Voici donc le second chapitre, un peu plus court, et cette fois du point de vue de Nico ! En espérant qu'il ne soit pas trop ennuyeux, haha... Le prochain chapitre sera de nouveau du POV de Percy, le suivant de Nico ; pour ce qui est de la suite, je ne sais pas si je continuerai cette alternance à chaque fois, mais en gros, c'est ça :)
Il y aurait également un ou deux chapitres pour Annabeth qui viendront plus tard !
Bonne lecture, et bonne journée à vous !
Nico n'aurait pas dû être agacé par l'expression soulagée de Percy. À peine avait-il évoqué Annabeth que le demi-dieu abordait un large sourire, les yeux brillants. Ses joues reprirent leurs couleurs, et son corps entier sembla se décontracter. Le fils des enfers s'était souvent demandé comment Percy réagirait s'il réapparaissait soudainement. La réponse avait été pour le moins décevante : il avait prit un air à la fois hébété et inquiet, qui donnait l'impression à Nico d'être une sorte d'être maléfique qui ne se montrait qu'en cas de crise.
En même temps, songea-t-il, c'est le cas la plupart du temps. Il avait songé quelques fois à rendre visite au demi-dieu, lorsqu'il était fatigué de vivre sous terre, mais s'était abstenu, pensant que ça ferait trop bizarre. Du coup, trois ans s'était écoulés depuis, et Nico aurait dix-sept ans dans quelques mois. Il avait sûrement changé, peut être pas tant que ça. Dès qu'il remontait à la surface, il avait l'impression que tout était plus lumineux que la fois dernière. Ses sens étaient sollicités de partout, ça lui donnait le tournis.
Percy, quant à lui, n'avait pas beaucoup changé. Il était légèrement plus grand, ses épaules s'étaient élargies et il semblait plus sûr de lui qu'il y a trois ans, mais il restait la personne que Nico avait presque vénérée, détestée, respectée et aimée. La même odeur d'océan se dégageait de lui ; son aura rassurante donna l'impression à Nico d'être plus vivant qu'il ne l'avait été ses dernières années.
—Donc Annabeth est ici ? se renseigna l'autre. Elle va bien ? Comment se sont passées les choses avec, euh… Sa mère, finit-il en regardant les deux petites filles qui marchaient quelques mètres devant eux.
—Euh… Commença Nico, sortant de ses pensées, la mère d'Annabeth… Oui, elle va bien. On a un petit problème à régler mais c'est pas grand chose.
—Un petit problème ? Percy le regarda, suspect. De quel genre ? J'espère que c'est pas, genre… Juste sauver le monde ?
Il avait baissé la voix pour ne pas éveiller des soupçons autour de lui, mais cela lui donna l'air d'une sorte de dealeur de drogue.
—Non, rétorqua Nico, rien de très intéressant. Juste une requête d'un Dieu mineur. Mais je doute que ça soit le meilleur endroit pour en parler.
Il se rendit compte que ses yeux lançaient des éclairs. Il ne voulait pas adopter d'attitude hostile, mais ne pouvait s'empêcher d'être sur la défensive.
Ne me dis pas que tu es jaloux d'Annabeth. C'est ridicule.
Et cette satanée pluie n'arrangeait rien. Les files gouttes de pluie glissaient sur ses cheveux, les rendant tout raides et emmêlés. Il aurait bien aimé avoir une barrette pour dégager son front, mais l'idée lui semblait très mauvaise, surtout devant Percy.
Nico maudissait son être stupide, le mauvais temps, et surtout l'effet que lui faisait le jeune homme qui marchait près de lui. Dès qu'il posait un pied par terre, de l'eau rentrait dans sa chaussure, faisant un bruit de « flop flop » assez gênant. Ses vieilles baskets n'étaient peut être pas la tenue idéale pour avoir l'air cool. Le jean troué et le t-shirt noir trop grand non plus d'ailleurs. Le seul vêtement que Nico affectionnait était sa veste d'aviateur. Elle lui rappelait son ancienne vie, dans les années quarante, avant que sa mère ne meure et qu'il se retrouve au Casino Lotus pendant plus de soixante-dix ans, avec sa soeur Bianca.
—Et sinon, ça va ? Je veux dire, les Enfers, tout ça…
Nico soupira.
—Ouais, c'est… Cool, répondit-il.
Même lui se rendait compte qu'il prenait un ton lugubre. Ça n'était pas voulu, mais l'adolescent n'y pouvait rien. Socialiser ? Disons que ce mot ne faisait pas vraiment partie de son vocabulaire. Il se mordit la lèvre.
