Bonjour tout le monde !
Voilà, après la vingtaine de reviews reçues pour mon premier OS, et devant l'engouement qu'il suscitait pour avoir une suite, je vous propose une alternative qui devrait vous intéresser. En effet, le premier OS reste un OS, je ne vais pas le transformer en fanfic. Cependant, je me suis dit qu'il y avait assez de matière sur la vie de Renesmée pour pouvoir l'écrire. J'ai donc décidé d'écrire une série de OS sur les moments importants de la vie de Renesmée. Par contre, comme j'écris à coup d'inspiration, ils ne seront pas dans l'ordre chronologique, mais je vous informerez de la place qu'ils prennent dans la vie de Renesmée.
J'ai aussi fait une petite modification sur le premier OS. Mais pas de soucis, j'ai juste changé le titre du chapitre qui est maintenant « Aimer ».
Je remercie encore une fois toutes les personnes qui m'ont laissé une review. Je n'ai pas répondu à tous, mais je les ai toutes lues !
Et je remercie ma bêta reader, Elo, pour le travail qu'elle fait sur ma fic !
Cet OS se situe quelques mois avant « Aimer ».
Place maintenant à l'histoire ! Bonne lecture.
Grandir
Au début, ça n'avait été qu'une petite douleur insignifiante, comme si quelqu'un m'appuyait en dessous du nombril. Cependant, ce seul fait était déjà étrange. Je ne ressentais jamais aucune douleur, je n'avais jamais été malade, je n'avais jamais eu à souffrir de migraine ou autre désagrément. Mon ascendance de vampire me protégeait de tous les maux humains habituels.
Alors, je n'en avais rien dit à personne, persuadée que mon petit côté d'humaine faisait des siennes. Après tout, nombre de mes amies se plaignaient régulièrement de maux d'estomac et autres petits tracas quotidiens qui ne concernaient souvent que les filles. C'est ce que j'avais observé aussi : les filles se plaignaient souvent entre elles, mais jamais au grand jamais, ne disaient mot de tout cela devant les garçons. Question d'honneur qu'elles m'avaient dit. J'avais simplement hoché la tête, dubitative.
J'avoue que je ne les comprenais pas. J'étais une fille, mais tout ce que mes compagnes de classe me narraient ne trouvait pas de résonances en moi : je n'avais pas de problèmes relationnels avec mes parents, au contraire je m'entendais parfaitement avec eux. Je n'étais pas non plus touchée par des « problèmes existentiels » tels que se faire ignorer par le garçon convoité, jalouser une autre fille, se trouver moins jolie qu'une autre, ne pas avoir la bonne coiffure ou les vêtements à la dernière mode… Bref, tout ce qui avait l'air de parsemer une vie banale de petite humaine bien rangée. Il est vrai que je n'étais pas non plus une banale petite humaine.
Mais, je n'étais pas non plus un parfait petit vampire. Pour commencer, j'étais obligée de dormir. J'avais bien essayé à une époque de faire comme ma famille, mais au bout de deux jours, j'étais tombée de sommeil, le nez dans mon verre de sang chaud. Ça avait beaucoup fait rire Emmet.
Je rougissais aussi, quelle horreur ! Je ne pouvais pas mentir sans qu'une affreuse couleur rouge couvre mes joues. Papa disait que ça me rendait mignonne. Maman s'excusait pour cet héritage encombrant que sa condition d'humaine m'avait laissé en souvenir.
Tout ça pour en revenir à cette petite douleur qui était venue perturber une journée ordinaire au lycée. À peine rentrée chez moi, je m'étais palpée le ventre sans trouver l'origine du mal. En fait, ça avait duré plusieurs jours sans que la douleur ne disparaisse.
Au bout d'une semaine, la douleur avait augmenté en intensité. Au dixième jour, j'avais dû en informer ma mère car la douleur me clouait au lit. Aussitôt, toute la maison s'était affolée.
- Où as-tu mal ma chérie ? me demanda ma mère.
C'était la cinquième fois qu'elle me posait la question, mais elle était tellement angoissée qu'elle n'écoutait pas ma réponse.
- Au ventre !
Je lui désignai l'emplacement, juste entre mes hanches.
