- Allez, Quinn. Rentre, tu vas attraper froid, lança Sam, enlaçant le corps de la jeune fille.
Elle se cala contre le torse du jeune homme, mouillée par la pluie abondante, cherchant du réconfort dans des bras qu'elle n'aimait pas. Elle se retint de pleurer, tout d'abord par respect envers Sam. Une histoire de coeur aussi stupide n'était rien en comparaison avec ce que le jeune homme vivait en ce moment. Et ensuite, parce qu'elle n'avait pas envie que Sam ne pense qu'elle avait encore des sentiments envers Puck. Elle se laissa emporter par le parfum de la chemise du jeune homme, espérant se réveiller brutalement et être enlacée par Puck, mais en ouvrant les yeux, il n'y avait que le jeune blondinet. La tenant par la main, il la fit rentrer à l'intérieur de la maison. Il alla chercher une serviette dans la salle de bain, laissant Quinn dans l'entrée. Elle se regarda dans le miroir, observant son maquillage qui avait coulé. Elle l'essuya brutalement.
- Q ? Allez ça va aller... Je sais qu'il est bizarre, mais c'est Puck... tenta Sam, en lui tendant une serviette sèche.
Quinn la mit autour de ses épaules, glacée. Sam était d'une gentilesse exceptionnelle, et elle se demandait pourquoi elle lui avait brisé le coeur ainsi. Elle ne savait même pas pourquoi elle avait voué leur relation à l'échec en acceptant de sortir avec lui. Il valait bien mieux que ça. Il valait bien mieux qu'elle. Elle soupira avant de reporter son regard vers Sam. Il avait accouru dès qu'elle l'avait appelé, en dépit du mauvais temps, juste pour l'écouter. Elle se sentait stupide. Elle lui faisait croire que c'était encore possible, eux deux... Elle se mordit la langue avec insistance, tentant de faire disparaître la question qui la taraudait.
- Est-ce que je suis une mauvaise personne, Sam ? chuchota-t-elle cependant, la voix enrouée.
Il parut à la fois choqué et énervé de cette question. Il fronça les sourcils, se dirigeant vers elle et lui frictionnant les épaules pour la réchauffer.
- Non. Mais tu es un peu bête...
- Pourquoi je suis bête ?
Il tiqua et s'arrêta brusquement. Il aurait voulu lui dire qu'elle était bête de l'avoir trompé lui, alors qu'ils auraient pu être heureux ensemble. Il était encore amoureux d'elle, malgré toutes les choses qu'elle avait pu lui faire, et il voulait être celui qui la rendrait heureuse. Mais il savait qu'il ne pouvait pas l'être. Parce qu'il savait pertinemment que tout ce que la jeune fille voulait, c'était Puck. Ses mains se crispèrent brutalement sur les épaules de Quinn. Il voulait son bonheur, mais uniquement si c'était avec lui. Une douleur âcre lui transperça le coeur alors que Quinn détaillait avec attention le visage de Sam. Au bout d'un long moment, il lui adressa un sourire franc.
- Viens. Je te fais un chocolat chaud et on discute tranquille.
Elle lui sourit timidement, et se dirigea dans la cuisine, main dans la main avec Sam. Alors qu'il sortait le chocolat en poudre nécessaire, elle s'asseyait sur le plan de travail opposé, et jouait avec une pomme. Les yeux fixés sur le fruit, elle reposa encore une fois la question à laquelle Sam ne lui avait pas répondu.
- Pourquoi je suis bête ?
Il se retourna, détaillant du regard la jeune femme, puis, il trouva un soudain intérêt à ses chaussures.
- Réponds moi, Sam.
Elle descendit du plan de travail et se planta devant Sam.
- T'es toujours amoureuse de lui, hein ? lui chuchota-t-il avec un sourire brisé.
- Oui, lui répondit-elle sur le même ton. Je n'arrive pas pas à me l'ôter de la tête.
- Pourquoi tu lui a mentis alors ? Il était tout à toi, sur le perron.