J'ai l'air d'un parfait idiot.
En plus, le temps qu'il passait sous terre n'était pas si « cool » que ça. La plupart du temps, il s'ennuyait à mourir ; il remontait régulièrement à la surface pour communiquer avec d'autres mortels, souvent sur la demande d'Hadès, mais il n'avait pas réellement d'amis. Au final, Percy comptait surement parmi ses seuls amis, et il ne l'avait pas revu depuis trois ans. Et puis il aurait bien aimé que l'autre demi-dieu soit plus qu'un ami pour lui. C'était peine perdue, les deux garçons étaient loin d'être proches, Percy connaissait beaucoup de monde comparé à lui. Peut être était-il dans sa liste de « connaissances » ?
Plongé dans ses pensées, Nico ne remarqua même pas qu'ils étaient arrivés à l'emplacement. Alors que tout le monde s'arrêta, il continua de marcher droit devant en fixant les ondes formées par la pluie qui tombait au sol. Les deux soeurs durent agripper les mains de Nico, chacune de leur côté.
—Euh, monsieur tout noir, tu vas trop loin ! Dit l'une d'entre elle avec un petit rire.
Il haussa les épaules et laissa échapper un « ah ouais…. ». L'autre fillette lâcha sa main, alors que celle qui avait parlé restait accrochée à lui.
—Tu pèses combien ? Demanda-t-elle.
Nico l'ignora et alla s'abriter sous le haut-vent. Enfin il pouvait éviter cette pluie insupportable ! Il regarda autour de lui ; apparement, Annabeth n'était pas encore arrivée. Les soeurs étaient aussi soulagées de pouvoir s'abriter. Il entendit l'une d'elle prétendre qu'elle aurait mieux fait de rester en maillot de bain sous la pluie, alors que Percy lui faisait remarquer qu'elle aurait attrapé un rhume. Il les observa plus attentivement. Elles faisaient à peu près la même taille, mais celle qui n'arrêtait pas de rire était un peu plus forte. Son visage était rond et doté de joues colorées. Ses petites dents blanches étaient visibles à peu près tout le temps : quand elle ne riait pas, elle criait, enfin bref, ouvrait toujours la bouche. Ses petits yeux en amande, couleur chocolat, lançaient des éclats de bonne humeur. À coté d'elle, sa soeur (Nico croyait qu'elle s'appelait Cathy, mais n'était pas sûr) dégageait une aura plus calme et studieuse. Elle avait les épaules moins carrées et un visage plus allongé, mais possédait la même chevelure blonde qui tombait en cascade sur ses épaules. Elle avait l'air bien plus responsable que l'autre, moins agaçante.
Nico se tourna vers l'autre jeune homme.
—Annabeth ne devrait pas tarder, dit-il. À vrai dire, nous cherchions ton emplacement chacun de notre côté, elle est surement allée à l'accueil pour demander.
C'était bien sûr l'idée la plus pertinente pour le retrouver, mais dès qu'il avait vu la piscine sur la large pancarte qui devançait l'accueil, Nico avait eu l'intuition que Percy serait là. En même temps, c'était stupide, et Nico ne pensait pas que le fils des océans passait son temps dans l'eau, mais il avait voulu vérifier, ne serait-ce que pour avoir une chance de le trouver avant Annabeth.
—C'est qui Annabeth ? Demanda la plus sage des soeurs blondes.
—C'est ton amoureuse ? Renchérit l'autre, Tu avait l'air tout content quant le monsieur a dit qu'elle était là !
Percy lui ébouriffa les cheveux.
—Ouais, dit-il, c'est ma copine. Elle est un peu comme Cathy, je pense que vous vous entendrez bien !
Son nom était donc bien Cathy. La petite regarda Percy avec intérêt et hocha la tête. Peut être pensait-elle qu'il y avait trop d'idiots ici pour elle. Sa soeur (Carrie, donc), tenta se s'agripper une nouvelle fois à la veste de Nico. Il essaya de l'éviter et grogna. Alors qu'il tentait de se débattre avec la fillette, il remarqua que Percy s'était retourné et regardait dans l'allée.
—Annabeth ! S'écria-t-il.
