Les personnages d'Arthur ne sont toujours pas à moi (pas même Tristan… snif, snif).
Voici donc le premier chapitre.
Dédicace spécial à Roselia001 qui a été la première à lire en exclusivité :D Merci de m'avoir dit ce que tu en pensais. Et merci de m'avoir permise de reprendre ton idée =3
Bonne lecture !
°o0o°
Chapitre 1 : Les jumelles
Avec un soupir de lassitude, je coupai le réveil d'une main lourde. Résignée, je repoussai mes couvertures et, à demi endormie, je sortis de la chaleur bienfaitrice de mon lit. Je sortis de ma chambre et aperçus vaguement ma sœur occupée à la cuisine tandis que je me dirigeais vers la salle de bain. Là, je pris une douche qui me réveilla totalement.
Après m'être habillée rapidement et simplement, je rejoignis ma sœur dans la cuisine. Dès le matin, elle se levait et était en forme. Je comprendrai jamais comme elle fait. Comment fait-elle pour préparer le petit-déjeuner à peine levée ? C'est bien une chose que je serai toujours incapable de faire. On va dire que je ne suis pas du matin…
- Bonjour, Aëlys ! me salua ma sœur, joviale.
- Salut… répondis-je, pas encore bien réveillée.
Ma sœur soupira.
- Ce qui est sûr, c'est que tu ne seras jamais du matin…
- Je suis d'accord avec toi, dis-je en étouffant un bâillement sonore. Comment tu fais ça… ?
- Fais quoi ? demanda ma sœur qui ne comprenait pas.
- Être aussi en forme dès le matin…
- Naturellement, me dit-elle en souriant.
Je répondis à son sourire. Oui, elle était naturellement joviale et en forme dès le matin. Moi, je suis plutôt de la nuit…
- Tu as l'air complètement sonnée, me fit remarquer ma sœur. Je suppose que tu as travaillé toute la nuit sur ton truc d'histoire ?
Je hochais la tête tandis qu'elle me mit une assiette couverte d'œufs devant moi.
Je suis étudiante en troisième année à l'université, dans la section historique. J'adore ça. L'histoire est quelque chose qui m'a toujours passionnée. Et j'aime surtout l'histoire de la Révolution française. Le Roi Soleil, la Fronde…
Ma sœur, elle, est dans un autre établissement, centrée sur la mode.
Car, même si nous étions jumelles, nous sommes différentes en tout point, niveau caractère. Alors que je suis studieuse et passionnée d'histoire, ma sœur, elle, n'a jamais vraiment aimé les études et préférait la mode aux cours. Alors que je suis timide et réservée, elle est ouverte et exubérante. Alors que je m'habille toujours le plus simplement possible, elle est toujours habillée coquettement et avec goût. Alors qu'elle laissait généralement ses longs cheveux roux bouclés pendre, moi, je les attachais continuellement.
Mais nous nous adorons. Nous vivons ensemble dans un petit studio que nos parents aident à financer. J'ai toujours pensé que c'était pour compenser leurs absences trop fréquentes.
Enfin bref. J'avalais prestement mon petit-déjeuner, n'écoutant que d'une oreille les recommandations de ma sœur sur le fait de faire des nuits blanches.
- Ça risque de ternir ton teint, termina-t-elle en buvant une gorgée de son thé.
Elle ne buvait rien d'autre car elle disait que le thé était meilleur pour la santé que le café ou un chocolat chaud…
Je relevais la tête de mon assiette.
- Je rêve ou tu viens de me parler de teint… ? fis-je, ahurie.
- Ben quoi ? dit-elle. Si tu n'en prends pas soin, il faut bien que quelqu'un le fasse à ta place, non ?
Je secouai la tête et me levai, après avoir mis mon assiette vide dans l'évier. J'allais préparer mon sac de cours et ma sœur fit pareil. Une fois que je fus prête, je l'attendis près de la porte d'entrée en la pressant de se dépêcher.
- Grouille-toi, Mélu ! dis-je. On risque d'être en retard !
- Oui, oui, j'arrive ! dit-elle.
