Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, hormis ceux sortis de mon imagination.

Merci à Tianojuni, Jasper's Kitten, , Choupette et Chipie 8 pour vos reviews et vos encouragements ! Merci beaucoup !

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Chapitre 2 : Troubles

Il faisait nuit lorsqu'Edward s'éveilla à nouveau. Ses paupières s'ouvrirent avant de se refermer rapidement. Pendant un instant, il s'était demandé où il était. Lentement, les souvenirs affluèrent à sa mémoire, les cris, le sang… Il se mordit la lèvre retenant ses larmes. Il n'osait pas respirer de peur que l'homme ne soit toujours là, il essayait de rester immobile et de garder une respiration calme. Il ne voulait pas qu'il s'aperçoive qu'il était réveillé. Qui sait ce qu'il lui ferait s'il s'en rendait compte ? Il avait dit qu'il était médecin, mais l'était-il vraiment ? Il ne savait pourquoi, mais le regard de l'homme, ses gestes attentionnés, sa voix l'avaient mis en confiance, du moins, au début. Edward s'était senti trahi quand sa main froide s'était posée sur sa joue. C'est ainsi qu'il avait comprit qu'il était comme l'autre, sa beauté dissimulait les traits d'un monstre. Le jeune homme se demanda un instant quel sort il lui réservait. Pourquoi l'avoir emmené ailleurs ? Etait-il de mèche avec l'autre ? Qu'est-ce qu'ils pouvaient préparer ? Son corps commença à être secoué par de violents frissons, il ne pouvait plus dissimuler la terreur qui étreignait son être. Il tenta de se détendre, mais il revit le visage empli de souffrance de ses parents, les cris d'Enzo… Jamais il ne pourrait oublier le bruit de leurs corps se brisant entre la poigne de fer de leurs agresseurs, jamais il n'oublierait la joie qui se dessinait sur les visages de ces monstres… Il ne put retenir des larmes qui glissèrent le long de ses joues. Edward se raidit en entendant quelqu'un s'approcher de lui.

« -Chut, tout va bien, souffla une douce voix féminine, tu ne risques rien mon garçon.

Edward entrouvrit les yeux et se détendit légèrement en voyant le visage chaleureux d'une dame d'âge mûr. Il sut à son accent que l'anglais n'était pas sa langue naturelle, mais surtout il se demanda qui elle était.

-Tu n'as rien à craindre de moi, ajouta-t-elle en lui prenant la main pour dissimuler ses derniers doutes, tu vois ? Je suis comme toi.

Edward hocha doucement la tête en serrant un peu plus fort sa main chaude contre la sienne. Elle se pencha vers lui et d'un geste empli de tendresse, elle essuya ses larmes.

-Je m'appelle Léa et toi tu es Edward ?

-Oui, madame, murmura le jeune homme.

-Appelle-moi Léa ou je vais me fâcher, gronda gentiment la femme, et tutoie-moi.

Le jeune homme essaya de lui rendre son sourire même si c'était dur. Elle avait l'air gentille et il appréciait l'air bienveillant qu'il lisait dans son regard, il avait envie de lui faire confiance, mais il devait tout de même rester sur ses gardes. Il sursauta en voyant la porte de la chambre s'ouvrir, le médecin apparut dans l'embrassure. Il resta sur le pas de la porte, un plateau dans les mains.

-Ah, te voilà ! S'écria Léa. Tu as apporté quelque chose à manger pour le petit ?

-Oui, tu viens le chercher, s'il te plaît ? Demanda Carlisle dans un chuchotement.

-C'est trop difficile pour toi de faire quelques pas de plus ? Se moqua la vieille dame. Tu pourrais avoir un peu de compassion pour mes rhumatismes !

-Léa, tu es en aussi bonne santé qu'une jeune demoiselle, rétorqua-t-il en esquissant un sourire charmeur, peux-tu venir le chercher, je te prie ?

-Allons, Carlisle, tu peux approcher, je suis sûre qu'Edward ne va pas te manger ! Plaisanta-t-elle.

-Je n'en doute pas, mais je pense qu'il préfère que je garde mes distances, alors, peux-tu…

-Edward, coupa Léa, tu n'as pas peur de Carlisle, j'espère ?

