Chapter I : It's Only Life

Titre : Ce sont les Sans-cœur

Auteur : Flammula

Genre : UA, romance et fantastique :D Romance parce que si comme moi vous aimez Kingdom Hearts, c'est que vous aimez forcément les histoires niaises. X3

Disclaimer : Sora m'appartient. 'Foudroyée' Bon ok c'est pas vrai Tout est à Square Enix, Tetsuya Nomura-sama (vive lui il poutre) et ses collègues. Et Disney a des droits aussi.

Avertissement : Yaoi à venir alors qui n'aime pas ne commence pas au risque d'être déçu. Au pire vous pouvez quand même lire et m'insulter. (pas comme si je m'en souciais X3)

A mes chers reviewers :

I love you

Merci beaucoup ça m'a fait plaisir et ça m'a même encouragé :3 J'espère que ce chapitre vous plaira aussi. Aimer que le prologue serait dommage :D…mais ça voudrait dire que je suis assez douée pour les prologues XD Au moins ça. Je tiens tout de même à préciser que je mets tout en place dans ce chapitre, alors ça pourra paraître long par moments. Vous m'en excuserez v.v (après si ça se trouve il n'y a que moi qui le trouverai long O.o) Pour répondre à la demoiselle curieuse de savoir quels seront les couples yaoi (ou pas yaoi d'ailleurs ?) je dirais qu'il n'y aura pas vraiment de surprise. Héhé. Ou peut-être que si, au début X3

Note : Plus j'imagine ce que je vais faire par la suite…et plus je m'inquiète de voir une peluche de sans cœur dans ma chambre. Surtout dans le noir quand je ne vois que ses yeux jaunes briller. ¬.¬;

Les titres que je donne aux chapitres sont des titres de morceaux de musique que j'aime particulièrement. Je mettrai à chaque fin de chapitre le nom de l'interprète/compositeur, l'album dans lequel se trouve le morceau (si je le sais)

Pour ceux qui aiment mettre de la musique sur les chapitres, ça peut intéressant. Cela dit, la musique ne correspondra pas toujours au chapitre complet. Je n'y ai pas pensé dans le prologue, mais si vous avez envie de le relire avant de vous mettre à ce chapitre, je l'ai écrit en écoutant « futari no omoi » de Hikaru Nanase, c'est de l'OST de l'OAV d'Angel Sanctuary. Ou « The Song of The Nephilim » de Yasunori Mitsuda dans l'OST de l'épisode I de Xenosaga.

Bonne lecture !

Ce bruit immonde. Ce cri perçant qui vous perce les tympans. Il vous glace d'abord d'effroi et puis fait monter une rage sans nom, de celle qui vient du fond des tripes. Il vous arrache à votre monde idéal, sans soucis et sans l'abruti de service qui se trouve comme par hasard dans le même club sportif que vous. Il est sans aucune pitié. Votre pire ennemi, votre pire cauchemar.

Le réveil matin.

Le seul, l'unique. Celui qui vous oblige à vous lever. Celui qui vous oblige à partir au bagne chaque matin. De sa voix stridente, il répète cette phrase que vous détestez tant : « va à l'école, va à l'école » et ce jusqu'à ce que vous vous décidiez à le taper violemment, l'envoyant ainsi valser à travers la pièce pour atterrir sans grâce contre le mur où il se disloque. Les matins où vous n'avez vraiment pas de chance, la pile reste bien dedans. Gentille fille. Et là vous êtes obligé de vous lever pour aller définitivement lui régler son compte. Enfin…Définitivement jusqu'au lendemain matin.

Oui, comme la plupart des gens, Roxas hait le réveil matin. Sauf que lui, sa haine découle du rôle qu'il joue face à l'appareil : celui de ce mur dont nous parlions un peu plus tôt. Oui, ce mur qui reçoit le réveil à son atterrissage et contre lequel cette invention du démon se démonte. Ce matin encore, il l'a reçu derrière la tête. Ses premiers neurones de perdus de la journée alors qu'il ne l'a pas encore commencée.

« SORAAAA ! Arrête de balancer ce réveil ! »

Cri quotidien étouffé par l'oreiller. De l'autre côté, un grommellement lui aussi étouffé par un oreiller. Dans une famille normale, nous pourrions traduire cette phrase par un « bonjour, as-tu bien dormi ? ». Selon les jours, la formulation peut varier, cependant le sens reste identique, tout comme la réponse qui est donnée : « pas assez ».

Et donc, comme tous les matins, Roxas ne tarde pas à se lever, surtout pour le plaisir de marcher sur le lit de son cousin en même temps que sur le dit cousin dans l'espoir de le réveiller. Ce qui fonctionne assez bien d'habitude, sans compter que c'est extrêmement jouissif.

Ô douce vengeance.

« Debout fainéant.» ajouta Roxas en rassemblant ses affaires.

« Oui, oui. Sinon Riku va nous attendre. » répondit son cousin encore endormi et la tête enfouie dans ses oreillers.

« Riku n'est plus au lycée, réveille toi. »

Un « ah oui, c'est vrai. » plus tard, Sora se rendort tandis que Roxas a disparu dans la salle de bain.

Riku est leur ami d'enfance, plus vieux d'un an. Il habitait la maison d'à côté mais aujourd'hui il est à l'université et vit dans un studio sur le campus. Malgré ce qu'on pourrait croire, la ville est plutôt grande et ils vivent tous à l'opposé de l'université. Avoir un appartement le plus près possible de la faculté facilite bien les choses. Et Riku a opté pour la facilité. Du coup, à cause de leur emploi du temps respectif, les trois amis ne se voient plus aussi souvent et se rabattent sur les weekends seulement.

