Voilà enfin le deuxième chapitre ! Désolée pour cette attente j'avais perdu le document. Et je ne l'ai pas posté plus tôt parce que je suis aussi allé à la japan expo, avec mon cosplay de Sora D c'était vraiment génial. Enfin voilà, j'espère que vous apprécierez ce texte là. Certains semblaient avoir eut peur qu'il n'y ait pas de suite ! XD En tout cas, on ne s'attendait absolument pas à un tel « succès » si j'ose dire. Merci de vos coms!
Npus avons oublié de préciser une chose! Cette histoire se passe avant le début de Com.
Voici à présent l'apparition du playlist ! Car nous pensons à vous lecteurs et nous voulons vous mettre dans l'ambiance ! Quoique ce doit être aussi pour notre propre fun vu ce que nous vous avons réservé!
Playlist : Beyond me –Wolf's rain (trouvé par Becca D)
xoxoxoxox
Deuxièmement : Ressentir l'indicible
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Ils arrivèrent sur une plage au beau milieu de la nuit. La lune était pleine et se reflétait sur l'étendue d'eau salée qui leur faisait face. Le doux bruit des vagues parvint immédiatement aux oreilles de Saïx et il se sentit immédiatement détendu et complètement à l'aise. Lorsqu'il fut certain que Zexion avait passé le portail, lui aussi, il relâcha sa main et s'avança au bord de la mer sans jamais quitter l'astre opalin des yeux.
Le jeune simili vit le corridor des ténèbres disparaître derrière lui, puis le murmure des vagues attira son attention. Il se retourna et aperçut quelque chose qu'il n'avait vu que dans ces livres. La mer. C'était immense. Il ne trouva rien à dire face à la voute céleste qui miroitait sur le grand bleu. Il sentit alors la caresse du vent sur ses joues, l'iode qui lui chatouillait les narines. Il leva les yeux.
C'était donc ça le monde. Lui qui avait tant vécu entre quatre murs ne connaissait l'univers qu'à travers ses livres et ses propres illusions. Ces missions étaient souvent limitées à la Cité du Crépuscule, ou encore Illusiopolis, et de plus, tous ce qui touchait au matériel ne l'avait jamais vraiment intéressé, à part les livres. Il tenta de détailler un horizon presque invisible car il lui semblait alors que le ciel et la mer s'étaient rejoints, créant un espace nouveau hors du temps, s'étirant jusqu'aux nuées divines.
Il fit quelques pas hésitants dans le sable, jamais il n'avait vu la lune aussi belle…
«Que fait-on ici ?
Saïx entendit à peine les paroles de Zexion tant il était perdu dans ses propres pensées. Cette lune... Elle l'hypnotisait. Depuis sa « naissance », elle l'avait toujours intrigué, attiré. Peut-être celui qu'il avait été avant avait-il déjà nourri une passion similaire?
-C'est le premier endroit qui me soit venu à l'esprit. Répondit enfin le Devin sans tourner la tête. L'ombre d'un sourire s'esquissa sur ses lèvres tandis qu'il contempla cette immense étendue.
Le sixième descendit la petite dune et arriva à côté du simili, tout à fait au bord de l'eau. Il regarda le septième avec une certaine curiosité et suivit son regard jusqu'au point qu'il fixait avec autant d'intensité.
Oui, c'est normal après tout, elle est son élément. Songea l'illusionniste.
-C'est vraiment très beau... Puis il baissa les yeux. Observant le va-et-vient des vagues et l'écume qui venait lécher ses bottes.
-Je... Merci...
L'homme tourna enfin la tête vers son compagnon et l'observa attentivement. La lueur de la lune donnait un teint pâle à Zexion, mais étrangement, Saïx trouvait le jeune homme d'autant plus attachant. Il secoua lentement la tête pour oublier ces pensées et dit, lorsque le stratège le regarda étrangement :
- Pas de problème. Puis il ajouta : Je viens souvent ici. Peu de personnes connaissent cet endroit. C'est... Bien quand on a besoin de réfléchir tranquillement. Sur ces paroles, il s'assit et retira l'un de ses gants pour tendre la main et tremper le bout de ses doigts dans l'eau fraîche.
Zexion fut surpris de cette confession si franche de la part de l'homme. Il était content. Et il savait pourquoi cette fois. Il s'accroupit et, imitant son aîné, enleva son gant et plongea entièrement sa main dans l'eau. Elle en ressortit glacée, il fit la grimace. Il leva son bras devant lui, observant l'eau perler sur son épiderme et étincelant comme les étoiles. Mais il se rendait compte qu'il n'avait jamais ressentit de sensation aussi forte. Il était si conditionné normalement. Il avait vraiment l'impression de se sentir comme un enfant découvrant le monde.
-Pourquoi tu me montres ton lieu... Secret? S'enquit-il, se levant avec un peu de difficulté, se rendant compte que le bas de son manteau était à présent trempé.
-En guise de remerciement, je suppose. Répondit Saïx en restant assis, les doigts jouant avec la surface de l'eau. Et puis, tu m'avais semblé nerveux.
-Remerciement ?
Saix ne releva pas la question.