Une autre chose que je ne comprenais pas : comment cela se fait-il qu'elle soit toujours en retard… alors qu'elle se lève carrément en même temps que le soleil… ? Cherchez la logique.
Finalement, elle me rejoignit et s'arrêta net en voyant ma tenue. Tiens, c'est étonnant qu'elle ne l'ait pas remarqué plus tôt…
- Tu vas vraiment porter ce pull informe ? s'horrifia-t-elle.
Elle fixait avec un dégoût non dissimulé mon large pull vert qui cachait mes formes. Je l'aimais bien, ce pull, même si c'est pas vraiment le genre de fringue à mettre lors d'un défilé de mode. Je me sens à l'aise dedans.
- Oui, il semblerait bien, dis-je en faisant mine de réfléchir.
- Mais, il est ignoble ! Il ne te met pas du tout en valeur ! protesta-t-elle.
- Bon, si on y allait, hein ? dis-je, coupant court à la conversation. J'ai pas envie d'arriver en retard donc tu te magnes les puces, ok ?
Elle fit la moue et, tout en secouant la tête, je pris mon sac de cours et la pochette de mon ordinateur portable.
- Allons-y, dis-je ne prenant les clés de la voiture.
Nos bâtiments de cours ne sont pas très éloignés l'un de l'autre. Mais ils sont pas près du tout de notre studio. Nous nous rendons là-bas en voiture. Ma sœur n'ayant pas réussi le permis, c'est moi qui joue au taxiwoman. Ça ne me dérange pas. Conduire me détend, j'avoue.
En quelques coups de volant et de freins, et quelques insultes envers les bananes qui conduisent comme des ânes, nous arrivâmes enfin à nos établissements. Mélusine partit directement vers son bâtiment en me faisant signe tandis que je me dirigeai vers le mien. J'arrivai en classe en même temps que le prof, que je saluai poliment.
Impatiente, je m'assis avec mes autres camarades et attendis. Aujourd'hui, nous allions recevoir nos sujets de thèse de fin d'année. Nous ne choisissons pas, ce sont les profs qui se mettent d'accord. Apparemment, les autres années, il y a eu des soucis entre les étudiants. Donc, nous avions chacun fait un desiderata avec nos sujets favoris et les profs répartissaient lesdits sujets.
Le prof, un homme à la petite quarantaine, nous salua et distribua les sujets.
J'étais dans les dernières, mon nom étant Winds. Aussi, je crus m'étouffer d'indignation quand j'entendis :
- Noémie Millers aura le thème de la Révolution française.
Le prof savait très bien que c'était mon sujet préféré, alors pourquoi le donnait-il à cette pétasse de Noémie ?
Je me tournai vers cette dernière qui me jeta un coup d'œil satisfait. Les élèves qui se trouvaient entre elle et moi baissèrent soudainement les yeux.
Je me détournai, furieuse. Cette conne avait sûrement dû écarter les cuisses, comme elle savait si bien le faire, pour avoir ce sujet. Et moi, avec quoi allais-je me retrouver… ? Car au fur et à mesure des noms, je voyais mes choix secondaires s'envoler.
- Aëlys Winds aura le thème d'Arthur et ses Chevaliers.
Un silence de mort s'abattit sur la classe.
Où donc ce vieux débile avait-il été pêché un tel sujet ? Pas dans ma liste de sujets préférés en tout cas !
- C'est une blague, professeur ? dis-je, brisant le silence incrédule de la classe.
Il releva la tête de sa feuille et me fixa avec un sourire narquois que je lui aurais bien fait ravalé à coup de poings (je suis ceinture noire de karaté car j'ai toujours trouvé important que les femmes sachent se défendre sans l'aide des hommes).
- Pourquoi serait-ce une blague ? demanda-t-il.
J'eus un sourire nerveux que je ne pus empêcher de sortir de ma gorge.
- Comment suis-je censée faire un travail d'histoire sur le sujet d'une légende ? demandai-je.
- Justement, dit-il. À vous d'expliquer d'où vient cette légende. Est-ce vraiment une légende ? Était-elle tirée de personnages ayant réellement existés ?
- Quoi ? dis-je.
- À vous de me le dire, dit-il.
