Hey tout le monde !
D'abord, merci à vous tous ! J'ai été étonnée par un tel accueil, je dois avouer que j'avais un doute immense avec cette fic et que c'est pour ça que j'ai failli ne jamais la poster. D'ailleurs, je l'ai toujours mais c'est à vous de me dire si j'ai bien fait !
Ensuite, une petite chose que j'ai oublié de vous dire : je posterai chaque chapitre le dimanche entre midi et minuit. Oui, je n'aurai pas d'heure précise comme pour Tulipe Blanche.
Enfin, lisez ceci c'est IMPORTANT pour la compréhension de la fic : oubliez le prologue. Ici, c'est 500 ans après.Je dois vous prévenir que les époques vont s'entremêler dans cette fic et on alternera flash back et présent.
Pour l'instant, bonne lecture et soyez attentifs : vous risquez d'être surpris... Mais je n'en dis pas plus !
À le semaine prochaine !
PS : Le chapitre n'a pas encore été corrigé par NTP mais il le sera bientôt alors désolée pour les fautes ! La version corrigée sera sûrement postée dans la semaine voire ce soir tard.
RAR :
Caradya : merci beaucoup pour ta review !
Chapitre un : Tempus edax rerum
500 ans après.
Il était sept heures trente lorsque McGee arriva au NCIS. Il frotta ses mains gantés l'une contre l'autre dans l'espoir vain de les réchauffer. Noël était passé depuis une semaine mais les décorations illuminaient encore la capitale américaine. La neige s'accumulait sur les trottoirs à la plus grande joie des enfants et au grand dam des adultes, sauf exception. La circulation et les aéroports étaient paralysés depuis plusieurs jours. Malheureusement, les meurtriers au sein de la Marine ne souffraient pas du froid et les meurtres ne cessaient pas, au contraire. L'équipe avait du résoudre plusieurs affaires difficiles dans quelques unes en extérieur et cela malgré les températures si basses qu'elles empêchaient quiconque de sortir plus de cinq minutes sans geler sur place.
Le jeune agent soupira d'aise en arrivant dans l'Open Space et prit quelques minutes pour se réchauffer doucement. Il s'installa tranquillement à son bureau puis jeta un regard circulaire à la pièce. Sans surprise, il était seul, les autres n'allaient pas tarder à arriver ou étaient déjà ailleurs dans le NCIS. Il eut un soupir agacé en voyant le nombre de dossiers qu'il devait terminer et décida de s'accorder un petit moment avant de s'atteler à la tâche.
Il prit deux cafés à la machine puis descendit à la morgue saluer le jeune légiste. Jimmy Palmer était déjà au travail, penché sur le cadavre d'une femme d'âge mûr. Sa concentration était telle qu'il ne vit pas arriver son ami et sursauta quand ce dernier lui parla.
« Oh ! Tu m'as fait peur, dit-il. Je ne t'avais pas entendu arriver. Je suis un peu sur les nerfs ces temps-ci à cause de... Enfin, tu sais. Mais toi, comment vas-tu en ce si beau jour de décembre ? »
L'ironie dans son ton était évidente et arracha un léger sourire à l'agent.
« Disons que... On fait aller... Et puis, je me dis qu'il ne reste plus que quelques heures avant de terminer cette horrible année ! »
Aucun des deux ne sut quoi répondre et semblèrent revivre amèrement les événements qui avait tout chamboulé. Personne n'aurait pu imaginer ce qui allait se passer... Jimmy secoua la tête et eut un air faussement guilleret.
« Mais ne déprimons pas de si bon matin, agent McGee ! Je vois que vous m'avez amené un café, quelle délicate attention ! Il gèle ici et cela me permettra de récupérer un ou deux degrés sinon je risque de finir aussi froid que tous mes patients ! »
Les deux amis discutèrent encore un peu de sujets futiles mais aucun n'étaient dupes, l'humeur n'était pas de mise. Enfin, l'informaticien dut retourner travailler. Dans l'ascenseur, il hésita à appuyer sur l'étage du laboratoire d'Abby mais il se résigna. Il ne supporterait pas de la voir encore une fois si abattue, surtout en ce jour de la saint Sylvestre. Lorsqu'il sortit de la cage métallique, les deux autres agents étaient là. Ils se dirent bonjour d'un mince sourire et plongèrent dans la paperasse administrative.
Finalement, peu avant midi, un coup de fil leur annonça une nouvelle enquête.
« On y va, une affaire dans un abattoir abandonné au nord de la ville.
- Boss ?
- Oui ? » répondit McGee.
