Swangranger : Contente de voir que tu as lu ce premier chapitre ! J'espère que tu seras aussi passionnée par cette fiction que tu l'es pour l'autre ;-) Mais j'espère surtout que ce style, peut-être un peu plus sombre, te plaira. Bonne lecture !

« Granger ? C'est toi ? »

Drago posa sa question avec si peu de force que, même si Hermione avait pu lui répondre, elle n'aurait pas pu l'entendre. Voyant l'impassibilité de son expression, le jeune homme reformula sa question, en levant un peu plus la voix. Il était certain qu'elle l'avait bien entendu cette fois. Pourtant, il ne vit pas un seul détail de son visage s'animer. Elle était assise par terre, le fixant d'un regard absent. Le prisonnier était incapable de dire si elle était vivante, morte ou même simplement endormie. Elle ressemblait à ces aliénés qu'on ne voyait que dans les films. Immobile.

Le jeune homme la détailla rapidement. Il ne put retenir une grimace en apercevant ses bras et ses jambes nues. Comme elle était maigre. Ses muscles étaient désormais si fins, qu'autour de ses os, ne se trouvait que la peau translucide d'une condamnée. Plus que de la tristesse, Drago ressenti une profonde pitié envers ce corps décharné. Elle devait probablement être captive depuis des mois entiers. Seuls les barreaux froids de sa cellule avaient été les témoins de son infernale déchéance. A présent que la roue avait tourné, peut-être que son ennemi de toujours deviendrait un compagnon de misère.

Malgré son profond dégout pour les sorciers aux sangs impurs, le prisonnier senti une pointe de douleur en imaginant les traitements qu'elle avait dus subir. Puis il observa brièvement l'environnement de sa cellule. Un tapis épais, un drap plié pouvant servir soit de couverture soit d'oreiller, un seau crasseux posé dans un coin, et de la pierre. Tout autour de lui, de la pierre. Bloc de granit percé de barres de fers. Aucune liberté possible, aucune sortie envisageable, aucun espoir à l'horizon. Lui, Drago Malefoy, fils d'une illustre lignée de puissants sorciers, en était réduit à l'état de simple captif. Que lui restait-il sinon sa dignité et quelques traces de fierté. Même son nom ne signifiait plus rien désormais. Qui était-il pour juger une prisonnière de guerre, même si tout les opposait.

Le jeune homme serra la mâchoire et soupira bruyamment. S'il devait se libérer de ses chaines, il n'y parviendrait sûrement pas tout seul. Hermione était l'un des plus brillants esprits qu'il n'ait jamais rencontré. Si quelqu'un pouvait l'aider à regagner sa liberté, c'était bien elle. Mais dans l'état actuel des choses, elle ne lui serait d'aucune utilité.

Il fixa le plateau et choisit quelques fruits avec intelligence. Personne ne devrait remarquer ce qui se tramait.

« Ecoute moi bien Granger, je n'ai pas spécialement envie de t'aider. Cependant, poursuivit-il en déglutissant péniblement, j'ai besoin de… ton… aide. Ce n'est réjouissant ni pour toi ni pour moi, mais nous sommes en guerre après tout. Vu l'état pitoyable dans lequel tu te trouves, je suppose que tes forces se trouvent diminuées par le manque de nourriture. Donc, sois attentive, je vais faire rouler les raisins un par un jusqu'à toi. Ensuite je t'enverrai cette pomme. Tu devras me rendre le trognon, impérativement ! Compris ? »

Drago ne s'attendait pas à une réponse et, d'ailleurs, aucune réaction ne survint de l'autre côté du couloir. Supposant qu'elle avait compris ses instructions, il s'appliqua à détacher chaque raisin de la grappe imposante trônant sur le plateau. Ce n'était pas grand-chose, mais un peu chaque jour et elle reprendrait vite des couleurs. Du moins l'espérait-il.

