Chapitre 2 : Âmes perdues
« Arrêtez…S-S'il vous plaît… »
Il n'avait jamais supplié un inconnu de sa vie mais il ne pouvait simplement plus supporter cette torture. Son corps lui faisait tellement mal. Cette sensation d'être pénétré était plus atroce que celle d'une épée traversant son torse. C'était trop. Il voulait que cela cesse. Mais tout ce qu'il eut comme réponse furent des ricanements sonores et un coup violent. Le rythme augmenta. Il cria.
« Quoi ? A défaut d'être un prince potable, t'es au moins une bonne pute. »
Ces mots lui transpercèrent le cœur comme une pluie d'aiguilles. Il était une disgrâce, un raté, le maillon faible de la glorieuse famille royale d'Hoshido. Les larmes roulaient sans retenu sur ses joues pâles. Il était faible, pleutre, lâche, idiot, égoïste. A cause de lui, Kamui avait choisi Nohr. A cause de lui, sa mère était morte. A cause de lui, sa famille était brisée. Il aurait dû être plus rapide et se jeter devant la reine Mikoto. Sa pitoyable vie aurait au moins servi à quelque chose. Ryoma, Hinoka et Sakura seraient heureux. Ils auraient eu leur sœur adorée et leur mère.
Ils n'auraient plus eu à la supporter.
« Hoshido aurait sûrement préféré que tu sois enlevé à la place de la princesse Kamui. »
« Regardez-moi ces cheveux. Il doit juste être le bâtard de la reine Ikona. »
« Une honte pour la famille royale. »
Ces mots répétés inlassablement depuis le début de sa captivité ne cessaient de résonner en boucle, comme un mantra. Pire, ils se mêlaient à ses souvenirs pour les mettre dans la bouche de domestiques, de nobles ou même de membres de sa famille. Il ne pouvait désormais voir que la déception et le dégoût dans les yeux normalement réconfortant de son frère et de ses sœurs.
Il crut entendre quelqu'un crier son nom. Son esprit fatigué devait lui jouer des tours.
« Tu ne seras jamais un bon prince. »
« On aurait été mieux sans toi. »
« Ça me dégoûte de t'avoir comme frère. »
« Un archer ça ? S'il n'y avait pas le Yumi Fujin, il raterait tous ses tirs je suis sûr. »
La douleur physique lui parut d'un coup bien secondaire à côté des abysses de son désespoir. Ces voix qui chantaient en chœur toutes ses craintes le blessaient bien plus que les coups qu'il recevait. Il ne valait rien. Il n'aurait jamais dû naître. Mourir à peine né aurait été la meilleure chose pour Hoshido. Sa mère, la reine Ikona, n'aurait jamais dû prier le dragon de l'aube pour le sauver. Peut-être que ces hommes avaient raison. Il serait mieux à accepter son statut de jouet sexuel plutôt que d'essayer d'être quelqu'un qu'il ne pourra jamais être. Au moins, il fera plaisir à quelqu'un. Son corps frêle pouvait encore servir à quelque chose. Il arrêta de se débattre. Cela ne servait à rien. Il n'a jamais été digne d'être pur.
Un cri puissant, inhumain résonna dans toute la pièce. Il entendit ses tortionnaires dire des choses dans une langue inconnue. Une forme de panique semblait s'être propagée. Mais il n'espérait pas. Il était fatigué d'espérer. Il ne méritait même pas d'être sauvé.
Un bruit sourd puis un second hurlement, plus agressif encore, fit trembler la pièce. Un dragon argenté apparut alors de nulle part, chargeant contre les hommes. Sa puissante mâchoire saisit un lancier. Le prince brisé entendit ses os se faire broyer d'un seul coup avant que le soldat ne disparaisse comme de l'écume. Tous ceux qui étaient jusque-là occupés à profiter de sa personne le laissèrent et saisirent leurs armes pour affronter la bête féroce. Celle-ci gronda de manière menaçante avant de charger. Tous volèrent comme de vulgaires poupées désarticulées.
Le dragon de l'aube avait peut-être enfin daigné lui accorder la mort. Il ne sentait aucune peur, aucune panique, rien, alors que les cadavres se multipliaient autour de lui avant de disparaître. Il attendait simplement que la créature vienne lui ôter la vie.