Il écouta distraitement son agent, Pierce O'Hara, lui poser une question sans importance puis il ordonna à son second agent, Lian Mox, de se dépêcher. Avant que les portes ne se referment il eut un dernier regard mélancolique vers les bureaux.
Tant de choses avaient changé en un an.
McGee et son équipe arrivèrent devant un ancien abattoir, aujourd'hui désaffecté à l'écart de la ville. L'atmosphère qui se dégageait du lieu était malsaine et sale, même la neige était noircie par les pots d'échappement et la boue. Les bruits de pas et les voix étaient étouffés par l'épaisse couche glacée donnant ainsi l'impression d'être hors du temps. Les agents fédéraux s'avancèrent dans le bâtiment dont les squatteurs avaient visiblement fait un lieu de rendez-vous au vu des murs couverts de graffitis de toutes sortes et de déchets divers.
Au milieu d'une grande salle vide se trouvait un homme d'une cinquantaine d'années, habillé d'un costard clair. Une étrange arme était planté dans son cœur. L'on n'en voyait qu'environ vingt centimètres, cela ressemblait à une longue tige métallique stylisée. En l'observant de plus près, l'on pouvait voir de fines écritures étranges ou des symboles inconnus.
« J'imagine qu'on n'aura pas de témoins.
- Selon les flics sur place, c'est un groupe de jeunes venus ici pour fumer qui ont trouvé le corps. Ils ont prévenu la police de suite et, heureusement, n'ont touché à rien, déclara la jeune agent.
- Bien, au boulot : Mox croquis et O'Hara photos. A nous, Jimmy, qu'est-il arrivé à celui-là ? C'est encore notre mystérieux tueur ?
- Il me semble, oui. Mais cette fois notre homme a laissé son arme, bien que je ne sache pas exactement ce que c'est. Je pense que la victime, alias Lyle Doyle, cinquante quatre ans selon ses papiers, s'est ardemment défendu.
- Et dans la précipitation, la tueur a oublié l'arme. Parfait. Heure de la mort ?
- Entre minuit et cinq heures du matin, je serai plus précis à la morgue. »
Timothy le remercia d'un signe de tête et regarda le portefeuilles en cuir de qualité de la victime : Lyle Doyle était né dans une petite ville du Michigan, il ne semblait pas marié et il n'y avait pas de photos d'enfants non plus. Une centaine de dollars en liquide ainsi que plusieurs cartes de crédit, ce qui excluait le vol. Tout indiquait un homme entre deux-âges, aisé, et sûrement intelligent puisqu'il avait une accréditation auprès de l'armée en tant que consultant sur les conflits au Moyen-Orient.
En d'autre circonstance, McGee aurait pu imaginer que l'homme avait été tué à cause de son travail, peut-être savait-il des informations importantes sur les conflits se jouant actuellement dans ces régions du monde. Mais il savait très bien que ce n'était pas pour cette raison qu'on l'avait assassiné. Doyle était la troisième victime d'un étrange tueur qui s'était déjà attaqué à deux autres membres de la marine : un homme haut placé et influent, le général Leigh et retraité de la guerre du golf mais ayant encore de l'importance, le sergent Cleave. Rien ne les reliait entre eux à part un passé trouble qui semblait avoir été créé de toute pièce.
Vance faisait pression pour que l'affaire soit résolue au plus vite mais il n'y avait aucun indice et McGee peinait encore à trouver ses marques en tant que chef d'équipe. C'était sa première grosse affaire et il voulait tout faire du mieux qu'il pouvait. Si seulement ils avaient une piste ! Mais non, pas même le début du commencement d'un raisonnement. Et ils piétinaient. Si les autres étaient là, je suis sûr que nous aurions déjà trouvé le coupable depuis longtemps.. S'ils étaient là... pensa-t-il. Il poussa un soupir résigné et se força à se concentrer sur l'enquête.
Cette fois, il n'y couperait pas. Alors, d'un pas décidé, McGee rentra dans le labo de la jeune gothique. Comme à chaque fois, l'absence de musique le frappa. Le lieu avait tout perdu de son identité. Il n'y avait plus de tableau accroché au mur. Les seules fantaisies du lieu étaient Bert, l'hippopotame de la laborantine et une photo de l'équipe au grand complet, à l'époque où tout allait pour le mieux, collée sur un ordinateur.
Mais ce qui frappait le plus, pour qui la connaissait, était l'état de la jeune femme. Elle avait tout perdu de sa superbe. Ses cheveux étaient continuellement lâchés, elle ne portait plus ses vêtements habituels, seulement des longs t-shirts unis et sombres et des pantalons noirs. Rares étaient les moments où elle souriait et ses sourires n'étaient jamais francs. La dislocation de l'équipe l'avait dévastée.