Puis, il se détourna, oubliant mon existence, comme si je n'étais qu'un chewin-gum collé à sa chaussure. Il donna les consignes et je le fixai, espérant le voir brûler vif sous mes yeux.
Il nous laissa ensuite du temps pour aller travailler à la bibliothèque. En passant pour sortir de la classe, un garçon, à qui je n'avais jamais parlé et duquel je n'eus pas le temps de voir le visage, me souffla :
- Bonne chance !
Je ne répondis pas et pris mes affaires. Arrivée à la bibliothèque, je m'isolai et posai ma sacoche d'ordinateur et mon sac rempli de livres… sur la Révolution française…
- Aëlys ?
Je me tournai vers la provenance de cette voix horripilante. Noémie…
- Qu'est-ce que tu veux ? dis-je d'une voix sèche.
- Tu pourrais être aimable, s'offusqua Noémie.
- Si c'est de l'amabilité que tu es venue chercher auprès de moi, je peux dès lors te dire de faire demi-tour !
- En fait, je me demandais si t'aurais pas des livres sur la Révolution française ?
Et elle me narguait ouvertement en plus, la garce !
- Je préfèrerai encore arracher chaque page de mes livres, les déchirer en petits morceaux pour ensuite les jeter au feu plutôt que de les voir entre tes mains sur-manucurées, dis-je calmement.
Avec un sourire tout ce qu'il y a de plus narquois, elle se détourna. Je repris mes affaires et sortis, préférant ramener mes livres à la voiture plutôt que de les laisser à la portée de cette peste.
Je revins ensuite, juste armée de mon sac, vidé des livres que j'avais, et d'un bloc-notes.
Peut-être que le prof croyait que j'allais laisser ce sujet me démoraliser ? Et bien, c'est qu'il me connait pas, le coco ! Son travail sur les chevaliers, il l'aura, même si je ne suis pas fan du Moyen-âge. Je ne laisserai pas un vieux pervers couchant avec une étudiante me miner le moral ! Non mais, ils me prennent pour qui, ces deux imbéciles ?
J'allais chercher des livres sur le sujet qui m'intéressait tant… (ton ironique) et revins m'asseoir à ma table. J'ouvris mon bloc-notes et le livre, prête à prendre des notes concernant la "légende que je devais prouver qu'elle n'est peut-être pas une simple légende". Oui, bon, ce n'est pas très français, mais on se comprend.
Facile.
Les doigts dans le nez.
…
Nom de Dieu, comment je vais faire ? Pas que l'histoire du célèbre Arthur et sa table ronde de m'intéresse pas mais…
…
En fait, si, c'est ça. L'histoire d'Arthur et de sa table ronde entourée de chevaliers avides de guerre ne m'intéresse pas. Mais alors là, pas du tout !
Non, vraiment, le Moyen-âge, c'est pas pour moi ! Ils ne sont pas très civilisés à l'époque, quoi ! Ils pensaient qu'à guerroyer et faire des bâtards à droite et à gauche !
J'ouvris néanmoins un livre et tombai sur une représentation d'Arthur assis à une table ronde.
Je tournai les pages sans réelle grande motivation et passai beaucoup de temps à lire sur ce personnage que je ne connaissais pas du tout. J'aurais eu la Révolution française que j'aurais déjà commencé à rédiger ce maudit travail…
Je lus beaucoup et ne vis pas le temps passer. C'est quand mon estomac commença à crier famine que je me rendis compte qu'il était midi passé. Je pris les livres sous le bras, emportai mon sac sur l'épaule et allai auprès de la bibliothécaire pour louer tous les livres qui étaient nécessaires.
Je la remerciai et me dépêchai de rejoindre Mélusine qui m'attendait à la table de la terrasse du petit snack où nous mangions tous les jours. Elle se tourna vers moi dès mon arrivée.
- Te voilà enfin ! s'exclama-t-elle. Je me demandais si tu ne t'étais pas faite mangée par un des te livres.
- Désolée, j'étais à la bibli, je n'ai pas vu le temps passer…
- Mouais… dit-elle en faisant une moue. J'ai déjà commandé pour nous deux, ajouta-t-elle.