Et il couru vers elle, la prit dans ses bras, l'embrassa. Nico retint son souffle et détourna la yeux. À côté de lui, Carrie soufflait « Whouuuh les amoureux ! »
Une fois Annabeth parmi eux, Percy fit remarquer qu'il avait les clés du mobile-home, et qu'ils n'avaient plus besoin d'attendre dehors. Nico grimaça et fit remarquer « tu aurais pu le dire plus tôt » alors que Percy haussait les épaules. Ils laissèrent les deux petites devant la télé, et entrèrent dans la chambre du demi-dieu. À vrai dire, Nico aurait préféré parler dans le salon, mais il avait peur que Carrie fasse une crise si elle n'avait pas son émission préférée. Du coup, ils se retrouvaient à trois, en tailleur sur « le lit » de Percy. La chambre était toute petite, et toute simple. Les murs étaient blancs, nus, et semblaient fragiles comme ceux d'un château de cartes. Nico se demanda comment le mobile-home pouvait résister, ne serait-ce qu'au vent.
Face à lui, Percy et Annabeth étaient collés l'un à l'autre, et parlaient joyeusement. Quand Nico en eu assez de voir l'adolescent aux yeux océan faire son show man, il s'éclaircit la gorge.
—Nous devons… Parler de ce qu'il s'est passé ses derniers jours.
Annabeth adopta immédiatement une pose plus sérieuse, et se redressa en s'éloignant un peu de Percy (qui ne semblait pas vraiment apprécier). Nico comprit qu'elle voulait prendre la parole d'abord.
—Oui, continua-t-elle, Je suis arrivée à la Colonie après notre dernière discussion, et j'ai pu parler à ma mère. Apparemment, la Terre s'agite et des armées de monstres se forment à nouveau, et j'ai cru comprendre que les Dieux étaient tous très occuper à garder un contrôle sur tous les Dieux mineurs.
—Exactement, affirma Nico, étant donné que beaucoup de monstres ont été tués il y a peu de temps (il jeta un coup d'oeil à Percy, qui en avait lui-même tué un paquet), beaucoup se reforment en même temps et finissent par se réunir. Pour l'instant, rien de gravee tant que les Dieux restent unis. Mon père a confirmé que ce genre de phénomène était normal, mais compliqué à gérer. Du coup, à l'Olympe, tout le monde est assez occupé.
—Ma mère m'a donc demandé de se rendre près du Dieu des vents, Éole, reprit la blonde. Il avait déjà formulé de nombreuses plaintes auprès des Dieux de l'Olympe, j'ai voulu le rencontrer, mais…
Elle prit un air déçu. Nico la comprenait, à sa place, il aurait été aussi irrité qu'elle.
—… Il était vexé que les Dieux l'ignorent et envoient une simple fille d'Athéna lui répondre, termina-t-elle.
Percy haussa un sourcil.
—Quoi ? Annabeth Chase vient l'aider, et ce mec n'est pas satisfait ?
Elle rit, et le poussa sur le côté.
—Ouais, cervelle d'algues, je n'étais pas assez bien pour lui. Il commençait à s'énerver, prétendant que les Dieux se fichaient de lui, que pourtant ses vents lui apportaient beaucoup de choses qui pourraient leur être utiles, bref, j'ai insisté mais il était obstiné… (Elle se tourna vers le plus jeune des trois) Puis Nico est apparu.
L'autre garçon eu l'air contrarié, comme si l'idée que Nico puisse arriver pour l'aider était bizarre.
Bon, ok, accepta le jeune garçon. Je ne suis pas réputé comme était un type sociable, mais sortir de nulle part, ça m'arrive, non ?
—Oh, dit finalement Percy avec un sourire narquois, donc Nico est arrivé en mode prince charmant et-
—Percy ! Interrompirent les deux autres à l'unisson.
—Hey ! Je rigolais !
—Bref, Nico est venu et a assuré le Dieu que son cas était assez important pour que Hadès lui-même s'en préoccupe, et qu'il était là sur sa demande. Éole a donc accepté de nous parler.
—Et donc, demanda son petit-ami, quoi de neuf ?
—Bah… Annabeth eu l'air gêné. Rien, justement.
—Pardon ?
—En fait, il a dit que le vent lui apportait de moins en moins de messages, qu'il avait l'impression qu'il… Se contentait de passer et revenait changé.
—Et c'est pas une bonne nouvelle ? Sous les regards inquiets des deux autres, Percy exposa son argument. Je veux dire, si le vent n'a rien à apporter, c'est peut être tout simplement que rien de grave n'arrive.
—C'est plus compliqué que ça, répondit Nico, je veux dire… Le vent a toujours des choses à dire. Mais là, rien, comme si il n'avait pas voyagé. Éole a même dit qu'il avait l'impression de perdre son contrôle dans quelques régions, mais que le vent revenait toujours, comme si de rien n'était…
Annabeth opina, le visage sérieux.