Quand ils n'ont pas trop de travail. Un certain vide s'est installé dans leur vie de tous les jours, mais à force ils finiraient par s'y faire. Et puis ils se disent que si tout se passe bien, tout redeviendra normal l'année suivante, puisque Roxas et Sora entreront aussi à l'université.

Ils ont encore du temps devant eux avant ça. La dernière année de lycée n'étant pas de tout repos à cause de ses examens de fin d'année, mieux vaut ne pas voir trop loin pour l'instant.

Ca ne fait qu'un mois qu'ils ont repris les cours et déjà on leur parle de ce fameux examen de fin d'année. Les parents encourageant plus ou moins gentiment leurs fils à travailler assez pour ne pas avoir à recommencer l'année suivante, les professeurs donnant leurs conseils certes bienveillants mais pas moins effrayants. C'est qu'ils ont tous tendance à mettre une certaine pression sur le dos des élèves et pourtant leurs intentions de départ sont honorables. Ils n'ont sans doute pas conscience de la panique que peuvent susciter leurs remarques. « C'est dur, il faudra beaucoup travailler. Si vous vous tenez à nos conseils, tout devrait bien se passer pourtant. » Bah voyons.

Roxas fait partie de ces élèves qui s'inquiètent de cette horrible fin d'année. Sora, lui, préfère prendre l'examen final comme n'importe quel autre contrôle. Pourquoi pas ? Mais omettre qu'il y a beaucoup plus d'enjeux et beaucoup moins de chances de se rattraper que pour un contrôle ordinaire, ce n'est pas une mince affaire. C'est d'ailleurs pour cette raison que Sora était le seul à adopter cette méthode pour se rassurer. Il faut dire aussi qu'on a rarement vu plus insouciant.

« Cloud et Naminé ont réussi, alors pourquoi pas moi ? » se dit à haute voix Roxas. Il n'aime pas être comparé à son frère ou sa sœur d'ordinaire, mais formulé de cette manière, ça ne le dérange pas pour une fois.

Tout en continuant à réfléchir bêtement -car c'est inutile de réfléchir à ça- il retourne à sa chambre pour y trouver son cousin encore endormi.

Arrêt sur image.

Sora, pas très grand, un peu gringalet, étalé comme une loque sur son lit, ses cheveux marrons encore plus en désordres, si c'est possible, que d'ordinaire, dort la bouche ouverte, bavant allègrement sur son oreiller.

Roxas, pas très grand non plus, il faut l'avouer, debout à l'entrée de la chambre, est bloqué face à l'image que lui offre son très cher et adoré Sora. Ses yeux bleus grands ouverts, surpris qu'il est de voir que ce flemmard n'a pas bougé d'un pouce. Son pied le démange. Atrocement. Tellement qu'il ne le retient pas lorsque celui se jette sur le flan de Sora pour le pousser jusqu'à le faire tomber du lit.

Le bruit d'une masse qui tombe à terre. Le cri de la mère en bas des escaliers qui prévient que ses enfants vont être en retard en cours s'ils ne se dépêchent pas. Et le blond qui se retient de sauter à pied joint sur le brun, histoire de lui apprendre un peu les lois de la vie.

Mais le dit brun, en grommelant certes, finit enfin par se lever et se dirige machinalement, les yeux à moitié fermés, vers la salle de bain. Roxas le regarde faire sans rien dire, hausse les épaules, soupire et finit de se préparer pour descendre petit déjeuner. Ils seront sûrement encore en retard, ou arriveront tout juste à temps au lycée. Dans tous les cas, Kairi les frappera pour leur apprendre à la faire attendre.

Ah oui…Kairi. Une amie d'enfance, elle aussi. Comme Riku. D'ailleurs, tous deux sont en fait beaucoup plus proches de Sora que de Roxas qui a aussi son propre groupe d'amis. Sora, Riku et Kairi, les trois inséparables. Du moins l'ont-ils été jusqu'au départ de Riku.

Il arrivait parfois qu'il y ait une sorte de rivalité entre Riku et Sora. Elle concernait parfois Kairi. Roxas ne comprenait pas toujours ce qui leur passait par la tête. Kairi est un peu comme la petite princesse du trio, alors que Roxas, Pence et Hayner considèrent Olette à un niveau égal au leur. Et les rivalités vont à d'autres. Cela dit, leur amitié ne diminuait pas. Il en faudrait plus à Sora pour changer d'avis sur une personne qu'il considère comme un ou une amie.

Et donc, ils sont effectivement en retard. Peut-être même plus que prévu puisque Kairi ne les attendait plus, et qu'ils ont dû aller directement en cours. Sora et Roxas n'étant pas dans la même classe, ayant choisi une orientation et des options différentes, ils se sont séparés à l'entrée du bâtiment. Par chance, le cours de Roxas n'a pas encore commencé. Il salue ses camarades et s'assit à sa place, à côté d'Hayner. Tout devant. Pas qu'il ait choisi cette place. Au premier cours de l'année, il était entré dans la salle et avait choisi la première place de libre. Il se trouvait que se soit celle de l'extrême fond du fond de la classe. C'est qu'ils étaient nombreux. La prof avait cru bon d'intervenir sans attendre et en un regard sévère et le ton qui l'accompagne, elle avait envoyé Hayner et Roxas au premier rang. Avant même qu'ils aient le temps d'ouvrir la bouche ou même de commencer à s'installer.

Maintenant il faut faire avec.

Tout en sortant ses affaires et saluant dame Chance de lui avoir évité le retard, il repense à Sora. Il a été étrangement calme sur le chemin et son cousin n'a pas réussi à avoir ne serait-ce qu'un semblant d'explication. Il avait l'air ailleurs, fixant droit devant et avançant par automatisme et parce qu'il connaissait le chemin par cœur et non parce qu'il savait où il allait et dirigeait lui-même ses pas.