-Je m'étais dit que venir ici t'aurait sûrement apaisé, comme moi. Admit-il en observant à nouveau le ciel sans nuages. Si ça t'ennuie, on peut aller ailleurs... Mais je ne connais pas tellement d'endroits différents. En fait... Hésita-t-il en détaillant du regard les alentours lentement. Cet endroit est le seul que je connaisse.
-Non non… C'est très bien. Zexion voulut faire un pas en arrière, mais il dérapa et s'écroula un peu lamentablement sur le sable gris, dont il en avait à présent plein les cheveux.
La honte. Pensa-t-il alors qu'il levait les yeux vers le dôme d'encre. Heureusement pour lui, le Devin ne sembla pas le remarquer.
Il se rendit compte qu'à fixer le ciel ainsi, il avait l'impression de plonger dans l'infini.
Saïx fronça les sourcils, des grains gris venant lui picoter légèrement les joues pendant que Zexion secouait la tête. Mais il ignora vite ce petit désagrément et continua à fixer l'horizon.
-Je me suis souvent demandé, commença-t-il à voix basse, l'air dans le vague, ce que j'avais fait pour mériter de mener une telle existence. Celui que j'étais avant était-il mauvais au point que son reflet doive en payer les conséquences? Questionna l'homme en enlaçant ses genoux pour venir y poser le menton. Il ferma les yeux et se concentra sur le bruit des vagues. Pourquoi est-ce que je n'ai aucun souvenir de ce que j'étais avant?
Zexion médita un instant sur cette question, il ouvrit la bouche, mais ne dit rien. Il ne savait pas trop quoi lui dire. Après tout, lui aussi était dans la même situation que Saïx, mais il ne s'était jamais posé la question. Il expira et se leva pour rejoindre l'homme. Il baissa les yeux vers lui, finalement décidé à parler.
-Je ne sais pas mais... Je crois que l'important n'est pas d'où tu viens... Mais qui tu es.
-Qui je suis... Répéta Saïx en ouvrant les yeux lentement. Il tourna la tête vers son compagnon et eut un sourire dénué de chaleur. Une simple marionnette, visiblement. Dit-il en haussant les épaules. Ce qui m'agaçait le plus chez toi, continua-t-il sans jamais quitter Zexion du regard. C'était de voir à quel point tu te démarquais des autres. Tu restais toujours dans cette bibliothèque et tu te fichais éperdument de ce qu'en penseraient les autres membres. De mon côté, j'étais obsédé par la pensée de vouloir m'accaparer les bonnes grâces du Supérieur. Inutile de dire que m'éloigner n'aurait pas été une très bonne idée. Pourtant, j'aurais souhaité pouvoir le faire, et plus d'une fois. Toi, tu n'avais pas ce problème et ça m'avait vraiment rendu jaloux. Il rit froidement. C'était vraiment stupide de ma part.
Les révélations de Saïx firent au numéro six une sorte de pincement au cœur. Penser que le simili le plus redoutable après le Supérieur puisse se sentir à tel point mélancolique et presque envieux était tout aussi étonnant qu'il lui ait sauvé la vie. Mais tout de même, il comprenait bien mieux les agissements de Saïx à présent. Zexion en vint à rougir légèrement d'apprendre que le Devin était jaloux de lui, alors que Zexion avait toujours souhaité avoir autant de pouvoir que lui.
Il s'assit nonchalamment près de l'homme, repliant une jambe vers lui et le regarda un instant, rit nerveusement puis parla en regardant en l'air.
-Tu sais, moi... Aussi je t'enviais un peu. Sa voix était incertaine.
-Juste un petit peu, hein! Il se mordit la lèvre et reprit. J'ai toujours été un faible, alors je manipulais les autres. Pour cela, je me haïssais. Toi, tu n'as jamais eu ces problèmes. Mais à la limite, je préférais être craint plutôt que détesté. Alors... T'es pas le seul stupide dans l'histoire, Devin lunaire. J'en viens à en croire que tu as fait ça parce que tu avais une certaine sympathie pour moi. Tu vois, c'est aussi idiot.
-Manipuler, c'est ce qui fait de toi un être redoutable et redouté. Déclara le septième en se mettant à tracer des formes quelconques dans le sable, du bout du doigt. Moi, je ne suis jamais qu'une brute qui perd le contrôle de lui-même en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. C'est étonnant que deux opposés comme nous soient capables d'avoir une conversation aussi posée. Certainement à cause de cette sympathie, comme tu le dis. Supputa Saïx, réfléchissant sérieusement. Oui, je pense qu'il faut apprécier une personne un minimum pour la jalouser. Surtout quand il s'agit de vouloir devenir comme cette personne. Le Devin tourna à nouveau la tête vers Zexion. J'en conclus donc que, peut-être, tu éprouvais toi-même de la sympathie à mon égard, même si tu ne t'en rendais pas compte.
-Je... Commença son homologue, en le regardant cette fois-ci. Etait-ce grâce à une certaine confiance en soit ou par curiosité. Ce qu'était en train de dire Saïx... Comme s'il avait un cœur.
Peut-être croyait-il à ses propos. Il avait souvent considéré Saïx comme une simple bête de guerre, mais au fond de lui, il persistait qu'il pouvait éprouver des sentiments, même Saïx. Et ce que ce dernier disait était également vrai. Ils étaient contraires, d'une certaine façon, et ils étaient là à parler. De la sympathie, de l'affinité. Existait-elle vraiment ? Il voulait y croire. L'éprouvait-il aussi... Pour Saïx?
