Titre : Quand l'amour est plus fort que la haine

Disclaimer : On vous le rappelle, rien ne nous appartient ici excepté l'histoire et les OC.

Rating : M

Catégorie : Famille et Angst

Bêtas correctrices, auteures et lectrices : Sheilaellana / Kwycky / Dustin Potter Hoffman Snape / Lilipbdlgb69

Idée initiée par : Dustin Potter Hoffman Snape

ATTENTION : Cette fic peut contenir des passages violents, grossiers, choquant et ne convient donc pas aux âmes sensibles. Aussi on est giga fan de Yaoi/Slash/BL, homophobes s'abstenir.

Nous tenons à remercier chaque personnes ayant posté une review, mis cette fiction en alerte ou en favoris.

Pour les non inscrits :

Athina : Voilà ton voeux exaucé !

Yukiodu44 : Merci beaucoup du compliment ! Oui, ce sera une fiction relativement longue :).

Guest : Voilà la suite, justement ! Bonne lecture ;).


Quand l'amour est plus fort que la haine

2

Qui est ma mère ?

« Mon ami, les larmes d'un père coulent souvent en secret. »

Denis Diderot.

— Hey ! Fais moins de bruit, sérieux ! Tu vas réveiller toute la tour !

La voix ensommeillée et agacée de Ron lui fit relever son visage coupé par deux traînées de larmes, les yeux écarquillés. Il avait été tellement bouleversé par la lettre de sa mère – non pas sa mère mais Lily – qu'il avait oublié de mettre en place le sort de silence qui empêchait généralement ses cris de passer au travers de la tenture de son lit.

Il avait aussi omis de fermer ses rideaux, il put donc apercevoir très clairement la moue à la limite du mépris que lui lançait celui qu'il avait pensé être son meilleur ami.

Mais à bien y réfléchir, il se rendait maintenant compte qu'une fois de plus, les bases mêmes de son existence n'étaient qu'un vil tissu de mensonges dans lequel il avait été soigneusement emmêlé par les adultes qui l'entouraient. Alors, peut-être que l'amitié de Ron avait été une pure invention de ce dernier ou une illusion qu'il s'était construite lui-même pour changer du manque d'amis dont il avait souffert avant son arrivée à Poudlard.

Après tout, il avait toujours été étonné d'avoir eu, d'un coup, tant d'amis, alors qu'il venait d'arriver à Poudlard. Et encore plus surpris en comprenant que certains amis étaient dus au fait de sa célébrité. Célèbre pour un truc dont il ne se rappelait même pas, pour un évènement qui avait coûté la vie à James et Lily, pour un acte qui l'avait envoyé à la case « enfer chez les Dursley ».

Durant toute son enfance, à l'école ou dans la rue, on l'avait méprisé, détesté, et tout ça, sans en plus évoquer ses conditions de vie chez les Dursley. Et là, tout d'un coup, dans le monde magique, on riait avec lui et non plus de lui, on appréciait même sa compagnie. Est-ce que cela avait été aussi un mensonge ? Était-ce pour cela que maintenant, une fois les masques tombés, il ne restait plus que les regards dégoûtés et cruels braqués sur lui ?

Il essuya, d'un revers de manche, les larmes qui tombaient encore, baissant la tête pour éviter le regard de son ancien ami en réprimant un sanglot de sa main à la seule pensée qu'il ait pu se fourvoyer là-dessus aussi, comme il s'était trompé sur l'identité de ses véritables parents.

Parents dont l'un l'avait abandonné et l'autre lui était encore totalement inconnu.

Qu'avait-il donc fait pour mériter ça ? Était-il destiné à être malheureux toute sa vie, tandis que les autres vivaient heureux, entourés par l'amour de leur famille ? Pourquoi n'aurait-il pas le droit de prétendre à ce bonheur ? Il avait dû commettre des actes terribles dans une autre vie pour être ainsi maudit.

D'un mouvement violent de la main, il rabattit les tentures de son lit, le cachant de la vue de tous. Il lança un sort qui empêchait quiconque de le déranger et un autre qui assurerait qu'aucun son ne passerait la barrière que formaient les larges tissus de velours rouge.

Malgré ces précautions, il enfonça de toutes ses forces sa tête dans son oreiller pour étouffer le cri de rage et de douleur qu'il poussa et s'étouffa légèrement.

