Et voilà la deuxième et dernière partie de cette fic, j'espère qu'elle ne vous décevra pas trop et que vous prendrez du plaisir à cette lecture.
Merci beaucoup à toutes celles (et ceux ?) qui ont pris le temps de mettre la fic dans leurs favoris ou de laisser un commentaire.
Chapitre 2
Une fête battait son plein au Terrier pour célébrer les fiançailles de Ron Weasley et Hermione Granger. Toute la famille de rouquins avait été choquée que la jeune femme n'ait pas répondu affirmativement tout de suite. Mais comme elle avait fini par dire oui, ils s'étaient montrés magnanime envers cette pauvre Hermione qui avait dû être tellement émue qu'elle n'avait pas su comment réagir, évidemment.
La principale concernée, elle, se sentait plus étouffée que d'humeur festive. A peine une quinzaine de jours plus tôt, elle avait failli embrasser un autre homme et elle n'arrêtait pas d'y penser. Prétextant avoir la tête qui tourne à cause de l'alcool, elle était allée prendre l'air à l'extérieur. Son meilleur ami ayant remarqué qu'elle n'avait pas touché à son verre de la soirée ne tarda pas à la rejoindre.
« Ça va ? lui demanda-t-il en s'asseyant à ses côtés sur les marches du perron.
-Bien sûr. J'ai juste un peu abusé du vin. L'émotion, tu vois… »
Le jeune homme hocha la tête même s'il n'était pas dupe du mensonge.
« Je voulais te demander pardon, j'aurais dû le faire avant, sans doute, mais c'est le genre de situation qu'on repousse en se trouvant de fausses excuses mais aujourd'hui, il est plus que temps.
-Je ne suis pas sûre de comprendre ce que tu me racontes Harry, avoua Hermione plus que perplexe.
-Je m'excuse… Je te demande pardon d'avoir été un si piètre ami.
-Harry…
-Non, laisse-moi finir. Tu as toujours été là. Toujours vraiment ! En quatrième année quand tout le monde m'a tourné le dos, tu n'as pas cru que j'avais mis mon nom dans la coupe. Et je ne parle même pas de la chasse aux Horcruxes…. Je n'aurai pas assez de mes dix doigts pour compter toutes les fois où tu as été là pour moi. Même dans les pires moments. Et je me suis rendu compte que je n'avais pas toujours été des plus reconnaissants… J'ai même parfois été carrément injuste envers toi.
-Ce n'est pas grave, le rassura-t-elle.
-Si, c'est grave. Parce que je n'aurais pas dû attendre aussi longtemps pour te rendre la pareille, pour être vraiment un bon ami pour toi. »
Hermione dévisagea son ami, de plus en plus perdue. C'était vrai qu'il s'était montré injuste avec elle, parfois. Mais ils étaient des adolescents pris dans une guerre qui les dépassait. Elle ne lui en voulait pas.
« Je t'aime Hermione… Pas comme j'aime Ginny, évidemment s'empressa-t-il de rajouter. Tu comptes énormément pour moi et je tiens à te savoir heureuse… Et … Et je sais que tu ne le seras jamais totalement avec Ron. Et tu le sais aussi, sinon tu n'aurais pas eu besoin d'autant de temps pour répondre. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi tu as accepté. Par loyauté ? Pour ne pas le blesser ? Mais qui s'inquiète de ne pas te blesser toi ? De ton bonheur ?
-Les Weasley, commença-t-elle d'une voix pleine de sanglots. Depuis que mes parents sont… partis, ils ont été ma famille.
-Alors c'est ça ? Par reconnaissance envers eux, tu vas épouser leur fils ? »
La jeune sorcière baissa la tête honteuse. Oui, elle admettait qu'il y avait de ça. Son affection pour Ron ressemblait à celle qu'elle éprouvait pour Harry. A 18 ans que savait-elle vraiment des sentiments ? Et ensuite, comment aurait-elle pu partir alors qu'en dehors de Harry, son univers était envahi de têtes rousses ? Enfin, en dehors de Harry et de son ancien professeur… Mais Harry était marié à Ginny alors il était presque un Weasley aussi.