Il arrive qu'il parte de cette façon dans ses rêves éveillés, mais en général Roxas parvient à le faire revenir sur terre. Cette fois ci, le blond se surprend à espérer que Sora soit bien allé en cours et ne se soit pas perdu dans un couloir ou même un placard…Qu'il ne soit pas non plus debout en plein milieu d'un couloir en rêvant, planté comme un piquet.

Les instants de zonages intenses made in Sora peuvent être dangereux. Peut-être que Roxas aurait dû l'accompagner.

« Seifer a remit encore ça. »

Il faut un certain temps pour que l'information monte au cerveau. Qui parle ? Qui est Seifer ? Où est-il déjà ?

Roxas se tourne vers la voix qui essaie d'entrer en communication avec lui.

« Quoi ? »

« T'es vraiment dans le coltar ce matin toi, fit remarquer Hayner sans y prêter plus d'attention. Je disais : Seifer se prend encore pour le caïd de Twilight Town. Je sais pas pour quelles raisons, mais il s'en est pris à ton pote Riku & co. »

« & co. ? »

« Je les connais pas…Le fait est, que cet abruti s'est fait casser la gueule. »

« Riku lui a cassé la figure ? » demande Roxas, surpris.

Surpris parce que Riku bien sûr accepte souvent les défis qu'on lui lance, mais ce n'est pas pour des règlements de compte ou pour fermer le caquet d'un gars un peu trop frimeur, et en général ils profitent des Struggles organisés pour le faire. Jamais il n'a « cassé la gueule » à qui que ce soit. Il est très indulgent. D'ailleurs c'est assez agaçant parce qu'en réagissant de la sorte, il parait assez méprisant. Ou super prétentieux.

Roxas sourit.

C'est en partie ce qui fait le charme de Riku. Enfin…peut-être que tout le monde n'apprécie pas non plus cette petite touche d'arrogance. Sora par exemple. La moue qu'il adopte lorsqu'il se fait charrier par Riku en plein élan d'arrogance est quelque chose à voir. Roxas, lui, préfère se contenter de croiser les bras et de le laisser parler.

En fait il n'a jamais affronté Riku lors des Struggles. Et lorsqu'il lui lance des défis, il les refuse. « J'ai pas envie de te taper dessus ou de te ridiculiser. » Il lui ébouriffe les cheveux puis part, mettant ainsi un terme à la discussion. Roxas se sent très sous estimé et mit de côté dans ces cas là. Ca fait d'ailleurs très longtemps qu'il n'a pas retenté sa chance, et il ne le fera sans doute plus. Ca a été bon du temps du collège ces histoires. Ce qui ajoute encore un point pour justifier l'étonnement de Roxas quant à ce que lui raconte Hayner.

« Bon, pas tout à fait, j'exagère dans la formulation. Ce qui compte, c'est que Seifer c'est fait rabattre son claque mer - »

« Reste poli s'il te plaît. »

« Imagine l'humiliation. Son ego a dû en prendre un coup. J'aurais donné n'importe quoi pour voir sa tête, le voir se rouler par terre. »

« Ouais. » fait Roxas avec un sourire. Il imagine ça très bien. Et ça lui aurait fait très plaisir de voir Seifer se faire remettre à sa place. Surtout par Riku.

« Ton idole monte encore plus dans ton estime ? Vu ton sourire… » fait remarquer Hayner en haussant un sourcil.

Roxas tourne son regard vers son ami à la remarque. Il a toujours ce ton de reproche ou suspicieux en parlant de « l'idole de Roxas » en question. Riku n'est pas son idole à proprement parler. Il l'admire c'est tout. Et puis ils sont amis.

« Ca t'est jamais arrivé d'admirer un de tes amis ? » fit-il sur un ton las.

« Non. Tu me fais penser à une fille des fois, c'est assez flippant. »

« Je…j'ai plus envie de discuter avec toi pour le moment. »

« Oh ça va - »

« Vous voulez un café et des croissants avec ? » dit la prof qui vient d'arriver, coupant court à la conversation.

Roxas se rend compte qu'Hayner a une folle envie de répondre « oui » à Miss Heartilly et retient son souffle un court instant. Il le connaît assez pour savoir que ça a sûrement dû lui traverser la tête pour de bon. Fort heureusement son ami arrive à retenir sa pulsion et se met assis pour se préparer à …essayer de suivre le cours. Ca va être dur.

Est-ce qu'il agit vraiment comme une fille des fois ? Hayner dit souvent n'importe quoi, mieux vaut ne pas toujours faire à attention à ses paroles. En tout cas ça n'a pas été le cas l'instant d'avant. Il ne se souvient même pas avoir dit quoi que se soit qui pourrait être aussi ambigu d'ailleurs. Il … n'est pas comme ça. Pas la peine de faire ce genre de remarque. Parfois Hayner peut être vraiment blessant. Et avoir l'esprit assez tordu.

Et c'est de cette manière que Roxas se rend compte qu'il est en train de ne rien écouter au cours. Il se donne une grosse baffe mentale et essaie tant bien que mal de se mettre enfin au travail.

Au déjeuner, Hayner et Roxas sont rejoins par Pence et Olette, ainsi que Kairi et Sora. Sauf que cette fois, Sora n'est pas avec Kairi, ce qui inquiète aussitôt son cousin.

« Il est à l'infirmerie. Mais c'est rien de grave. Il avait vraiment besoin de dormir. »

Roxas fronce des sourcils, inquiet. Alors il avait une bonne raison de s'inquiéter pour Sora ce matin. Décidant qu'il irait le voir avant de retourner en cours, il se met à manger un peu plus vite. Comme ils n'ont pas beaucoup de temps pour l'heure du repas, il faut qu'il en gagne comme il peut.