Hermione, qui n'avait pas bougé d'un millimètre, observait l'homme aux cheveux blonds. Elle l'avait entendu lui parler, comme s'il la connaissait. Pourtant, elle, ne se souvenait pas de lui. Les traits de son visage restaient flous. Seuls ses iris gris dépourvus d'émotions, perçaient le noir qui l'entourait. Elle était trop faible pour lui répondre, trop faible pour le comprendre. Près d'elle, un petit tas de billes vertes commençaient à s'agglutiner. Lentement, elle en saisit une. La peau était lisse et la chair semblait suffisamment molle pour qu'elle puisse le manger. Elle l'approcha de ses yeux embrumés. La tache verte devint plus nette. C'était un raisin. Une pâle lueur vint allumer le regard de la prisonnière.

Drago fit rouler chaque grain avec précision afin qu'aucun ne se perde au milieu du couloir. Lorsqu'il eut fini il observa la jeune fille. Loin, très loin au fond de ses yeux noisette, il cru apercevoir une lumière. Elle prit plus d'une dizaine de minutes pour manger quatre raisins. Incapable d'une telle patience, le jeune homme s'occupa à manger le reste du plateau de fruits. Une demi-heure plus tard, Hermione avait enfin terminé. Epuisée par tant d'efforts, elle s'écroula sur le tapis et tomba dans une profonde inconscience. Le prisonnier s'aperçut qu'il avait probablement sous-estimé sa faiblesse. Dans un soupir d'agacement, il croqua dans la pomme qu'il avait destinée à la jeune sorcière. Son plan prendrait probablement plus de temps qu'il ne l'avait estimé au départ.

Les minutes s'écoulèrent, silencieuses. Comme l'avait annoncé le Mangemort, un serviteur approcha de la cellule du jeune homme, un tas de tissus grisâtres dans les bras. Il se planta devant le cachot et attendit, sans un mot.

« Qu'est-ce que vous me voulez ? », le questionna Drago d'une voix tranchante et hautaine, celle qu'il utilisait pour montrer qui il était.

Aucune réponse. Les yeux verts du vieux moldu ne fléchirent pas. Sa bouche resta fermée et sa respiration demeura calme. Il attendait. Il n'avait pas besoin de parler, sa demande était claire. Dans un grognement retenu, le prisonnier commença à se déshabiller. Les dents serrées, il ôta sa robe de sorcier. Après quelques secondes, il se retrouva simplement vêtu de ses sous-vêtements. Comme pour accompagner sa décadence, un vent froid s'engouffra par la lucarne du cachot. Drago ne frissonna pas. Il jeta ses habits de sorcier sur le granit comme s'il n'en faisait aucun fi. Il se planta à quelques centimètres du serviteur qui lui tendit ses vêtements de prisonnier. Sans perdre plus de temps, le vieux moldu ramassa rapidement les affaires qui gisait sur le sol et disparut du couloir.

Le jeune homme déplia la guenille qui lui servirait d'habit et grimaça. Ce n'était rien de plus qu'un tee-shirt long et très large parsemé de trous. Le gris du haillon s'accordait à la perfection avec celui de la pierre tapissant la cellule. Drago l'enfila. Le vêtement était tellement léger qu'il lui sembla inexistant. Il tourna la tête en direction d'Hermione et recula de surprise. Comme frappé par la foudre, il s'aperçut brutalement de leur ressemblance. Lorsqu'il la vit, évanouie sur le lit, jambes nues, pieds noirs, il manqua une respiration. Ils étaient semblables, presque identiques. Autrefois si différents et à présent si proches. Le chiffon gris les avait mis sur un pied d'égalité. Etait-ce cela, l'avenir qui l'attendait ?

Il n'eut pas le temps de poursuivre sa réflexion. Dans la cellule d'en face, le cadavre bougea. Elle se releva avec une lenteur extrême et reprit sa position assise comme si elle ne l'avait jamais quitté.