Le jeune homme paniqua en entendant la question, quelle serait la réaction de l'homme s'il répondait oui ?

-Ecoute-moi bien, mon petit, il n'y a pas plus gentil et plus doux que Carlisle. Je te promets que tu n'as rien à craindre de lui. Accepterais-tu qu'il approche si je reste à tes côtés?

Edward observa la vielle dame, même si elle lui semblait charmante, elle ne serait nullement capable de le protéger face à lui.

-Tu n'es pas obligé d'accepter, Edward, assura Carlisle, je ne me fâcherai pas et je ne t'en tiendrai pas rigueur, c'est juré.

-Non, vous… vous pouvez venir, chuchota finalement le jeune homme qui se rapprocha tout de même de Léa, cette dernière lui prit la main tout en lui adressant un sourire encourageant.

Carlisle s'approcha lentement et déposa le plateau sur les genoux d'Edward, puis il alla s'asseoir dans un fauteuil à l'autre bout de la pièce.

-Allez, mange, l'encouragea Léa alors qu'il fixait le plateau d'un regard vide.

-Je n'ai pas faim, murmura Edward qui surveillait toujours du coin de l'œil Carlisle.

-Il faut que tu manges, sinon, il va te mettre une perfusion, avertit Léa.

-Une perfusion ?

-Il t'a pas dit qu'il était médecin ?

-Si.

-Tu sais, il est vraiment pas mauvais et faut dire que les patients se pressent à sa porte, enfin, surtout les patientes, ajouta Léa en lui faisant un clin d'œil complice.

-Je suis toujours là, lui rappela Carlisle.

-Faut dire qu'il a toujours l'habitude d'être seul, continua la vieille dame en l'ignorant, mais bon, je suis rassurée, maintenant que tu es là, quelqu'un pourra veiller sur lui… Tu ne veux pas goûter mon potage ?

D'une main tremblante, Edward attrapa la cuillère. Il la porta à sa bouche. Le liquide chaud descendit doucement le long de sa gorge qui était en feu depuis son réveil. Il s'aperçut à cet instant qu'il était affamé.

-C'est bien, mon petit. Mange tout, sinon Carlisle me le dira.

-Tu pars ? S'inquiéta Edward dont la peur était presque palpable.

-Je ne suis plus toute jeune et il est vraiment tard. Je ne serais pas loin, promit-elle, et tu es entre d'excellentes mains. Tu n'as rien à craindre de lui, il préfèrerait finir en Enfer plutôt que de te faire du mal, jura Léa en déposant un baiser sur sa joue.

-Reste, s'il te plaît, implora Edward en retenant difficilement les larmes qui perlaient au coin de ses yeux.

-Fais-moi confiance, murmura la dame en l'étreignant.

-Peut-être devrais-tu rester ? Proposa Carlisle qui voyait bien que le jeune homme n'était guère rassuré.

-Non, plus tôt vous ferez connaissance, mieux ce sera, assura Léa, bonne nuit Edward, bonne nuit Carlisle, je passerai vous voir demain matin. »

Léa sortit de la chambre tout en adressant un sourire encourageant au deux hommes. Dès que la porte fut fermée, un silence pesant s'installa dans la chambre. Edward n'osait plus bouger, il respirait à peine de peur de déplaire à l'homme. Il l'observa rapidement, il n'avait pas bougé de sur son fauteuil et semblait aussi peu à l'aise que lui ce qui l'étonna. Maintenant, qu'il y repensait, jamais le médecin n'avait eu de gestes violents ou déplacés envers lui, au contraire, il s'était montré attentionné et affectueux. Edward releva la tête et croisa le regard inquiet de l'homme, il se rappela alors qu'il n'y avait jamais lu de la folie ou de la rage, comme dans celui de l'autre. Par ailleurs, les yeux du médecin étaient d'une belle couleur dorée et non de cet abominable rouge sang. Voyant que l'homme semblait perdu dans ses pensées, il se permit de le détailler. Il était grand et ses vêtements laissaient deviner un corps bien proportionné. Ses cheveux blonds étaient coiffés avec une élégance qui paraissait naturelle. Son visage était empli de douceur. Un sentiment de calme et une certaine sagesse émanaient de sa personne. Le jeune homme avait encore du mal à croire qu'il était médecin, il pensait que l'homme serait plus à sa place sur le podium d'un défilé de mode que vêtu d'une blouse blanche. Il était perdu dans ses réflexions lorsque la voix de son hôte le fit sursauter.