« C'est pas le seul. Roxas est complètement à l'ouest aujourd'hui. »

« Chest pahs v'ai ! »

« T'es sûr que t'as bien dormi ? » fait Hayner avec un sourire en coin.

Roxas hausse les épaules

« J'ai fait des rêves débiles, ça aide pas. »

Kairi qui semble avoir trouvé ça drôle regarde Roxas avec un sourire qui dit clairement qu'elle attend des détails. Hayner ne la contredit pas, les autres non plus. Roxas hausse de nouveau les épaules.

« Une invasion de grosses fourmis aux yeux jaunes, avec des jambes et des bras, des mains à trois doigts…au lieu des six pattes. Sora et moi on leur tapait dessus avec des clés géantes. On n'a pas trouvé plus original comme arme. On avait l'air d'avoir l'habitude de les voir, mais je vous jure que si j'en croise une en vrai, je pars en courant. Et puis le rêve est parti encore plus en vrille quand Mickey Mouse est entré en scène. »

Eclat de rire général.

C'est vrai que les rêves peuvent être vraiment ridicules. Genre : des baleines immenses avec des dents pointues, capables de nager sur la terre, qui vous poursuivent partout pour vous dévorer. Il y a aussi la version : dinosaures de retour à notre époque et qui font trois fois la taille de ce qu'on nous a dit qu'ils faisaient dans les livres d'histoire et de science. Ou le rêve où l'on perd ses dents les unes après les autres et que ça ne s'arrête pas –sérieusement, on est pas des requins pour en avoir autant. Les rêves où l'on court, court…et faisons du surplace- ce qui est techniquement impossible à moins d'être sur un tapis roulant. Ca a l'air très bête comme ça, mais dans votre rêve, vous ne tenez vraiment pas à vous faire attraper. Pendant qu'on les fait, les rêves ont l'air tellement réels qu'on ne prend rien à la rigolade. Sérieusement, qui n'a pas fait un cauchemar qui l'a réveillé en pleine nuit, paniqué comme jamais. Au final, on se rendort parce que c'était complètement ridicule, et parce qu'une fois réveillé le rationnel nous retombe dessus et nous fait réaliser à quel point les événements que l'on vient de rêver sont improbables.

Parfois, tout de même, nous devrions peut-être y accorder un peu plus d'importance. Qui sait, ça peut vouloir dire quelque chose.

Cela dit, Roxas doute que son rêve où tout est disproportionné (clefs et fourmis) ait une quelconque signification.

« Bon, je vais aller voir comment va Sora, annonce Kairi en riant encore un peu. »

« Je t'accompagne je voulais le voir aussi. »

Roxas fait signe à ses amis et quitte la table en même temps que Kairi. Comme il leur reste encore du temps avant l'heure de reprise des cours, ils ne pressent pas trop le pas. Au début, ils ne disent pas grand-chose, restant l'un et l'autre à penser dans leur coin.

« J'ai entendu dire que Seifer et Riku s'étaient battus » Roxas finit par dire. Kairi hoche la tête. Bien sûr, il sait qu'Hayner n'a pas inventé cette histoire, mais le blond voudrait avoir un peu plus de détails si c'est possible. Comme Kairi est plus proche de Riku que lui, peut-être lui a-t-elle parlé depuis. Elle était peut-être même avec lui.

« Rien de bien grave, Seifer n'a rien. Il l'a provoqué sur quelque chose de vraiment bête et Riku a répondu. »

« Est-ce que Seifer n'était pas censé être à l'université de Balamb Garden ? »

« Selphie m'a dit qu'il s'est fait renvoyer pour quelques jours après un petit tour au conseil disciplinaire. »

« Léon doit s'arracher les cheveux avec cet abruti. »

« Bah je suis sûre que notre petit chef s'en sort bien avec lui. »

Roxas sourit en pensant à son cousin. Seifer est l'une des rares personnes à réussir à le mettre hors de lui. Squall l'impassible… oups pardon : Léon l'impassible. Mais maintenant qu'il avait des responsabilités à la BGU, il évitait de perdre son sang froid même face à cet insupportable morveux.

« Je suis quand même surpris que Riku ait répondu si facilement à la provocation. » continue Roxas.

« Ah…je crois qu'on lui manque, répond Kairi avec un sourire taquin. Il passe sa frustration comme il peut. »

Roxas hausse un sourcil mais ne répond rien. Lui aussi, ça lui manque de ne pas avoir Riku juste à côté, comme avant. Tout comme ça doit manquer à Sora qui l'a pourtant souvent au téléphone. Il ne l'appelle jamais, lui, et les fois où il l'a au bout du fil, c'est parce que Sora le lui passe.

Il doit sûrement faire une drôle de tête vu l'air plus grave qu'a Kairi lorsqu'elle reprend la parole.

« Roxas…J'ai vu Naminé hier. »

« Et comment va-t-elle ? » demande-t-il en souriant de nouveau.

« Bien. Elle s'entend bien avec Riku n'est-ce pas ? »

Voilà quelque chose de nouveau. Pourtant ils ne se côtoyaient pas tant que ça avant. Et leurs orientations d'études ne sont pas ce qu'il y a de plus proche. Physique et Art, difficile de se trouver des points communs. Alors dire qu'ils s'entendent bien…certes, mais il n'y a rien de particulier. Et Naminé s'entend bien avec tout le monde.

« Je n'en sais rien, je ne me souviens pas qu'ils se soient souvent parlé » dit-il les sourcils froncés.

« Ah. »

« Jalouse ? » ajoute-t-il avec un sourire en coin.

« Non ! » répond Kairi outrée.

« J'imagine qu'il n'y aura plus de rival pour Sora alors. »

Kairi lève les yeux au ciel puis hausse les épaules. Elle sait parfaitement à quoi Roxas fait allusion, ce genre de réflexion sur la rivalité entre ses deux meilleurs amis revient souvent.