Il tomba lourdement au sol quand les griffes acérées coupèrent les cordes qui le maintenaient prisonnier. Il gémit face au choc et se redressa avec difficulté. Le reptile se tenait au-dessus de lui, rugissant avec force. Il cligna des yeux. Le gardait-il pour la fin ? Pour son repas peut-être ? Il entendit alors quelque chose tomber à ses côtés. Son yumi divin avait été jeté vers lui. Il ne le saisit pas. Il ne méritait pas le Fujin. Il n'était pas digne ne serait-ce qu'être vivant. Il était bien trop impur.
Il sentit quelque chose se frotter gentiment contre lui. Il tourna lentement la tête pour faire face à la large tête de la bête. Celle-ci lui pointa alors son arme. Pourquoi la créature voulait-elle qu'il prenne son arc ? N'était-il pas un vulgaire insecte comme les autres ? Juste bon à finir dans sa panse ? Il ne comprenait pas. Son esprit habituellement vif ne pouvait former une explication plausible. Il finit néanmoins par saisir son fidèle yumi, se penchant malgré la douleur qui se propageait dans son bassin. C'est à ce moment-là qu'il vit Yato. Il cligna des yeux. La lame sacrée était toujours là. Il glapit de surprise. La réalisation le frappa de plein fouet.
Il connaissait ce dragon. Non, cette dragonne.
« K-Kamui n-nee san ? » Bégaya-t-il sans qu'il ne puisse s'en empêcher. Il avait besoin de savoir.
La créature s'arrêta un moment alors qu'elle déchiquetait sans sourciller le mage qui avait orchestré sa chute. Elle croqua un dernier coup avant de recracher le corps qui disparut comme les autres. Elle se tourna alors vers lui, ronronnant affectueusement. Il ne savait plus quoi penser. Il croyait sa sœur morte il y a des années, remplacée par la traîtresse qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau. Il déglutit difficilement. Il avait trop besoin de réconfort pour se faire la réflexion que Corrin et Kamui étaient une seule et unique personne. Il s'avança en tremblant, ignorant les protestations de son corps meurtri. Il voulait revoir cette sœur qu'il avait adorée petit. Cette grande sœur disparue qui lui tenait la main dans les couloirs du palais quand ils fuyaient joyeusement leurs tuteurs. Il ne se souvenait pas clairement d'elle mais il se rappelait se sentir aimé. Bien plus que ces dernières années réunies.
« Kamui nee san… » Répéta-t-il
Elle ronronna une nouvelle fois en réponse puis le saisit délicatement par le col du kimono qu'il portait, unique survivant de sa tenue habituelle, avant de le placer sur son dos. Il grimaça de douleur mais s'agrippa à elle. Il prit soin de ne pas faire tomber son arc et l'épée sacrée d'Hoshido. La dragonne rugit avec force quand elle fut certaine qu'il était en place et cracha des flammes noires. Les murs fondirent en rien de temps et le feu se propagea dans toute la pièce. Les rares survivants se mirent à hurler. Les flammes commençaient déjà leur travail et enlaçaient le moindre ennemi de leur étreinte terrible. Takumi sentit son sang se figer malgré lui. Il n'était pas habitué à de telles barbaries. Il avait déjà tué mais avait toujours essayé d'accorder une mort rapide et indolore. L'idée de torturer ses ennemis lui donnait la nausée. Il leur souhaitait tout le mal du monde mais ne pouvait l'infliger lui-même. Il était décidément un être fait de contradictions…
Sa sœur reptilienne ne semblait pas partager ses préoccupations et déploya ses ailes. Elle fit de nouveau appel à son souffle inquiétant pour se créer une sortie. Elle était si calme (heureuse ?) alors qu'un chaos macabre se répandait autour d'elle. Rapidement, elle s'envola. L'archer se cramponna encore plus, tenant avec attention les deux armes divines. Cela n'avait rien à voir avec le décollage de son kinshi. La créature était définitivement plus puissante. Il pouvait sentir ses muscles extraordinaires donner leur pleine puissance.