—… Comme s'il était contrôlé par quelque chose d'autre, puis rendu à son maître.
Nico n'aimait pas cela. Lorsque les Dieux n'avaient pas le contrôle sur leurs éléments, ça se terminait souvent assez mal.
—J'ai parlé à mon père, et d'autres Dieux mineurs ont affirmer avoir du mal à étendre leurs pouvoir dans un petit nombre de régions. Même Zeus a eu un problème euh… Il a involontairement invoqué des pluies d'acides ou je ne sais quoi… Pas loin d'ici, je crois, termina-t-il dans un souffle.
—Ne me dites pas, interrompit le fils de Poséidon, que cet endroit est touché par une sorte de malédiction, ou abrite un monstre…
Nico haussa les épaules. Quoi que soit le problème, il était trop important pour être ignoré. Peut être que cet endroit était juste difficile d'accès pour les Dieux, ou peut être que quelque chose de terrible s'y préparait, on ne pouvait pas prévoir ce qui allait arriver.
—Je pense, articula calmement Annabeth, que tu n'es pas arrivé ici par coïncidence. Le Dieu des Vents à décrit cette région comme la plus mystérieuse. Peut être que tu as été attiré ici pour une raison précise.
Le jeune homme était d'accord. Il doutait que Percy se retrouvait dans un tel endroit par pur hasard. Lui-même, ces derniers mois, se souvenait avoir entendu parler de la Bretagne. Que ce soit dans les pubs, en discutant avec des morts, ou autre, il avait l'impression que le sujet revenait tout le temps et que quelque chose voulait le pousser à s'y rendre. Sa rencontre avec son père avait confirmé ses craintes.
Et comme un idiot, je fonce droit dans la gueule du loup.
Il chassa cette pensée. Pour rien au monde il ne voulait un autre conflit à l'Olympe ; en plus, Percy pourrait également être en danger. Penser à l'adolescent l'agaça. Il était hors de portée pour lui, et déjà en couple. Nico devait se concentrer sur leur « quête », et éviter de penser au jeune homme, même s'il ne pouvait s'en empêcher.
Percy enchaîna en parlant de l'incident de la piscine ; les fameux korrigans qu'ils avaient aperçus sous l'effet de la Brume.
—C'est étrange, avait remarqué Annabeth, la Brume existe dans le but de cacher les monstres aux commun des mortels… En plus, je pense que ce genre de cas est assez fréquent par ici…
La discussion se terminait, alors que la nuit prenait lentement place. Nico regarda par la petite fenêtre de la chambre le ciel se couvrir de noir, soulagé. Il aimait la nuit, quand l'agitation disparaissait, laissant place au calme et à la solitude.
Lorsque les trois adolescents sortirent de la chambre, Sally les attendait. Nico s'avança, un peu gêné de ne pas avoir pu la saluer plus tôt alors qu'elle les abritait tous. Mais la mère de Percy secoua la tête et leur sourit ; elle semblait heureuse que les amis de Percy puissent le rejoindre. Elle ne semblait pas se douter de la raison de leur visite, mais Nico jugeait qu'il était plus sage de la laisser croire qu'ils venaient simplement passer du temps avec Percy, il ne voulait surtout pas l'inquiéter, et un bref échange de regards avec Percy lui confirma que celui-ci non plus n'était pas pour tout lui expliquer.
Le problème de la répartition des chambres se posa. Il y avait actuellement trois chambres : celle de Sally, qui avait le lit double ; celle de Percy, et une autre voisine qui était identique. Nico s'agita, mal à l'aise. Il laissa Percy et Annabeth dans la chambre du jeune homme, et alla s'asseoir sur son lit. Comme Percy, il avait tenté de regrouper les deux lits étroits, mais dormant dans un duvet, il finissait toujours par se retrouver entre les deux matelas. Il entendit les voix étouffées de Percy et Annabeth venant de droite, puis des rires, et grogna. Il aurait bien aimé avoir un casque pour écouter de la musique pour s'endormir paisiblement. L'idée qu'un couple de dix-neuf ans se trouvait dans la chambre d'à côté l'irritait, mais les deux autres eurent la décence de ne rien faire de bruyant, au grand bonheur du jeune demi-dieu. Il était du genre à se réveiller au moindre bruissement.
Mais rien ne vint le troubler, et il finit par s'endormir, lové contre son oreiller, essayant de penser à autre chose que Percy Jackson.
