Note de l'auteur : Deuxième texte de la nuit HPF de juillet 2016. Pour celui-là, dès que j'ai lu le thème, j'ai aussitôt pensé à Mimi Geignarde. Et en pensant à Mimi, j'ai aussitôt l'esprit qui a dérivé vers "A la vie à la mort", le superbe OS de Chupee Chan (encore elle ! :-D) présenté à l'occasion du concours Short Edition 2016. Voilà pourquoi ce chapitre ressemble très fort à son propre texte. Chupee est au courant, elle est d'accord. D'ailleurs, elle a bien aimé ^^. Ah oui ! J'allais oublier ! Pour certains détails de la partie avec Dumbledore, je me suis basé sur le texte de Léa Gerst en compétition pour le Concours Short Edition 2015 : "Dans le petit coffret en bois".

Disclaimer : L'univers et les personnages sont la propriété de JK Rowling. L'idée originale m'est venue de Chupee. En revanche, tout ce qui reste est de moi.

Titre : Les tuyaux inquisiteurs
Thème : Intimité
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 1089
Personnages : Mimi Geignarde, Dumbledore
Rating : 12+


Finalement, être mort, ce n'était pas si mal. Toute sa vie, Myrtle Warren avait subi les désagréments de sa vie misérable et n'avait jamais pu profiter des merveilles qu'on lui avait promises à Poudlard. Elle avait tant espéré pourtant, tant rêvé et tant prié. Mais jamais elle n'avait eu ce qu'elle voulait ni amis, ni amant, ni même la reconnaissance de celles et ceux qui l'entouraient. En tant que fantôme, elle n'eut aucun de ces trois éléments que son esprit avait tant convoités. Mais en contrepartie, elle avait pu au moins observer ceux des autres.

Non, elle n'avait pas eu de vie digne d'être vécue. Non, personne ne l'avait jamais aimée. Et non, personne n'avait jamais eu assez confiance en elle pour lui confier ses secrets. Mais tout cela était dérisoire à présent, car Mimi n'en avait plus besoin pour obtenir ce qu'elle désirait. Si elle avait toujours été insignifiante dans sa vie, à présent, elle était invisible. Mais elle, elle pouvait tout voir. Et elle ne s'en privait pas.

Lors des premières amours de Sirius Black avec une quelconque idiote anonyme, elle avait été aux premières loges pour admirer la douce maladresse de ce cador qui, visiblement, en disait bien plus qu'il n'était capable d'accomplir. Malgré la déception de la fille qui avait aussitôt subi un sortilège d'amnésie, Mimi avait elle beaucoup apprécié le spectacle. Il faut dire qu'aucune contre-performance du monde ne pouvait effacer cette indiscutable vérité : dans un spectacle impliquant Sirius Black en tenue d'Adam, le visuel ne décevait jamais.

Elle avait également suivi avec beaucoup d'attention la conception des Boites à Flemme des jumeaux Weasley. Elle s'était d'ailleurs retenue à grand peine d'éclater de rire lorsque d'horribles furoncles avaient germé au creux de leurs fondements respectifs. Mais cela n'en fut pas moins très réconfortant pour elle de voir Lee Jordan revenir un jour avec de l'essence de Murlap. Non seulement l'ingrédient miracle avait fait disparaitre les furoncles, mais en plus, il avait rendu les jolies fesses de ces deux garnements encore plus lisses et galbes qu'auparavant – ce qu'ils ne manquaient jamais d'admirer à leurs passages aux toilettes, pour son plus grand plaisir.

Il y avait aussi eu Diggory un an plus tôt. Ah Diggory ! Qu'il était beau, qu'il était fort ! Elle ne comptait plus depuis longtemps les fois où elle avait admiré la charmante silhouette de l'attrapeur de Poufsouffle. Elle avait d'ailleurs failli remercier le directeur en personne pour avoir eu cette formidable idée de le nommer préfet. A partir de ce jour béni entre tous, elle avait pris l'habitude de se faufiler dans les tuyaux de la Salle de Bain des Préfets tous les jeudis à 21h30 précises. Diggory aimait être ponctuel et ritualisé. Alors elle le fut aussi. Que ne fut pas sa déception lorsqu'elle apprit sa mort ! Elle avait espéré quelques instants le voir revenir, tout de blanc « vêtu », hanter la Salle de Bains dans laquelle il lui avait offert les plus beaux spectacles d'anatomie masculine. Mais elle s'était vite reprise même si Diggory avait refusé de continuer sa route, jamais il n'aurait choisi cette salle de bains pour passer l'éternité à regretter sa vie.