Néanmoins, une fois qu'elle se mit à planer, il se détendit pour la première fois depuis des lustres. Le vent l'apaisait et le pouls de la dragonne le berçait. Il sentit ses yeux se fermer. Il était épuisé. Il s'endormit sans vraiment s'en rendre compte.
oOo
Qu'avait-elle fait ?
Elle tremblait comme une feuille. Son sang brûlait dans ses veines. Le grondement dans sa tête était omniprésent, prêt à reprendre le contrôle à tout moment. Elle ne savait même pas comment elle avait pu être consciente de ses actes et ne pas essayer d'empêcher la bête en elle de perpétrer son massacre. Elle se serra avec forces, ses jointures devenant blanches comme des os. L'odeur du sang était suffocante. Elle pouvait encore entendre les cris et le goût de la chaire entre ses puissantes mâchoires. Sa joie de répandre ainsi la mort. Son plaisir intense de voir les cadavres se vider de leurs entrailles. L'extase à son paroxysme. Elle avait aimé tuer et cela la terrorisait.
Un affreux goût de bile lui monta à la gorge.
Qu'avait-elle fait ?
Un massacre. Un pur massacre. Yato semblait la regarder d'un air accusateur. Elle n'était plus digne de son épée divine. Elle n'était pas un émissaire de paix. Elle n'était pas l'avatar de tolérance, gentillesse et pureté que tous pensaient. Elle n'était pas la jeune femme douce et naïve que ses deux familles adoraient. Ces hommes, aussi coupables qu'elle, ne méritaient pas une mort aussi brutale. Elle ne valait pas mieux qu'eux. Elle était probablement pire. Ils s'en étaient pris à Takumi. Tous n'avaient pas participé. Ils devaient être remis à leur place. Pas de manière si barbare. Ils servaient d'exemple aux autres humains. Non…Elle refusait de faire de telles choses. Elle détestait la violence…Elle en était convaincue.
Sa tête lui faisait mal. Elle n'avait plus rien pour retenir sa part draconique. Elle était seule face à cette ombre vengeresse.
Elle baissa la tête, passant sa main sur dans les longs cheveux de l'unique survivant de son carnage. Takumi dormait sur ses genoux. Elle ne sut comment elle avait réussi à le poser sur le sol sans le réveiller. Elle savait qu'elle l'avait déposé contre son flanc de base mais était redevenue humaine peu de temps après. Dans tous les cas, cela apaisa son esprit troublé. Elle ajusta la tenue bleue, qui n'était pas assez longue à son goût. Il était le seul innocent de l'histoire. Là au mauvais moment, au mauvais endroit. Pourtant, il était celui qui avait perdu le plus. Elle pouvait encore sortir cette odeur, une marque au fer rouge qui le désignait comme impur. Un adolescent de 17 ans n'aurait jamais dû connaître une telle chose. Elle avait failli à son rôle de grande sœur.
Sa part draconique ronronna de plaisir au souvenir des entrailles disséminées des tortionnaires.
Elle lâcha un grondement inhumain. Ses mains se mirent à trembler violemment. Sa rage menaçait de nouveau de l'avaler en entier. Sa respiration s'accéléra alors que ses mains se recouvraient d'écailles. Elle pouvait sentir sa queue derrière elle qui frappait avec force tout ce qui se trouvait autour d'elle. Les humains avaient osé la défier. Non, ce n'étaient pas vrai. Ils devaient tous payer. Les responsables étaient déjà jugés. Tuer. Non. Tuer. Pitié. TUER.
Elle hurla, luttant contre cette voix terrible qui résonnait dans sa tête, se mélangeant à ses propres pensées. Elle avait besoin d'aide. Elle ne voulait pas succomber. Elle voulait encore croire à son humanité.