-Tu n'es pas une brute...Tu m'as sauvé tout de même et je t'en… Il se frotta la bouche en étouffant un mot. Son regard ne cessait de diverger. Il se sentit soudainement embarrassé, et cette fois-ci, il ne jouait pas la comédie.
Saïx observa attentivement le plus jeune, ne manquant pas de voir dans quel état de gêne il était. La gêne... C'était bien quelque chose de complètement inconnu pour lui, et il se demanda sincèrement ce que l'on ressentait en étant gêné.
Quand il regardait Zexion, il avait l'impression que le jeune homme aurait préféré être ailleurs qu'ici, avec lui, mais il semblait aussi content en même temps. C'était vraiment difficile à comprendre pour quelqu'un comme le Devin lunaire. Il se contenta donc de sourire, sincèrement cette fois.
-C'était normal. Finit-il par répondre, son sourire ne le quittant pas.
Zexion secoua la tête.
-Non. Je veux dire... Personne n'aurait prit la peine de vouloir m'aider. Même Lexaeus, avec qui j'ai normalement de bonnes "relations" si je puis m'exprimer ainsi. Pourtant, il ne s'est pas opposé à Xemnas. Par peur sans doute, comme je le comprends. Je ne lui en veux pas de ne pas aider quelqu'un d'aussi inutile que moi. J'ai tout le temps peur... Tout le temps. Il prit une inspiration calculée et regarda Saïx. Sauf là... Comme ça, ainsi...
-Peur? Répéta Saïx, un peu comme un enfant à qui on expliquait une chose pour la première fois. Mais tu as toujours l'air si calme, je ne m'en serais jamais douté. Avoua l'homme en haussant un sourcil. Quant à Lexaeus, il me déçoit sincèrement. Finit-il en s'allongeant sur le sable, les bras croisés sous sa tête pour s'en servir comme d'un appui.
-Je ne sais pas exactement ce que j'ai ressenti quand j'ai pointé mon arme sur Xemnas, mais ce qui est certain, c'est que ça n'était pas aussi puissant que ce que j'ai éprouvé lorsque je les ai vus t'emmener. Dit-il en poussant un léger soupir. C'est agaçant, toutes ces choses que je ne comprends pas. J'aurais aimé pouvoir trouver le mot juste pour décrire tout ça, mais j'ai bien peur que ce ne soit hors de ma portée.
-Et bien...Zexion se tut un petit instant. Que répondre à cela. En fait, il redoutait plutôt cette réponse. Tous la connaissaient bien. Même trop. Ils en rêvaient tous même dans leurs nuits aux songes troublés; c'est ce qu'était avoir un cœur. Posséder une des choses les plus fortes au monde. Invisible et omniprésente. On ne pouvait l'ignorer, comme la lumière dans les ténèbres. Le jeune homme serra son poing contre sa poitrine.
-Je ne sais pas pourquoi, je crois que j'ai envie de pleurer. Pleurer pour une chose dont j'ignore les origines et les conséquences. Pour quelque chose qui m'est peut-être inaccessible et illusoire. Rhaaa, ça m'énerve !
Saïx se redressa et commença, à nouveau, à sentir un sentiment étrange se répandre en lui en voyant la détresse du plus jeune. Il tendit une main vers Zexion, puis la retira brusquement, ne sachant pas trop quoi faire. A défaut d'écouter un cœur qu'il n'avait pas, peut-être pourrait-il laisser ses instincts agir comme ils l'entendaient. Et c'est ce qu'il fit. Il posa une main sur l'épaule du garçon et la serra doucement sans dire un mot.
Zexion releva la tête et fixa les iris topaze de son vis-à-vis. Puis cette main, simplement posée sur son corps frêle. Ses yeux se cloitrèrent quelques secondes. Par des mots, il ne pouvait exprimer ce qu'il ressentait en cet instant.
-Tu sais, le cœur dont nous parlons... N'est pas quelque chose que l'on peut voir. Expliqua-t-il de son ton habituellement calme. Mais il se sentit soudain tendu. Ne sachant pas trop comment Saïx allait prendre cette phrase car lui, ne voulait pas lui donner de faux espoirs. Il posa sa main sur celle du Devin.
-C'est quelque chose... Que l'on sent, alors? Demanda prudemment Saïx, observant la main du garçon sur la sienne. Elle était chaude et la sensation était très agréable, quoiqu'un peu étonnante. Lui-même avait toujours l'impression que ses mains étaient glacées, et il s'était dit que c'était le cas de tous les similis. Et pourtant, Zexion lui avait à nouveau démontré une chose qu'il avait crue jusqu'alors impossible pour des êtres comme eux.
-Tu es vraiment un être incroyable. Murmura-t-il, les yeux à demi-clos. Et je ne dis pas ça méchamment.
A ces mots, le sixième eut du mal à déglutir. Il opina plusieurs fois car cette fois les paroles mouraient sans sa gorge avant qu'il n'ait pu les prononcer. Il sentit comme un battement pesant dans son corps.
-Le cœur... Il fait partie de nous, comme nous faisons partie de lui. Je ne sais pas véritablement pourquoi tu me dis cela, que je suis un être incroyable, même si cela me flatte, enfin, j'aurais trop peur de me tromper. Le cœur, s'il existe pour toi comme pour moi, qu'est ce que cela voudrait dire?