Et il y avait bien d'autres scènes, moins alléchantes, moins excitantes, dont Mimi avait été la principale observatrice durant toutes ces années. Mais à cela aussi elle ne pouvait y couper, cela faisait partie du contrat magique qu'elle avait conclu avec le professeur Dumbledore.

- Je vous écoute Myrtle, dit le Directeur de l'école sans même lever le regard sur la défunte. A-t-il réussi à ouvrir le passage ?

- Non professeur, lui répondit l'éternelle jeune fille, il n'y arrive toujours pas. Et pourtant, il essaie. Il dit avoir tout tenté. Mais il ne trouve pas, rien de ce qu'il a appris dans cette école n'a fonctionné pour le moment. Il a parlé d'utiliser la Magie Noire. Mais j'ai réussi à l'en dissuader. Pour le moment…

- Bien, bien… répondit distraitement Dumbledore sans lever le nez de la missive qu'il était en train d'écrire. Vous avez agi avec sagesse. En aucun cas ce garçon ne doit salir son âme davantage. Il n'a déjà que trop souffert. Vous êtes d'une réelle aide pour lui, Myrtle, et je suis persuadé qu'il le sait.

- Mais pourquoi ne l'aidez-vous pas vous-même professeur? Vous pourriez l'arrêter dans sa folie sur le champ. Et sauver votre vie dans l'entreprise, parce que vous l'avez sûrement compris vous aussi : c'est votre peau qu'il veut.

- Je le sais Myrtle, répliqua calmement le directeur dont les yeux bleu ciel rencontrèrent enfin le spectre argenté des iris de Mimi. Et je consens à la lui confier si jamais nous ne trouvons pas d'autre solution à cet imbroglio.

- Vous seriez prêt à mourir pour le protéger ? s'étonna le jeune fantôme, les yeux écarquillés de façon à paraître plus grands que ses lunettes. Mais pourquoi ?

- Car il y a bien plus que ma vie en jeu, Myrtle. Et à présent qu'elle est sur le déclin, il est grand temps que je me concentre sur autre chose que ma propre personne. Voudriez-vous bien sortir par la porte ? J'éprouve toujours un certain malaise lorsque vous vous engouffrez dans mes toilettes. Et d'ailleurs, si vous croisez un élève en route, demandez-lui de venir me voir, j'ai un message à faire parvenir à Harry Potter.

Pendant quelques minutes, Mimi Geignarde resta immobile. Elle continuait de fixer ostensiblement le vieux directeur qui l'ignora superbement, occupé à cacheter une enveloppe jaunie dans laquelle il avait glissé sa missive.

- Un jour, j'arriverai enfin à comprendre à quel jeu vous jouer, professeur Dumbledore, lui dit-elle finalement avant de se détourner pour traverser la porte.

- Je n'en doute pas, Myrtle Warren, répliqua le vieux sorcier une fois son interlocutrice disparue. Mais en attendant, vous continuerez à surveiller mes élèves pour moi, en échange de quoi je n'interviendrai pas dans vos pérégrinations aventureuses et très peu orthodoxes dans les tuyaux de mon école.

Après un long soupir, il se leva de son bureau et se dirigea vers l'armoire qui contenait la Pensine. Elle reflétait cette fois-ci le visage fin et lisse d'un jeune homme aux boucles blondes. Dumbledore esquissa alors un petit sourire coupable heureusement qu'il n'avait pas le pouvoir de se déplacer dans les tuyaux comme cette jeune fille si futée. Son vieux corps ridé eut un léger frémissement lorsqu'il eut cette pensée. Il trouva préférable de l'ôter de la Pensine, Harry s'y plongerait de nouveau le lundi suivi. Mieux valait rester prudent…