Il ne savait plus où il en était, il ne savait plus quoi penser, ce qu'il devait croire ou pas. Il avait pourtant voulu si fort que ses parents l'aient aimé, qu'ils n'aient pas stupidement pris la voiture pour en finir parce qu'ils n'en pouvaient plus de le supporter comme le lui avait répété sa tante de si nombreuses fois.

Elle lui avait murmuré vicieusement ces mots tout au long de son enfance. Elle lui avait susurré des paroles cruelles pour lui faire comprendre qu'il était une erreur, qu'il n'avait jamais été voulu, qu'il ne valait absolument rien, qu'il ne devrait pas exister et que s'il n'avait pas été là, Lily et James seraient encore en vie. Que tout le monde serait bien plus heureux sans lui.

Et il avait cru aux paroles de sa tante. Comme ses voisins de Privet Drive, il avait pris comme vérité chaque mot qui était sorti de la bouche de ses relatifs moldus parce qu'à l'époque c'était la seule vérité qu'il connaissait. À cette période, il n'était même pas Harry, il était seulement le garçon sous l'escalier, le fardeau que les Dursley avaient bien voulu recueillir parce que personne n'avait voulu de lui. Il était l'enfant qui profitait de la générosité de ses tuteurs. L'anormal qui faisait honte à tous et apportait le malheur sur les autres, disait la population environnante. Et bien sûr, il n'avait pas su son véritable prénom avant d'entrer à l'école primaire, n'ayant l'habitude que des « garçons » ou « monstres » dont l'avait affublé sa ''famille''.

Puis Hagrid était arrivé, il avait fait apercevoir au garçon mal-aimé, qu'il était autrefois, un tout autre avenir sans corvées, sans engueulades, sans matelas miteux dans le placard sous l'escalier et lui avait raconté une autre version de son histoire : il était un sorcier, ses parents étaient morts pour le protéger, ils l'avaient profondément aimé, jusqu'à ce que Voldemort ne les tue.

Et combien même Lily et James – il se refusait maintenant à penser à eux en tant que parents – l'avaient aimé comme leur propre enfant, ils n'étaient pas ses parents.

Snape était son père. Et pour une raison encore très floue, il n'avait pas voulu s'occuper de lui, l'élever. Aussi, il avait laissé cette charge à sa meilleure amie. Il n'avait pas voulu de lui et ne l'avait jamais désiré tout comme les Dursley. À aucun moment dans son enfance, le professeur des potions n'était venu pour voir comment il allait. D'ailleurs, d'après la lettre de Lily, il n'avait jamais essayé de le revoir ni même de prendre des nouvelles de lui, comme s'il n'en valait pas la peine.

Alors tante Pétunia avait en partie raison après tout. Peut-être qu'on ne pouvait pas l'aimer, qu'il était réellement un monstre aux yeux des autres et qu'il devait payer pour la mort des Potter.

Il finit par s'endormir, très tard dans la nuit, après avoir versé toutes les larmes de son corps.

Le lendemain matin, il se réveilla un peu plus tard que les autres et constata avec grand regret que Ron n'avait même pas daigner le réveiller. Il se rendit dans la douche et se dépêcha pour ne pas arriver en retard au cours de métamorphose. Il n'avait pas eu le temps de prendre son petit-déjeuner et s'était directement rendu en salle de classe où une place lui avait été réservée par sa meilleure amie.

— Une minute de plus et tu arrivais en retard, murmura Hermione à ses côtés.

Il marmonna simplement en réponse à la jeune fille et riva son attention sur le professeur McGonagall. Il écouta les premières minutes du cours avant de dériver dans ses pensées. Il était en train de relire dans sa tête les lettres de Lily. Chacun des mots de la femme était comme un coup de poignard pour lui car il avait la preuve qu'il était un enfant non désiré, la preuve que son propre père n'avait jamais voulu de lui.

— Monsieur Potter ! l'interpella sèchement le professeur de métamorphose.

Il sortit brutalement de ses pensées et leva les yeux vers McGonagall qui semblait désapprouver son manque d'attention.

— Vous ne venez pas à mon cours pour rêvasser, monsieur Potter, dit-elle d'un ton sévère. Cinq points en moins pour Gryffondor.

Les élèves de Serpentard ricanèrent dans leurs mains tandis que ceux de Gryffondors lui envoyèrent des regards menaçants, et pour d'autres, des regards chargés de haine.

