Disclaimer : toujours à JKR.
Note : Seconde partie du diptyque "easter eggs 2006". Mes choix de l'époque étaient Neville/Blaise Zabini - Tour d'astronomie - bougie, j'ai encore triché et je suis au regret d'admettre que, si la partie précédente flirtait allègrement avec la grossièreté, celle-ci tombe dans la vulgarité la plus totale.
Ce n'était pas son genre d'épier les gens.
Pas du tout son genre !
Et il avait hésité, en montant chaque marche, entre être bruyant ou silencieux.
Il avait choisi le silence parce que, même s'il ne voulait pas surprendre Zabini dans une position inconvenante, il avait promis à Ginny d'être discret.
C'était parce qu'il avait pour elle plus d'affection qu'elle n'était prête à accepter qu'il se retrouvait à présent dans cette affreuse situation, coincé entre un mur froid et le bois veineux de la vieille porte de la tour d'astronomie, la main sur l'anneau de fer, n'osant pas le laisser retomber ou le pousser.
De l'autre côté, sur le sommet de la tour, Zabini n'était pas seul.
Il n'avait jamais pensé en voyant grimper le Serpentard que quelqu'un pouvait l'attendre déjà, il avait cru que le garçon aimait observer le ciel et les étoiles. Ca n'aurait rien eu de surprenant, lui-même aimait beaucoup la nuit, même s'il préférait étudier la respiration nocturne de son mimbulus mimbletonia et qu'il poussait parfois, mais rarement, l'aventure jusqu'à aller faire un tour dans la serre numéro 3 pour contempler les fleurs géantes qui envahissaient la voûte de la serre.
Mais de toute évidence, Zabini n'était pas venu là pour approfondir ses connaissances astrales.
Ou alors, ça le rendait très vocal !
Parce que plus il tâtonnait entre faire demi-tour ou confronter Zabini et sa conquête, plus les gémissements qui l'avaient d'abord fait stopper net devenaient des grondements et des cris.
Pas forcément réjouis les cris, d'ailleurs.
Il en venait à se demander dans quelle mesure Zabini ne contraignait pas la jeune fille occupée avec lui derrière cette fichue porte.
Et dans ce cas, devait-il intervenir, devait-il empêcher le peut-être inévitable ?
Autant demander s'il était ou non Gryffondor !
Mais d'un autre côté, rien ne servait de débouler sur la plate-forme étoilée s'il ne s'agissait là que d'un témoignage un peu passionné de l'ardeur de Zabini.
Ca aurait été tellement embarrassant…
Alors, Neville fit ce que n'importe qui aurait fait à sa place, il s'accroupit et colla son oreille contre les panneaux de la porte.
«…pourquoi tu t'agites comme ça… arrête de chialer, t'as l'air d'une vraie gonzesse… c'est toi qui m'as provoqué… regarde-moi… regarde-moi dans les yeux, bordel… tu ne peux pas dire que tu en as assez… tu n'en as jamais assez… tu ne peux pas décider à ma place… t'as pas compris ça, que c'est moi qui décide… non, ne bouge pas, pas tout de suite… et cesse de pleurer, j'ai dit… c'est toi qui ne veux pas qu'on t'aime… c'est toi qui dis que c'est trop tard… moi je ne veux pas, tu m'entends… regarde-moi, s'il-te-plaît, regarde-moi… oh merde merde, c'est ça que tu es vraiment… ma pute, tu entends, ma pute… suce-moi, suce-moi encore… »
Il avait bien entendu, tout entendu, et même si ses extrémités devaient être pâles et glacées et qu'il avait envie de vomir, il ne pouvait pas redescendre les marches en faisant semblant de rien.
Alors, il donna un coup de pied dans la porte en criant : « Zabini, lâche-la tout de suite ! »
Et se sentit tourner de l'œil.
Quand il revint à lui, un nombre indéterminé de minutes plus tard, il se rappela en rafale les images aperçues en montant sur la plate-forme.
Zabini, le dos appuyé contre les créneaux de la tour, la gorge tendue, la tête penchée, une grimace de volupté déformant son visage, ses deux mains enfoncées dans la chevelure blonde tellement pâle d'un garçon fin et racé, d'un garçon qu'il connaissait comme tous les autres de son dortoir, d'un ancien tourmenteur, d'un adversaire malhonnête et méprisant.
