Mayange : J'espère que les chapitres te plairont et que tu prendras plaisir à lire la suite.

Ahmaximum : Merci ! En espérant te retrouver dans les autres chapitres ou sur la première partie !

Nonotiti : Merci à toi ! Je ne pense pas que beaucoup de personnes lisent l'histoire mais bon... qu'importe (lol). Je suis ravie qu'elle te plaise et j'espère que tu aimeras aussi la suite.


Chapitre 1

Le goût de la vengeance

« Etait-ce de la vengeance ?

- Ma vengeance ».

Quand le carillon de la sonnette retentit, je sursautai. Je n'attendais personne. Jamais on ne venait me rendre visite. Les autres disciples de Lord Voldemort ne se donnaient pas la peine de frapper ou d'activer la sonnerie, avant d'entrer dans le hall majestueux de la demeure des Prince. Aussi, j'étais intrigué en ouvrant la porte.

- Monsieur Severus Rogue ? demanda un policier moldu, en me dévisageant.

Ma gorge s'assécha. J'aurais dû deviner que les représentants de la loi viendraient me poser des questions, sur la mort de maman. Heureusement que je portais un simple pantalon, avec un T-shirt à manches longues, et non une robe de sorcier !

- C'est moi, soufflai-je.

Je gardais le battant à moitié fermé, de peur que l'homme n'envahisse mon espace.

- Puis-je entrer ? J'ai quelques petites choses à éclaircir avec vous.

Je hochai affirmativement la tête. Je n'avais d'autre choix que de coopérer, pour ne pas attirer l'attention sur moi.

L'officier fit signe à une autre personne qui se trouvait dans sa voiture de fonction. Celle-ci sortit et, avec horreur, je reconnus la silhouette inquiétante de mon père.

- Que me veut-il ? m'inquiétai-je.

Le policier était déjà dans le salon. Je le suivis, peu enthousiaste d'affronter mon géniteur.

- Des zones d'ombre à clarifier, reprit-il. Puis-je ?

Il désignait le canapé défoncé que j'avais trouvé dans une brocante et, sans attendre ma réponse, s'y installa, de même que mon père. Celui-ci ne posait pas le regard sur moi. Il émanait de tels relents de peur qu'il en était fétide.

- Votre mère est décédée, suite à une blessure à la tempe, commença le policier. Etes-vous au courant ?

- Oui.

Je ne pouvais m'asseoir, soucieux de la suite des évènements. Il n'allait quand même pas me coller ça sur le dos ?

- Etiez-vous là au moment des faits ?

Il s'empara d'un petit calepin sur lequel il se mit à griffonner.

- Oui.

- Racontez-moi, m'enjoignit-il.

Lui raconter ? Pour quoi faire ? Mon père n'avait-il pas été capable de dire que c'était un accident ? Qu'elle avait glissé sur du carrelage mouillé et qu'elle s'était cognée contre la table ?

- Etes-vous certain de cela, Monsieur Rogue ?

Je ne m'étais même pas rendu compte que j'avais pensé à voix haute.

- Oui. Il me semble que c'est cela.

- Etes-vous conscient que votre mère n'est pas morte sur le coup et qu'elle aurait sans doute pu être sauvée, amenée à temps à l'hôpital ?

Toute couleur déserta mon visage et je chancelai. Je me retins au mur qui se trouvait à côté de moi. Le policier s'était déjà à demi dressé, pour me venir en aide.

- Non, avouai-je. Il m'a dit qu'elle était morte.

Et je désignai l'horrible personnage qui m'avait engendré.

L''enquêteur interrogea mon père du regard. Ce dernier ricana méchamment. Pensais-je vraiment que sa force ne me faisait plus rien ? Quel idiot ! Il m'effrayait encore.

- Cette vermine vous ment, inspecteur, dit-il, prenant la parole pour la première fois. Je vous l'ai dit : il a lui-même poussé sa mère – celle qui lui a donné la vie – contre cette table. Il l'a tuée de sang froid.

- Il ne parait pas…

Mon père l'interrompit sèchement :

- Vous l'avez entendu ? Il invente des sornettes, pour tenter d'échapper à la justice.

Mes poings se serrèrent. Mes ongles s'enfonçaient dans ma peau mais je n'en avais cure.