J'hochai la tête et posai ma pile de livres sur la table. Je n'avais pas pris le temps de les déposer dans la voiture, ne voulant pas accroître mon retard. Je vis les sourcils de ma sœur se froncer alors qu'elle lisait les titres des livres.
- C'est quoi, tout ça ? s'enquit-elle.
- C'est ce dont je vais avoir besoin pour réaliser ma thèse de fin d'année, expliquai-je.
Elle ouvrit de grands yeux.
- Arthur et ses chevaliers ? demanda-t-elle. T'étais pas fan de la Révolution française ?
- Si, répondis-je. Mais je n'ai pas eu droit au sujet. J'ai droit à ça, moi !
Ce disant, j'avais posé ma main sur les livres.
- Comment ça se fait ? s'étonna ma sœur. Tu disais encore hier que tu étais sûre d'avoir la Révolution comme thème car t'en avais parlé au prof…
- Mais il se trouve que Noémie a d'autres arguments, il semblerait, répliquai-je, encore dégoûtée de ce qui m'était arrivée.
- Comment ça ?
- Il se trouve que, pour réussir, j'utilise ma tête. Elle, elle écarte les cuisses…
- Oh…
À ce moment-là, on nous apporta notre dîner et je remerciai le serveur avec un sourire.
- Et ça va ? demanda Mélusine, une fois seules. Tu t'en sors ?
- Disons que je ne connais pas grand-chose sur le sujet, avouai-je. Le Moyen-âge n'est pas vraiment mon fort… Surtout qu'ils se contredisent dans les dates donc je ne sais pas quoi penser…
- Je ne vais pas te demander plus de détails, sinon je serai tellement perdue que tu ne me retrouveras pas !
J'eus un petit rire et nous mangeâmes notre assiette de pâtes.
- J'ai fini mes cours pour aujourd'hui, m'informa Mélusine en buvant une gorgée d'eau.
- Moi aussi, dis-je. J'ai appris que le prof de cet aprem était malade.
- Cool, on va pouvoir rentrer directement, dit ma sœur en souriant.
Je souris et terminai mon plat. Je vidai ensuite mon verre de coca sous l'œil désapprobateur de ma jumelle.
- Sais-tu combien il y a de sucres, là-dedans ? demanda-t-elle.
- Non, je ne sais pas, dis-je. Et je ne veux pas savoir, ajoutai-je, la voyant ouvrir la bouche.
Elle secoua la tête et je souris. Alors qu'après avoir payé, nous nous apprêtâmes à partir, mon portable se mit à vibrer dans ma poche. Je le sortis et fus surprise de voir l'expéditeur.
- C'est qui ? demanda Mélusine en voyant ma tête.
- Un de mes profs, dis-je. Je me demande ce qu'il veut…
J'ouvris le message et fus encore plus surprise.
- Il me demande de le rejoindre dans sa classe, dis-je, incrédule. Je me demande bien pourquoi…
- Peut-être qu'il veut abuser de toi ! dit théâtralement ma sœur.
- Tu as une de ces imaginations… dis-je en haussant un sourcil. Ce prof aurait presque l'âge d'être notre grand-père.
- Et alors, répliqua Mélusine. C'est ptet un vieux pervers !
Je soupirai.
- Je viens avec toi, dit-elle. Ainsi, s'il tente quelque chose, il aura droit à un coup de talons là où je pense !
- Arrête, tu risque d'abîmer tes Prada ! ironisai-je.
- Pas grave. On touche pas à ma sœur !
Je souris avec tendresse.
- Bon, on y va ? demanda-t-elle alors. Plus vite on aura envoyé ton prof paître, plus vite on rentrera !
Je ne répondis pas et pris mes affaires pour me rendre dans la classe du professeur. Arrivées devant le local, je fus celle qui frappait à la porte.
Celle-ci s'ouvrit presque immédiatement, comme si le prof avait attendu derrière celle-ci. Ma sœur eut un petit mouvement de recul que je comprenais bien. Quand on ne le connaissait pas, ce prof faisait un peu peur avec ses cheveux emmêlés et en bataille et ses yeux toujours grands ouverts.
- Ah ! dit-il en nous fixant de ses yeux bizarres. Je vous attendais !
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