Il avait fait perdre énormément de points à sa maison hier lorsqu'il s'était retrouvé dans les appartements de Snape, à fouiller dans ses affaires. Et comme s'il n'avait pas déjà assez de problèmes ainsi, la date de la première tâche se rapprochait inexorablement. De plus, il devait rencontrer Sirius dans moins d'une semaine. Sirius, devait-il encore le considérer comme son parrain après la terrible découverte de la veille ? Il ne savait plus.

— Professeur, je ne me sens pas bien. Pourrais-je aller à l'infirmerie, s'il vous plaît ? demanda-t-il, la voix éraillée.

McGonagall parut un instant surprise par la demande de son élève. C'était la première fois que le survivant souhaitait aller à l'infirmerie sans qu'il n'y soit contraint et elle devait admettre qu'il lui paraissait bien pâle, tout d'un coup.

Elle acquiesça et Harry se mit aussitôt à ranger ses effets.

— Miss Granger, accompagnez-le.

— Bien, professeur.

Hermione n'avait aucune envie de manquer un quart d'heure du cours mais pour son meilleur ami, elle était prête à délaisser ses études pour quelques heures. De plus, elle voulait savoir ce qui n'allait pas chez Harry depuis ce matin.

Elle accompagna Harry et marcha à ses côtés tout en le détaillant, à la recherche d'un quelconque indice qui pourrait la mettre sur une piste.

Harry était silencieux depuis qu'ils avaient quitté la classe de métamorphose. Il était comme ailleurs, perdu dans ses pensées

— Harry ?

— Hum ? marmonna-t-il d'un ton distrait.

— Harry !

Elle arrêta de marcher et retint le gryffondor pour qu'il puisse en faire de même. Elle posa sa main sur le front de son ami pour prendre sa température. Il avait un peu de fièvre mais rien de bien alarmant.

— Qu'est-ce qui ne va pas ? l'interrogea-t-elle. Ron et toi vous êtes encore disputés ?

Harry secoua la tête. Si ce n'était que ça.

— Qu'est-ce qui se passe ? Tu peux me parler, tu sais. Tout ce que tu me diras restera entre nous, si tu le souhaites.

Il lança un regard hésitant à la brune. Pouvait-il seulement se confier à elle ? Il ne s'agissait pas simplement de lui dans l'histoire. Il savait qu'il pouvait faire confiance à Hermione. Elle le lui avait prouvé à maintes reprises. Là n'était pas la question.

Était-il seulement capable de révéler à Hermione ce qu'il avait appris la veille dans les appartements du professeur de potions ? Comment prendrait-elle la nouvelle ? Serait-elle dégoûtée d'apprendre qu'il était le fils du bâtard graisseux ?

Tout cela était si soudain. Il n'avait pas vraiment eu le temps d'y réfléchir. Il était perdu et nageait complètement dans le brouillard sans savoir où aller.

— Harry, fit la jeune fille d'une voix douce. Je serai toujours là, quoi qu'il arrive, tu m'entends ? Qu'importe ce qui se passera, je serai toujours là.

Harry regarda sa meilleure amie, ahuri. C'était comme si elle venait de lire dans ses pensées. De toute manière, avec Hermione, il avait toujours cette impression. Elle le connaissait si bien que c'était comme si elle faisait partie de lui. Elle était comme un prolongement de lui-même, cette partie qui restait toujours consciente et qui l'empêchait de sombrer.

Hermione était comme la sœur qu'il n'avait jamais eue, comme une jumelle qu'il avait peut-être eu dans un passé lointain.

— Snape est mon père, lâcha-t-il, telle une bombe à bouse.

Hermione n'eut aucune réaction, aucune émotion ne trahit ce qu'elle pensait dans sa petite tête. En fait, elle n'avait aucune réaction parce qu'elle avait arrêté de penser à l'instant où Harry avait dit que le professeur Snape était son père.

Elle cligna une fois des paupières, reprenant conscience avec la réalité. Puis battit à nouveau des paupières et écarquilla brusquement les yeux, stupéfaite.

— Qu'est-ce que tu racontes ? demanda-t-elle, perplexe.

— C'est la vérité, Mione, Snape est mon père et crois-moi que ça me fait horriblement mal de le dire.

Hermione fut éberluée par cette nouvelle. Elle demanda au garçon d'amples explications pour mieux comprendre la situation et Harry entama son récit des évènements de la veille. Hermione l'écouta sans lui couper une seule fois la parole.