« Hey, Abs. » salua McGee, doucement.
L'interpellée se retourna, elle avait les yeux rougies et le teint pâle. Elle essaya d'esquisser un sourire mais ce fut un échec, elle ne réussit qu'à faire une triste grimace un peu pathétique.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-il en la prenant dans ses bras.
- Tim... Ça va faire un an ! Il me manque tant. Ils me manquent tous. Ziva donne peu de nouvelles, Gibbs m'appelle une fois par mois et ça ne dure jamais plus d'une minute... Ducky revient souvent mais ce n'est pas pareil ! Tim, que nous est-il arrivé ? »
Il ne sut pas répondre. Lui-même se posait la question. Il prit seulement Abby dans ses bras et la réconforta du mieux qu'il put, avec sa présence. Il fallut de longues minutes pour qu'elle se calme et retrouve ses esprits. Elle se décolla de son ami et lui adressa un remerciement silencieux. Elle respira un grand coup et l'interrogea à propos de l'enquête.
« J'ai ça pour toi : l'arme du crime, si tu pouvais faire des recherches sur son origine et sur les écritures dessus. Fais aussi un bilan toxicologique de Doyle, s'il-te-plaît, quand tu pourras. Merci. »
Il allait partir après un dernier signe de tête, mais se ravisa.
« Au fait, Abs...
- Oui ?
- Je suis content que tu sois là, je crois que je n'aurais pas pu tenir sans toi. Je te promets que tout redeviendra comme avant, il faut qu'on lui fasse confiance. Il s'est toujours sorti de tout. Il ne faut pas baisser les bras. »
Les deux amis s'enlacèrent en silence, puisant dans l'autre la force de continuer. Puis ils retournèrent à leur travail.
Les agents O'Hara et Mox faisaient leurs recherches sans un mot, essayant de traquer le moindre indice dans la vie de leur victime ou de trouver des suspects. L'agent Mox était une femme d'une trentaine d'années, grande et mince, presque maigre, et sans forme. Elle avait de longs cheveux frisés et roux qu'elle tentait tant bien que mal de retenir dans une queue haute. Elle venait de la police de Boston où elle s'occupait des affaires concernant les enfants avant d'intégrer le NCIS, et de travailler pour une autre équipe. Elle avait perpétuellement un doux sourire et ses yeux chocolats pétillaient. Au contraire, son collègue était de taille moyenne et plutôt trapu, beaucoup plus jeune qu'elle, il venait tout juste de sortir de l'école de police et avait intégré l'agence grâce à ses excellents résultats.
Soudainement, Pierce O'Hara leva la tête, fronça les sourcils comme s'il réfléchissait, ouvrit la bouche pour parler mais la referma. Sa collègue remarqua son manège et eut un léger sourire moqueur.
« Un problème, Pierce ?
- Non, c'est juste que je me demandais quelque chose. Tu sais ce qui est arrivé à l'ancienne équipe ? McGee est un plutôt bon enquêteur mais je ne suis pas sûr qu'il ait l'étoffe d'un vrai chef, ça se sent qu'il ait pas vraiment à l'aise quand il donne des ordres. Ça va un peu mieux maintenant mais au début c'était flagrant ! Il est même plutôt jeune pour un chef d'équipe.
- Et c'est toi qui parle ? railla Lian.
- Rah ! Ce n'est pas ça que je veux dire et tu le sais bien. Le boss n'en parle jamais. Et rares sont ceux ici qui ont accepté dans parler, ça semble assez douloureux.
- Alors tu ferais mieux de laisser ça tomber et de faire ton travail, O'Hara. Ça ne te regarde pas.
- Mais j'y pense ! Tu étais déjà là quand ça s'est passé. Écoute, j'ai bien compris que ce qui est arrivé est bizarre. J'ai reconstitué un peu les événements, dis-moi si j'ai tort. Alors, il y a un an, un agent de cette équipe, un italien je crois, a disparu sans laisser de trace. On s'attendait à ce que les membres de l'équipe remuent ciel et terre pour le retrouver mais il n'en a rien été. Étrange, non ? Tout le monde s'accordait à dire qu'ils étaient plus que des collègues, il étaient une vraie famille. Puis, quelques mois plus tard, Ziva David, c'est son nom, a démissionné. Après elle, le légiste a pris sa retraite et Jimmy a pris sa place. Pendant ce temps, Abby tombait en une sorte de déprime. Tu dois être arrivée alors qu'il ne restait que le patron, Gibbs, une vraie légende, était encore aux commandes. Mais il est parti lui aussi et McGee a été promu. Tu es restée dans l'équipe et je suis arrivé plus tard.