-Ce qui est certain, c'est que ça remettrait en question toutes les choses auxquelles on croyait auparavant. Répondit Saïx en expirant. Peut-être a-t-on besoin de quelqu'un pour se rendre compte de la présence d'un cœur? Proposa le Devin en regardant au loin, les sourcils légèrement froncés. Dans mon cas, en tout cas, c'est l'impression que j'ai. Depuis que tu m'as parlé dans cette salle, je n'ai plus la sensation d'être... Il se mordit la lèvre. Vide. Conclut-il. C'est étrange, mais agréable aussi.
Zexion suivit le regard de son aîné. Tout en écoutant ses propos, l'esprit troublé par un millier de questions, et tout autant de pensées qui n'avaient de sens pour personne. Il resserra un peu plus ses doigts autour de la main de Saïx, peut-être pour le remercier à sa façon étant donné qu'il ne se sentait pas le cran de faire autre chose.
Mais il arriva tout de même à exprimer ce qui lui trottait dans la tête. Il rougit, mais l'obscurité masqua cela. Cette sensation d'embarras, jamais il ne l'avait ressentie aussi intensément, et surtout dans ce sens.
-L'amour... Je n'en ai étudié que les mots. Et de toute façon, je ne suis pas censé le comprendre, ni... Le ressentir. Comme tu l'as déjà dit. C'est peut-être quelque chose de tabou dont on ne devrait rien savoir.
-Donc, ce que je ressens, ce serait ça? De l'amour? Demanda Saïx, en portant son regard intense sur Zexion. Il réfléchit un instant, et sans vraiment y faire attention, il pensa tout haut. Dans ce cas, je veux en savoir plus. C'est si nouveau et attirant. Je ne sais pas trop où un tel sentiment peut conduire, mais je suis prêt à prendre le risque. Contrairement à tout ce que j'ai pu penser, ressentir jusqu'à maintenant, c'est de loin la sensation la plus plaisante que j'ai pu connaître, même si elle est aussi troublante et... Un peu effrayante. Confia le plus grand, son autre main empoignant le sable fermement pour éviter de broyer l'épaule de Zexion. Il était horriblement tendu sans même comprendre pourquoi.
Le jeune simili tressaillit et fit de son mieux pour garder son flegme, ne s'étant pas attendu à une telle réaction.
-Je ne sais pas… Enfin, de ce que j'ai appris, ce... Ce sentiment, dans les livres que j'ai lus. Sans pour autant hum… Y prendre attention bien sûr ! C'est… Vouloir protéger et chérir une personne quitte à devoir subir maintes tortures ou mourir. Faire qu'elle soit heureuse même si elle vous ignore et pourtant vouloir être à ses côtés pour toujours. Dans la tristesse, la solitude ou la douleur. Ne pas savoir quoi lui dire tout en désirant ne lui parler rien que pour entendre le son de sa voix. Aimer sa présence, ce qu'elle est corps et âme! De tout son cœur, on l'aime, et rien d'autre ne compte à nos yeux. Il s'arrêta en croisant le regard profond de l'autre simili. Il observa ensuite plus judicieusement le numéro sept.
-Qu'est-ce que tu as?
-Euh... Balbutia Saïx en relâchant des milliers de grains de silice. Ce n'est rien. Finit-il par dire en essuyant sa main sur sa veste.
Il se rendit compte qu'il avait toujours sa jumelle posée sur l'épaule de Zexion, mais comme celui-ci avait la sienne posée dessus, il n'osa pas la retirer.
-Et... continua Saïx après un long moment de silence, les yeux fixés sur ceux du plus jeune, incapable de briser leur échange. Ces livres, que t'ont-ils appris d'autre sur... L'amour? Chuchota-t-il comme si ce mot était interdit, et il se surprit à sentir ses joues devenir brûlantes. Il leva une main pour la poser sur sa peau et se demanda pourquoi elle était chaude alors que le soleil était couché.
Zexion oscilla la tête lorsqu'il aperçut Saïx faire ce geste. Voyant qu'il avait laissé l'homme perplexe pendant un moment, il se sentit libéré d'un poids. Il n'avait pas tout avoué, mais il se sentait déjà mieux. Saïx avait un comportement qui lui était similaire, mais avait dû l'écouter avec attention pour qu'il lui demande encore des choses. Il remua machinalement les doigts de sa main libre, il avait de plus en plus de mal à garder une respiration régulière.
-E...Et bien... Je ne connais ces choses que théoriquement, il insista lourdement sur le mot, mais... hum... Il prit un teint cramoisi. Quand on aime quelqu'un, on a des gestes naturels avec cette personne. Pas seulement l'aider tout le temps mais... On aime l'enlacer, toucher sa peau, caresser ses cheveux heu... Enfin, je sais pas ! L'embrasser peut-être... C'est différent de l'amitié. Il y a aussi heu... Non c'est trop difficile à dire ça! J'ai l'impression d'être un professeur, normalement, ces choses sont naturelles, presque instinctives!
-Oh, alors c'est comme dans ces émissions que regarde Vexen, en cachette? Demanda franchement Saïx, les sourcils haussés.
Le Conspirateurs hallucina intérieurement.