- Ce n'est pas vrai ! criai-je.

L'officier fronça les sourcils. Il rangea son carnet et me tendit une carte que je pris, ébranlé.

- Vous viendrez me raconter votre version des faits, monsieur Rogue. Au commissariat, demain neuf heures.

- Il ne viendra pas, gronda mon père. Ce gosse, c'est le diable. Regardez-le, inspecteur. Mais regardez-le donc ! Sa mère l'avait dit : nous ne savons pas de quoi il est capable. Elle avait raison, la pauvre femme. Triste fin pour une créature si chétive et bonne.

- Je vous en prie, monsieur Rogue, calma le policier. Votre fils était bel et bien là où vous nous l'aviez dit. Cela m'étonnerait qu'il ne veuille pas coopérer.

Et il se tourna vers moi. J'acquiesçai. Ce monstre essayait donc que je sois accusé du meurtre de maman ? Oh oui ! J'irais au commissariat, ne fusse que pour le plaisir de dire toute la vérité sur cet homme infâme. Et s'il ne me croyait pas, ce Moldu, je pourrais fuir, en transplanant, en lançant des sorts. Lord Voldemort me recueillerait, me protègerait. Lui était mon père.

Je ne raccompagnai pas les deux hommes, dès qu'ils prirent congé de moi, tremblant de tous mes membres. La colère et la haine se mélangeaient dans mes entrailles, m'injectant un goût amer dans la bouche.

µ;µ;µ;µ;µ

Le bureau de police était un bâtiment vétuste et miséreux, dans le Londres des bas-fonds. Il fut aisé de trouver l'inspecteur qui m'y avait « invité ».

- Monsieur Rogue ! s'exclama-t-il, en fermant la porte derrière moi.

L'impression de tomber dans un guet-apens me parcourut la colonne vertébrale et c'est très raide que je m'assis sur la petite chaise que le policier me désignait.

- Nestor Cordier, se présenta-t-il.

Il ne l'avait pas fait quand il était venu m'importuner chez moi.

- Que voulez-vous ? demandai-je.

Je ne tenais pas à m'éterniser dans cet endroit.

- Comme je vous l'ai dit hier, le décès de votre mère est assez nébuleux. Nous devons le clarifier.

Je haussai les épaules. Avant la veille, je ne m'en étais plus préoccupé. Maman était morte, certes, mais je ne pouvais rien y faire. Pourtant, cette nuit, je n'avais pas fermé l'œil. Il avait dit que ma mère n'était pas morte sur le coup, qu'elle aurait pu être sauvée. J'aurais sans doute dû vérifier les propos haineux de mon père mais sur le moment, je l'avais sincèrement cru quand il m'avait hurlé tout son écœurement.

- Son agonie a été lente et pénible, chuchota Cordier. Ce qui était sans doute un accident est devenu un meurtre, mon garçon.

- Je ne suis pas « votre garçon », sifflai-je. Posez-lui donc la question !

- A votre père ? Mais je l'ai fait. Après avoir violemment poussé votre mère, qui s'est ouvert le crâne, vous avez assommé votre père, lui interdisant toute chance de sauver son épouse.

- C'est un mensonge, grondai-je, la voix plus basse qu'un murmure.

L'enquêteur se cala confortablement dans son fauteuil miteux.

- Dites-moi la vérité, dans ce cas. Votre vérité.

- Mon père, commençai-je, tremblant, mon père. Ce monstre. Il nous battait jusqu'à ce qu'il soit épuisé de donner des coups. Il a fait de nous des créatures serviles et pitoyables.

Oh, je la tenais ma vengeance. Je le lisais sur le visage de ce Moldu fat et crédule. Il me croyait, moi, le misérable vermisseau qui avait rampé son enfance entière.

- Le jour où ma mère est morte, je rentrais à la maison, après dix mois passés dans un collège. Il m'a giflé tellement fort que j'ai basculé. Maman est tombée, derrière moi. Et j'ai vu le sang. Tout ce sang.

Un faux sanglot naquit dans ma gorge. Je tenais le policier dans le creux de ma main.

- J'ignorais cela, se désola-t-il.