- C'est à peu près ce que je sais. Mais pourquoi tu veux tellement savoir ?
- Je ne suis pas stupide et même si je suis encore un bleu, j'ai remarqué certaines choses. Il est évident qu'Abby est presque dépressive et que le boss essaie d'être fort sans l'être vraiment. Parfois il regarde nos bureaux avec un air triste comme s'il pensait aux anciens agents. Ça me fait de la peine, en fait. »
Mox poussa un soupir. Elle retourna face à son écran mais se reprit.
« Oublie cette histoire. Je pense que c'est ce qu'ils essayent de faire. La disparition de DiNozzo fut un choc pour toute l'agence et bien que je sois arrivée après et que je ne l'ai jamais connu, je sais qu'il était très apprécié et respecté. Ça ne sert à rien de remuer le passé et ça ne nous concerne pas. Je sais que tu es nouveau et que tu ne sais pas comment ça marche mais c'est aussi ça le boulot, perdre des hommes, tu vas rencontrer beaucoup de flics abîmés, certains amers, en colère. Ce travail est dur et on doit tout se soutenir les uns les autre, pas remuer la douleur même si ce n'est pas intentionnel. McGee a vécu la séparation de ses amis du mieux qu'il a pu, ce ne doit pas être facile. On est pas là pour juger mais pour travailler.
- Et c'est ce que vous devriez faire au lieu de bavarder, intervint McGee en arrivant dans l'Open Space par surprise et s'installant à son bureau tout en essayant de garder un air impassible.
- Boss ! s'exclama O'Hara. Vous... Vous êtes là depuis quand ?
- Assez longtemps pour savoir que vous ne parliez pas boulot. Alors, du nouveau ?
- Eh bien, en fait, oui, dit l'agente. Doyle a un passé plutôt trouble. En fait, son passé commence il y a sept ans, quand il a été engagé en tant que consultant. Grantsville, dans l'Utah, n'a aucun certificat de naissance au nom de Lyle Doyle. Il n'avait pas de famille, pas d'ami non plus. Il habitait une petite maison de banlieue, parlait à ses voisins quand il les croisait, sans plus. Poli et discret, c'est ce qui est revenu le plus souvent.
- Pareils pour ses collègues à l'armée. Il avait un rôle important et ses conseils étaient étudiés sérieusement. Il venait lorsqu'il était appelé, à sept heures précises puis repartait quand il avait pu apporter son aide. Il ne restait jamais plus longtemps. En fait, on ne sait pas comment il pouvait payer ses factures. Doyle n'avait pas d'autre métier. Tout était réglé dans les temps, l'argent était en fait viré de comptes intraçables à l'étranger. Ses seules dépenses étaient des livres d'histoires et du vin directement importés de France.
- Bien, bon boulot. O'Hara continuez de vous renseigner sur ses mouvements bancaires, on pourrait apprendre des choses et Mox, je veux savoir d'où vient cette arme. »
Les deux agents acquiescèrent et se mirent à taper frénétiquement sur leur clavier afin de chercher le moindre indice. McGee les observa un moment. Il avait entendu toute leur conversation. Il aurait du intervenir dès le début mais il avait eu envie de savoir ce que ses agents pensaient. Mais il avait surtout était bloqué par les mots de son plus jeune agent : "Je ne suis pas sûr qu'il ait l'étoffe d'un vrai chef". Ça l'avait blessé parce qu'il savait que O'Hara avait raison. Il n'était pas un chef. Il n'était pas fait pour donner des ordres. Il n'était pas Gibbs, ni même Tony ou Ziva. Eux étaient des meneurs nés, alors que lui ne se sentait pas capable de diriger. Il aurait tant aimé que les choses se déroulent différemment. Après que Tony ait disparu, le NCIS était en ébullition mais eux, la belle équipe, était comme paralysés. Ils ne pouvaient rien faire, c'était atroce. Cela leur fut fatal et chacun partit, pour se protéger, à sa manière.
Il sentit les larmes lui monter aux yeux. Il les ferma avec force pour les retenir mais il ne s'en sentait pas capable alors il se leva d'un coup, faisant fi des regards étonnés de ses agents et se précipita dans l'ascenseur qu'il bloqua. Enfin il put laisser libre court à son chagrin. Cela faisait trop longtemps qu'il se retenait. Il faisait de son mieux pour être fort mais craignait de ne pas l'être assez.
« Pourquoi ? Bordel, pourquoi t'es parti ? »
Tempus edax rerum : le temps détruit toute chose.