Carlisle s'était figé tel une statue dès la sortie de Léa. Il comprenait pourquoi elle les avait laissé seuls, mais il pensait que c'était trop tôt, il pouvait clairement voir la peur sur le visage de son protégé. Carlisle avait essayé de se détendre tout en bougeant le moins possible pour éviter de faire un geste qui effrayerai le jeune homme. Il s'obligea tout de même à respirer régulièrement cherchant à être le plus humain possible. C'est alors qu'il sentit le regard d'Edward se poser sur lui. Il releva la tête pour s'en assurer, son invité ne put percevoir son mouvement tellement il avait été rapide. Plusieurs questions se bousculèrent dans son esprit, Edward était bien en train de l'observer. Peut-être était-il en train de le jauger ? Peut-être qu'après il lui ferait confiance ? L'examen dura encore un moment, avant que le jeune homme ne s'enferme dans ses propres pensées. Carlisle aurait tout donné pour arriver à lire dans son esprit, mais son expression était trop neutre. Les minutes défilèrent trop lentement à son goût, il devait parler, faire quelque chose pour briser ce silence qui devenait pesant pour lui.

« -Ta soupe est en train de refroidir, dit doucement Carlisle qui se maudit lorsqu'il le vit sursauter. Pardonne-moi, je ne voulais pas te faire peur.

Edward haussa les épaules avant d'attraper sa cuillère. Ses gestes étaient gauches, Edward finit par reposer la cuillère tout en dissimulant un petit gémissement. Carlisle se maudit, il aurait du se douter que ses contusions le faisaient souffrir. D'un geste lent il se leva et s'approcha du lit, il mit ses mains bien en évidence devant lui pour montrer à Edward qu'il n'avait rien à craindre.

-Puis-je m'asseoir ? Demanda le médecin en désignant le rebord du lit.

Carlisle vit une lueur d'effroi passer dans les prunelles émeraude, il allait reculer quand Edward l'autorisa à prendre place. Carlisle masqua sa surprise tout comme la joie qui le gagna en le voyant faire un premier pas vers lui. Le médecin prit le bol de soupe posé sur le plateau ainsi que la cuillère qu'il remplit avant de la porter à la bouche de son protégé.

-Il faut que tu reprennes des forces, dit Carlisle alors qu'Edward ne bougeait pas.

-A quoi bon ? Demanda le jeune homme d'un ton désabusé.

-Fais-le pour moi, s'il te plaît. »

Carlisle plongea son regard dans celui du jeune homme tout en esquissant un sourire qui lui permettait toujours d'obtenir ce qu'il souhaitait. Edward sembla comme ébloui au point qu'il en oublia de respirer. Carlisle s'en rendit compte et brisa l'échange tout en maudissant sa condition de vampire. Il l'entendit prendre une longue inspiration. Le médecin approcha à nouveau la cuillère de ses lèvres que le jeune homme ouvrit cette fois. Il ne lui fallut que quelques minutes pour lui faire avaler tout le potage. Une fois que cela fut fait, il ne put s'empêcher de remarquer l'air fatigué d'Edward.

« -Je pense qu'il est temps que tu te reposes, dit Carlisle en lui donnant un verre d'eau et un comprimé, ce médicament va t'aider à dormir, tu auras un sommeil sans rêves.

-Merci, murmura Edward en avalant le comprimé avec une gorgée d'eau.

-Dors bien.

-Attendez, l'appela soudain le jeune homme, où sont mes parents ? Enfin, leurs corps. J'aimerais leur dire au revoir et puis j'ai besoin de savoir…

-Demain, promit le médecin, je veux que tu récupères un peu et si demain tu en as toujours envie, je répondrais à toutes tes questions.

-D'accord, accepta Edward alors qu'il luttait pour garder les yeux ouverts.