— Tu sais tout, finit-il.

— Harry James Potter, ébaucha-t-elle.

Harry sut à l'instant qu'il allait se faire sermonner par sa meilleure amie.

— Sais-tu que tu aurais pu te faire renvoyer pour ça ? poursuivit-elle.

— Si je n'avais pas été dans ses appartements, je n'aurai peut-être jamais su la vérité, répliqua-t-il, irrité.

— Quoi qu'il en soit, Snape est un professeur et tu n'aurais jamais dû t'introduire dans ses appartements, encore moins pour y fouiller dans ses affaires. C'est contraire au règlement, Harry.

— Ce qui est contraire au règlement, c'est de mentir à son fils pendant toutes ces années. Ce qui est contraire au règlement, c'est d'avoir lâchement abandonné son fils. Ce qui est contraire au règlement c'est de haïr son propre enfant sans aucune raison valable ! hurla Harry, énervé.

Des larmes se mirent à rouler sur les joues du lion et il s'en voulut de paraître aussi faible devant sa meilleure amie.

Hermione se radoucit et s'approcha d'Harry pour le prendre dans ses bras. Elle se doutait un peu de ce qu'il devait penser à l'instant. Elle l'étreignit fortement dans ses bras et déposa de temps à autre des baisers dans sa chevelure d'ébène, le réconfortant autant qu'elle le pouvait.

— Il n'a jamais voulu de moi, Mione, pleura Harry.

C'était étrange d'éprouver autant de peine à cause d'un homme qui avait passé trois ans de votre scolarité à vous haïr avec une telle intensité que vous n'étiez pas sûr de lui rendre la pareille.

Il savait qu'il ne devait pas pleurer à cause de la chauve-souris des cachots, mais il était incapable de faire autrement. Aussi douloureux soit-il de l'admettre, Snape était son père et il n'avait jamais voulu de lui. Les lettres de Lily le prouvaient sans aucun doute.

Il aurait nettement préféré avoir des parents morts qui l'aimaient, plutôt qu'un parent en vie qui le haïssait avec ferveur depuis qu'il avait onze ans.

Hermione le garda ainsi jusqu'à ce qu'il se calme un tout petit peu et qu'il cesse de sangloter. Elle rompit son étreinte et remit un mouchoir au jeune garçon.

— Merci, marmonna-t-il.

Hermione sourit simplement avant de pousser un profond soupir. Elle ne savait trop quoi dire au garçon pour le rassurer, pour apaiser sa douleur. Pour la première fois dans son existence, elle n'avait pas de réponses aux questions que se posait son ami et elle n'était même pas sûre d'être en mesure de pouvoir l'aider.

Cette fois-ci, cette histoire ne concernait qu'Harry et leur professeur de potions. S'il voulait avoir des réponses, il devrait s'adresser à l'homme.

— Sais-tu qui est ta mère ? le questionna-t-elle.

Harry secoua la tête.

— Non, Lily n'en parlait pas dans les lettres que j'ai pu lire, dit-il.

— Tu devrais lui parler, Harry, conseilla-t-elle.

— Et lui dire quoi ? ragea le gryffondor. Ce type m'a abandonné chez sa meilleure amie et il m'a caché pendant toutes ces années qu'il était mon père ! Que veux-tu que je lui dise, Hermione ? Que je le remercie de m'avoir laissé aux mains des Dursley ? D'avoir fait de mon enfance un enfer permanent ? D'avoir été un lâche et de n'avoir pas su prendre ses responsabilités ? Que veux-tu que je dise à un sale type comme lui ? Que c'est un enfoiré de première et que j'aurai mille fois préféré qu'il crève ? Que veux-tu que je dise à ce bâtard ? Que c'est un gros connard et qu'à cause de lui, je n'ai pas pu avoir de père ? Hein ? Dis-moi, Mione. Que dois-je lui dire ? explosa-t-il.

Hermione fixa un point derrière l'épaule de son meilleur ami et devint subitement verdâtre. Elle lança un regard à son ami qui continuait de pester contre le maître des potions tandis qu'Hermione essayait difficilement de lui faire comprendre quelque chose d'important.

— Qu'est-ce qui t'arrive ? demanda-t-il.