- Les acteurs font tous ça, mais à chaque fois avec quelqu'un de différent. Je n'ai jamais trop compris pourquoi, mais maintenant que tu m'as dit tout cela, je crois que ça a plus de sens. Dit Saïx en hochant vigoureusement la tête.
Puis, sans prévenir, il tendit son autre main et effleura la chevelure de Zexion en fixant un point invisible, perdu dans ses pensées. Il ne se rendait pas compte qu'en réalité, c'étaient les lèvres de Zexion qu'il regardait avec autant d'insistance. Assez rapidement, il se trouva à passer les doigts entre les mèches du plus jeune, le décoiffant légèrement mais il s'en fichait. Tout ce qu'il savait pour l'instant, c'était que c'était doux et à la fois agréable.
Zexion plissa les yeux.
Vexen il quoi?? Comment peut-il me demander une chose pareille. Je me sens bizarre Est-ce que je suis malade ou quoi ?! Pourquoi joue-t-il ainsi avec mes cheveux? Et ce regard... à quoi pense-t-il donc en me fixant ainsi. J'ai donc tant peur de le savoir? Sa main effleure mon front et je frissonne... Je ne peux m'en empêcher.
Il ferma timidement les yeux.
-Je t'en prie qu'est ce que tu fais? Enfin, pourquoi le fais-tu serait plutôt la question.
-Pardon? Demanda Saïx en recouvrant ses esprits. Il baissa les yeux sur son jeune compagnon et vit qu'il avait les yeux clos.
Pourquoi a-t-il les yeux fermés? Pensa-t-il, les sourcils légèrement froncés. Qu'est-ce qu'ils font dans ce feuilleton déjà dans ces cas là?
Il retira sa main des cheveux de Zexion et la posa sur la joue du plus jeune. L'illusionniste ouvrit alors les yeux et parut incontestablement décontenancé. Il se mit à genoux face au Devin lunaire qui s'avérait être en plein conflit mental. Il lui prit la main et la rabaissa, mais la garda quand même contre lui. Il battit plusieurs fois des cils et soupira. Il ouvrit la bouche comme s'il allait hurler, pourtant sa voix restait basse mais pas tout à fait pondérée.
-Saïx... Est-ce que tu… Veux bien… M'embrasser ?
Le Devin écarquilla brièvement les yeux en observant le plus jeune. Etait-il sérieux? Il hésita pendant un court instant, mais il était un peu curieux de savoir ce qu'était un baiser, quand on en donnait un. Il avait vu d'autres le faire mais jamais il n'avait eu l'occasion lui-même d'en donner un.
Et qui le lui aurait demandé, après tout? Zexion lui offrait une chance qui ne se représenterait peut-être plus jamais. Imitant ce qu'il avait vu sur l'écran de la télévision de Vexen, il leva sa main libre, la posa derrière le cou du plus jeune et se pencha lentement en avant, les lèvres légèrement entrouvertes.
-Désolé si c'est... Bizarre. Je n'ai pas vraiment l'habitude. Murmura-t-il avant de refermer le peu d'espace qui les séparait encore. Il posa les lèvres sur celles de Zexion et ne sut plus trop quoi faire après ça. Ce contact était vraiment surprenant, et étonnamment plaisant, lui à qui on n'avait jamais vraiment porté de genre de tendresse.
Le sixième sentit son cœur faire un bond énorme dans sa poitrine. Même si ce n'était pas tout à fait parfait, il pouvait ressentir quelque chose dans ce baiser. C'était incroyable, nouveau, et c'était vrai spécial. Mais totalement indescriptible. Il se laissa donc faire un instant, et voyant que Saïx restait assez paralysé, il plaça également sa main sur la nuque de son vis-à-vis, puis se redressa pour approfondir leur baiser. Certes, il ne savait pas trop comment faire, mais son corps se mouvait seul car l'envie était, elle, bien là.
Au bout de quelques secondes, il s'écarta légèrement, un peu à bout de souffle, respira profondément et fixa l'homme. Il lui sourit, sans remarquer qu'il pleurait à moitié
-Qu'est-ce qu'on vient… De faire là?!
Saïx observa les larmes qui coulaient le long des joues de Zexion et il se pencha à nouveau pour les tarir en lui donnant de doux baisers.
-Je suis désolé si ce n'était pas ce que tu attendais. Marmonna le plus grand, l'air contrarié. Il voulait vraiment faire plaisir au plus jeune et finalement, il l'avait fait pleurer tant il avait été mauvais. Pourquoi cela semblait aussi simple quand il regardait faire d'autres personnes? Il n'était pas satisfait du tout. Tant qu'il ne verrait pas Zexion sourire après qu'il l'ait embrassé, il recommencerait jusqu'à ce que le plus jeune soit satisfait, lui aussi.
Saïx embrassa Zexion à nouveau, cette fois en y mettant tout son être, toute son âme et il se sentit bien plus confiant cette fois et laissa son corps agir à sa guise.
Le jeune simili fut un peu pris de cours. Notamment parce qu'il n'avait pas tout à fait repris son souffle. Saïx avait assez vite trouvé de l'assurance, mais bon, c'était quand même un homme adulte après tout, et beaucoup moins craintif que lui. Voyant que le simili insistait dans leur échange, Zexion desserra les jambes, si bien que son compagnon se retrouva collé à lui. Il mit fin au baiser lorsqu'il sentit à nouveau l'air lui manquer. Il toussa même en étouffant un rire, essuya les dernières larmes d'un revers de manche avant d'enlacer le septième.