-Je ne suis pas loin, l'informa Carlisle, n'hésite pas à m'appeler. »

Edward hocha faiblement la tête, le médicament agissait vite. Carlisle ne put s'empêcher de rester un instant pour l'observer. Ses traits se détendirent accentuant encore sa beauté et sa jeunesse. Ne pouvant réprimer son envie, il se pencha. Ses lèvres froides touchèrent sa peau chaude, il déposa un baiser sur son front avant de sortir à regret de la chambre.

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Carlisle regagna sa chambre qui se trouvait de l'autre côté du couloir. La pièce était dans des tons blancs. Au centre trônait un immense lit en fer forgé d'où s'échappaient des voilages translucides. Le lit était surélevé par quelques marches ainsi on pouvait pleinement profiter de la vue qu'offrait la grande baie vitrée. En effet, du lit on contemplait aisément l'océan qui se déchaînait quelques mètres plus bas au pied de la falaise. La nuit les villes qui longeaient la côte s'illuminaient créant autant de petites lucioles que d'étoiles dans le ciel. Le vampire ne se lassait jamais de ce spectacle.

Carlisle traversa sa chambre pour se rendre dans la salle de bain. Il prit une douche et enfila un bas de pyjama en soie grise avant d'aller s'installer sur son lit. Il se glissa sous la couette, espérant que cette dernière réchauffe quelque peu son corps de glace. Même s'il n'était plus humain, Carlisle appréciait toujours autant ces petits rituels qui lui permettaient de se rapprocher de son ancienne vie. Bien entendu, comme tous les vampires, il n'avait pas besoin de dormir, mais Carlisle avait découvert lors d'un voyage au Tibet une sorte de méditation qui permettait aux vampires de se plonger dans un état proche du sommeil.

Lors de ces méditations, l'esprit des vampires réagissait comme celui des humains sauf que leurs souvenirs étaient plus vivaces. Il ne savait pas vraiment s'il pouvait appeler ça des rêves, mais cela y ressemblait. Grâce à cette méditation, il arrivait à voir les choses sous un nouvel angle, à trouver la solution à un problème ou tout simplement à se détendre. Carlisle ferma les yeux, il se laissa bercer par le rythme des vagues. Il avait vraiment besoin de faire le point sur la journée qui venait de s'écouler et il savait que cet exercice l'y aiderait. Peu à peu son corps s'apaisa, le sang et l'odeur d'Edward lui paraissaient plus lointains et avec eux la brûlure qu'ils déclenchaient dans sa gorge…

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La méditation ne coupait pas le vampire du monde qui l'entourait, malgré le repos dont bénéficiaient son esprit et son corps, ses sens étaient toujours éveillés. Carlisle entendit donc sans difficulté les bruits de pas feutrés qui provenaient du couloir, tout comme il percevait les battements d'un cœur. Il se demanda ce que faisait Edward hors de son lit, il était certain que le médicament qu'il lui avait donné le ferait dormir pendant plusieurs heures. Il allait se lever lorsqu'il entendit la porte de sa chambre s'entrouvrir. Le plancher grinça légèrement. La porte se referma. Intrigué, Carlisle se tourna vers l'entrée. Ce qu'il vit lui aurait coupé le souffle, s'il avait encore respiré.

A quelques pas de son lit se tenait Edward. La douce lumière de la pleine lune baignait la chambre d'une lueur féérique, elle caressait chaque parcelle du corps du jeune homme lui donnant une beauté inhumaine. Il portait un pyjama en soie noire dont la chemise était ouverte laissant apparaître un torse fin et musclé. Carlisle s'arracha difficilement à cette contemplation. Il allait lui demander si tout allait bien quand il croisa son regard émeraude assombri. Carlisle ignorait ce que signifiait cette lueur dans ces yeux, pourtant, comme en réponse, une douce chaleur gagna son corps. Il ouvrit la bouche pour parler mais aucun son ne sortit, Edward venait d'ôter sa chemise. D'un pas sûr et félin, le jeune homme monta les marches menant au lit. Carlisle ne parvenait pas à détacher ses yeux de cet être si parfait, il était suspendu à chacun de ses mouvements. Edward se tenait maintenant devant lui, ses yeux scrutant avec attention les siens. Le vampire rompit le contact et inspira profondément pour calmer ses instincts les plus primaires qui lui ordonnaient de se jeter sur ce jeune humain si désirable. Quand il eut retrouvé ses esprits, il rouvrit les yeux pour voir qu'Edward n'était plus là.