Carlisle arriva en réponse aux beuglements d'Emmet. Ayant entendu mes derniers mots, il vint à mon chevet et souleva délicatement mon tee-shirt. Il palpa la zone indiquée.
- Tu as mal quand j'appuie là ? me questionna-t-il très sérieusement.
Je secouai la tête de gauche à droite pour lui indiquer la négative.
- Et là ? continua-t-il.
Nouveau hochement de tête de gauche à droite.
- Là ?
- Non plus, soupirai-je.
Il me palpa encore quelques minutes, puis médita quelques secondes.
- Alors ? le pressa ma mère.
- C'est peut-être une appendicite, mais je ne peux être sur de rien. Je n'ai pas assez de recul pour savoir si c'est propre à elle ou à son espèce.
Il secoua la tête d'agacement.
- Je vais quand même lui faire passer quelques examens.
Je déglutis bruyamment. Je n'aimais pas quand Carlisle parlait de me faire passer des examens médicaux. Il revint avec plusieurs tubes pour me faire des prises de sang. Quand je vis l'immense aiguille qu'il tenait entre ses mains, je ne pus m'empêcher de tressaillir. Elle me paraissait énorme, et elle l'était car pour transpercer ma peau il fallait s'accrocher. Il tapota le creux de mon bras et me sourit avant d'enfoncer férocement l'aiguille. Je couinai de douleur, encore que ce n'était rien comparé à celle qui me déchirait le bas-ventre.
Par la suite, il m'avait laissée tranquille dans mon lit. Les résultats n'arriveraient que demain matin. Jacob était à mon chevet, pressant tendrement ma main. Ma mère était en train de lire, assise dans mon rocking-chair, qui avait un jour été le sien.
« Tu n'es pas obligé de rester Jake », pensais-je.
Il me regarda dubitatif.
« Bien sur que si ! Tant que tu n'iras pas mieux je n'irai pas bien non plus »
Sa voix mentale avait été un peu sèche et il me fit un sourire d'excuse.
« Tu devrais te reposer tout de même »
Il jeta un coup d'œil à ma mère.
« Elle ne me laissera jamais faire », pensa-t-il en me la désignant du menton. Ma mère releva la tête, sans doute attiré par le mouvement de Jacob. Elle nous regarda pensivement avant de dire :
- Si tu veux dormir ici Jacob, ce sera en loup. Nous sommes bien d'accord ?
Un sourire étira mes lèvres ainsi que celles de Jacob. Il s'écarta de mon lit afin de ne pas me blesser pendant sa transformation. La seconde d'après, un énorme loup avait pris sa place. J'émis un claquement de langue désapprobateur. Il n'avait même pas pris le temps d'aller retirer ses vêtements dans une autre pièce et des petits bouts de tissus voletaient encore dans l'air. Sans plus de cérémonie et faisant fi de mon air mécontent, il vint se vautrer sur mes couvertures. Sous l'œil vigilant de ma mère, il rampa jusqu'à mon épaule à la manière d'un chien quémandant une caresse. Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire malgré la douleur toujours présente. Je passai mes doigts dans les poils courts de sa grosse tête et il me lécha le poignet.
Epuisée par la journée, je finis par m'endormir profondément.
Ce fut une exclamation de surprise qui me réveilla en sursaut le lendemain matin. Quand j'ouvris les yeux, je m'aperçus que le soleil n'était même pas levé.
- Mais qu'est-ce que c'est que cette odeur ?!
Et je reconnus la voix d'Emmet, c'était lui avait dû me réveiller.
Je me relevai sur mes coudes en repoussant l'énorme loup à mes côtés et regardai Emmet. Ma mère l'observait avec surprise aussi. Emmet inspira prudemment.
- Ça sent le sang ? Vous ne sentez pas ? Demanda-t-il atterré.
Ma mère renifla à son tour et je vis une légère panique envahir son regard quant elle posa les yeux sur moi.
- Tu vas bien ma chérie ? M'interrogea-t-elle. L'odeur vient de toi.
J'inspectai mes mains et mes bras ainsi que mon ventre, mais je ne vis rien d'inhabituel. Je soulevai mon drap et laissai échapper un hoquet d'horreur. Le tissu de mon pyjama était imbibé de sang entre mes cuisses. Dans la seconde, ma mère était sur moi et avait expulsé Jacob du lit pour prendre sa place. Ce dernier s'écrasa sur le sol de ma chambre et se releva d'un bond, tout crocs dehors. Il se calma aussitôt qu'il vit qu'il n'y avait aucun danger immédiat.