« Hermione, reprit Harry, tu te souviens pourquoi tu as embrassé Ron la première fois ?
-Parce que j'avais des sentiments pour lui… »
Il lui lança un regard qui signifiait clairement « Tu veux vraiment me faire croire ça ? »
« Parce qu'il s'est soucié des elfes de maison, reconnu Hermione. Mais je l'aimais vraiment ! Je le croyais… Toi à Poudlard, tu as rencontré l'amour de ta vie et…
-Et toi, non. Dans un mauvais film moldu, votre histoire serait une amourette de lycée sans avenir.
-C'est trop tar Harry. Je ne peux pas lui faire ça. Je ne peux pas leur faire ça.
-Comme tu veux, capitula Harry. Mais il n'est pas trop tard. Il n'est jamais trop tard. Jamais. »
La conversation s'était arrêtée là mais il avait gardé l'espoir qu'elle n'aille pas jusqu'au bout. Il avait été heureux qu'elle parte, même s'il avait perdu sa meilleure amie. Et qu'il estimait qu'elle aurait quand même pu choisir un meilleur jour pour tout abandonner.
HGSR
Harry rentrait chez lui après une longue journée de travail et il fut déçu de trouver une maison vide. Sa femme et son fils avaient passé la journée avec Molly et Fleur, il pouvait parier qu'elles n'avaient pas vu le temps passer. Il allait probablement passer la soirée tout seul.
Sauf qu'en rentrant dans sa chambre, il remarqua immédiatement que la bougie sur sa table de chevet était allumée. Ce n'était pas un simple objet de décoration. Il avait plus d'un an à la concevoir, demande de l'aide discrètement, sans trop en révéler sur ses intentions, surtout à sa famille.
Quand Hermione avait disparu, les Weasley et lui-même l'avaient cherchée mais devant le peu de résultats obtenus, il était vite apparu que la jeune femme était entourée de sortilèges de protection. Et même de très haut niveau d'après Arthur.
Harry avait créé cette bougie en désespoir de cause. L'inquiétude des Weasley avait laissé place à la colère mais le jeune homme n'avait pu renoncer. Il espérait qu'un jour, pour une raison qu'il ne pouvait imaginer, les sortilèges de protection seraient levés. Et ce jour-là, il serait prêt. Si la bougie s'allumait, il n'aurait qu'à souffler la flamme pour se retrouver auprès de son amie.
Ce jour-là était arrivé.
Il n'hésita qu'une seule seconde. En moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, Il avait récupéré sa cape d'invisibilité, ne sachant pas où il allait atterrir et il tenait la bougie entre ses mains tremblantes. Sans réfléchir plus longtemps, il souffla sur la flamme.
Une sensation étrange, une perte d'équilibre. Tout se stabilisa rapidement.
De ce qu'il pouvait voir, il se trouvait dans un hôpital moldu, en face d'une chambre à la porte fermée.
Hermione était-elle vraiment là ? Et dans quel état ? Malade ? Blessée ? N'allait-il la retrouver que pour la perdre à nouveau ?
Le couloir étant désert, il retira sa cape d'invisibilité et la dissimula ainsi que sa baguette. Il s'apprêtait à toquer à la porte lorsque celle-ci s'ouvrit. Il se retrouva nez à nez avec la dernière personne au monde à qui il aurait pu penser.
« Professeur Rogue ?
-Je ne suis plus professeur, répondit ce dernier avant de refermer la porte. »
HGRS
Installée confortablement dans son lit, Hermione se reposait après sa journée éprouvante. Enfoncée dans ses coussins, elle attendait que Severus revienne avec le thé qu'elle lui avait demandé. Son attente fut de courte durée, vu que l'homme revint à peine quelques secondes plus tard sans même être sorti de la chambre. Dès qu'elle vit son visage fermé, elle sut qu'il y avait un problème.
