Me revoilà avec un nouveau chapitre. Je remercie tous ceux qui suivent l'histoire et/ou qui l'ont mise en favori/follow. N'hésitez pas à laisser un commentaire. Enjoy =)

Chapitre 1

Elle l'avait veillé jusque tard dans la nuit. Elle s'était endormie, la tête sur ses bras, posée sur la table où se trouvait la Commandante. Même si Lexa était tiré d'affaire, elle voulait être là pour la jeune femme. Marcus était venu déposer une couverture sur ses épaules, Abby étant occupée à traiter une histoire de sépulture pour Pike. Un vote avait été fait et elle était redevenue la Chancelière.


Quand elle se réveilla au petit matin, elle posa ses yeux sur la blessée. Cette dernière dormait encore, toujours groggy par les médicaments. Et puis, avec les récents événements, Lexa ne s'était pas vraiment reposée. Ni elle d'ailleurs. Elle se demanda alors combien de temps elle avait pu dormir. Elle s'étira et décida alors de sortir, histoire de se dégourdir les jambes.

Dehors, le soleil pointait tout doucement le bout de son nez. Elle aimait ce genre de moment. Quand tout était encore calme. Ses amis dormaient encore, ainsi que tous ceux qu'elle connaissait. Elle respira un bon coup et ferma les yeux. C'était un moment où elle pouvait se permettre de prendre du temps pour elle, même si ce n'était que deux minutes.

Un pur bonheur.

Et puis, elle pouvait se préparer à parer tous types d'événements. Positifs comme négatifs. Quand on les avait envoyé sur Terre, il y a quelques semaines, elle n'aurait jamais pensé vivre autant de malheurs ni prendre autant de décisions si importantes qui impacteraient la vie ici. Leur vie.

- Toi aussi, tu n'arrives pas à dormir ?

Elle se retourna et vit Jasper. Elle se rendit compte qu'elle n'avait jamais pris le temps de discuter avec lui depuis la tragédie du Mount Weather.

- On peut dire ça comme ça.

Elle le regardait du coin de l'œil. Il semblait ailleurs, vide de sens et complètement bourré.

- Comment en est-on arrivé là ?

- Comment ça ?

- Toi et moi. Nous. Les natifs, répondit-il en s'asseyant.

- Je ne sais pas. Je crois qu'on s'est laissé surprendre par les événements. On a dû prendre des décisions que l'on aurait jamais du prendre. On est trop jeune pour faire ce genre de choses.

- Et pourtant, nous en sommes là.

Alors qu'il avait perdu Maya, il était étonnamment calme. Pas d'énervement ni de haine déversée sur la jeune femme. Serait-il que l'alcool l'ait rendu comme ça ? Clarke savait qu'à la place de son ami – devrait-elle l'appeler comme ça après ce qu'elle avait fait –, elle aurait crier de toutes ses forces. Pleurer aussi. Perdre un être cher était quelque chose de difficile à gérer. D'ailleurs, elle savait ce que cela représentait. Son père, parti à la dérive. Finn, mort sur son poteau d'exécution.

- J'espère qu'un jour, tu me pardonneras.

- J'espère que tu te le pardonneras, lança-t-il dans un murmure presque imprescriptible.

Clarke l'avait entendu. Ce n'était pas grand chose mais c'était parvenu à ses oreilles.


- Clarke, Lexa est réveillée et elle te demande.

Dans la tour du guet, elle surveillait les alentours. Elle descendit donc et suivit sa mère. Elles ne prononcèrent aucun mot jusqu'à l'infirmerie. Abby laissa les deux jeunes filles tranquilles et ordonna au personnel médical – si tant est qu'ils en fassent partis – de quitter les lieux.

- Comment tu te sens ?

La question était banale, elle le savait. Elle savait aussi que la brune allait la détourner, souhaitant rentrer à la capitale le plus tôt possible.

- Où on est ?

- Au camp Jaha.

- Clarke, nous devrions partir.

Bingo.

- Eh ! Tu es blessée. Ta blessure s'est infectée mais ma mère a réussi à la soigner. Il va te falloir quelques jours pour te remettre sur pied. Alors, tu restes allongée sur ce lit.

- Mais le chancelier …

- Est devenu chancelière.

Lexa ne comprenait plus rien.

- J'ai fait le nécessaire. Hier soir, un vote a été effectué. Ma mère a été élue.

- Mais …

- C'est tout ce dont tu as besoin de savoir pour l'instant. Je t'expliquerai plus tard. Il faut que tu te reposes.

- Clarke, tu me connais plutôt bien maintenant …

- Je dirais même très bien, sourit-elle.

- Clarke, je ne parlais pas de ça, souffla-t-elle.

- Je sais désolée.