- Je… je saigne de… de… Bégayai-je sans pouvoir continuer ma phrase et sentant mes joues rougir de gêne.
Soudain, ma mère éclata de rire. Je l'observai, éberluée, ainsi qu'Emmet et Jacob. Elle se calma quelques secondes après.
- Emmet, Jacob, je pense que vous devriez sortir. C'est une histoire de filles qui ne vous concerne en rien, annonça ma mère.
- Ce n'est rien de grave alors ? Demanda Emmet, encore un peu soucieux.
- Non, aucun problème, c'est tout à fait naturel, répondit ma mère.
Elle leur fit signe de sortir tous deux de la pièce. Quand la porte se referma sur les deux garçons, elle se tourna vers moi, un grand sourire aux lèvres. Et sans que je ne m'y attende, elle m'asséna une gifle magistrale sur la joue.
- Mais ça va pas ! Criai-je en pressant mes deux mains sur ma joue endolorie. Elle n'y était pas allée de main morte.
- Félicitations ma chérie, tu es une femme désormais !
Je la dévisageai, interdite. Quelle mouche avait piqué ma mère ? Venant d'Alice, un tel comportement, sans aucune explication, ne m'aurait pas dérouté, mais ma mère n'était jamais comme ça.
Elle se saisit de ma main, ferma les yeux et se concentra. Je vis alors défiler dans mon esprit des scènes tirées de ses souvenirs. Les images étaient légèrement brouillées et floues, comme si je les avais regardées à travers un filtre ou quelque chose comme ça. Je compris alors que c'était des souvenirs antérieurs à sa transformation, lorsqu'elle était encore humaine. Je vis alors la propre mère de ma mère lui mettre une gifle identique à celle qu'elle m'avait donnée. Et puis vint alors l'explication du geste. L'information fit son chemin dans mon cerveau et se recoupa à d'autres informations.
Je plaquai alors une main sur ma bouche.
- Mais je croyais que c'était impossible ! M'exclamai-je. Carlisle m'a dit que les autres femelles de mon espèce n'en avaient pas.
- Certes, comme certains sont venimeux et d'autres non. La génétique est très aléatoire.
Nous méditâmes un moment sur ces paroles. Je n'aurais jamais pensé que je pourrais avoir un jour mes règles. Parce que c'est bien ce qui était en train de m'arriver. Les maux de ventre et puis ce sang, tout concordait avec ce que j'avais appris en cours de biologie. Et je n'y avais même pas pensé, et Carlisle non plus. Il était tellement préoccupé par le fait que j'étais d'une espèce à part, qu'il en avait oublié que j'étais quand même à moitié humaine. Et toutes les humaines de ma connaissance avaient eu leurs règles, quelques années auparavant. Quand certaines de mes amies abordaient le sujet, j'essayais d'esquiver la discussion. Je mentais tellement mal qu'elles auraient deviné qu'il y avait anguille sous roche.
Cependant, j'étais soulagée que ce qui m'arrivait n'était rien de grave. L'idée fit son chemin dans ma tête, jusqu'à ce que je me rende compte d'autre chose. Si j'étais réglée, cela voulait dire que je pouvais aussi enfanter. Je pourrais avoir une vie presque semblable à celle d'une humaine, sauf qu'elle serait bien plus longue.
- Bon, on ne va pas rester là à ne rien faire, s'écria ma mère en me sortant de mes pensées. Il faut que tu te changes et que nous allions acheter de quoi te protéger. Je vais envoyer Alice le faire, je suis sure qu'elle sera ravie de s'essayer à une nouvelle sorte de shopping, dit-elle en riant.
- Non ! Criai-je.
Je me repris.
- Je veux dire, je n'ai pas envie que tout le monde le sache, finis-je en chuchotant.
Ma mère me lança un regard attendri et désolé.
- Cela risque d'être difficile de cacher qu'une fois par mois tu perds du sang, Renesmée.