« Granger ? Tu m'entends ? », demanda Drago.

Malheureusement, même avec toute la volonté du monde, aucun son n'aurait pu sortir de sa bouche. Désormais, seuls ses yeux pouvaient parler. Mais ils étaient vides.

« Réponds-moi par Merlin ! T'es devenue muette ou quoi ?! », s'énerva le jeune homme que ce silence rendait fou.

Aussitôt, il regretta sa question. La réalité le frappa comme un poignard au milieu du ventre. Elle était bel et bien devenue muette. Il avait déjà vu ça. Petit, son père lui avait enseigné l'art de la torture sur des serviteurs du manoir. Après plusieurs séances, une jeune fille, une servante, avait fini par perdre l'usage de la parole. Définitivement. Un traumatisme, jamais guéri et jamais oublié. Elle était morte, quelques semaines plus tard, des suites de ses blessures. Pourtant, il n'y avait pas de plaie sur son corps et, après quelques examens de routines, aucun problème physique n'avait été détecté. Les circonstances de sa mort étaient restées mystérieuses pour la famille Malefoy. Jusqu'à aujourd'hui.

Il la regarda l'observer sans vraiment savoir si elle le voyait. Personne ne pouvait prédire combien de temps son mutisme persisterait, et sûrement pas Drago. Elle serait peut-être retrouvée morte le lendemain, son cadavre décharné serait jeté aux animaux de la forêt en bordure du Château. A cette idée, le prisonnier frissonna. La haine vivace qu'il avait toujours entretenu envers Hermione s'était dissipée. La vue de son corps squelettique et de ses yeux immensément vides, avait transformé son dégout en profonde pitié. Tout au fond de lui, une infime partie de son âme, même s'il persistait à prétendre le contraire, voulait la sauver.

Bientôt, les rayons du soleil ne passèrent plus la petite lucarne. Le jour décrut et le ciel s'enveloppa d'une couverture sombre. Drago fût étonné de ne pas apercevoir d'étoiles. La Lune, bien que présente, n'éclairait pas le ciel. Seul le noir infini de la nuit dominait. Le vent se leva, glacial. Le prisonnier se coucha sur le tapis de sa cellule. Le froid gagna ses extrémités, jusqu'à ce qu'il ne les ressente plus. Il déplia alors le drap qu'il avait placé sous sa tête afin de s'en couvrir. La chaleur se diffusa à nouveau peu à peu. Mais l'absence d'oreiller lui fit rapidement mal au dos et à la nuque. Son corps s'endolorit et des grognements d'agacement montèrent de sa gorge.

« Nom d'une chouette ! », s'énerva-t-il en se frottant vigoureusement la tête.

Soufflant toute son exaspération, le jeune homme s'assit en tailleur face à la petite lucarne. Il maugréa et grommela tout ce qu'il pouvait puis tourna la tête vers Hermione. Aucun son ne se faisait entendre dans la cellule d'en face. La prisonnière était simplement tombée sur le côté. Elle n'avait ni oreiller ni drap pour la protéger. Le tapis était miteux et ses jambes dépassaient sur la pierre froide tapissant le sol de son cachot. Pourtant, ses yeux étaient fermés. Profonde léthargie ou sommeil inconscient, Drago n'en avait pas la moindre idée. Il ne pouvait que constater l'évidence. Elle dormait. Réprimant un soupir, le jeune sorcier se recoucha. Il se recroquevilla sur lui-même, plaça un bras en dessous de sa tête afin de la soutenir et se blottit sous le drap. Le vent faisant tout son possible pour perturber son endormissement, le jeune homme mit un temps considérable avant de trouver le sommeil. Quand enfin Morphée l'emporta, ses démons vinrent hanter ses rêves, et en faire des cauchemars.