Elles se regardaient. La jeune blonde, soulagée de voir Heda en vie, avait un regard plutôt protecteur envers cette dernière.

- Je ne vais pas rester ici alors que mon peuple a besoin de moi.

- Et ton peuple a besoin d'un commandant vivant et en bonne santé. Le médecin a dit que tu en aurais pour plusieurs jours avant d'être complètement remise.

- Ce n'est pas plutôt toi qui souhaite que je lève le pied ? Gérer un peuple, ce n'est pas de tout repos. Je ne peux pas m'absenter trop longtemps.

- Lexa, je sais ce que c'est d'être à la tête d'une tribu.

Voyant sa compagne ouvrir la bouche, elle reprit.

- Et même si, effectivement, je souhaite que tu lèves le pied, la prescription médicale vient de ma mère. Repos forcé pendant au moins trois jours. Dès qu'elle donnera le feu vert, on retournera à Polis. Je te le promets.

- Je crois que je n'ai pas le choix.

- Non, sourit la blondinette.


- Pourquoi tu as fait ça ?

Elle était venu le voir. Ce n'était pas par courtoisie mais parce qu'elle voulait comprendre.

- Faire quoi Bellamy ?

- Tuer Pike.

- Parce qu'il nous conduisait à une mort certaine.

- Tu déconnes là. Il faisait tout pour notre survie, oui.

- Je crois que tu es trop aveugle pour le voir.

- C'est toi qui est aveugle. Dis-moi, tu prends un malin plaisir à tuer les gens, c'est ça ?

- Tu crois que c'est facile ce genre de décision.

- Finn, Mount Weather et maintenant Pike. Ca te plaît, hein ?

Il s'était rapproché de la porte. Enfermé pour avoir comploté avec l'ancien Chancelier, il attendait de voir ce qu'on lui réservait.

- Bell', pour ce qui est du Mount Weather, tu étais avec moi sur ce coup-là. Je pourrais te renvoyer la question.

- Je sais. Là n'est pas la question. Je … je comprend mieux pourquoi tout le monde te surnomme Wanheda. Tu es devenue comme eux. Comme tous ses natifs. Une assoiffée de sang.

- Contrairement à certains, j'essaye de faire ce qui est juste.

- Moi aussi. Pike avait raison. On ne peut pas faire confiance aux Natifs. Ils nous ont pris tellement de monde.

- Nous aussi, Bell'.

Elle le regardait marcher de long en large, s'énervant de plus en plus.

- C'est quoi le fond du problème, Bell' ?

Il s'arrêta et la regarda longuement. Que voulait-elle dire par « le fond du problème » ? C'était étrange comme question.

- J'ai l'impression que la mort de Pike n'est pas la raison de ton état, ni de tout ce que tu as fait dès que l'on est parti du Mount Weather. Il y a quelque chose qui cloche.

Il ne pouvait lui dire. Quatre mois déjà qu'il a ouvert les yeux sur sa situation. Quatre mois qu'il s'est enfin rendu compte de ses sentiments pour elle. Mais il était incapable de lui dire. Au lieu de ça, il s'était efforcé de les enfuir au plus profond de lui, s'évertuant à faire de ce camp quelque chose de sûr.

- Je peux pas !

- Tu ne peux pas quoi, Bell' ?

- Je peux pas !

Il ne cessait de répéter cette même phrase. Clarke ne comprenait pas ce qu'il avait. Elle avait mal pour lui de le voir comme ça.

- Je peux pas ! Je peux pas !

- Bell' …

- Je peux pas ressentir ce genre de choses. Il faut se battre. Se battre pour survivre.

- De quoi tu parles Bell' ?

- T'aimer. Je peux pas. Et je ne peux pas supporter de te voir dans les bras de quelqu'un d'autre.

Elle était complètement paniquée face au comportement de son ami et de ce qu'elle venait d'entendre. Une bombe. L'aimer ? Alors c'était ça. Il faisait tout ça parce qu'il l'aimait et que ce n'était pas réciproque.

- Je m'en suis rendu compte quand on est revenu du Mount Weather et que tu es partie, nous laissant ici. Je comprend pourquoi tu l'as fait. Mais tu m'as ouvert les yeux. Et te voir avec les Natifs, je ne le supporte pas. Ton clan est ici, Clarke. Pas là-bas.

- C'est juste une question d'amour propre ? Tu as fait tout ça parce que je ne serai jamais à toi ? Tu es égoïste, Bell'.

- Et toi alors, tu ne l'es pas peut-être ?

- Je pensais te connaître Bell'. Je pensais qu'on était amis. Et ce n'est définitivement pas le cas, finit-elle avant de partir.

- Moi aussi, je le croyais, murmura-t-il.