Disclamer: Non, je ne possède toujours rien

Réponse à la review: Merci :) Je sais, mais j'ai pas pu résister, c'était pour faire genre elle est forte alors que ça va être une grosse victime ^^, j'essayerai de trouver une raison valable le moment venu, mais c'était un pastiche d'incipit de fiction serieuse, alors que ça va être un peu le bazar x)


2.[Manque de respect]


Je fais craquer mes vertèbres en entrant dans l'infirmerie principale de la cité, une forte odeur de désinfectant et de propre m'assaillaient. J'essuie mes bottes couvertes de neige, puis me faufile entre les personnes présentes pour atteindre l'arrière de la salle, je fouille dans les tiroirs pour trouver de l'antiseptique et de bandages pour mes plaies ouvertes. Le froid de la crème me fait grincer des dents, je me débats avec les bandes pour en faire quelque chose de présentable. Un grincement derrière moi me fait sursauter, je me retourne poignard en main. Ma mère m'observe, tout sourire.

-Tu sais que tu peux demander de l'aide ?

-Je ne voulais pas vous déranger, j'ai remarqué qu'il avait beaucoup de monde à cette heure de la journée.

-Les autres valkyries et toi avaient quelques blessures à soigner, ce sont les risques du métier.

Elle me sourit en me prenant le bandage des mains, ses longs cheveux gris me chatouillent la peau. Ses yeux verts examinent scrupuleusement l'entièreté de ma peau découverte, par le corset qu'elle vient d'enlever.

-Comptes-tu aller à la cérémonie de ce soir ?

-Pour fêter Yule? Non…

-Pour quelles raisons ? Tu y as été pourtant invitée officiellement.

-Je le sais, mais je ne m'y sentirais guère à ma place. Je suis une guerrière, pas une grande dame.

Je grimace quand elle pince ma peau juste en dessous de ma poitrine.

-Tu devrais d'avantage te muscler, ma fille. Cela parait logique que tu ne puisses tenir en combat au corps à corps.

Elle passe le bandage autour de mes côtes en vérifiant leurs états, avant de le serrer de toutes ses forces. Je grince en me tenant à la table.

-Tu n'as que des bleus, je t'ai évité une hémorragie interne. Rien ne se verra sous ta robe, Ygritte devrais l'apporter dans quelques minutes d'ailleurs.

Je me redresse vivement.

-Pardon ?! Je vous ai pourtant dit que je ne comptais pas y aller. Vous ne pouvez m'y forcer.

Une tornade rousse fait soudainement interruption dans la pièce, elle pose sa hache contre le mur et un tissu sur le plan de travail avant de venir embrasser bruyamment mes joues, je rabats mon corset contre ma poitrine.

-Salut ma belle, alors il parait que tu as fait sensation dans l'arène ce matin.

Je fais la moue. Je connais Ygritte depuis plusieurs années déjà, elle guérissait l'ensemble de mes blessures quand j'ai commencé ma formation de valkyrie, puis de fils en aiguilles nous sommes devenues inséparables. Elle est beaucoup plus enjouée et positive que moi, je me demande comment nous avons pu devenir amies. Elle se poste devant moi en fronçant les sourcils.

-Euh…Je crois que la robe va être trop petite, tu as pris plus de poids que je l'avais imaginé.

-Allez-vous arrêter de critiquer ma fichue corpulence, je fais ce que je peux ! Et puis je n'irai pas à ce bal !

J'ajuste mon pantalon sur les hanches et relace mes bottes, je m'apprête à récupérer mon corset mais ma mère me l'arrache violement des mains, le déchirant, je retiens un hurlement indigné.

-Maintenant, tu t'assois et tu te tais. Grogne-t-elle

Je m'exécute et m'affale sur le sofa. Une idée murît dans mon esprit tordu, j'invoque un nuage de fumée et me dédouble dans la seconde qui suit, puis me téléporte dans les souterrains du palais, où se trouvent mes appartements. Un courant d'air me rappelle que je suis torse nu, je me faufile dans l'obscurité et me collant aux murs, mes pas résonnent sur la pierre millénaire et usée. Je rejoins rapidement ma chambre en fermant derrière moi, je m'affale sur mon lit défait. Mon regard se perd à travers la fenêtre et suit les courbes gelées et les toits enneigés, j'ai toujours beaucoup apprécié cette période de l'année, le moment exact auquel Asgard sombre dans l'hiver et célèbre le solstice. Lorsque j'étais enfant, j'aimais particulièrement attendre des jours durant les premiers flocons, et je parcourais la cité avec un émerveillement propre à mon âge, m'amusais à bombarder mes camarades avec des boules de neige, toute fraiche, je ne suis pourtant plus cette enfant candide. Je passe quelques longues minutes à chercher un nouveau corset ainsi qu'une lourde cape en laine, pour finalement quitter ma chambre à une heure avancée de l'après-midi. La cité est en effervescence, tous les habitants sont mis à contribution pour la décoration de la salle du trône, qui se colore peu à peu de couleurs chaudes et hivernales pour la fête du soir.

Je croise le quatuor infernal, évidement composé de Sif, qui essaye de me tuer dès qu'elle le peut et faire passer cela pour un accident Volstagg qui est peu raffiné et me bat au concours de buveur de bière Hogun contre qui je n'ai aucune animosité, et finalement Fandrall qui me colle et tente depuis des lustres de me mettre dans son lit, malgré le fait que je suis la femme la plus froide et pas du tout le genre de femme qu'on aimerait présenter à ses parents, puis les Valkyries sont souvent considérées comme des déesses vierges et j'essaye à peu près à m'en tenir à cette ligne de conduite, bien que cette règle soit compliquée depuis que je me suis rendue compte des personnes m'entourant.

-Keren, mon amie !

La voix grave de Volstagg me tire de mes pensées, je lève les yeux vers le groupe. « Sois sociable, sociable et bien élevée » le mantra de ma mère résonne obstinément dans mon crâne. Je ravale ma salive en époussetant mon pantalon.

-Bonjour. Que puis-je faire pour toi ?

-Rien, mais j'ai entendu dire que ta mère est en furie et te recherche dans toute la cité.

Je retiens difficilement le juron qui me brûle allégrement la gorge. Sif ricane.

-De ce fait, il me parait logique que tu ne viennes pas ce soir, tu vas passer un sale moment.

« Ne pas lui arracher la tête, ne pas lui arracher la tête », un sourire narquois orne désormais mes lèvres en pensant aux affinités de la guerrière.

-Pourquoi ne viendrais-je pas, ce n'est rien d'important? J'ai une magnifique robe, et puis Thor m'a promis de me faire danser toute la nuit. Ma voix sonne mielleuse à mes oreilles. Je retiens ma danse de la joie en voyant qu'elle rougit de colère.

Maintenant j'en suis définitivement sûre, Loki a une mauvaise influence sur moi, mais je m'en fiche car c'est trop drôle.