout aussi mal. Un mal de chien.

Au fait où est mon chien ? Vous ne l'avez pas vu ?

Bah il a dû partir faire un petit tour. Il n'a pas eu sa promenade du soir c'est pour ça. Il reviendra quand il aura fini, c'est un brave chien.

Tout le monde devrait avoir un chien. Le monde s'en porterait mieux.

Le chien c'est l'avenir, c'est le sauveur de monde. Il m'a sauvé, le mien.

Mais c'est une autre histoire. Pour un autre jour. Elle est trop triste d'ailleurs pour que je la raconte.

Je vais rester sur la première si vous voulez bien.

J'ai juste peur d'avoir un peu perdu le fil.

Mais ça fait rien. Je vais essayer quand même.

Mais avant ça.

Oui je sais je devrais arrêter de m'interrompre toutes les deux secondes sinon ça m'embrouille davantage.

C'est juste … vous ne trouvez pas que ça s'est assombri tout d'un coup ?

Non, laissez tomber ! Je dois me faire des idées.

Idées.

Idée.

L'idée.

Ah oui c'est ça, j'ai trouvé !

Reprenons.

C'est une idée de génie que j'ai eu au final non ?

Je sais pas si vous arrivez à faire la distinction mais c'est avec sarcasme que je parle là.

Sarcasme oui !

Comme si ajouter quelques dizaines de minutes à deux longues années d'absence allait changer quoi que ce soit à l'accueil que Gibbs allait me donner ...

Non mais vraiment. Et j'ose critiquer mes élèves question intellect.

Et le diplôme es idiot du village – non Atlanta est une ville pardon – le diplôme es idiot de la ville est attribué à … à … ben à moi. Les autres prétendants au titre ne m'arrivaient pas à la cheville sur ce coup-là.

Un DiNozzo ça doit avoir de l'ambition, ça doit savoir voir grand, me disait toujours mon paternel, entre deux raclées. Pour une fois que j'ai suivi un de ses conseils.

Quelle idée.

Oui on en revient encore à l'idée.

Comprenez, elle m'obsède.

Elle aura été la cause tout ça après tout.

C'est pas la faute au sanglier, au cerf ou à je ne sais plus quel bête qui a traversé devant moi. C'est la vie ça, la loi de la nature.

Non.

C'est l'idée. Avec un grand I.

Celle de venir ici.

De me faire passer par ici.

Oui l'idée de l'année.

Cette même année qui se termine dans quelques jours et dont pour une fois je ne verrai pas la fin.

Normal oui, on ne meurt qu'une fois me direz-vous.

Même si vous êtes trop gentilles pour me reprendre ouvertement mes chères petites étoiles. Ou mes flocons de neige étoilés ? Mes interlocuteurs crées de toutes pièces par mon esprit aliéné par la douleur de mon corps ?

Enfin bref qui que vous soyez petits compagnons éphémères merci.

Pour être toujours présens à mes côtés.

Pour ne pas m'avoir abandonné.

Comme toutes ces personnes qui sont un jour entrées dans ma vie pour en repartir tout aussi vite.

Et merci pour ne pas me reprendre sur mes nombreux illogismes.

Oui je sais, vous me comprenez quand même !

C'est juste que c'est moi qui ne comprends plus tout à fait ce que je formule.

Tout est cotonneux faut me pardonner.

Et j'ai la bouche sèche aussi.

Qu'est-ce que ça change, je ne parle pas à voix haute me direz-vous, enfin si vous pouviez parler.

Ça ne change rien, je l'admets, mais le souligner n'enlève rien au fait que j'ai la bouche sèche.

Et puis c'est moi que ça dérange, pas vous. Montrez-vous un peu solidaire !

Je retire ce que j'ai dit vous n'êtes pas si aimables que ça.

Oh hé, et ne partez pas bouder hein ! Je ne fais qu'émettre la pure vérité.

.

Je suis désolé.

Je n'aurai pas dû me fâcher.

La chemin vers la mort ne me réussit pas tant que ça finalement.

Pas plus que celui de la vie.

Et je n'aurais pas dû m'énerver.

Pas envers vous.

Vous qui ne m'avez jamais rien fait.

Alors restez.

S'il vous plait.

J'ai besoin de vous.

Je ne veux plus être seul.

Etre seul ça fait mal.

Plus qu'un accident de voiture.

Plus qu'une douleur à la tête.

C'est idiot je sais. Vous n'existez même pas.

Mais ce n'est pas la question.

Juste la réponse à cette prière que j'ai formulée tant de fois.

Dans le noir

En silence.

Pendant si longtemps.

Alors restez.

S'il vous plait.

Jusqu'à ce que ce soit moi qui parte.

C'est égoïste, je sais.

Mais est-ce que je n'ai pas gagné le droit de l'être ?

Ne serait-ce qu'un petit peu ?

Vous ne me répondrez pas.

Je le sais.

Je ne suis pas encore complètement fou.

Mais je le deviendrai tout à fait

Si vous me laissez seul à nouveau.