« Riku et Sora ne se sont jamais disputé pour moi. Riku adore Sora, ce n'est pas une fille qui aurait pu changer ça. C'est juste…qu'il adore taquiner Sora. Et c'est la façon qu'il a trouvé de garder son attention tournée vers lui. Je crois qu'il ne supporterait pas être mis de côté. »

« Ils se sont pourtant déjà sérieusement disputé pour quelque chose de ce genre, non ? » fait remarquer Roxas.

« Bien sûr que non. Ils ont tous les deux un fort caractère et n'aiment pas trop être contrariés… Ca n'a rien à voir avec ce que tu crois. Riku croyait toujours être notre protecteur, le mien mais aussi celui de Sora. Un peu comme le grand frère du groupe. Il n'a pas apprécié lorsqu'il s'est rendu compte que Sora n'avait pas besoin de lui, il s'est senti mis à l'écart. »

« Et Sora n'aime pas être pris pour un bébé. » termine Roxas.

« Exact. »

Roxas se dit que finalement, il ne connaît pas ses amis si bien qu'il le pense. C'est assez frustrant quand on y réfléchit. Comment peut-on leur être d'une quelconque aide si on ne les comprend pas comme ils le méritent…et comme on le devrait ?

« Et c'est à cette période que tu es devenu plus proche de Riku.», continue Kairi.

Roxas, surpris de la remarque ne répond pas.

Oui, c'est à ce moment qu'il a commencé à passer plus de temps avec Riku. Ils ont beaucoup parlé, partagé des tas de choses…Roxas n'aurait pas pu imaginer qu'il se rapprocherait autant de lui. C'est le meilleur ami de Sora et même s'il passe le plus clair de son temps avec son cousin, leurs amis les plus proches ne sont pas les mêmes. Ils ont chacun plus d'affinité avec des personnes différentes. Peut-être que s'il n'y avait pas eu cette dispute, Roxas et Riku n'auraient jamais autant parlé.

Au départ Roxas avait essayé de savoir ce qui n'allait pas avec son cousin pour peut-être les aider à se réconcilier. C'est vrai que ça ne le regardait pas. Mais c'était parce qu'il s'inquiétait pour Sora. Finalement il n'a pas appris grand-chose et il n'a rien eu à voir dans leur réconciliation. Et tout est redevenu normal.

Après réflexion et en regardant mieux Kairi, on sent qu'elle a quelque chose à dire sans oser pour autant le faire. Roxas ne préfère pas l'encourager, il ne sait pas s'il aimera entendre ce qu'elle a à dire. Dans ce genre de cas les conversations peuvent être très longues, et il n'est pas prêt pour ça, d'autant plus qu'ils sont arrivés à destination. Autant garder ça pour plus tard.

Dans l'infirmerie tout est calme. On accueille les lycéens en leur demandant de quoi ils ont besoin. En général, l'infirmière et le médecin n'aiment pas trop les visites, surtout quand il y a du monde, mais comme Sora est la seule personne présente pour ce jour, le médecin ne proteste pas, il laisse d'ailleurs les ados seuls et sort, sûrement pour aller déjeuner.

Le garçon est assis sur un lit dans la salle à côté du bureau. Il fixe un point dans le vide et ne réagit même pas lorsqu'on entre dans la pièce.

Kairi et Roxas échangent un regard inquiet avant de faire savoir à Sora qu'ils sont là. Ils sont accueillis avec de grands sourires, ce qui les rassure un peu. Ou presque. Les sourires ne veulent rien dire chez Sora, et Roxas ne le sait que trop bien.

« Ca va mieux ? » demande Kairi.

« Beaucoup mieux ! J'avais vraiment besoin de dormir. » Répond Sora joyeusement.

« Je ne m'étais pas rendu compte que tu étais si fatigué. Je suis désolé. » s'excuse Roxas.

« Pas de soucis. Et puis toi aussi tu dois être fatigué, je me suis rendu compte que tu avais aussi mal dormi. Je t'ai entendu. »

« Vraim-»

Un cri venant du bureau de l'infirmière ne leur donne pas le temps de continuer la conversation. Sora est le premier à réagir et court pour lui venir en aide, les deux autres le suivent de près. Mais à peine met-il un pied dans le bureau qu'il recule brusquement et bouscule Kairi et Roxas. Il les fait presque tomber par terre.

« Sora ! Qu'est-ce qui t'arrive ? »

Sora ne répond pas.

Les yeux exorbités, il fixe droit devant lui. On n'entend plus aucun bruit, même pas sa respiration. Il semble qu'il retienne son souffle…boumboum boumboum…le seul bruit dont il ait conscience : les battements de son cœur qui s'emballe.

«Ce sont eux ce sont eux cesonteuxcesonteux ! »

Trop fort. Son cœur bat trop fort.

Ils vont revenir s'ils l'entendent. Et s'il ne se calme pas, ils l'entendront.
Beaucoup trop fort.

Sora… respire…

Roxas laisse Sora aux soins de Kairi. Il faut qu'il comprenne ce qui met son cousin dans cet état, et c'est pourquoi il entre dans le bureau. Et pourquoi l'infirmière ne réagit-elle pas ? Il comprend très vite ce qui se passe en se retrouvant face à son cadavre.

Il y a du sang partout autour d'elle…sur les murs, par terre, sur le bureau, les rideaux…partout sur elle.

Et ce trou béant dans sa poitrine…On n'y voit rien, rien d'autre que du sang…

Rien d'autre.

Roxas est pris de nausées, il sort du bureau en tenant à peine sur ses pieds. Kairi s'inquiète de le voir dans cet état.

Sora n'a pas bougé.

Le jeune garçon s'appuie au mur un instant. Il faut qu'il revienne à la réalité….tout ça n'est qu'un mauvais rêve.

