Note de l'auteur : Deuxième texte de la nuit sur le thème "Orphelin". J'étais déjà un peu mieux lancé pour le coup. J'ai très vite trouvé mon personnage principal ; l'utilisation de persos comme Harry, Neville ou Teddy me paraissait trop clichée, et j'ai toujours été curieux à propos de l'enfance de Hagrid. Je suis plutôt fier de ce texte-là, même si c'est un passage Kleenex et qu'il est très court. On a beau être spécialisé dans l'action/aventure de 100000 caractères, cela n'empêche pas de changer un peu des fois, pas vrai ?

Disclaimer : Les personnages de cette histoire et l'univers appartiennent à JK Rowling. Je n'ai imaginé que l'intrigue pour cette histoire.

Titre : Un nouveau héros
Thème : Orphelin
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 589
Personnages : Rubeus Hagrid
Rating : 10+


L'imposant garçon n'en croyait pas ses yeux. Cela ne pouvait être vrai. Les larmes qui embuaient ses iris devaient être enchantées. Elles l'empêchaient de voir les choses correctement. Car c'était impossible qu'il se retrouve seul ainsi, à douze ans à peine, sans personne pour s'occuper de lui. Pas la peine de penser à sa mère. Cette géante de huit mètres de haut avait bien failli lui casser les os la dernière fois qu'elle avait tenté de lui faire un câlin. Ou peut-être qu'elle avait vraiment tenté de le tuer, Rubeus n'avait jamais tout à fait réussi à percer les motivations de ce curieux geste qui avait précédé le départ de Fridluva.

Toujours est-il que son père était resté, lui, et avait permis à son fils de connaître l'enfance heureuse que l'on refusait très souvent à ceux qui étaient différents du commun des sorciers. Voici pourquoi, en cette sombre soirée de novembre, Hagrid pleurait. Des larmes grosses comme les boules de cristal du cours de Divination s'échappèrent de ses yeux bouffis et lui coulèrent le long des joues pour aller s'écraser sur ses mains crispées contre ses genoux. Au premier rang de l'assistance, il ne pouvait s'empêcher de trembler sur sa chaise de bois, faisant tressaillir le sol à plus de trente mètres autour de lui. Le regard vitreux fixé sur la dépouille paisible du héros de sa jeunesse, il ne se rendait pas compte que seule la moitié des sorciers présents sur les trois premières rangées étaient restés debout. Il n'avait pas vu que toutes ces personnalités éminentes du ministère – qui côtoyaient les vénérables professeurs de Poudlard – s'étaient tous écroulés en même temps lorsque le jeune orphelin s'était assis non loin d'eux et avait commencé à sangloter.

En réalité, plus rien ne lui importait. Son père, son modèle, son unique lien avec le monde des sorciers, s'était éteint; il reposait à présent sur un piédestal de marbre blanc. Qui allait bien pouvoir combler ce vide qui rongeait le cœur du jeune demi-géant ? Qui pourrait lui montrer la bonne voie, à lui qui était si maladroit ? Comment allait-il pouvoir survivre sans lui ? Survivre sans son héros ?

Puis, alors qu'il sanglotait de plus belle, faisant trembler le sol encore davantage, une vieille main ridée vint se poser sur son épaule et, comme par enchantement, le tremblement cessa tout de go. L'adolescent lui-même semblait plus apaisé. Le regard ahuri, il tourna la tête et vit – pile à sa hauteur – celle d'un vieil homme aux cheveux et à la barbe auburn. Ses lunettes en demi-lune scintillaient à la lueur de la lune. Ses rides autour des yeux rappelaient au jeune homme celles de son père lorsqu'il souriait. Mais celles-ci étaient empreintes d'une sagesse encore plus profonde que celle dont avait toujours fait preuve Solonius Hagrid.

Ce n'était pas la première fois que Rubeus voyait le professeur Dumbledore. Il suivait – tant bien que mal – ses cours depuis plus de deux ans. Mais jamais le jeune demi-géant n'avait fait le rapprochement avec son père. Enfin, jamais avant cet instant. Bien sûr, Mr Hagrid n'avait jamais été grand comme Dumbledore il n'avait pas non plus les cheveux clairs, mais aussi noirs que les corbeaux. Mais quelque chose dans le regard du vieux sorcier – et dans la douceur de son emprise également – faisait indubitablement écho aux ressentis que Rubeus avait toujours eus en présence de son père, de son héros.

En voyant ce sorcier si brillant, si célèbre, si bienveillant, lui accorder une telle attention, le jeune Hagrid sut qu'il avait trouvé un nouveau héros.