Elle sembla brusquement mal à l'aise et fit un pas en arrière, fixant le sol en cherchant ses mots.
- Il m'a brisé le coeur. Et je sais qu'il ne changera jamais, lança-t-elle en prenant une tasse de chocolat chaud que Sam avait préparé. On monte, s'il te plaît ? dit-elle pour arrêter la conversation.
Il aquiscea et la suivit jusqu'à sa chambre. Il s'asseya sur la chaise de bureau de Quinn.
- Pourquoi ne lui laisses-tu pas une deuxième chance ?
Elle prit une gorgée de la boisson brûlante, calée entre deux coussins. Elle avait faillit dire à Puck, qu'eux deux c'était possible, quelques instants auparavant. Mais il lui avait déjà brisé le coeur avec une facilité déconcertante et avec lui, elle se sentait différente, trop différente pour que ça soit normal. Elle avait peur de sentir son coeur s'emballer, elle avait peur de retomber dans la même chose que ce qu'il s'était passé pendant sa grossesse : s'attacher à lui, et qu'il lui file à nouveau entre les doigts. Elle jeta son regard noisette sur Sam, affichant une mine crispée.
- J'ai peur, c'est tout, dit-elle en tapotant ses doigts vernies contre la tasse brûlante.
- De quoi as-tu tellement peur ? Je ne comprends pas sur ce coup-là.
Elle posa sa tasse sur sa table de chevet.
- J'ai peur d'être blessée.
- Tu t'interdis d'être heureuse.
Elle releva un sourcil interrogateur.
- Je peux être heureuse sans lui tu sais...
Il secoua la tête de gauche à droite.
- Arrête de te mentir. Finn et toi, ça ne pouvait pas marcher. Pareil pour nous deux. Parce que tu ne t'es jamais remise de Puck.
- Noah, corrigea-t-elle mécaniquement.
- Tu vois ! T'es tellement amoureuse de lui que tu ne vois même pas ce qu'il y a autour de toi !
- Et qu'est ce qu'il y a autour de moi, en l'occurence ? lui demanda-t-elle séchement.
Il se leva de sa chaise, et alla se positionner à côté de Quinn.
- Il y a moi. Je suis là. J'ai toujours été là. Même quand tu m'as fait mal. Tu le sais ça ?
Elle parut choquée. Elle sentit ses épaules se crisper tandis que Sam s'asseyait à côté d'elle, les sourcils froncés. Quinn savait que Sam ne s'était jamais remis de leur rupture, mais de là à ça... Elle baissa les yeux, honteuse. Sam était quelqu'un de gentil, d'attrayant et de compréhensif, mais elle ne ressentait pas le tiers du quart de ce qu'elle ressentait en présence de Puck. Un lien plus fort que quoi que ce soit et que quiconque les reliait, et plus elle essayait de l'oublier, plus il revenait à la charge, fort et puissant. Sam passa un doigt sous le mento de Quinn et planta son regard bleu dans celui noisette de la jeune femme. Un instant plus tard, Quinn sentait les lèvres douces de Sam sur les siennes, et sentait leurs langues entamer un ballet endiablé. Mais elle ne ressentait rien. Au bout d'un long moment, il se détacha d'elle, la regardant toujours dans les yeux.
- Alors ?
- Alors quoi ?
Il fronça les sourcils à nouveau.
- Qu'est-ce que tu as ressenti ?
J'ai rien ressenti, parce que je ne t'aime pas, faillit-elle dire, mais elle se rattrapa à temps. Elle ne voulait pas le blesser, parce que c'était lui qui avait répondu à l'appel quand elle était en train de pleurer. Mais elle ne pouvait pas lui mentir. Il méritait mieux que de courir derrière elle alors qu'elle ne pourrait jamais répondre à son appel désespéré.
- Je n'ai rien ressenti, dit-elle dans un souffle.
Il se recula lentement.