Carlisle se redressa sur ses coudes, inquiet que tout ceci ne soit qu'un rêve, il chercha le jeune homme du regard. Edward était au pied de son lit. Le jeune homme afficha un sourire en coin terriblement sexy tout en grimpant sur le matelas à quatre pattes, il remonta lentement le long du corps du médecin. A nouveau, le vampire voulut parler, mais ses neurones semblaient être partis en vacances ou alors ils se réjouissaient, tout comme lui, du spectacle qu'offrait son protégé. Carlisle ne put retenir un cri de surprise lorsqu'Edward s'assit à califourchon sur lui, le jeune homme ne pouvait ignorer sa virilité éveillée qui semblaient encore plus stimulée par la proximité des ses fesses fermes. Il allait s'excuser et sortir du lit quand Edward se pencha vers lui, ses lèvres se posèrent sur les siennes. Un incendie s'alluma alors dans son corps.

Une dernière fois, le vampire essaya de reprendre le contrôle de son être, mais il abandonna lorsqu'il sentit la langue d'Edward caresser ses lèvres. Il ouvrit la bouche permettant ainsi à leurs langues de se trouver, elles luttèrent un instant avant de se caresser langoureusement. Le jeune homme s'écarta le temps de reprendre son souffle. Carlisle en profita pour s'asseoir et poser ses lèvres le long du cou de son invité y semant une pluie de tendres baisers, ses mains s'aventurant sur ses épaules dénudées. Le vampire crut qu'il allait s'embraser lorsqu'un gémissement de plaisir s'échappa des lèvres d'Edward. Ce dernier passa une main dans ses cheveux qu'il tira l'obligeant ainsi à abandonner son cou. Leurs lèvres se retrouvèrent pour un nouveau baiser passionné.

Carlisle n'avait jamais imaginé pouvoir ressentir autant d'émotions, autant de plaisir en un seul baiser. Edward le fit basculer sur les oreillers avant de partir à la découverte de son cou qu'il mordilla. Cette fois, ce fut lui qui gémit de plaisir, le jeune homme afficha un sourire satisfait en entendant ce son. Il réajusta sa position sur le corps de Carlisle, ce dernier ne put retenir un léger cri de bonheur quand il perçut la virilité d'Edward contre la sienne. Un son rauque s'échappa de sa gorge quand le jeune homme commença à bouger ses hanches, laissant leurs sexes frotter l'un contre l'autre. Apparemment, son protégé avait décidé de le mettre au supplice, sa langue se promenait le long de son cou avant d'aller déposer des baisers sur sa clavicule.

Le vampire sentait le désir monter violemment en lui. Son bassin allait à la rencontre de celui d'Edward augmentant encore leurs gémissements, mais soudain quelque chose attira ses sens. Sa chaleur, sa respiration erratique, son cœur qui battait frénétiquement, le sang qui pulsait dans ses veines, son parfum si enivrant qui emplissait la pièce, Carlisle sentit le venin s'insinuer dans sa bouche, une douleur atroce se réveilla dans sa gorge. Il voulait Edward, il le voulait entièrement, son corps ainsi que son sang ! Alors que les lèvres du jeune homme se perdaient sur son torse, il s'obligea à se calmer. Ses mains s'enfoncèrent dans les oreillers au moment où Edward titillait de sa langue l'un de ses mamelons.

Carlisle entendit quelque chose se déchirer, puis le froid vint. Il rouvrit les yeux, inquiet d'avoir blessé son amant. Edward l'observait d'un air amusé. Apparemment, dans le feu de l'action, il avait éventré les oreillers. Une idée sembla se dessiner dans l'esprit de son protégé qui attrapa l'une des taies d'oreiller qu'il déchira. Il se hissa vers la tête du lit où il attacha, avec l'aide du bout de tissu, les mains du médecin. Carlisle savait que cela ne suffirait pas à le retenir, mais c'était déjà un début, quelque chose à quoi il pouvait se raccrocher pour ne pas totalement sombrer.