Hermione ne répondit pas et continua de fixer le point par-dessus l'épaule du brun. Harry ressentit comme un souffle glacial caresser légèrement sa nuque. Il croisa le regard affolé de la brune et comprit tout de suite ce qui était en train de se passer.

— Il est derrière moi, c'est ça ? déduisit-il.

Hermione confirma par un hochement de tête.

— Je retire vingt points à Gryffondor, déclara la voix grave et basse du directeur de Serpentard. Miss Granger, en classe !

Hermione hésita un instant à laisser son meilleur ami entre les griffes de Snape mais elle finit par se résoudre à retourner en cours.

Snape était peut-être un homme détestable mais il était avant tout le père d'Harry et elle savait qu'il veillait sur son meilleur ami depuis qu'ils étaient à Poudlard. Une raison de plus pour pouvoir laisser Harry aux mains du professeur de potions.

Elle lança un regard désolé à son ami et se dépêcha d'aller en salle de métamorphose avant que McGonagall ne finisse par se douter de quelque chose. Elle était censée accompagner Harry à l'infirmerie et revenir en classe, pas lui tenir la main pendant des heures.

Harry se retrouva tout seul, dans un couloir désert, avec le directeur des serpents.

— Que faîtes-vous dans les couloirs à une heure pareille alors que vous êtes censé être en cours ? l'interrogea Snape d'une voix doucereuse.

Harry renifla de dédain à la question de l'homme. Il n'y avait que Snape pour poser une telle question alors qu'il avait entendu Harry l'insulter il n'y a même pas quelques minutes.

— J'allais à l'infirmerie, répondit-il en se retournant pour faire face au potionniste.

— Encore un mensonge de votre part pour échapper aux cours, n'est-ce pas ? conclut Snape. Vous êtes aussi méprisable que votre père, Potter.

— Ne dit-on pas tel père tel fils ? répliqua Harry d'un ton ironique.

Severus saisit parfaitement l'ironie et ne put s'empêcher de ricaner avec mépris.

— Vous feriez mieux de retourner en classe avant que je ne retire d'autres points à Gryffondor, prévint-il.

— Je veux connaître le nom de ma mère, exigea Harry.

— Auriez-vous oublié tout d'un coup le nom de celle qui donna sa vie pour vous ?

— Vous savez très bien de quoi je veux parler, s'énerva le gryffondor.

— Retournez en classe, Potter.

— Je veux connaître le nom de ma mère. Qui est-elle ? Où est-elle ? demanda Harry en élevant la voix.

Severus grinça des dents et jeta un coup d'œil aux alentours. Si cela continuait ainsi, ce petit imbécile finirait par ameuter toute l'école.

Il lança un regard noir au petit impertinent et passa devant le jeune homme.

— Suivez-moi.

Harry esquissa un sourire victorieux et suivit son professeur de potions dans les cachots de Poudlard. Snape le fit entrer dans son bureau et verrouilla la porte derrière lui. Il lança un sort de silence sur la pièce et alla s'asseoir derrière son bureau, le visage impassible.

— Que voulez-vous savoir, Potter ?

— La vérité, répondit Harry.

— Je suis un serpentard, monsieur Potter, et les serpents ne disent jamais la vérité.

— Alors vous serez une exception à la règle car si vous ne me dîtes pas la vérité, j'enverrai un hibou à la Gazette des Sorciers pour raconter tout ce que je sais à propos de notre parenté, le menaça le gryffondor. Imaginez le scandale que créera une telle révélation dans le monde sorcier. Imaginez les gros titres que feront les journaux de notre monde. Harry James Potter, le survivant du sortilège de mort, le vainqueur de Voldemort serait en fait le fils d'un mangemort, Severus Snape, professeur de potions à Poudlard !

Le regard du maître de potions étincela de rage. Il était pris au piège par l'adolescent et ne souhaitait en aucun cas que cette histoire soit connue du monde public. Il s'était efforcé toutes ces années de garder le secret et ce n'était pas cet idiot de gryffondor qui allait compromettre tous ses plans. Il voulait des réponses ? Soit ! Il les obtiendrait.

— Pose tes questions, siffla-t-il entre ses dents.

— Pourquoi m'avez-vous abandonné ? le questionna Harry.

— Ce n'était pas la question.

— Vous m'avez dit « poses tes questions », rappela l'adolescent. Je les pose alors répondez.

— Lily voulait un enfant, répondit Severus. Question suivante.