« Tu te souviens que je t'avais dit que c'était une mauvaise idée de lever les sortilèges de protection ? commença-t-il.
-Oui et je me souviens aussi qu'on a décidé que c'était plus prudent vu que j'allais être entre les mains de médecins moldus et que ça risquait de perturber les traitements non magiques.
-j'en conviens… C'était juste pour te prévenir que Potter attendait devant la porte de la chambre. »
La jeune femme écarquilla les yeux sous le coup de la surprise et murmura pour elle-même :
« Harry… »
Son compagnon la dévisagea quelques secondes avant de pousser un soupir de résignation et d'aller ouvrir à leur visiteur inattendu et indésirable selon Severus.
Harry était pétrifié après le bref mais intense échange avec son ancien professeur. Apparemment sa bougie ne marchait vraiment pas. Au lieu de sa meilleure amie, il avait trouvé une personne qu'il croyait morte. Ou peut-être qu'il était mort ? Il était sur le point de s'en aller quand la porte s'ouvrit à nouveau, sauf que cette fois, Rogue lui fit signe d'entrer. Hésitant et pas vraiment rassuré, tremblant comme une première année de Poudlard, le jeune homme entra dans la chambre, se préparant au pire.
Finalement, son sortilège fonctionnait ! Elle était là, dans un lit d'hôpital, certes mais elle semblait aller bien. Oubliant Rogue, il se précipita au chevet de sa meilleure amie.
« Par la barbe de Merlin ! Tu es vraiment là ! Pourquoi tu es à l'hôpital ? »
Il avait envie de la prendre dans ses bras mais la présence de son ancien professeur, qui aurait dû être mort, le mettait mal à l'aise.
Pour toute réponse, Hermione fit un signe de tête vers un berceau que le jeune homme n'avait pas remarqué. S'y trouvait un nouveau-né qui dormait profondément et qu'un bracelet identifiait comme Kiara Rogue. Il fallut quelques secondes à Harry pour mettre les pièces du puzzle en place. Et quand il comprit enfin, un fou rire s'empara de lui qu'il eut bien du mal à calmer.
« Je n'aurai jamais cru dire ça mais…. C'est assez logique en fin de compte !
-Logique ? demanda Severus.
-Vous êtes vraiment faits pour être ensemble, je trouve. Quand on y réfléchit bien, c'est presque évident. Sauf que forcément, vu que vous étiez censé être mort… »
Il regarda le couple dans l'attente d'explications. Rogue se contenta de hausser les épaules et de prendre dans ses bras sa fille qui s'agitait dans son berceau. Il s'installa ensuite dans un des fauteuils de la chambre, faisant clairement comprendre à Hermione qu'il ne comptait pas se justifier devant Potter. Alors la jeune femme fit signe à Harry de s'assoir près d'elle et lui raconta tout. Du jour qui avait vu s'éteindre Voldemort jusqu'à celui où elle s'était enfuie avec Severus.
« Ouaw, fut tout ce que Harry fut capable de dire.
-Tu vas le dire à… Enfin, aux… demanda la jeune maman inquiète.
-Non, répondit aussitôt son ami. Je ne pense pas que ça serait une bonne idée. Au Terrier, tu es celle-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. »
Les deux anciens Gryffondor ne purent retenir un rire à cette remarque.
Puis il fallut reprendre contact avec la réalité.
« Non ne nous reverrons donc plus… »
C'était une constatation déchirante mais inévitable. Harry avait épousé Ginny et avec elle toute la famille Weasley. Hermione était la mauvaise fille qui avait abandonné Ron devant l'autel. Ils n'avaient plus l'âge des rendez-vous secrets même sans romance.