Carlisle oublia bien vite ses inquiétudes quand il sentit les lèvres d'Edward se poser à nouveau sur les siennes. Il était toujours sur lui et avait repris ses mouvements lascifs du bassin tout en l'embrassant langoureusement. Un son rauque s'échappa de sa poitrine alors que le jeune homme se reculait légèrement. Le médecin cru qu'il allait devenir fou quand son protégé embrassa son torse, sa bouche descendant toujours de plus en plus bas. Sa langue traçait des sillons de feu sur sa peau pâle. Un grognement de plaisir lui échappa quand la langue d'Edward joua avec son nombril, le léchant, puis il sentit le bout de sa langue humide entrer et sortir. Une image s'imposa brutalement à son esprit, il voyait son sexe faire de longs va et vient dans le corps offert de son amant, avant d'accélérer brutalement la cadence comme le faisait la langue d'Edward. Un bruit métallique se mêla aux halètements et aux gémissements qui peuplaient la chambre. Carlisle sentit la pression sur ses mains se relâcher, il avait arraché les barreaux du lit.

D'un geste impatient, Carlisle jeta les barreaux au loin avant de laisser ses mains descendre le long du dos du jeune homme. Les lèvres d'Edward arrivait à l'élastique de son pyjama, il sentit une main se poser sur la couture, le vampire la saisit. Son protégé releva la tête, intrigué par cette interruption. Carlisle lui adressa un sourire ravageur avant de retourner la situation. Il bloqua Edward sous son corps tout en prenant garde de ne pas le blesser. Tout comme il l'avait fait plus tôt, il laissa leurs érections frotter l'une contre l'autre alors qu'il l'embrassait sauvagement. Carlisle attrapa les mains d'Edward qu'il ramena au-dessus de sa tête, il les maintint prisonnières alors que ses lèvres partaient à la découverte du corps de son jeune amant. Alors qu'il déposait un baiser dans son cou, il sentit Edward se raidir contre lui.

« -Non, pitié, murmura Edward d'une voix étouffée.

-Tout va bien, le réconforta Carlisle.

Le vampire descendit une main entre leurs deux corps, sa main se posa sur le renflement du pantalon d'Edward qu'il caressa tendrement. Un gémissement s'échappa des lèvres du jeune homme alors qu'il haletait de plus en plus. Carlisle en profita pour continuer l'exploration de son cou, cherchant ses points sensibles.

-Non, non, pitié, répéta Edward. Je vous en supplie, pitié.

Carlisle s'empara de ses lèvres, il ne pouvait pas croire ce que disait le jeune homme, il avait juste besoin d'être rassuré. Il sentit les lèvres de son protégé rester obstinément closes face à sa langue. Il allait insister lorsqu'il sentit quelque chose de froid couler sur ses lèvres, il se redressa légèrement et fut stupéfait de voir des larmes inonder son visage.

-Pitié, je vous en prie, implora Edward, non, laissez-moi. »

Non ! Carlisle ne le voulait pas, il ne souhaitait pas abandonner la chaleur de ce corps offert ! Comment cet humain avait-il osé le provoquer pour se refuser à lui ensuite ? Non, il ne s'en sortirait pas ainsi ! Il n'avait pas le droit de le laisser en cet instant, il ne supporterait pas cette frustration ! Ce maudit humain ne le trouvait pas assez désirable ? Alors, tant pis pour lui, il prendrait autre chose ! Un grognement de rage s'échappa de sa poitrine au moment où l'animal qui sommeillait en lui s'éveillait. Il entendit le hurlement de terreur d'Edward alors qu'il mordait dans la chair tendre de son cou, se délectant enfin de son sang…

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Carlisle s'assit brusquement dans son lit. Avec crainte, il regarda autour de lui cherchant des traces de son crime. Il ne put retenir un soupir de soulagement en ne voyant ni du sang, ni le corps d'Edward sans vie. Les seules victimes à déplorer étaient ses oreillers qu'il avait sauvagement mordus. Carlisle se rallongea brusquement faisant voler quelques plumes. Il passa une main sur son visage, jamais un rêve ne lui avait paru aussi réel. Avec honte, il s'aperçut que son corps réclamait toujours celui d'Edward. Quel animal était-il pour pouvoir désirer ainsi ce jeune homme brisé?