-C'était, c'était vraiment bien Saïx, mais tu pourrais attendre que j'ai repris mon souffle avant de m'embrasser à nouveau.
Saïx baissa les yeux vers son jeune compagnon, un sourcil haussé en le voyant se tenir si près de lui, mais il était aussi rassuré de voir qu'il avait réussi à faire plaisir à Zexion.
-Désolé. Murmura-t-il en levant une main pour la poser sur la tempe du jeune simili pour jouer avec quelques mèches de cheveux. Il sourit timidement, enserrant le numéro six et posa le menton sur le sommet de son crâne et soupira de contentement.
Le jeune homme cala sa tête sur le torse de son compagnon, écoutant les battements modérés de son cœur. Il ne voulait plus quitter cette étreinte. A ce moment précis, il se fichait pas mal de l'Organisation ou de tout ce qui pourrait lui arriver. Qu'il soit simili ou non, le reste importait peu, sauf Saïx.
-Ne t'excuse pas, je pleure parce que je suis ... Emu. Pff, je deviens trop émotif... Au moins, je crois que j'ai trouvé la réponse à ce que je cherchais depuis un bon moment, alors qu'elle était pourtant sous mon nez.
L'homme réfléchit un instant. De quoi parlait Zexion, au juste? Il lui posa franchement la question, pour en avoir le cœur net.
-Cette réponse... C'était en rapport avec ce que tu m'as dit dans cette salle? Comme quoi, on pourrait avoir un cœur, nous aussi? demanda Saïx sans jamais lâcher son compagnon. Il ressentait cette étrange paix intérieure, lui qui était toujours si nerveux au manoir, là où Xemnas et les autres le surveillaient sans cesse, de peur que sa colère ne se déchaîne soudainement.
Zexion était bien le seul à s'être montré si proche, à ne pas se fier à tous ces préjugés colportés au sein même du manoir. C'était une autre raison pour le devin de vouloir se rapprocher un peu plus de ce jeune homme envers qui il était infiniment reconnaissant.
Le sixième lâcha un rire nerveux.
-Oui et non, je n'ai pas envie que tu me prennes pour un idiot. Il est vrai que j'ai toujours voulu me persuader que j'avais un cœur pour ne plus suivre les ordres de l'Organisation, mais même sans cela, je ne me trouvais pas de but. Aujourd'hui... J'ai trouvé quelque chose. Je sais que j'ai un cœur parce que... Parce que... Il ferma les yeux et dit d'une voix faible. Oh non, je ne peux pas dire ça, je n'arrive pas à le dire. C'est si... Je suis parti de rien pour arriver à cela... Hm… Pourquoi tout est simple seulement dans les livres?
Saïx médita un instant et prit un peu de distance afin que Zexion puisse se retourner pour le regarder quand il allait répondre.
-C'est sûrement parce que... Commença-t-il, encore incertain de ce qu'il allait bien pouvoir répondre. Hm, eh bien, je pense que tout est rendu parfait dans les livres. Quand on regarde ce qui nous entoure. Il leva les yeux et regarda tout autour de lui. A quelques mètres d'eux, une vieille canette avait été abandonnée sur la plage. Il fronça les sourcils. Quand on observe le monde en général, on se rend compte qu'il est loin d'être aussi parfait qu'on ne le pense. Dit-il enfin. Le monde et ceux qui l'habitent. Nous en sommes la preuve vivante. Termina-t-il, une once de rancœur dans la voix.
-Ne dis pas des choses aussi déprimantes... J'ai déjà du mal à accepter le fait que je ne sois que la moitié de quelqu'un. Peut-être pas un parfait humain, mais… Un parfait simili ? Et dans les livres, on n'est pas obligé de regarder la fin. On n'est pas obligé de croire ce qui s'y passe car cela est fictif. Les histoires aussi ne sont pas toutes parfaites, elles ne le seront jamais pour tous. Il lâcha les bras le long de son corps en soupirant. Ce que je veux dire c'est... Si la réalité ne nous est pas parfaite, à nous de la changer. En tout cas, pour le moment, je crois que c'est ce que nous sommes en train de faire...
L'homme plongea son regard dans celui du plus jeune, y cherchant une réponse plus claire, mais il ne trouva rien. Il poussa un bref geignement et se gratta la nuque avec nervosité.
-Tu as raison. Admit-il à voix basse.
C'était agréable d'être là, avec Zexion, au calme. C'était un grand changement et c'était plus que bienvenu. L'homme crut comprendre qu'il n'était pas le seul à avoir eu cruellement besoin d'un tel changement. Le Zexion avec qui il parlait en ce moment même était loin d'être le même que celui qu'il pensait avoir connu jusqu'alors. Il se dit que lui aussi devait être bien différent du Saïx que les autres similis percevaient habituellement.
-Tu es le seul à savoir tout ça, le fond de ma pensée, je veux dire. Dit le Devin en tournant la tête pour regarder les vagues, incapable de croiser le regard du plus jeune, étonnamment.
Zexion posa sa main sur le maxillaire gauche du numéro sept afin que celui-ci ne le quitte pas des yeux... Le jeune homme paraissait dans un meilleur état d'assurance que précédemment. Il lui sourit.