- Mon père était devenu fou. Il m'a roué de coups, pendant des heures, m'a-t-il semblé. Il m'a fait croire qu'elle était morte. Il ne voulait pas la sauver. Quand j'ai repris connaissance, je me suis enfui, la peur au ventre.

- Mon pauvre enfant.

Il me tapota la main, comme si cela pouvait changer quelque chose. Pour la première fois, j'avouais ouvertement que Père m'avait battu. Mais aucun soulagement n'accompagnait ce flot de paroles. Parce que je ne le faisais que pour une raison : qu'il paie.

- Nous allons l'arrêter, pour ce qu'il vous a fait subir. Et pour l'homicide de votre mère.

Je pris mon air le plus affolé et je dis précipitamment :

- Ne lui dites pas… Ne lui dites pas…

- Vous devrez témoigner au tribunal.

L'homme semblait navré de m'imposer cela, sans comprendre à quel point je jubilais.

- Alors, oubliez tout. Je ne veux plus le voir. Jamais !

- La loi…

Je me redressai, prêt à partir. Au moment où je tournais la poignée, l'inspecteur dit :

- Un témoignage écrit devrait suffire. Votre père sera en prison durant une longue période.

Victorieux, je me tournai vers l'homme. Je lui fis un sourire tremblant, reconnaissant.

- Tout ce que je désire, c'est qu'il soit loin de moi, monsieur l'agent.

Nestor Cordier m'en donna sa parole.

µ;µ;µ;µ;µ

- Vous auriez pu le tuer.

- Je suis désolé, Mon Seigneur.

Je tressaillis devant la lueur déçue qui dansait dans le regard de Voldemort. Il se leva et passa à côté de moi, attardant une main lourde sur mon épaule maigre. Je tournai la tête pour garder le contact visuel.

J'avais raconté au Lord Noir ma rencontre avec le policier et ce qui en avait résulté. Un bref instant, j'avais été fier de ce que j'avais accompli : mon géniteur payait au centuple ce qu'il m'avait fait subir. Il pourrirait des années dans une cellule morne et grise. Seul.

- Il est temps de parfaire votre éducation, Severus. Il est temps.

J'ignorais ce qu'il sous-entendait par là mais je n'avais aucune crainte. Le Seigneur des Ténèbres m'aimait comme un fils. Il me dirigerait vers le chemin de la Gloire.

- Je vous ai promis la vengeance, enfant.

Il s'agenouilla devant moi, pour être à la même hauteur. Ses iris étaient plongés dans mes yeux. Il m'hypnotisait.

- Votre vengeance sera à la hauteur de vos dons. Grandiose.

Je laissai la phrase couler en moi, jusqu'à ce minuscule endroit que je connaissais si peu avant ma rencontre avec Lord Voldemort. Et ces paroles l'emplirent entièrement, ce petit cœur de vermine graisseuse.

- Cher, cher enfant.

Mon maître se leva brusquement et je le suivis du regard, attendant qu'il me permette de quitter les lieux. Lucius Malefoy venait d'entrer dans la demeure et patientait derrière la porte close.

- Entrez Lucius, intima Voldemort.

L'œil polaire me congela sur place, avant de suivre le mouvement du corps et de raser le sol.

- Monseigneur, salua Malefoy. Je vous apporte ce que vous m'aviez demandé.

- Vraiment, Lucius, mon cher ami, vous avez fait vite.

L'homme blond tendit un bijou. Je vis Voldemort s'en emparer avec avidité et le dissimuler dans sa poche. J'avais à peine eu le temps de discerner l'éclat de l'or et la forme d'une bague.

Le Seigneur des Ténèbres congédia Malefoy d'un geste indolent de la main et revint vers moi.

- Pourquoi ne me confiez-vous rien ? demandai-je, avant de me mordre la langue.

Je me permettais une remarque que je n'aurais pas dû avoir. L'homme en face de moi me l'excusa d'un sourire sans joie.

- Vous voulez travailler pour moi, Severus ?

Je relevai ma manche, pour découvrir la Marque des Ténèbres qui était gravée dans ma chair.

- N'ai-je pas juré ? Mon serment n'est-il que mots ?

- En ce cas, œuvrez pour moi.

Comme Lucius, je quittai le salon sans un mot.