— Quoi ? s'écria Harry, effaré. Vous m'avez donné à votre amie tout simplement parce qu'elle voulait un enfant ?!

— Question suivante, monsieur Potter !

— Il n'y aura pas de question suivante tant que vous n'aurez pas répondu sincèrement à ma première question ! s'énerva Harry. Vous ne m'avez pas donné à Lily parce qu'elle voulait avoir un enfant. Vous m'avez abandonné auprès d'elle pour une toute autre raison et je veux savoir laquelle !

Severus se leva brusquement de son siège et plaqua brutalement ses mains sur son bureau, faisant légèrement sursauter Harry.

— Vous exigez ! Que croyez-vous être en mesure d'exiger, Potter ? persiffla Snape. Pensez-vous que la vie est aussi facile que vous le pensez. Qu'il suffit de poser des questions pour obtenir des réponses ? Non, Potter, les choses ne se passent pas ainsi. On n'exige rien de personne et encore moins de moi, monsieur Potter ! Ne pensez pas que je consens à répondre à vos questions à cause de votre minable menace ! Je n'ai pas peur de vous, Potter !

Harry fronça soudainement les sourcils. Il connaissait trop bien le personnage pour savoir qu'il y avait strangulot sous l'eau. Il était soudainement sur la défensive et ne cessait de le nommer par son nom comme s'il se rassurait lui-même qu'il se trouvait en face d'Harry James Potter et non d'une autre personne.

De plus, il venait de remarquer que c'était la première fois que Snape le fixait aussi intensément. D'habitude, il maintenait le regard quelques secondes, pas plus. Jamais plus d'une minute.

— Pourquoi m'avez-vous abandonné ? redemanda-t-il d'un ton qui se voulait conciliant.

— Je ne répondrai pas à cette question.

— Vous m'avez dit de poser mes questions.

— Et je n'ai jamais dit que je répondrai à toutes vos questions, répliqua sèchement le maître des potions.

Harry était en train de perdre patience et il en était de même pour Severus qui n'avait jamais voulu avoir une telle conversation avec le jeune garçon.

C'était bien trop abrupt comme confrontation et il ne s'y était pas préparé. Il n'était pas prêt à faire face au jeune homme pour l'instant et ne le serait sans doute jamais.

Le maître des potions grogna tout au fond de lui, pestant contre la curiosité mal placée des gryffondors.

— Qui est ma mère ? Je veux dire, ma mère biologique, ma vraie mère, précisa le gryffondor.

Severus se rassit dans son fauteuil, laissant planer un moment de silence dans le bureau. Harry attendit nerveusement une réponse de la part de l'homme. Tout son avenir en dépendait presque. Il avait besoin de savoir et de connaître l'identité de celle qui l'avait mise au monde. Et peut-être, demanderait-il à la rencontrer, si elle est encore en vie.

Severus plongea son regard onyx dans celui émeraude du garçon.

— Je suis ta mère.

— Je veux la vérité, Snape ! exigea Harry, excédé.

— Et je viens de vous la donner, rétorqua froidement le potionniste. Vous avez devant vous la personne qui vous a mise au monde, Potter.

— Vous êtes un homme !

— Et nous sommes des sorciers. Les hommes moldus ne peuvent pas être enceints mais les hommes sorciers, eux, ont cette caractéristique.

— Mensonges ! cria Harry.

— Vous vouliez la vérité ? La voilà, votre vérité. Je suis votre mère, Potter.

— Vous mentez, dit Harry en secouant la tête.

Ce n'était pas possible. Snape ne pouvait pas être sa mère. Il racontait n'importe quoi pour qu'il ne sache pas qui elle était réellement. Comment un homme pouvait porter un enfant ? C'était impossible, c'était même contre nature. Snape mentait. Oui, il mentait. Après tout, ne lui avait-il pas dit que les serpents ne disaient jamais la vérité ?

— La vérité ne vous plaît pas, Potter ? le railla Severus. Elle n'est pas à la hauteur de vos attentes ? Il est vrai que pour la célèbre personne que vous êtes, m'avoir pour père est déjà de très mauvais goût, mais alors pour mère, je vois déjà les insultes, et les beuglantes arriver pour cracher leur venin. Auriez-vous préféré une autre personne en particulier ?

Le directeur de Serpentard se leva de son siège et s'avança vers l'adolescent qui ne voulait croire en cette histoire. Il afficha un air dédaigneux, le regard fixé sur Harry qui ne cessait de secouer la tête.