« On pourrait s'écrire… de manière moldue, proposa Hermione d'une petite voix. »
Ce n'était pas une solution idéale, loin de là mais il leur fallait quelque chose pour apaiser leur peine à l'idée d'une nouvelle séparation. Une séparation bien définitive cette fois. Elle lui donna son adresse et il promit de lui écrire dès qu'il aurait ouvert une boîte postale où elle pourrait lui répondre.
Une très longue étreinte plus tard, Harry transplana, espérant être de retour chez lui avant sa femme. Lui cacher qu'il avait retrouvé Hermione était une chose, lui mentir pour justifier son absence serait bien plus dur pour lui. La chance lui sourit et il rentra dans une maison vide. Ce soir-là, Harry s'endormit avec le cœur plus léger.
HGSR
Severus avait tressailli en voyant le Survivant enlacer la mère de son enfant. Il mordit discrètement sa langue pour se retenir d'envoyer une remarque acide au jeune homme. Il se devait d'avoir confiance en sa compagne, elle avaittout abandonné pour lui. Cela n'empêchait pas les angoisses. Après toutes ces années, il continuait de craindre qu'elle puisse un jour le quitter. Mais il ne le montrait pas. Il ne le montrait plus. Plus depuis une dispute qui avait failli leur être fatale, du moins le croyait-il.
Cela était de sa faute, évidement, il en était convaincu. Cela avait commencé comme n'importe quelle dispute de couple, pour un détail, une broutille, sans intérêt jusqu'à ce que le ton monte. Et il avait lâché la phrase de trop.
« Si tu n'es pas satisfaite, rien ne t'empêche de retourner te jeter dans les bras de Weasley ! »
Il regretta ses paroles avant même d'avoir fini de les prononcer, il sut qu'il venait de faire une monstrueuse connerie. Voilà, elle allait partir, avec sa bénédiction qui plus est !
Il ferma les yeux, prêt à affronter la tempête qui allait se déchainer sur lui et qui serait amplement méritée. Mais au lieu des cris, il ne reçut qu'une étreinte de la part de Hermione. Il avait dans ses bras une jeune femme en larme et tremblante.
« Ne… Ne t'avise plus… Plus jamais une horreur pareille ! Plus jamais ! »
Sa voix était entrecoupée par des sanglots qu'elle n'arrivait pas à maitriser.
« Traite-moi de ce que tu veux, dis-moi de partir si tu ne me supporte plus mais ne doute jamais … Jamais de moi ! Ne doute jamais que je veux être ici. Ici avec toi…. Avec toi et ton sale caractère de maudit Serpentard ! »
Severus n'osait croire à sa chance, quelques instants plus tôt, il voyait déjà son bonheur réduit en miettes par sa faute. Pourtant, déjà un sourire renaissait sur ses lèvres, hésitant et angoissé mais un sourire quand même.
« Je savais ce que je faisais quand j'ai décidé de te suivre, continua Hermione. Oui c'était sur un coup de tête mais jamais, jamais tu m'entends, jamais je n'ai eu le moindre regret à ce sujet… Je t'aime. »
Ce soir-là, Severus se promit de ne plus douter de Hermione… Ou au moins d'essayer de ne pas lui montrer quand il se mettait à paniquer.
Ce soir-là, Kiara fut conçue entre deux êtres follement épris l'un de l'autre.
Dans la chambre d'hôpital, sa fille endormie dans ses bras, Severus se leva et vient s'assoir sur le bord du lit où Hermione vint immédiatement se blottir contre son épaule. Entouré de sa famille, l'ancien directeur des Serpentard réalisa qu'il était bel et bien heureux. Simplement heureux.
Fin
Et voilà, c'est fini, je pense que certaines (certains ?) auraient voulu plus de moment de la vie de Severus et Hermione mais dîtes vous que tout va bien et que du coup, il n'y a pas grand-chose à en dire.
Au plaisir de vous recroiser sur une autre fanfiction.
