Bonjour à toutes et à tous. N'ayant pas penser à le faire sur le premier chapitre, je tiens à préciser que bien évidemment, Remus Lupin et Sirius Black ne sont pas mes créations mais celles de J.K. Rowling. Je tiens à rappeler aussi que mon écriture est fortement inspirée par Kerouac. Ceci étant dit, vous aurez sûrement remarqué que le premier chapitre se faisait sous la narration de Remus, celui-ci cependant est narré par Sirius, ne soyez pas surpris. J'ai aussi terriblement conscience que mes chapitres sont ridiculement courts, et je m'en excuse. Je ne sais pas encore réellement où va cette histoire (quelque part j'espère en tout cas!). Si jamais vous avez déjà lu le premier chapitre et revenez pour lire celui-ci, j'espère sincèrement qu'il vous plaira et vous donnera envie de continuer, si vous découvrez juste cette fiction, j'espère tout autant que ces deux chapitres vous plaisent. Encore une fois, le meilleur moyen de savoir, c'est que vous me le disiez, toutes remarques sont les bienvenues. Bonne lecture.


Première partie : Chapitre 2

.

P.O.V. : Sirius

.

« Tu vas quelque part petit? »

C'était l'été 42, et je venais de lever les yeux sur un gamin de quoi.. dix-huit ans max ? J'étais assis tranquillement dans ma voiture (une Ford Anglia mon pote, une Ford Anglia bleue) à ne rien faire, je regardais les passants en somnolant à moitié. J'avais commencé le livre d'un ami, enfin, juste son ébauche. Le début était assez prometteur d'ailleurs, ça ressemblait bien à du Jacky tout craché. Ouais, Jack, Jack Kerouac. T'en as peut-être entendu parlé ? En tout cas, malgré le début prometteur, j'avais décidé de remettre ma lecture à plus tard. D'ailleurs c'est pas comme si j'étais pressé. Alors comme je te dis j'étais là, dans ma voiture, tu te demandes peut-être pourquoi j'avais une Ford Anglia à cette époque en Amérique. J'imagine que c'est juste des restes de mon orgueil anglais. Enfin en réalité, je ne suis pas vraiment anglais, moi je suis né en Amérique, la grande, la seule, l'unique pute intercontinentale (ou internationale un truc du genre) où tu te fais baisé tous les jours.

Même si je ne suis pas persuadé que les choses se passent mieux en Angleterre. Surtout pas à l'époque, puisque les Allemands faisaient littéralement pleuvoir leurs foutus bombes sur l'île sacrée. Donc comme je te disais il y a un instant, moi je suis né en Amérique, mais ça change rien au fait que je descend d'une sacrée lignée de Brits et qu'on m'a élevé comme un bon petit anglais. T'imagines bien qu'on se payait toujours ma tête à l'époque. Bon mais, je te fais attendre là. Pour la troisième fois, ou la quatrième peut-être, je vais te le dire, j'étais dans ma voiture et puis je l'ai aperçu. En soit il n'avait rien de particulier, juste un étudiant de plus, complètement paumé dans cette foutue grande ville. Mais il a quand même attiré mon attention, parce que bon sang, ce petit me faisait penser à moi quelques années plus tôt.

Laisses-moi être bien clair, des étudiants comme lui j'en vois tous les jours. D'ailleurs, physiquement il n'aurait pas pu moins me ressembler. Il était grand et mince, presque dégingandé, la peau trop pâle pour être vraiment Américain et des cheveux de la couleur la plus bizarre que j'ai jamais vue. Faute de meilleurs adjectifs, on a fini par décider (plus tard bien sûr) qu'il avait les cheveux fauve. Ça aurait presque pu être une fourrure. Tiens, quand tu m'entends dire ça, tu me trouves sûrement idiot, mais c'est pas grave. Tout ce que je veux dire c'est que ce petit là, me ressemblait pas du tout. Et pourtant. Pourtant si je l'ai appelé, c'est qu'il avait cette chose. Cet air je devrais dire. Celui que j'ai toujours cherché, et que je cherche toujours sur la face des gens.