-Et bien Devin lunaire, j'espère que personne d'autre ne saura jamais cela, j'aimerais être le seul. S'il n'y a qu'avec moi que tu es ainsi, j'en suis vraiment heureux. Pire, je crois que rien ne me fera plus plaisir que de rester avec toi. Je... Il serra les poings. C'est peut-être ça, voilà comme dans ces contes, il suffirait que je te le dise. Hmpf... Saïx, je ne suis peut-être rien, mais c'est bizarre, avec toi, j'ai la sensation de vraiment exister. Je t'aime. Ce sont ces mots interdits, mais ils ne sont ni plus ni moins que la vérité.
-Alors c'est à ça que ressemble l'amour. Interrogea le plus grand dans le vide, tout en posant une main sur la joue de Zexion pour la lui caresser tendrement. Se sentir bien quand on est avec cette personne, se confier aussi ouvertement, se sentir en paix avec soi-même... C'est donc ça, « aimer »? Demanda Saïx. Si c'est bien le cas, alors c'est que moi aussi, je t'aime. Il fronça légèrement les sourcils, visiblement perturbés par ses propres paroles. Ca fait une drôle de sensation de dire ça, mais je sens, juste ici - Il posa son autre main sur sa poitrine, juste sur son cœur. Que ce ne sont pas des paroles en l'air.
-Hm... Tu as raison, c'est étrange, mais ça me plait bien. J'ignorais moi-même que la jalousie pouvait mener à un tel sentiment. Ou peut-être que je t'aime depuis toujours. Je crois que c'est un peu difficile pour moi pour le moment. Avoua l'autre en se massant les tempes un instant. Et maintenant, qu'est-il censé se passer? Que devrions-nous faire? Si nous rentrons, nous... Je vais sans doutes être changé en reflet ou tué... Je... Mais je n'ai pas envie de rentrer, j'aimerais que l'on m'oublie, mais je me suis déjà engagé dans un système infernal sans issues possibles où tu es ma seule lumière.
-Nous ne pouvons pas rester ici indéfiniment. Répondit le Devin en opinant lentement. Ils finiraient par nous retrouver. Le mieux serait de trouver un endroit que personne ne connaît, un endroit plus sûr. Il fixa Zexion du regard. Mais pourras-tu supporter de devoir fuir sans cesse? Ca risque d'être assez éprouvant. Murmura-t-il. Il prit une petite inspiration. Dans tous les cas, tu ne seras plus seul. Je resterai avec toi, quoi qu'il arrive. Promit Saïx en prenant la main de Zexion dans les siennes. Tu es le seul à me permettre de me raccrocher au peu de sérénité qu'il me reste. Si tu pars maintenant, je crois que je deviendrai définitivement fou... Et vide. Ajouta-t-il, ses yeux toujours fixés sur ceux de Zexion. En attendant de trouver un meilleur endroit, on peut rester ici encore un peu. Je n'ai pas vraiment d'idées pour l'instant.
Le numéro six regarda vers la mer puis l'horizon qu'il discernait avec peine. Partir, beau rêve en effet, mais où? Il savait qu'il était trop tard pour faire marche arrière. Ils devraient rentrer puis servir leur maître jusqu'à ce que le porteur de la Keyblade n'interfère trop dans leur plan et qu'un nouveau combat s'engage entre ceux des ténèbres et ceux de la lumière. Mais dans la mort, trouveront-ils la paix? Rejoindra-t-il son ancien hôte, lui ?
Il se prit à avoir des idées de liberté. Il n'y avait que peu de similis humains, mais pourtant, il n'y avait pas de place pour eux dans tous les mondes. Zexion ne voulait pas être quelqu'un d'autre, vivre dans la crainte de mourir pour finir réabsorbé. C'était peut-être son ultime vie.
-Ienzo... Marmonna-t-il. Puis il reprit d'une voix plus forte. Oui, tu as raison, nous devrons rentrer au manoir, mais toi, tu devras sans doute rentrer à Illusiopolis pour quelques temps. Toutefois, j'aimerais bien rester encore ici.
-Si tu veux. Agréa Saïx, le regard droit devant lui, fixant l'horizon et la lune qui les éclairait d'une lumière douce. Il ne dit plus un mot et passa le reste du peu de temps que lui et son compagnon pouvaient passer ensemble dans le silence le plus complet. Bientôt, ils devraient retourner au manoir et, même s'il ne le montrait pas, le Devin appréhendait assez ce retour. Xemnas aurait-il eu vent de leur escapade? Les détruirait-il? Il préféra ne pas y penser et profita de ces quelques instants de repos.»
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Zexion, qui somnolait à moitié dans les bras de son compagnon, ouvrit un œil lorsque les rayons timides de l'aube virent lui chatouiller le visage. Il pencha la tête en arrière pour regarder Saïx et sourit. Même s'ils savaient qu'ils devaient rentrer, cette nuit avait été pour lui sûrement le plus beau moment de sa courte vie. Et il se fichait donc pas mal du reste. Sauf peut-être rester en vie pour rester auprès du septième.
«Il faut y aller maintenant. Dit-il d'une voix calme.