« Nee…san … ? »
Les dieux draconiques lui avaient répondu sous la forme de la voix faible de Takumi. Sa dragonne intérieure et elle se concentrèrent aussitôt sur son état. Une trêve s'était enfin créée entre elles. Elle dévisagea avec crainte l'expression du jeune prince. Il était faible et confus, réveillé par son cri. Elle ne sut pourquoi mais une autre image se superposa. Un souvenir ? Le grondement était devenu un ronronnement. Elle revoyait un petit bébé potelé qui agitait gaiement ses bras vers elle. Une touffe de cheveux argentés commençait à pousser sur sa tête ronde. Ses gazouillis étaient adorables. Elle entendit sa propre voix d'enfant appeler sa mère avec excitation. Mikoto était arrivée rapidement et elle avait pris le garçonnet pour leur permettre de jouer ensemble.
« Kamui, ma chérie, tu peux aussi jouer avec Hinoka et Ryoma.
- Mais je veux être la meilleure grande sœur ! »
Le rire de sa mère harmonisé avec les babillements du bébé lui poignardèrent le cœur. Un souvenir de sa petite enfance. Un rappel cruel de sa vie à Hoshido, avant son enlèvement. Pourquoi maintenant ? Était-ce sa part draconique qui partageait les souvenirs qu'elle avait gardé, contrairement à elle ? Elle se rappelait de ce que lui racontaient sa défunte mère et Ryoma. Takumi et elle étaient inséparables quand ils étaient petits. Elle refusait d'aller faire la sieste sans lui. Elle jouait constamment avec lui. Elle ne les avait pas crus à l'époque. Elle aurait dû. Les souvenirs qui lui étaient revenus en étaient la preuve. Elle avait envie de s'arracher le cœur pour ne plus sentir cette culpabilité horrible.
Elle voulait être la meilleure grande sœur. Elle avait complètement échoué.
C'est à cause de Nohr. Non. Ces nohriens les ont séparées de lui. Xander, Camilla, Léo et Elise étaient innocents. Ils étaient complices. Ils étaient enfants et Elise n'était même pas née quand elle fut enlevée. Ils doivent payer. NON !
« Ne bouge pas Takumi. Grande sœur s'occupe de tout. »
Dans une tentative désespérée de calmer sa part bestiale, elle se concentra sur l'archer qui continuait à la regarder de ses yeux clairs. Elle espéra qu'il n'avait pas remarquée sa voix bien trop grave et caverneuse pour une jeune femme de son âge. Elle le vit cligner des yeux. Il ne semblait pas comprendre ce qu'elle disait. La langue de Nohr n'était pas sa langue natale. Il n'était pas en état pour traduire ce qu'elle disait. Du moins, c'était ce qu'elle supposait. Sa dragonne gronda de colère. Elle tenta d'ignorer sa propre frustration qui résonnait en cœur avec cette part sombre d'elle-même. Takumi tourna alors la tête, refusant de croiser son regard.
« Tu n'es pas ma sœur. »
La réponse la figea sur place. Son sang la brûlait de l'intérieur. Le tourbillon d'émotions étaient en train de l'engloutir.
« Kamui nee san parle hoshidien. »
Ses mains s'allongèrent pour donner des griffes.
« Kamui nee san ne nous aurait pas abandonnés. »
Ses cornes se déployèrent.
« Kamui nee san…m'aurait harcelé pour que je la laisse me coiffer. »
Ses canines s'allongèrent dangereusement.
« Mais…Je suppose qu'il reste encore un peu d'elle dans Corrin. »
Tout s'arrêta. Le rugissement qui s'apprêtait à envahir l'espace s'arrêta dans sa gorge. Elle reprit son souffle, comme si elle était auparavant en train de se noyer. Ses griffes, ses ailes, ses cornes et ses crocs se rétractèrent lentement. La bête se calmait et retournait dans son antre. D'une main tremblante, Corrin toucha les longs cheveux emmêlés. Il ne protesta pas. Elle glissa ses doigts entre les mèches, défaisant les nœuds avec douceur. Il ferma les yeux. Elle sentit son cœur se calmer. Non. Il se gorgeait d'un autre sentiment. Elle osait espérer.