Les jours passèrent, se ressemblant en tout point. Parfois, Drago se perdait dans de longs monologues, il se lamentait sur sa vie passée et sur celle à venir. Persuadé qu'Hermione n'était pas assez lucide pour comprendre ce qu'il disait, il se confiait à elle comme à une amie, sans pour autant la considérer comme telle. Chaque jour, le vieux moldu aux yeux verts leur apportait leurs repas respectifs. Le plateau du jeune homme était toujours copieux, bien que peu varié. Celui de la prisonnière, lui, restait quasiment vide. Ne manquant pas à sa promesse, le sorcier partageait sa nourriture avec Hermione qui reprit rapidement des forces. Ses muscles n'étaient pas suffisamment développés pour qu'elle puisse se déplacer convenablement, mais au moins elle ne s'évanouissait plus de faiblesse. Un problème persistait cependant, et pas des moindres. Malgré tous les efforts que Drago déployait pour la nourrir et parler avec elle, la jeune fille restait imperméable à toute forme de parole. Ses yeux commençaient à reprendre leur couleur chaude et une infime lumière brillait de temps à autre au fond de son regard, mais elle demeurait inexorablement aphasique.

« … Et c'est ce jour-là que j'ai compris à quel point ma mère être prête à tout sacrifier pour moi. »

Drago acheva son monologue habituel sur un soupir de tristesse. Sa mère, Narcissa, lui manquait bien plus qu'il ne le disait, bien plus qu'il ne le pensait. Il ne savait pas quand il la reverrait. D'ailleurs, il ne savait même pas s'il la reverrait un jour. Il inspira un grand coup et se leva d'un bond.

« Bon, quand est-ce qu'il arrive notre ami chauve si sympathique ? » s'interrogea le jeune homme impatient que son repas lui soit apporté.

Hermione, toujours aussi peu expressive, pencha légèrement la tête sur le côté. Plusieurs semaines étaient passées depuis l'enfermement du sorcier et, grâce au partage des repas, la jeune fille avait repris suffisamment de force pour être à nouveau lucide.

Le soir où, brusquement dans son sommeil, elle s'était aperçue de la présence de Drago Malefoy, la panique l'avait gagné. Rapidement remplacée par de la colère. Puis elle se rappela ce qu'il avait fait pour elle depuis le jour de son arrivée. Même si elle doutait de la sincérité de ses gestes, elle devait bien reconnaitre qu'elle lui était reconnaissante. Profondément endormi, le jeune homme ne s'était pas rendu compte du trouble qui avait saisi la prisonnière. Toujours incapable de la moindre parole, Hermione avait gardé sa prise de conscience pour elle. Maligne, elle avait même décidé de ne rien changer à ses habitudes. Depuis ce jour, elle écoutait avec attention chaque récit de Drago. Elle avait appris à le connaitre mieux que personne ne l'avait jamais connu, et ce, sans qu'il ne s'aperçoive de rien.

Elle l'observa s'impatienter et maugréer, comme à son habitude. Quelques minutes plus tard, comme répondant à ses plaintes, le vieux moldu aux yeux verts s'approcha des cellules. A la surprise des deux captifs, ses mains étaient vides. Les plateaux que, d'ordinaire, il apportait avec maladresse, étaient absents. Plus étrange encore, la jeune fille trouva son attitude curieuse et son regard changé.

Le serviteur s'accroupit près de la grille le séparant d'Hermione et la fixa intensément.

« Lève-toi ! Il est plus que temps que je te sorte d'ici. »

Les yeux de la prisonnière s'écarquillèrent de stupéfaction. Sa bouche s'ouvrit, mais aucun son n'en sortit. De son côté, Drago était resté figé. C'était la première fois que le vieux moldu s'adressait à eux. Il avait même cru que les Mangemorts lui avaient coupé la langue afin qu'il ne puisse pas s'adresser aux prisonniers. Se sentant soudain exclu de la scène qui se jouait, le jeune homme ne put s'empêcher d'intervenir.