Saïx observa lui aussi Zexion et sourit timidement. Il hocha brièvement la tête et aida le plus jeune à se relever. Il ouvrit un portail et, à pas lents, tous deux retournèrent au manoir sans rien dire de tout le trajet, de peur de briser l'harmonie qui régnait entre eux à cet instant.
Ils étaient revenus aux alentours de la bibliothèque et tout semblait aussi désert qu'il ne l'avait laissé. Zexion se demanda s'il ne ferait pas mieux de retourner dans sa cellule, mais si on avait remarqué son absence, il aurait passé pour un idiot. Il tourna la tête plusieurs fois, mais les couloirs immaculés étaient toujours dépeuplés. Mais Zexion ressentait les ténèbres.
-Etrange, je pensais que l'on nous chercherait... Il ouvrit la porte de la bibliothèque puis fit quelques pas.
-Enfin de retour? Fit une voix glacée derrière lui qui délogea les lieux. Zexion se retourna derechef et aperçut Marluxia dans son dos, et la lame de sa faux s'était glissée juste sous son cou. Le sixième se crispa.
-Finalement vous êtes revenus on dirait, Saïx... Il pencha légèrement la tête en avant pour le saluer. Allons bon, heureusement que Xemnas avait prévu cette éventualité et m'a dit de ne pas le tuer.
Saïx ne rendit pas le salut de Marluxia et se contenta de lui jeter son regard le plus noir.
-Vraiment? Pourquoi le menacer, dans ce cas? Demanda-il froidement en désignant la faux. De tous, Marluxia était celui que Saïx méprisait le plus. Il était difficilement prévisible et vicieux. Il n'hésiterait certainement pas à abattre l'un de ses "compagnons" si cela pouvait lui apporter un quelconque intérêt. Le Devin, voyant que l'homme aux cheveux roses menaçait encore le plus jeune, posa une main sur la lame aiguisée et la tira tout juste assez pour que Zexion puisse se libérer.
Marluxia soupira puis repoussa le numéro six dans les bras du Devin. Il reposa la faux sur son épaule.
-Ca m'amuse. Avoua-t-il avec un sourire cruel et pour le coup, Saïx se retint de se jeter sur l'Assassin. Dire qu'il me faudrait moins d'une seconde pour signaler votre présence, enfin. Bon Saïx, on m'a... Dit de te dire que tu devais rentrer à Illusiopolis pendant les quatre prochains jours. Après tout, même si tu es un traître, tu es toujours le bras droit de notre chef. Chef qui sera ravi de savoir que le prisonnier que tu as libéré est rentré au bercail avec toi. Enfin, ces choses là me paraissent vraiment stupides. Nous sommes des similis.
Zexion baissa les yeux et souffla au Devin;
-Je ne veux pas que tu aies des problèmes à cause de moi alors accepte...
-Bon alors toi, Zexion, tu seras toujours de mission pour le mois à venir. Reprit leur ennemi. Cette punition me paraît bien légère, enfin... Je ne vais pas reprocher au Supérieur d'être trop… Laxiste !
-Ne t'inquiète pas pour moi, Murmura le plus grand à Zexion en posant une main dans le bas de son dos, sans que Marluxia ne s'en rende compte. Je suppose que je suis attendu, continua le Devin. Je ne vais pas traîner ici plus longtemps.
Il se pencha pour chuchoter à l'oreille du stratège : Fais attention à toi. Je ne lui fais absolument pas confiance. Confia-t-il avant d'ouvrir un nouveau passage. Il aurait voulu rester mais les ordres étaient les ordres. Il avait désobéi une fois et il avait eu de la chance de s'en sortir indemne. Il ne faisait aucun doute que cela ne se produirait pas une seconde fois.
Le numéro sept traversa le portail et laissa Zexion seul, non sans une pointe de regret.
Ce-dernier se mordit la lèvre, voyant son compagnon disparaitre dans les ténèbres. Puis il serra une main contre sa poitrine, les yeux fermés. Avec l'impression qu'on venait de lui arracher une partie de son cœur.
-Allez, fais pas la tête, Zexy, tu ne devrais pas être triste. Tu ne dois pas être triste normalement. Qui, dans l'Organisation, se soucie de cette brute ? Le numéro six se retourna en dédaignant l'homme du regard. Celui-ci parut légèrement troublé et resserra ses doigts autour de son arme.
-Je crois que tu n'as pas assez de cran pour me tenir tête, sale rat de bibliothèque! Gronda-t-il. Mais avant qu'il n'ait pu l'insulter de nouveau, se fut sa propre faux qui menaçait sa carotide. Il resta hagard, son regard hésitant se dirigea vers celui qui tenait la copie conforme de son arme
-Je n'ai pas l'intention de me laisser marcher sur les pieds. Fit Zexion d'une voix cinglante. Il fit tourner la faux et en abattit le manche sur la tête du simili qui s'effondra. Puis il leva les yeux. Sa propre force venait de le surprendre, mais il savait, quelque part, à quoi c'était dû. Le sixième sortit de la pièce, un sourire aux lèvres en mettant sa capuche.»
Saïx, j'aurais aimé que tu voies ça. Tu vas me manquer, mais je ne vais pas me laisser faire, je te le promets...
Marchant dans les couloirs plongés dans la pénombre, on aurait pu croire à la Mort qui glissait furtivement sur les secondes silencieuses de la nuit…
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