D'un geste lent, il descendit du lit pour aller prendre une douche froide espérant ainsi apaiser ses sens bien éveillés. Il allait passer la porte de la salle de bain lorsqu'il entendit les cris de terreur d'Edward. Ils ressemblaient tellement à ceux de son rêve que Carlisle comprit que c'étaient eux qui l'avaient réveillé. Il se précipita dans la chambre d'Edward. Ce dernier s'agitait dans son lit visiblement en proie à un cauchemar. Carlisle le prit dans ses bras tout en lui murmurant des paroles réconfortantes. Edward finit par se réveiller. Il eut un geste de recul quand il le vit si proche de lui, Carlisle était certain qu'il allait sortir du lit comme la dernière fois, cependant, l'instant de surprise passé, le jeune homme revint se blottir contre lui.

Carlisle bloqua sa respiration. Il était heureux que son protégé commence à lui faire confiance, mais l'odeur d'Edward était trop tentante surtout après le rêve qu'il venait de faire et le sentir si près de lui n'aidait pas à calmer ses ardeurs. Le vampire s'obligea à réciter tous les symptômes des maladies sexuellement transmissibles espérant que cela suffirait à refroidir une certaine partie de son anatomie. Carlisle était tellement concentré à ignorer le corps chaud blottit contre lui qu'il ne le vit pas bouger. Il faillit s'enfuir de la chambre quand la cuisse d'Edward frôla son sexe tendu, le jeune homme n'avait pu que remarquer son problème. Il venait de tout gâcher, Edward ne lui ferait jamais confiance et après tout il n'aurait pas tort !

Carlisle attendit, mais rien ne vint. Le jeune homme ne bougea pas, ne cria pas… Etonné, Carlisle baissa la tête pour se rendre compte qu'Edward s'était rendormi. Doucement, il se détacha du corps bien trop tentant. Il borda Edward avant de filer prendre une douche froide.

Pendant que l'eau ruisselait le long de son corps, Carlisle ne cessait de penser à ce qui s'était passé cette nuit. Pourquoi tout cela semblait-il si réel ? Jamais lors de ses méditations, ses réflexions n'avaient prit un chemin érotique alors pourquoi cela changeait-il aujourd'hui ? Etait-ce parce qu'il s'était rappelé les propos d'Aro ? Non, cela ne pouvait pas être que cela. Carlisle se devait d'être honnête, Edward était quelqu'un de très séduisant et puis c'était la première fois qu'il ressentait du désir pour quelqu'un. Oui, il désirait Edward, il crut entendre le monstre en lui rugir face à cette révélation. Il le voulait ? Il n'avait qu'à le prendre ! Carlisle s'obligea à se calmer, il avait besoin de réfléchir et de se nourrir. Il prit le téléphone que lui avait confié Aro. Il devait lui parler.

Après s'être habillé, Carlisle sortit de sa chambre. Il entrouvrit la porte de la chambre d'Edward et vit qu'il était éveillé.

« -Bonjour, dit le médecin en entrant dans la chambre.

-Bonjour, murmura Edward en se tournant vers lui.

-Comment te sens-tu ?

Pour toute réponse, le jeune homme haussa les épaules.

-Je suis vraiment désolé.

-Vous n'avez pas à l'être, vous n'y êtes pour rien. Vous avez dit que vous répondriez pas à mes questions ?

-Oui et je le ferais, mais je dois sortir pour quelques heures, dès mon retour nous discuterons. Léa est déjà arrivée et elle doit avoir préparé ton petit déjeuner. Cette porte mène à ta salle de bain privée, il y a tout ce qu'il faut. J'ai rangé certaines de tes affaires dans l'armoire.

-Merci, Docteur Cullen.

-Edward, j'aimerais que tu m'appelle par mon prénom et que tu me tutoie, tu veux bien ?

-Euh, oui.

-Parfait, alors on se voit dans deux ou trois heures, d'accord ?

