Second OS, toujours pour le vœu de Blue Wendigo, mais cette fois-ci avec du slash.

En toute franchise, je n'avais jamais pensé à Charlie ainsi, mais cela m'est venue comme ça, alors je me suis dis : "Pourquoi pas ?"

En espérant que cela vous plaise. Bonne lecture !

L'aveu de Charlie

Ses parents pouvaient dire ce qu'ils voulaient, ils restaient une vieille famille de sang-pur. Ils pouvaient crier fièrement autant qu'ils le voulaient leur acceptation des nés-moldus, il y avait certaines choses qu'ils ne toléraient pas, comme la plupart des anciennes lignées sorcières.

L'homosexualité en faisait partie.

On pouvait rêver autant qu'on le voulait, la magie ne pouvait pas tout réaliser. Et si la nature avait décidé qu'un homme ne pourrait mettre d'enfants au monde, la magie n'avait aucun moyen de changer les choses. Deux hommes qui s'aimaient, signaient de la fin de la lignée.

C'est pour cette raison que Charlie n'avait jamais osé leur avouer son orientation amoureuse. Ses parents ne toléreraient jamais que leur fils soit ainsi. Surtout sa mère. Les mentalités traditionnelles avaient la vie dure.

Mais il ne voulait rien leur cacher. Il n'aimait pas cela. Encore plus maintenant qu'il avait rencontré quelqu'un. C'est pourquoi il se retrouvait là, assit dans le salon, face à eux. Il était nerveux. Très nerveux. Et ils le voyaient très bien. Il n'arrêtait pas de s'agiter dans son fauteuil, avait une boule dans la gorge et un poids sur le cœur. Connaissant déjà la réaction qu'ils auraient, il avait d'autant plus de mal à aborder le sujet. Il ne voulait pas décevoir ses parents, qui désiraient tant le voir fonder une famille. Mais il ne supportait plus de ne rien dire.

« Papa, maman. Je dois vous annoncer quelque chose… »

Il remarqua qu'une lueur venait de s'allumer dans le regard de sa mère et qu'elle se penchait en avant. Sa poitrine se serra un peu plus.

« Je… J'ai rencontré quelqu'un.

-Oh, mon chéri, c'est merveilleux ! Je suis tellement contente pour toi !

-Tu n'avais pas à te stresser autant pour nous le dire, sourit son père pour essayer de la rassurer. »

Son fils lui retourna un sourire crispé.

« Comment s'appelle-t-elle et quand la rencontrerons-nous ? S'empressa de l'interroger la matriarche. »

Le dompteur de dragon se tendit. Voilà. Il y était. Il ne pouvait plus faire marche arrière.

« Euh… Je…

-Charlie ? l'interrompit une voix. »

Il se tourna vers les escaliers où se tenait les deux derniers de la famille. Les trois enfants se dévisagèrent quelques secondes en silence, sous l'œil intrigué de leurs parents. En remarquant la position et l'air paniqué de leur aîné, les visages de Ron et Ginny passèrent d'interrogatifs à compréhensifs et encourageants. Ils lui firent un doux sourire et vinrent s'installer au pied du fauteuil, appuyé contre ses jambes pour lui apporter leur soutien. Il n'arrivait pas à les lâcher du regard. Il était tellement concentré à puiser de la force avec leur présence qu'il ne sentit pas celles qui se glissèrent derrière lui. Il ne réagit qu'en sentant une main puissante s'installer sur son épaule. C'était Bill. Le premier né s'installa sur le bras gauche de son siège et ce fut à ce moment-là qu'il réalisa la présence de Percy à son autre côté ainsi que celle de Fred et George debout derrière le dos de son fauteuil. Tous le fixaient de la même manière que les plus jeunes.

Charlie reprit confiance. Sa fratrie était là, autour de lui. Elle le soutenait et ne le laisserait jamais. En effet, il y avait de cela quelques années, ils l'avaient tous en même temps confronté. Ils l'avaient démasqué et depuis longtemps en plus. Mais leurs comportements envers lui n'avaient jamais changé.

Il souffla donc un grand coup et lâcha enfin la bombe.

« Il.

-Je te demande pardon ? »

Les deux parents ne comprenaient plus rien. Qu'est-ce que c'était que tout ce cirque ?

« C'est « il », maman. La personne que j'ai rencontrée… C'est un homme… Et il s'appelle Mickaël. »

Sa mère poussa un petit rire, pensant à une plaisanterie de la part de ses enfants avant de reprendre un visage sérieux.

« Tu plaisantes, j'espère ? »

Il se contenta d'hocher négativement la tête. Mais alors que sa mère allait s'écrier bruyamment, ses autres enfants se tournèrent vers elle, la dévisageant durement, la provoquant de dire quoique ce soit. Finalement, ce fut la main de son mari, saisissant la sienne, qui la dissuada.

Arthur poussa un profond soupir avant de se tourner vers son cadet.

« Es-tu heureux ?

-Comme jamais.

-Alors nous le sommes aussi.

-Mais Arthur !

-Molly, nous avons sept enfants. Tu ne vas pas en faire tout un drame si un seul n'en aura pas lui-même. S'il est heureux ainsi. »

Les époux s'observèrent et Molly finit par baisser les armes.

« Tu as raison. Je suis désolée, Charlie, mon chéri. Nous accueillerons ton compagnon avec plaisir. »

L'ancien joueur de quidditch était figé. Cela ne s'était pas du tout achevé comme il l'avait pensé. Il fut sorti de sa léthargie par les tapes rassurantes et heureuses de sa fratrie. Et il réalisa que c'était grâce à eux six que les parents étaient revenus sur leur éducation. Ils avaient tous été présents, prêts à le rassurer et faire barrière entre lui leurs parents. Il ne pourrait jamais assez leur dire à quel point il les aimait de l'avoir accepté tel qu'il était.