Un garçon qu'il avait surpris à genoux, les joues brillantes, les yeux levés et implorants, les lèvres pâles contrastant terriblement avec le membre sombre qu'il avalait docilement.
Draco Malfoy.
Et c'était sa voix, traînante et un peu rauque, qu'il entendait à présent.
« Blaise, tu me jures que tu ne lui as rien fait ? »
« Merde, Draco, tu as vu où j'étais quand il est entré, non ? Au fond de ta gorge, crétin ! »
« Tu n'as pas besoin d'être grossier pour la cause… »
« Oh putain, ne recommence pas à remuer ton cul pincé, tu m'emmerdes quand tu fais ta mijaurée ! »
« Blaise… »
« Fait chier ! C'est de ma faute si Londubat est tombé dans les vapes ? Nan, alors, lâche-moi ! »
« Blaise… »
« Blaise il en a marre, il a pas joui, il a les nerfs. Connard de Gryffon ! »
« Blaise… »
« Quoi ? ! »
« Il est réveillé. »
« Oh… »
Il était réveillé mais son cœur battait dans ses tempes et son ventre menaçait de se retourner.
« Qu'est-ce que tu fiches ici, Londubat ? Tu nous espionnais ? »
« Non, je… »
« Tu… ? »
« Vraiment, Zabini, tu n'as aucun savoir-vivre ! Laisse donc notre invité surprise se reprendre avant de le terroriser… Et puis, allume quelques bougies, on n'y voit rien ici. »
Neville regarda le grand noir s'éloigner un peu et sortir deux ou trois chandelles de son sac en cuir et s'y reprendre à plusieurs fois avant de réussir à les allumer toutes.
Ses mains tremblaient un peu.
Pas autant que les siennes, pensait-il, mais il essayait de détourner son attention de son corps trahissant son état de choc en ramenant son visage sur celui de Malfoy.
« Le spectacle t'a plu ? »
« Non, je n'ai, je… rien vu… enfin, pas grand chose… »
« Moui, pas grand chose… ça je veux bien te croire, valeureux petit gryffon. Ou alors tu es plus téméraire que je ne le pense à me confondre avec une fille. »
« Oui, je… non, je… »
« Stupéfiant d'éloquence, une fois encore. »
« Je… »
« Tu… vas te taire et m'écouter. Tu n'as rien vu, tu n'as rien entendu, tu n'es rien ni personne. Je ne te demande même pas si c'est bien clair, je te suppose quand même assez éduqué pour reconnaître un verbe du troisième groupe. S'il parvenait à mes oreilles une rumeur racontant que j'aime à jouer la salope soumise, je démolirai tes côtes embourbées dans ta graisse sans même lever la main sur toi. Ce n'est pas une menace, c'est une promesse, Londubat. Maintenant, hoche la tête une seule fois pour me montrer que tu es un bon garçon et fiche le camp d'ici. »
Après lui avoir sifflé sa tirade mielleusement à l'oreille, Draco Malfoy se redressa et alla ouvrir grande la porte de l'escalier en colimaçon qui redescendait aux étages inférieurs.
Neville jeta un dernier coup d'œil à l'autre Serpentard qui pestait dans son souffle en donnant des coups de pieds dans les moellons de la tour puis se releva doucement, en chancelant un peu.
Au moment de franchir la porte, il s'approcha à son tour de l'oreille de Malfoy, fixant des siens ses yeux gris arrogants et lui murmura : « Si je suis venu jusqu'ici ce soir, ce n'était pas non plus pour les étoiles, mais parce que Ginny - ma meilleure amie, si tu peux comprendre ce que le nom commun « ami » signifie – en avait assez du courrier obscène et des gestes déplacés de ton petit camarade et qu'elle préférait que ce soit moi qui lui parle plutôt que de voir son frère en retenue parce qu'il a cassé en deux Zabini. Je me doute que, puisque tu le connais bien, tu n'auras aucun mal à lui passer le message. »
Il n'attendit pas la réaction de Malfoy, se satisfaisant amplement d'entendre percer en haut des marches le hurlement d'un chat qu'on égorge.
Ou d'un serpent qu'on émascule.