« R-Roxas…tu es livide… »

Respire.

« Je vais chercher de l'aide…occupe toi de Sora et surtout, n'entre pas là dedans. »dit-il la voix tremblante.

Kairi est morte de peur. Elle n'a certainement pas envie de voir ce qui se trouve dans la pièce. Mais par précaution, et pour qu'elle n'en aperçoive pas un morceau, Roxas ferme la porte et se met à courir pour avertir les surveillants de ce qui s'est passé. Ils préviendraient la police.

Le lycée est sans dessus dessous pendant que la police mène son enquête sur les lieux du crime. On a bloqué l'accès à l'infirmerie, et on tente tant que faire se peut, d'éloigner les curieux. Roxas, Kairi et Sora sont gardés par la police. On tient à les interroger, parce qu'ils étaient présents lors du drame. On aurait pu les soupçonner, mais on écarte vite l'idée de leur implication lorsqu'on se retrouve face à l'inhumanité dont a fait preuve l'assassin. Et le sang témoignait en leur faveur. S'ils avaient été coupables…ils en seraient aspergés.

Pour quel motif s'en serait-on prit à l'infirmière sans histoire de ce lycée ? Aucun à première vue. L'acte était celui d'un dérangé…ou pire que dérangé. C'était un monstre.

On ne croit pas si bien dire en parlant de bête. Mais personne ne peut vraiment comprendre. Sauf Sora.

Le premier choc est passé et Sora peut répondre plus ou moins aux questions des policiers. Roxas et Kairi aussi font de leur mieux. Pourtant ils ne peuvent pas grand-chose pour aider les enquêteurs. Comment expliquer l'inexplicable ?

Les parents de Roxas sont venus chercher leurs enfants à l'école ce jour là. Ils ont complètement paniqué lorsqu'ils ont été avertis par la police. On leur demande de prendre particulièrement soin de Sora. C'est le plus touché par l'événement.

Et quoi de plus normal ? Il vient de revivre la même chose que treize ans auparavant. Même si cette fois ce n'est pas quelqu'un de proche qui est mort, il est tout aussi bouleversé. Il revoit la mort de ses parents.

Encore et encore. La scène tourne en boucle dans sa tête.

« Peut-être devrait-il…consulter un psychologue qui pourrait l'aider. »

« Oui…ce n'est pas la première fois. A vrai dire…il a perdu ses parents de la même façon. Nous n'avons jamais retrouvé le coupable »

La tante de Sora est en larme. Elle est navrée pour son neveu. Navrée qu'il ait eu à revoir pareille atrocité. Navrée pour son fils qui était là aussi. Pauvres enfants. Désespérée que cela puisse finir un jour.

Pauvre femme. Personne ne méritait de mourir de cette manière.

A la maison, tout le monde est très mal à l'aise. On ne sait pas quoi dire et surtout, on est inquiet. Pour Sora. Et pour ce qui les attend dans le futur. Ca s'est passé si près d'eux. Ca les a frôlés. Peut-être même que si la chose ne s'en serait pas prise à la femme, elle aurait choisi les enfants. Qu'est-ce qui a déterminé son choix ?

Il y a quelque chose en toi, Sora, qui les attire. Ton cœur bon et généreux, aimant et joyeux. Mais ils n'arrivent pas te faire de mal, parce qu'ils sont repoussés par la lumière qui t'accompagne.

Comme les ténèbres sont chassées par la clarté.

Le lendemain, les cours reprennent normalement. Sora, à qui on a pourtant conseillé de prendre un jour de repos, insiste pour retourner au lycée, assurant qu'il se sent beaucoup mieux.

L'infirmerie est toujours sous scellé.

A la fin de la journée, lorsque Sora et Roxas arrivent chez eux en compagnie de Kairi, ils sont surpris de l'agitation qui règne à la maison. La mère de Roxas est rentrée plus tôt que prévu et accueille chez elle plus d'invités qu'il n'y en a eu depuis longtemps.

« Léon est peut-être là ! »

Réflexion qui fait accélérer le pas à Sora. Il est le premier à entrer dans la maison, Roxas et Kairi continuent sans se presser, le sourire aux lèvres. Kairi sait déjà qui elle va trouver là-bas. Elle a beaucoup discuté avec Selphie de ce qui s'est passé la veille. Son amie en a très certainement parlé à Léon le lendemain qui n'aura pas perdu de temps à préparer son retour à la maison pour voir son frère. Elle sait aussi que Riku est au courant maintenant.

L'incident a été mentionné dans la presse mais leurs noms à Sora, Roxas et elle n'apparaissent pas. S'il y a d'autres personnes qui sont venues voir Sora, c'est qu'ils l'ont appris d'une autre façon.

A part Léon, son oncle et sa tante, personne ne sait vraiment à quel point l'incident a affecté Sora. Ils savent juste que Sora s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, et qu'il est marqué par ce qu'il a vu. Ils ne peuvent pas savoir plus. On ne leur a jamais dit.

En ouvrant la porte d'entrée, Roxas entend déjà la voix de Sora qui échange quelques paroles avec Léon. Une autre voix intervient dans leur conversation et il sent son cœur manquer un battement en la reconnaissant. Il jette un coup d'œil à Kairi qui fait comme si elle n'a rien remarqué. Il ne dit rien et pose ses affaires. Lorsqu'il entre dans le salon, il trouve comme il s'y attendait Léon et Riku. Naminé est là aussi, ainsi que Cloud. Kairi et lui sont chaleureusement accueillis, Sora rayonne…c'est comme si rien ne s'était passé et qu'ils sont là par habitude, comme ils le faisaient tout le temps il y quelques années, quand tous n'étaient pas encore parti chacun de leur côté.

