Naomie se sentait merveilleusement bien. Enveloppé dans de chaudes couvertures, elle entendit des pas. La jeune fille se releva lentement en se frottant les yeux.
« Maman… J'ai fait un rêve bizarre. J'étais poursuivie puis j'ai remontée dans le temps et dans Assassin's Creed… C'était vraiment étrange…
-Ce n'étais pas un rêve, dit une voix dure. »
Elle hurla de surprise et se leva d'un coup sur le lit. Elle se cogna même la tête contre le mur. Arno Dorian se mit à rire.
« Hé ! protesta la jeune fille.
-Tu es vraiment étrange…
-Oh vous la ferme ! Ce n'est pas moi qui fais la cour à une femme Templier ! »
Il s'approcha à grands pas d'elle et la fusilla du regard.
« Comment sais-tu pour Elise ?
-Longue histoire…
-Dis-le moi ! T'es une espionne des Templiers, n'est-ce pas ? J'en étais sûr ! Les autres ne voulaient pas me croire !
-Ecoutez, je ne fais pas partie des Templiers ! Et puis, je préfère les Assassins aux Templiers ! Non mais sérieusement, elles sont trop cool vos armes !
-Je ne suis pas sûr d'avoir compris, dit Arno en passant sa main dans ses cheveux.
-Y a rien à comprendre. »
Elle remarqua qu'elle était couverte de bandages et à moitié nue devant un parfait inconnu.
« Euh, est-ce que vous pouvez me passer mes vêtements ? demanda-t-elle. »
Il les attrapa et les lui lança. Elle les enfila rapidement. Puis, il lui tendit ses bijoux qu'elle attacha autour de son cou. Puis il se présenta :
« Bon, je suis Arno Dorian.
-Ouais, je l'avais compris, murmura Naomie.
-Que dis-tu ?
-Rien. Je suis Naomie Aquilam*. »
Elle lui tendit la main, l'assassin la regarda quelques secondes avant de la saisir et de la secouer. Puis, un autre assassin entra dans la chambre.
« Ils ont une mission pour toi.
-D'accord on arrive, dit Arno.
-Comment ça, « on » ?
-Tu viens avec moi. Il n'est pas question de te laisser seule et puis, je dois veiller sur toi, c'est un ordre des membres du conseil, répondit l'assassin en empruntant un couloir. Tu ferais mieux de me suivre, princesse. »
Pourquoi est-ce qu'il m'appelle princesse ? Ah, peut-être parce qu'il doit me protéger comme un chevalier servant… Au fait, comment je vais sortir d'ici ? Je ne vais pas quand même aider Arno dans ses missions et me battre à ses côtés. Ah ! Le vrai cliché de la trouillarde ! Ils ont des solutions, j'en suis certaine !

« JE VOUS DEMANDE PARDON ?! »
Le hurlement d'indignation de Naomie résonna dans toute la pièce. Mirabeau la dévisagea.
« Nous ne savons pas comment te faire repartir, mon enfant.
-Déjà, je m'appelle Naomie ! Et comment ça vous ne savez pas ?!
-Le médaillon t'a amenée jusqu'à nous, expliqua Beyller. Il est fort probable qu'il te ramène à ton époque. D'après ce que nous savons sur cette relique, elle transporte son porteur là où il sent qu'il y a un grave danger qui pourrait perturber le destin. Son propriétaire doit donc empêcher cela. D'ailleurs, Arno, tu vas l'emmener avec toi pour ta prochaine mission. Il faut bien que quelqu'un lui montre l'exemple.
-Quoi ?! Mais pourquoi ?! s'exclamèrent Arno et Naomie en même temps.
-Parce que c'est comme ça ! siffla Beyller.
-Prends ceci, jeune fille, dit Mirabeau en lui tendant des brassards avec les lames cachés. »
Elle les mit à ses poignets et comprit rapidement comment ça fonctionnait.
J'espère que je ne m'en servirai pas trop…
« Et mets ça. »
La jeune fille enleva sa veste et enfila un manteau noir avec une capuche. Elle s'admira quelque instant dans un miroir.
« Putain, j'ai trop la classe !
-On te confectionnera un uniforme dès que tu reviendras de mission.
-Ça me va !
-Quel est cette fameuse mission ? demanda Arno, impatient.
-Il y a un traître parmi nos informateurs. Il a informé les Templiers sur bon nombre de secrets de la Confrérie. Retrouvez-le et tuez-le, en toute discrétion, termina Beyller en fusillant du regard Arno.
-Compris, allez viens princesse, sourit l'assassin.
-Je ne suis pas votre chien ! répliqua la jeune fille en le suivant. »