Je ne compris pas tout de suite où elle voulait en venir. Je me frappai le front du plat de la main quand j'assimilai l'information. Bien sur, j'avais complètement omis le régime des vampires. Je me pris la tête entre les mains.
- Nonnnn, ça va être horrible. Comme si normalement ce n'était pas déjà assez gênant sans que personne ne le sache, mais alors si en plus…
J'étouffai une plainte dans mes genoux relevés.
- Maman, Emmet va être horrible !
Elle vint caresser mes cheveux pour me réconforter.
- Ne t'inquiète pas, si Emmet fait le moindre commentaire, je me ferais un plaisir de le remettre à sa place, me promit-elle.
Je hochai la tête, peu sûre que cela soit assez convaincant pour qu'Emmet ne dise rien.
Après m'avoir dit qu'elle allait voir Alice, elle me laissa seule dans ma chambre.
Je me laissai tomber en arrière sur mes oreillers, mes mains pressant mon ventre. Ca me faisait toujours mal, mais moins que ces derniers jours tout de même. Je laissai un soupir bruyant s'échapper.
J'entendis alors des cris aigus venant d'une des pièces de la maison. Certainement Alice qui apprenait la nouvelle. Un nouveau soupir m'échappa quand j'imaginais la façon dont Alice allait sautillait partout dans ma chambre, en débitant toute sorte de chose à toute vitesse. Elle n'était même pas encore là, qu'elle me fatiguait déjà.
Esmée et Rosalie seraient sans doute attendries d'une telle annonce. Rosalie en viendrait aussi aux mêmes conclusions que moi et elle serait ravie de pouponner de nouveau. Il faudrait que je lui rappelle que pour avoir un enfant, il fallait être deux, et, pour l'instant, il n'y avait personne à côté de moi dans mon grand lit deux places.
La réaction de Leah, par contre, me terrifiait d'avance. Ma mère m'avait expliqué qu'elle n'avait plus eu de cycles menstruels depuis qu'elle se transformait en loup. Et Jacob m'avait avoué en pensée, sans le faire exprès, qu'elle lui avait elle-même confié qu'elle pensait être une impasse génétique. J'étais triste pour elle, même si elle ne m'adressait que rarement la parole lorsque nous nous croisions.
Carlisle et mon père seraient sans doute circonspects et ne pourraient s'empêcher de se poser mille et une questions.
J'avais peur que Jasper s'éloigne de moi, puisque c'était lui qui avait le plus de mal à gérer son attirance pour le sang.
Jacob et Seth seraient sans doute gênés. Je me demandais si je les mettrais au courant ou les laisserais deviner tout seul ce qui m'arrivait. Ce qui était sûr en tout cas, c'est que Jacob me poserait des questions si je ne disais rien. Je déglutis à cette pensée.
Et puis bien sûr, il y avait Emmet. Je tressaillis rien qu'à l'idée d'imaginer les piques qu'il pourrait me lancer dorénavant. Cependant, un fin sourire étira mes lèvres. Il ne pourrait plus m'appeler petite fille comme il en avait l'habitude. Je n'en étais plus une ! Ce surnom m'agaçait profondément, surtout quand il s'en servait au lycée devant tout le monde. Il n'y avait rien de pire et de plus humiliant.
La porte qui s'ouvrit me fit sortir de mes pensées. Je vis la tête d'Emmet passer par l'entrebâillement.
- Hey, je t'ai trouvé un nouveau surnom ! Petite femme ça t'ira ? S'exclama-t-il hilare.
- Emmet ! rugis-je. Sors de ma chambre, immédiatement !
Il claqua la porte avec force et je l'entendis éclater de rire en s'éloignant de ma chambre.
Et il était évident que cette différence ne passerait pas inaperçue, surtout au lycée.
Oh non !
J'espère que ça vous a plu. J'ai essayé d'introduire de l'humour avec Emmet, mais j'avoue que ce n'est pas mon fort lol.
Merci de laisser une petite review pour me donner votre avis.
N'hésitez pas aussi à me donner des idées sur d'autres moments de la vie de Nessie que vous auriez envie que j'écrive. Ne vous inquiétez, j'ai déjà pas mal d'idées sur le sujet, mais comme j'aime faire plaisir, je serai heureuse de vous contenter. :D
See you
Shiri