Quand Aerith revient de la cuisine avec la maîtresse de maison, Sora se rend compte de sa présence pour la première fois et vole à sa rencontre comme un petit caneton qui retourne au près de sa mère. En présence de la jeune fille aux fleurs, comme ils la surnommaient, Sora redevient un peu comme un enfant qui recherche l'affection de sa mère. Aerith a cet effet sur beaucoup de personne. C'est sûrement dû à sa douceur, sa voix apaisante, sa bienveillance et le fait qu'elle s'occupe de tout le monde.

Elle tient une boutique en ville où elle vend des fleurs. Vu son métier, tout le monde s'est demandé comment elle a pu rencontrer Cloud. Parce que Cloud, lui, était à l'armée quand il a fait sa connaissance. Ils avaient un ami en commun. Il s'appelait Zack. C'était en fait le petit ami d'Aerith. Roxas se souvient très bien de lui parce que c'était quelqu'un de très sympathique, il l'appréciait beaucoup. Tout comme Cloud et Aerith. Ca a été un choc pour tout le monde lorsqu'il s'est fait tué. Cloud était avec lui ce jour là. Il n'a jamais raconté comment ça s'est passé, sauf peut-être à Aerith. Après ça, Cloud a quitté le Soldat et s'est lancé…dans autre chose. On ne sait pas trop ce qu'il fait. Il fait des livraisons ou des trucs de ce genre. Sora dit qu'il serait plutôt le type à s'être reconverti en mercenaire. Roxas préfère croire qu'il livre des pizzas. Après tout, du moment qu'il a un travail et de quoi vivre. Sa mère, elle, aimerait plutôt qu'il trouve quelque chose de mieux et qu'il se décide avec Aerith à oublier Zack pour qu'ils puissent un jour se fiancer. L'espoir fait vivre. Enfin…qui sait ?

Notre jeune fille aux fleurs est aussi une bonne amie à Léon que l'on trouve assez souvent à ses côtés. Elle est toujours de bon conseil pour lui et un soutien irremplaçable. Et quand on voit le genre de garçons qui entourent Aerith, on se demande comment une fille aussi douce qu'elle peut rester au milieu de toutes ces brutes de l'armée.

Léon…il a fait ses études à la BGU. Balamb Garden University. Ils y forment un corps spécial de l'armée que l'on appelle le SEED, un groupe d'élite un peu dans le même genre que le Soldat dont faisaient partie Zack et Cloud. Roxas est incapable de les différencier mis à part que les uns sortent d'une école militaire, et les autres sont recrutés sans avoir besoin d'études particulières. Dans tous les cas, Léon est passé chef de ces SEED. Personne ne sait si c'est une bonne chose…il est certes bon leader quand il s'agit de manœuvres militaires (forcément, sinon on ne l'aurait pas choisi), mais s'occuper de jeunes étudiants n'est pas de son ressort d'ordinaire. Il a sûrement fait des progrès depuis, mais il n'y a personne parmi les connaissances de la famille pour en témoigner. Aerith assure que oui mais on ne sait pas si elle dit ça simplement pour être gentille et parce que Léon est son ami. Quant à Selphie, qui fait aussi partie du SEED, elle se contente de pouffer quand on en vient à ce sujet.

Roxas sort de ses pensées lorsque Naminé lui prend la main pour lui demander s'il va bien. Il s'est tenu à l'écart de toutes les conversations, mais c'est plus parce qu'il est fatigué et qu'il pense à autre chose que parce qu'il se désintéresse de ce qui se passe autour de lui ou parce qu'il se sent mal. C'est à ce moment que Léon choisit de prendre Sora à part pour lui parler. Ils s'éloignent des autres en allant dans la chambre de Sora et Roxas. Léon ferme la porte derrière lui.

« Sora je -»

« Oui. »

L'aîné fixe son jeune frère pendant un instant. Contrairement à ce que Sora laisse paraître, il n'est pas si naïf et a compris depuis longtemps ce qui a en premier lieu poussé Léon à venir le voir au plus vite.

« Oui, c'est la même chose que pour papa et maman. »

« Je m'inquiète pour toi. Ca fait la seconde fois que ça arrive autour de toi…et j'ai peur que cette personne te veuille du mal. »

« Ce n'est pas une personne, proteste le plus jeune. »

« Sora, je ferai mon possible pour que ça s'arrange et - »

« Qu'est-ce que tu vas faire ? Est-ce qu'il y a quelque chose de différent de quand papa et maman sont morts ? » le coupe-t-il.

« Bien sûr. Je suis plus apte à agir et je trouverai qui a fait-»

« Tu ne trouveras personne ! P..Pourquoi tu refuses de me croire ? »

Le jeune frère s'énerve de plus en plus. Il pensait que Léon serait le plus à même de l'écouter et de le croire, mais ce n'est pas le cas. C'est pour cette raison qu'il n'a jamais parlé de ce qu'il a vu à qui que ce soit d'autre. Ils le prendraient tous pour un fou. Ils ne le croiraient pas. Sora peut parfaitement le comprendre. Mais il se dit souvent que les gens devraient arrêter de ne pas croire en ce qu'ils ne peuvent pas voir. Peut-être que si les gens ne se bornaient pas au monde matériel, ils comprendraient plus de choses. Dont le réel danger que représentent ces choses qu'il avait vues.

« Ce sont tes yeux d'enfants qui on essayé d'interpréter une chose qu'ils ne comprenaient pas à l'époque. Et comme ça t'a vraiment marqué, encore aujourd'hui tu crois voir la même chose. » continue Léon.

« Mais quel être humain serait capable de faire un carnage pareil en quelques secondes ? »

« Sora… »

« Squall. »

Squall était le vrai prénom de Léon. Il n'y a pas tellement de personnes qui le connaissent. Il a décidé de se faire appeler de cette manière il y a longtemps, on ne sait pas vraiment pourquoi. Sûrement pour essayer de fuir le désastre de son ancienne vie. Officiellement, ou du moins sur les papiers, il restait Squall Leonheart. Et lorsque Sora utilise ce prénom, c'est dans une tentative de le ramener à la réalité.