Naomie s'était rapproché d'Arno tellement la foule en colère devenait impétueuse. Elle s'accrocha même à son bras pour éviter de le perdre, situation qui fit ricaner l'assassin.
« Alors princesse, on a peur ?
-Ce n'est pas ça… Je panique quand il y beaucoup, beaucoup de gens autour de moi. »
Il l'a conduisit alors dans une petite ruelle à l'écart. La jeune fille s'assit sur une marche d'escalier le temps de reprendre son souffle et son calme.
« Est-ce que ça va mieux ? demanda Arno, soucieux.
-Oui. Merci. »
Il l'aida à se relever et sourit.
« Quoi ?
-C'est notre jour de chance.
-Comment ça ?
-Regarde là-bas, chuchota-t-il. »
Il lui montra du doigt un homme aux cheveux bruns habillé comme à l'époque et avec un chapeau. Il parlait à cinq autres hommes, habillé en rouges. Arno s'avança mais la jeune fille lui attrapa le poignet.
« Qu'est-ce que tu fais ?!
-Beyller a dit que vous deviez les tuer en discrétion !
-C'est bon, princesse, je sais ce que je fais. »
Et arrêtez de m'appeler princesse ! hurla-t-elle à travers son esprit.
Arno s'avança vers eux, les lames secrètes déployés. Il visa avec ses deux poignets deux des gardes en rouges. Les trois autres se tournèrent et se précipitèrent sur lui tandis que le traître s'enfuyait.
« Naomie ! Rattrape-le ! »
Moi qui pensait ne rien faire…

La jeune fille se mit à courir à toute vitesse à la poursuite du traître. Elle le perdue et s'arrêta au beau milieu d'une foule de parisiens en colères. Son regard se fixa sur une échelle. Elle sourit.
Je verrais mieux en hauteur.
Naomie escalada l'échelle et se mit à courir sur le toit. Elle réussit à repérer le traître qui était dans une impasse. Elle se laissa tomber et atterrit sur ses deux pieds, comme un chat. Ensuite, elle se tourna vers le traître qui n'avait pas d'armes et levait ses mains.
« Pitié ! Je sais que j'ai trahis votre confiance mais je vous en prie ! J'ai une famille à sauver !
-Comment ça ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
-Ils ont sus que je connaissais les Assassins et ils ont capturés ma femme et des quatre enfants !
-Où se trouvent-ils ?
-Dans… »
Deux flèches se plantèrent dans son cou et il tomba à terre, mort, du sang coulant de ses plaies. Naomie mit une de ses mains sur sa bouche pour éviter de crier de douleur et de terreur pour lui. Les larmes coulèrent d'un coup. Elle entendit des bruits de pas et elle se retourna. Arno se tenait près d'elle et la fusillait du regard.
« J'ai tout entendu ! Tu étais prête à croire son baratin ! Naomie, on ne doit pas être allié avec ces gens !
-Vous l'êtes bien !
-Oui mais ce n'est pas pareil ! Cet homme est un traître ! hurla-t-il en se dirigeant vers le cadavre. Il n'est plus digne de faire partit de la vie.
-Vous êtes un monstre ! »
Arno se tourna, la face en colère. Il marcha très lentement vers la jeune fille qui regretta aussitôt sa dernière phrase.
« Nous, des monstres ? Tu en es certaine ? »
Elle hocha la tête.
« Alors je vais te montrer ce que les véritables monstres font, chuchota l'Assassin en saisissant une dague. »

Arno courrait à travers le repère, tenant contre lui le corps inanimé de Naomie. Quel idiot ! Pourquoi avoir fait-ça ? Elle l'avait énervé et il avait pensé que c'était la meilleure façon de lui montrer. Il entra comme une tornade dans le bureau de Mirabeau qui sourit mais en baissant les yeux, il grimaça. Il se leva.
« Que s'est-il passé ?
-Elle a été blessé par le traître, mentit Arno. Elle a voulu l'arrêter mais il a réussi à lui planter un coup de dague dans l'abdomen !
-Donne-moi cette pauvre enfant et attends dehors ! »
L'Assassin attendit au moins deux heures, assis sur le sol. Mirabeau sortit, Naomie dans les bras.
« Elle est tiré d'affaire. Ramène-la dans sa chambre et fais-moi un rapport sur ta mission. »
Il hocha la tête et prit délicatement la jeune fille dans ses bras. Arrivé dans sa chambre, il la posa doucement dans son lit et rabattit plusieurs couvertures. Puis, l'Assassin s'agenouilla sur le sol et pria de toutes ses forces pour qu'elle se réveille bientôt. Arno commença sa drôle de veillée.