« Dis-moi comment … comment redevenir Kamui… »
Ses mots n'avaient été qu'un murmure presqu'inaudible. Elle doutait même qu'il ait pu entendre. Mais elle l'avait dit. Elle avait pu exprimer ce qu'elle aurait dû dire quand elle était à Hoshido. Elle aurait dû s'intéresser plus à « Kamui », cette histoire qu'était la sienne. Nohr faisait partie intégrante d'elle, elle ne pouvait le nier. Ce pays l'avait élevé et inculqué des valeurs qu'elle faisait siennes. Xander, Camilla, Léo et Elise seront toujours sa famille. Ils lui avaient donné tant d'amour et d'attention, tant de souvenirs heureux. Elle leur était redevable. C'était bien pour cela qu'elle les avait choisis. Ils étaient ceux qui avaient toujours été là pour elle quand elle n'était qu'une prisonnière dans sa froide forteresse. Ils étaient ceux qui avaient fait d'elle « Corrin ».
Mais sa fratrie d' Hoshido faisait aussi partie de son histoire, histoire oubliée mais présente. Ryoma, Hinoka, Takumi et Sakura méritaient qu'elle s'intéresse à « Kamui ». Cette petite fille qui adorait imiter Ryoma, qui dansait sous les cerisiers en fleur avec Hinoka, qui refusait d'être séparée de Takumi et qui s'émerveillait devant la minuscule Sakura. A cause de son histoire, elle n'avait pu continuer à être « Kamui ». Elle ne savait pas quand le changement avait eu lieu mais il était grand temps qu'elle réconcilie ses deux identités.
Elle vit Takumi tourner la tête vers elle. La fatigue, les relents de douleur et une forme de méfiance voilaient encore ses yeux. Mais autre chose luisait. Quelque chose qui la calma aussitôt.
« Tu es sur la bonne voie. »
oOo
« Ces incapables ont visiblement échoué à maîtriser la dragonne. »
Une femme observait avec ennui les ruines de la base où elle aurait dû rencontrer son collègue mage. Elle remit machinalement une mèche bleue derrière son oreille et entra dans le bâtiment calciné. Cette fille était la digne progéniture du glorieux seigneur Anankos. Ses capacités grandissantes étaient à la hauteur de leurs attentes. Elle sera le pion parfait quand la dragonne aura réussi à annihiler toute trace d'humanité pour embrasser l'étendue de ses dons innés. En tant que fidèle sujet de Valla, elle ne pouvait attendre ce jour où la princesse rejoindra son père dans la destruction de ce pathétique monde. Elle aperçut des éclats brillants, restes d'une certaine pierre.
Elle eut un sourire exalté.
Orion n'avait donc pas complètement échoué. Il avait réussi à lui faire perdre le contrôle. La dragonne n'était plus enchaînée. Elle allait pouvoir reprendre en main ce corps qui lui appartenait de plein droit. Parfait. Leurs plans pour cette petite étaient en marche. Elle ne pouvait échapper à son destin.
« Dame Arete, nous avons trouvé quelque chose qui pourrait servir. »
La stratégiste se tourna avec dédain vers l'homme qui avait osé la déranger dans ses réflexions. Le général tressaillit sous son regard de glace. Dans ses mains, des restes noircis d'un vêtement typique d'un archer hoshidien. Elle se demanda vaguement comment il avait pu survivre aux flammes. Elle arqua un sourcil délicat.
« En quoi ce torchon peut servir notre noble cause ? » Demanda-t-elle.
Le soldat ne répondit rien mais montra une broderie raffinée située dans un coin du tissu calciné. Le symbole de Hoshido ainsi que le nom du propriétaire de cette tenue détruite. C'était donc ainsi que le sorcier avait réussi à pousser à bout leur proie. Elle retrouva son sourire. Son homme de main avait vu juste. Cela allait être utile, très utile.
« Je pense qu'une certaine famille doit être si inquiète pour leur pauvre petit frère disparu. Nous ne pouvons pas les laisser dans l'ignorance n'est-ce pas ? »
Notes : J'ai réécris ce chapitre plusieurs fois car j'ai longuement hésité sur le premier contact entre Takumi et Corrin. Sinon, je pense poster un chapitre une fois tous les dix jours environ. Rien à voir mais oui, j'ai changé la tabulation des chapitres en changeant le prologue en chapitre 1 (à la base, ce chapitre n'aurait pas dû être aussi directement relié au précédent)
Et merci pour les reviews au passage !