« Qu'est-ce que vous faites ? », l'interrogea le sorcier.

Le moldu se retourna en direction du prisonnier. Celui-ci, surpris, recula imperceptiblement.

« Qui êtes-vous ? poursuivit Drago, persuadé de ne pas avoir affaire au vieux moldu.

- Qui je suis importe peu pour le moment, répondit l'homme. Je suis venu libérer Hermione Granger, et je n'ai pas de temps à perdre. »

Le vieil homme s'interrompit quelques secondes, puis il poursuivit, intrigué.

« Et toi, qui es-tu ? Ton visage m'est inconnu.

- Je m'appelle… William. William Graham ! enchaina le jeune homme afin de protéger son identité.

- Et bien William, si tu es enfermé dans ce Château de malheur c'est que tu dois être gênant pour Tu-Sais-Qui. Tu sais ce qu'on dit, les ennemis de mes ennemis sont mes amis ! Partant de ça, et voyant l'état désastreux d'Hermione, je te propose de nous accompagner. Qu'en dis-tu ? »

Surpris par le fait que le serviteur ne connaisse pas son identité plus que par sa proposition, Drago mit quelques secondes à répondre. D'un hochement de tête, il acquiesça. Dissimulé dans sa manche, le moldu sortit une baguette magique. Il déverrouilla les cellules de quelques mots latins.

« Vous... vous êtes un sorcier ! s'exclama Drago.

- Finement observé Will ! Tu permets que je t'appelle Will ? demanda le vieil homme sans attendre de réponse. Bien, il est temps d'y aller. Même si ces abrutis de Mangemorts sont trop sûrs d'eux pour placer des alarmes aux cachots, ils ont quand même envouté certaines parties du Château. Impossible de transplaner depuis ici ! Mon frère nous attend à l'extérieur, sortir de là devrait être un jeu d'enfant. »

A peine eût-il fini sa phrase que le vieux sorcier saisit Hermione par le bras et l'aida à se relever. Voyant la faiblesse de ses muscles, il grimaça et fit signe à Drago de venir l'aider. Bien que réticent à l'idée de poser ses mains sur le corps de la jeune fille, le sorcier obtempéra, son désir de liberté étant plus fort que son dégout viscéral pour les sangs impurs.

Rapidement, le trio traversa le couloir et monta l'escalier de marbre qui se trouvait au bout. Les Mangemorts vivant majoritairement au rez-de-chaussée, ils auraient eu du mal à sortir incognito par la grande porte du Château. Les escaliers continuaient sur plusieurs étages et Hermione peinait à les monter. Au bout du second, ses jambes ne voulurent plus répondre à ses sollicitations. N'ayant plus d'autre choix, Drago la porta sur son dos. Le vieil homme, lui, ne présentait aucun signe de fatigue. Il courrait et montait les marches deux par deux sans la moindre gêne.

Bientôt, ils arrivèrent au dernier étage de l'édifice. Le vieux serviteur ouvrit une fenêtre et fit signe au jeune homme de sauter.

« Vous êtes dingue ! s'affola Drago.

- Tu vois ce grand dadais en bas ? C'est mon frère. Et tu distingues le morceau de bois qu'il tient dans sa main ? C'est une baguette magique. Maintenant, saute ! », ordonna-t-il.

Sans davantage réfléchir, le jeune sorcier s'élança dans le vide. Au lieu de la chute vertigineuse à laquelle il s'attendait, une descente parfaitement contrôlée les emporta, lui et Hermione, jusqu'au sol. A peine avait-il posé les pieds par terre que le vieil homme atterri à côté de lui.

« Pas une minute à perdre Jacob, dit-il en s'adressant au grand jeune homme blond qui lui faisait face, il faut partir ! »

Avec un hochement de tête grave, le dénommé Jacob prit la main du serviteur qui lui-même, saisit celle de Drago. L'instant d'après, ils avaient disparu.