Harry secoua la tête avec frénésie, refusant de croire aux paroles du maître des potions. Il ne pouvait dire vrai. Il ne voulait pas accepter cela. Il fondit en larmes alors que la révélation de Snape le bouleversait affreusement.

— Dîtes-moi que tout ceci n'est qu'un mensonge de votre part, supplia-t-il en larmes. Que vous dites ça juste pour ne pas révéler le nom de ma véritable mère. Je vous en supplie, dites-moi la vérité, vous me la devez bien.

— Vous m'avez demandé la vérité, vous l'avez obtenu.

— Ce n'est pas possible. Vous ne pouvez pas être ma mère. Vous ne pouvez pas. Vous êtes un homme ! Vous êtes…vous…vous ne pouvez pas ! hurla le lion.

Il éclata en sanglots alors que son cœur lui faisait mal. Cela faisait bien plus mal que d'apprendre qu'il n'était pas le fils des Potter. Il souffrait énormément et avait l'impression que sa douleur ne prendrait jamais fin, qu'il continuerait d'avoir mal tout au long de sa vie.

— Pourquoi ?

Severus ne comprit pas la question et jeta un regard interrogateur au jeune garçon.

— Pourquoi m'avez-vous abandonné ? N'ai-je donc jamais compté pour vous ? le questionna Harry.

Il avait besoin de comprendre mais par-dessus tout, de savoir. Il voulait connaître sa véritable histoire. Il voulait savoir qui il était réellement.

— Pourquoi m'avoir mis au monde pour m'abandonner ensuite à votre meilleure amie ? Je veux savoir. Pourquoi ?

— Je ne t'ai jamais désiré. Je n'ai jamais désiré cette grossesse, répondit le maître des potions.

C'était pire que de vivre chez les Dursley. C'était comme si un profond gouffre venait de s'ouvrir sous ses pieds et qu'il s'y était écroulé.

Harry lança un regard à Severus au travers de ses larmes et puisa dans ses dernières forces pour rester debout car il avait l'impression que ses jambes étaient en coton et qu'il s'effondrerait à tout moment.

— Je vous hais, lâcha-t-il. J'aurais souhaité que ce soit vous qui soyez mort ce soir là, au lieu de mes parents.

Le garçon quitta le bureau du maître des potions en courant et fonça tout droit vers la tour des gryffondors.

Severus resta immobile un instant avant de se mettre soudainement à tout casser dans son bureau. Il renversa plusieurs ingrédients sur le sol ainsi que quelques fioles de potions. Il frappa le mur de ses poings, se fichant du sang qui s'écoula entre ses longs doigts, donna des coups de pieds contre son bureau et hurla de rage avant d'aller s'enfermer dans ses appartements.

Il se retira dans sa chambre où il saccagea tout, libérant ainsi toute sa rage, sa haine, sa souffrance ainsi que son désespoir. Il finit par s'effondrer au pied de son lit, les mains ensanglantées. Il se trouvait au milieu d'un bordel sans nom, des larmes glissant lentement le long de ses joues.

Il rampa jusqu'au mur en face de lui et posa sa main sur un endroit bien précis de la maçonnerie. Un passage secret s'ouvrit et il glissa à l'intérieur de la pièce qui n'était autre qu'une chambre d'enfant, plus précisément de garçon.

La chambre était magnifiquement aménagée et comportait tout un tas de jouets qui étaient éparpillés un peu partout dans la pièce. Les étagères étaient remplis de peluches plus belles les unes que les autres. Des grandes, des petites, certaines vertes comme ce serpent ou d'autres bleues comme le dragon, avec ses ailes violettes. Il y avait même un grand lion au pied d'un coffre. Certains tableaux montraient des paysages magnifiques, que ce soit une plage, une forêt, ou bien encore un château trônant dans le ciel. C'était là, une chambre parfaite. Une chambre décorée avec amour. Son regard se fixa sur la photo posée sur le chevet du lit. Il prit la photo et s'allongea sur le petit lit tout en repoussant les peluches qui s'y trouvaient. Il fit quelque chose dont personne ne se serait douté, même pas Harry, il pleura. Silencieusement, mais il pleura. Il garda la photo contre son cœur, les larmes coulant continuellement sur son visage.


En espérant que cela vous ai plu !

A bientôt !

Bises.