- Parce que... Je ne suis pas celui qu'il te faut, hein ?
Elle hocha la tête.
- J'ai besoin de Noah...
Il lui adressa un sourire déçu, avant de la prendre dans ses bras.
- Tu dois lui dire que tu l'aimes. Il va te glisser entre les doigts, sinon, lui chuchota-t-il doucement à l'oreille.
- Il va me briser le coeur.
- C'est toi qui vient de te briser le coeur. En lui disant que tu ne l'aimais pas. Tu vas le perdre définitivement si tu ne te bouges pas maintenant.
Elle se détacha de lui, les yeux brillants, et essuya une larme qui perlait au coin de ses yeux. Elle renifla, et se leva de son lit. Sam prit les clés de la voiture de Quinn, posées sur son bureau et descendit pour sortir le véhicule du garage. La jeune fille lança un regard à son reflet dans le miroir. Elle essuya un peu plus proprement son mascara et prit le temps de se préparer, histoire de ressembler un peu plus à ce que Puck avait un jour aimé. Lorsqu'elle fut fin prête, elle descendit les escaliers, et grimpa dans sa voiture. Elle mit le contact, et dans un vrombissement sourd, se mit à conduire, le corps de Sam se réduisant peu à peu à un point clair dans son rétroviseur.
Quinn arriva chez Puck après cinq minutes de conduite, mais eut le déplaisir d'apprendre que Noah n'était pas chez lui, mais chez Finn. Elle faillit faire demi-tour, n'yant aucune envie de voir son tout récent ex, mais quelque chose de puissant lui disait de maintenir le cap. Et au bout d'un quart d'heure de conduite effrenée sur les routes, elle arriva au domicile de Finn. Elle gara à la va-vite sa voiture sur le trottoir, et sortit de la voiture sous une pluie toujours aussi battante. Arrivée sous le porche, elle se demanda un instant si il allait lui pardonner, ou si ils étaient éternellement condamnés à se fuir. Elle attendit ainsi quelques instants, avant de sonner, résignée.
Ce fut Finn qui ouvrit. Elle sentit une vague de tristesse la submerger, parce qu'elle venait à peine de se faire larguer par lui-même, et qu'il était là, planté devant elle. Elle prit un visage froid.
- Je veux parler à Noah, lança-t-elle en tentant de se réchauffer.
- Je l'appelle, déclara-t-il avec un petit sourire désolé.
Et au bout de quelques secondes, ils se retrouvèrent tous les deux sous le petit toit, glacés par la pluie.
Deux âmes soeurs, blessées par le temps, et incapables de se retrouver. C'était ce qu'ils étaient.
Et ce fut elle qui fit le premier pas.
- Je t'aime.
Elle lui sourit, avec ces fossettes qu'il aimait tant...
- Je t'aime, répéta-t-elle. Je t'aime. Je t'aime, je t'aime, je t'aime.
Il lui sourit en retour, parce qu'il sait qu'elle est enfin à lui, et qu'il ne se lassera jamais de l'entendre répéter ces mots-là avec cette douceur qui lui était propre.
- Tu peux le dire encore une fois.
- Noah... Je t'aime !
Ses yeux noisette se mirent à briller. Est ce qu'il ne la croyait pas ? Elle crut que son coeur allait se briser encore une fois, mais le sourire de Puck s'élargit.
- Quinnie...
Et il fondit sur ses lèvres, les capturant dans un baiser chaste qu'elle ne lui reconnaissait pas.
- Wow, souffla-t-il après s'être détaché d'elle.
- Non. Wow, c'est ça.
Elle se mit sur la pointe des pieds, et posa ses lèvres sur celles de Puck. Leur bouche s'entrouvrit, laissant passer la langue de l'autre pour une danse endiablée. Noah posa ses mains sur les hanches douces de Quinn, l'attirant vers elle pour approfondir le baiser. Dieu ! Qu'est ce qu'elle lui avait manqué...
Et la vie ne leur parut jamais aussi parfaite.