Il avait l'air du type perdu, celui qui est pas à sa place, tu vois ? Non ? C'est le genre de type, que quand tu vois, même si tu vois le petit étudiant new-yorkais banal, t'as peur parce que derrière tu vois autre chose, comme un cri, comme un appel à l'exaltation, à la vie, la vie sauvage. Moi cet air je le recherche, parce que c'est celui qu'ont les personnes intéressantes. Et voilà que comme par hasard, ce petit là vient s'échouer sur mon chemin. Tu dois être d'accord avec moi quand j'te dis que franchement, je pouvais pas faire autre chose que dire : « Tu vas quelque part petit? ». Puis à ce moment là, il a levé la tête. Quelque part, j'ai pensé que quand même, pour un gamin de dix-huit ans max, il était assez grand. Puis j'ai croisé son regard.

Je sais pas trop ce qu'il a pensé à ce moment là, je crois qu'il était juste sincèrement surpris qu'on lui parle. Je crois qu'il était dans un autre monde et que je l'avais dérangé. En tout cas, il m'a regardé avec des yeux plus grands que des enjoliveurs, et du coup ça m'a fait rire. Même si il était grand (en taille je veux dire), il avait un regard trop innocent pour avoir plus de dix-sept ans. Ce que je me suis dit, c'est que malgré tout, il en avait sûrement dix-huit, mais qu'il avait peut-être grandi à la campagne, ou quelque chose comme ça. Ou dans une famille catholique. Mais bon, la réalité c'est que le meilleur moyen de savoir c'était de demander. Du coup j'ai dit : « Hé, t'as quel âge petit ? ».

À ce moment là, crois-le ou non, mais le petit fronce les sourcils, puis il lève le menton, me regarde droit dans les yeux d'un air défiant et me réponds : « Vingt ans. ». Paf, comme ça. Alors j'ai rigolé, parce que je trouvais sincèrement que ce gamin était drôle. Puis je l'ai testé, j'ai dit : « C'est bon petit, pas la peine de mentir, on va rien t'interdire parc'que t'es pas majeur. Dis toujours, t'as quel âge ? ». Et là, t'as le droit de pas me croire, parce que même moi sur le moment je ne l'ai pas cru, mais ses yeux se sont encore plus élargis. Puis il a haussé les sourcils, l'air vexé, il a presque pincé des lèvres c'était assez drôle à voir. Enfin jusqu'à ce qu'il tourne les talons et qu'il commence à partir. Je dois avouer que je me suis maudit intérieurement à ce moment là. Quoi, il fallait que je fasse semblant de croire que ce gosse avait vingt ans pour passer une soirée avec lui ? Si c'était que ça, je voulais bien faire le sacrifice. Pour plus d'emphase, je suis sorti de ma voiture. J'ai un peu claqué la porte, je savais qu'il se retournerait.

Maintenant que j'avais de nouveau son attention, il fallait la jouer fine. Je lui ai sourit et j'ai dit : « Hé, vingt ans, tu fais quelque chose ce soir ? ». Et là il a fait une tête tellement drôle qu'il m'a fallu toute la concentration du monde pour me retenir de rire. Pendant quelques précieuses secondes, j'ai même cru qu'il allait pondre un œuf. Ou ce genre de truc extraordinaire. Finalement il a fait signe que non, alors je lui ai dit de monter. J'aimerais pouvoir vous dire qu'à ces simples mots il s'est rué dans ma voiture et qu'on était parti pour une nuit de folie, mais ce ne serait pas vrai, et s'il y a bien une chose que je ne suis pas, c'est un menteur. En réalité, il a hésité pendant un moment, mais je savais qu'il finirait par venir parce que j'avais vu l'air sur son visage. Je crois qu'il avait un peu peur, et que encore une fois, il était sacrément surpris, et je dois bien lui accorder ça, c'était des réactions plutôt normales.

Comme je te le dis, il a fini par monter. J'avais oublié qu'il y avait le livre de Jack sur le siège passager. Sans plus de cérémonie, je lui ai dit qu'il pouvait bien le jeter à l'arrière. Désolé Jacky, mais une soirée palpitante m'attendait. D'ailleurs, je ne crois pas qu'il m'en veuille. Plus tard dans la soirée, quand j'ai appris qu'il s'appelait Remus Lupin, j'ai encore rit. Très sincèrement, vous avez déjà entendu un nom aussi drôle que Remus Lupin ? Ça semblait presque irréel, enfin ça, c'est une autre histoire.