-A tout à l'heure. »

Carlisle sourit au jeune homme avant de quitter la chambre. Il salua Léa qui s'affairait déjà en cuisine avant de s'élancer en courant par la grande baie vitrée. Il courut un moment en longeant l'océan avant de s'enfoncer dans les landes à la recherche d'une proie. Après s'être nourrit de quelques animaux, il revint lentement vers la villa. A divers endroits, il put reconnaître l'odeur de Démétri sans pour autant le voir, il supposait qu'il s'était rapproché de la demeure après l'avoir vu sortir. Il sortit le téléphone de sa poche, conscient qu'en cet instant personne ne pourrait épier sa conversation. Aro répondit rapidement.

« -Bonjour Aro, c'est Carlisle.

-Tout va bien ? S'inquiéta aussitôt son ami.

-Oui… Je peux te parler ?

-Je suis seul.

-Edward va bien, enfin, aussi bien que l'on puisse aller dans ce genre de situation. Aro, tu sais que ta confiance m'honore, mais je ne peux pas veiller sur lui.

Un silence accueillit ses paroles, il s'interrogea sur la réaction et fut reconnaissant d'être à plusieurs centaines de kilomètres de lui, les colères d'Aro pouvaient être assez dévastatrices.

-Pourquoi ? Interrogea simplement son ami.

-Pourquoi quoi ? Répéta bêtement Carlisle qui ne souhaitait pas lui avouer ses sentiments.

-Pourquoi ne peux-tu pas prendre soin d'Edward ?

-C'est trop difficile, avoua Carlisle après un moment de silence.

-Explique-moi, s'il te plaît, demanda Aro d'un ton adouci.

-Je suis perdu, Aro, j'ai peur de ne plus maîtriser le monstre qui est en moi.

-Allons, Carlisle, de nous tous, tu es celui qui est le plus maître de lui-même.

-Edward semble briser toutes mes défenses, confessa-t-il dans un murmure, je me sens faible face à lui.

-L'as-tu blessé ? S'alarma Aro.

-Non ! Bien sûr que non ! Mais je risque de le faire…. Cela semblait tellement réel…

-Que veux-tu dire ?

-C'était étrange… J'étais en pleine méditation et j'ai… j'ai rêvé d'Edward… on… enfin, je buvais son sang…

-Donc en fait ce qui t'inquiète c'est de perdre le contrôle si ta relation avec Edward devient … comment dire ? Devient plus intime ?

-Je n'ai jamais dit ça ! S'offusqua Carlisle qui se maudissait déjà d'avoir appelé. Comment peux-tu imaginer que lui et moi…

-Calme-toi, Carlisle. Ecoute, je te connais suffisamment pour savoir que tu ne lui feras pas de mal.

-Tu me surestimes.

-Non, j'en suis certain ! Affirma Aro. J'aimerais que tu essaies de ne pas réprimer tous tes instincts, Carlisle, il n'y a pas que ce que tu nommes le monstre en toi, il y a aussi tes propres sentiments. Je t'en prie écoute ce qu'ils te dictent et tout ira bien. Je te rappellerai à la fin de la semaine et si tu n'es pas à l'aise, nous trouverons une autre solution.

-Très bien, capitula Carlisle.

-Fais ce que je te dis et tout se passera bien. Au revoir, mon ami.

-A bientôt, Aro. »

Carlisle raccrocha. Les paroles d'Aro le troublaient. Son ami avait-il raison ? Il reprit le chemin de la villa, ses pas étaient lents alors qu'il réfléchissait à la situation. Il avait déjà admit qu'Edward le troublait, qu'il l'attirait, mais ces sentiments étaient peut-être dictés par ses nombreuses années de solitude ? Pourtant, au cours de sa longue vie, il n'avait jamais ressenti ce troublant désir, ni avec ses semblables, ni avec des humains. Il mit de côté ses interrogations quand il arriva en vue de la demeure, maintenant, il devait se concentrer sur Edward, le jeune homme allait avoir besoin de son soutien pour affronter la réalité.

Voilà la suite, j'espère que ça vous a plu, comme d'habitude, n'hésitez pas à me le faire savoir !

J'essaierai de poster la suite mercredi, au plus tard jeudi soir !

Bonne soirée !