Alors restez.

Ça ne sera plus très long.

Je vous le promets.

Et je me tairai.

Je commence à me sentir très fatigué.

Même si en dehors de ça je me sens bien.

Je me sens mieux.

En fait, je suis presque heureux.

C'est drôle.

Avoir fait tout ce chemin et le trouver là où je m'y attendais le moins, mon petit bonheur à moi.

Oui je sais j'avais dit que je me reposerai.

Je vais d'ailleurs fermer les yeux quelques instants, n'y voyez rien de personnel.

Et Kate, cesse de te cacher veux-tu ?

Tu peux t'approcher tu sais !

La mort n'est pas contagieuse.

Ni plus difficile à aborder que la vie.

Elle est juste différente.

Mais je ne t'apprends rien n'est-ce pas ?

Kate,

Tu me pardonnes si je ne te saute pas au cou.

C'est juste que je ne peux pas bouger.

Pas encore.

Pas tout de suite.

Mais ça ne saurait tarder.

Regarde, j'arrive déjà à bouger le pied.

Eh, ne ris pas.

C'est pas drôle.

Ou plutôt si.

Fais-le.

Que ça m'avait manqué,

Ton rire.

.

Kate,

Tu crois qu'il est possible une fois en haut

De communiquer avec les vivants ?

Même indirectement ?

Pour quoi faire?

Parce que …

Parce que,

Je voudrais dire à Gibbs

Je voudrais pouvoir lui dire

Que je ne lui en veux plus

Plus vraiment.

Que quelque part dans mon cœur j'ai su lui pardonner,

Même si ma tête l'ignorait.

Que c'est pour ça

C'est pour ça

Que j'avais du mal à me décider, à aller frapper

De crainte d'être une nouvelle fois blessé

D'être rejeté

Et laissé seul dans le fossé

Mais maintenant ça ne peut plus arriver

Maintenant tu es à mes côtés.

Et je veux lui dire.

.

Kate,

Tu sais quel jour on est ?

Aujourd'hui c'est Noël

Aujourd'hui c'est un anniversaire aussi

Cela aurait fait deux ans

Depuis ce jour-là

.

Eh Kate ne va pas si vite

Je ne connais pas le chemin à prendre.

Caitlin Annabella Todd!

Tu vas m'écouter oui ?!

.

.

.


Ahhhhhhh ! Fini !

Je sais je sais, il y a une très grande différence dans le ton, dans le comportement et les pensées de Tony entre cette fic et sa prequel. Mais n'oubliez pas, deux ans se sont écoulés, il est normal qu'il ait changé. Je pense que c'est un Tony qui se situe quelque part entre sa personnalité pré-Gibbsienne et celle que je lui ai créée spécialement pour « un cœur perdu… ». Sans oublier ce qu'il a vécu depuis et que ça s'est forcément imbriqué là-dessus.

Et oui, malgré la fin, cette histoire-ci est beaucoup plus légère que la première, ce qui est assez ironique je vous l'accorde.

On en vient donc à la deuxième explication. Vous aurez surement remarqué la très grande différence, une nouvelle fois de ton mais aussi de forme au sein de cette fic-ci, je veux bien sûr parler du premier et du deuxième chapitre. Cela est dû au fait que j'ai voulu donner à ce dernier un caractère singulier, en permettant à Tony de s'échapper dans une certaine forme de magie ( ?), dans une douce folie (?). J'ai voulu alléger ses derniers instants (dont on suit graduellement l'échéance si vous avez fait attention. Plus ça va plus ses pensées sont anarchiques et non construites, et il donne des indices régulièrement quant à ses difficultés de plus en plus marqués). Donc c'est un exutoire presque paisible que j'ai voulu lui donner. Ne trouvez-vous pas qu'il le mérite après tout ce qu'il a traversé ? Et puis il souffre tellement, le pauvre !

En tout cas je ne sais pas pour vous mais en le relisant, ce deuxième chapitre, je l'ai trouvé très triste, il a un côté poignant que je ne m'attendais pas à y trouver. Mais je ne suis pas la plus objective quand c'est de mon travail dont il s'agit donc …

Mais tout de même ça faisait longtemps que je ne m'étais pas autant amusée à écrire quelque chose.

Maintenant si vous n'aimez vraiment vraiment pas la conclusion à cette histoire, et si vous êtes suffisamment nombreux à me le faire savoir (n'y voyait aucune pêche à la review ce n'est absolument pas le cas, vous faites ce que vous voulez), donc si tel est votre souhait je pourrais ne pas dire non à l'idée de poursuivre un peu plus. Qui sait si la route ne nous mènera pas à une certaine cave au final. En compagnie de Tony, bien sûr. En passant par la case hosto pas le choix ^^.

Voilà je crois que tout est dit.

Et une fois encore vraiment désolée si cette histoire n'était pas ce à quoi vous vous attendiez ou si elle vous a déplu ou même dérangé.

Vraiment.

A bientôt.