Réalité qui n'en a rien d'une en ce qui concerne Léon. Surtout lorsqu'on parle d'ombres noires qui volent le cœur des gens.

« Est-ce que dans ton école militaire ils t'ont enseigné à être encore plus aveugle et à croire que certaines choses ne peuvent pas exister juste parce que les gens en ont peur ? »

Le plus vieux des deux frères reste silencieux un long moment. Il n'a jamais réfléchi à ce qu'il est capable de croire dans tout ce qu'il ne comprend pas ou ne voit pas. Et il n'est pas encore prêt à le faire. Pourtant il sait qu'il y a quelque chose de vrai dans ce que dit Sora. Il essaie de trouver une explication logique mais il sait très bien que comme d'habitude, l'enquête serait bientôt laissée de côté, classée sans suite comme à chaque fois qu'il y a ce genre d'attaque sur des personnes ; parce que la chose est tellement incroyable qu'aucun policier n'arrive trouver le courage de mener l'enquête jusqu'au bout.

« Fais attention à toi, et préviens moi s'il y a quelque chose s'il te plait. »

Et sur ce, Léon quitte la pièce en laissant Sora abasourdi derrière lui. Pourquoi est-ce qu'il lui dit ça ? Il y a déjà quelque chose qui se passe, et il l'a prévenu. Mais il ne l'écoute pas.

Si son frère ne le croit pas, à qui d'autre peut-il parler, hein ? Le jeune garçon pousse un long soupir et décide de rejoindre les autres pour essayer de penser à quelque chose d'autre.

Roxas regarde Léon revenir sans Sora. Ils se sont peut-être disputés, sinon ils seraient revenus en même temps. Et puis vu la tête de Léon…mais Sora arrive peu de temps après et continue d'agir comme avant qu'il n'aille parler avec son frère. Il sait toujours très bien cacher quand quelque chose ne va pas. Sauf que Roxas n'est pas dupe. Il aimerait que Sora se décide à lui parler, et il ne comprend pas ce manque de confiance. Il en est même un peu blessé.

Il chasse ces idées en un haussement d'épaules. Il est possible aussi qu'il se fasse des films. Qui sait ?

Le temps passe très vite et tout le monde finit par rentrer chez soi, sauf Riku qui est invité pour la nuit. Au diable la fac pour demain, a-t-il dit. Kairi est la dernière à partir, et c'est avec Roxas qu'elle s'attarde avant de s'en aller.

« Est-ce que tu les as remarqué ? » demande-t-elle

« Pardon ? Qui ça ? »

« …Riku et Naminé. Tu sais, je t'en avais parlé hier. »

A vrai dire, non, il n'a rien remarqué de différent. Riku est toujours avec Sora, comme si personne d'autre ne compte autour de lui. Il n'y a que Kairi qui arrive à percer cette bulle. Comme d'habitude. Et lorsque Sora est parti discuter avec Léon…

«C'est pas quelque chose que tu t'imagines, hein ? C'est vrai… »

La jeune fille ne dit rien d'abord. Elle hésite à continuer et à avouer qu'elle est au courant d'un autre secret encore.

« Je suis désolée Roxas. »

« Non, je ne m'inquiète pas pour Naminé, je suis plutôt content qu'elle ait quelqu'un comme Riku. »

Kairi fronce les sourcils parce que ce n'est évidemment pas ce qu'elle voulait dire. Elle sait très bien que Roxas ne s'en fait pas pour Naminé. Elle est plutôt désolée qu'il ne se rende pas compte de ce qui lui arrive. Elle ne serait pas capable d'expliquer comment elle l'a deviné alors que la personne concernée elle-même n'en est apparemment pas consciente, mais quelques fois, les choses vous apparaissent telles qu'elles sont sans que puissiez expliquer comment. Est-ce qu'il faut vraiment le formuler clairement ?

« Je pensais que tu aimais Riku ? »

« Evidemment, je n'ai pas de raisons de lui en vouloir… »

Et c'est la réponse qui indique qu'il est temps pour elle de rentrer. Elle n'a pas ce pouvoir de donner la vue aux aveugles. Elle tourne donc le dos à son ami et descend deux marches du perron avant de s'arrêter.

Une autre question la retient encore. Ca n'a plus de rapport avec Riku, mais elle se dit qu'elle a juste besoin de formuler ses pensées à voix haute.

« Est-ce que l'image du corps et du sang te reste dans la tête même quand tu essaies d'oublier ? »

« Oui. C'est trop récent pour que je l'oublie. »

« Je ne l'ai pas vu. Mais c'est de Sora que je me souviens. Et je n'arrive pas enlever l'image de ma tête. »

Roxas ne sait pas quoi répondre. Que dire d'autre sinon que ça passerait sûrement avec le temps, pour essayer de la rassurer ? Mais il ne le dit pas. A vrai dire….il n'y croit pas. Il n'y a sûrement rien à faire. Ce n'est donc pas la peine de lui mentir.

« J'ai aussi rêvé de ces grosses fourmis aux yeux jaunes… Elles sont vraiment effrayantes.»

Roxas reste sans voix. Sûrement qu'elle en a rêvé parce qu'il en avait parlé le jour même. Et puis c'était assez ridicule comme rêve, pas de quoi dramatiser.

Pourtant Kairi n'a pas l'air de le prendre avec autant d'insouciance que lui.

« Vraiment effrayantes… » ajoute-t-elle avant de partir en saluant Roxas une dernière fois.

« Oui…Ce sont les sans-cœur… »

It's Only Life, Kate Voegele