Je vous souhaite une agréable lecture!
Le train s'ébranle alors que je quitte la gare mon sac de voyage sur l'épaule. A l'intérieur : les souvenirs des cinq dernières années de ma vie. En face de moi : les dix-neuf autres. Bien que me donnant une attitude pleine d'assurance, je n'en même pas large de fouler de nouveau les terres de mon District. Il se fait tard et la majorité des personnes encore présentent dans les rues sont des collègues pacificateurs. Je les salue de signes de tête polis mais ne m'arrête pas de marcher. Le vieux Kravitz et son équipe n'ont pas exactement les mêmes idées que celle que l'on enseigne dans le Deux. Chose qui d'ailleurs m'avait soulagé et enclin à encore davantage apprécier Kennedy qui contrairement à celui que j'avais connu plus jeune, ne partageait pas son temps entre la torture et les activités illicites. Le genre de vaux-rien qui déshonorait un métier pourtant si pur et juste rien qu'en respirant.
Malgré les années, mes pas me guidèrent d'eux-mêmes dans la partie ou se trouvait l'habitation de mes parents. A l'extérieur des quartiers commerçants bien que finalement pas non plus dans la partie la plus basse et la plus reculée du District. Perdue dans mes pensées, j'étais en train de jurer intérieurement contre cette "fichue chanson" de l'Arbre du Pendu qui ne voulait quitter mon esprit lorsqu'une lueur soudaine vain éclairer les rues. Sursautant, je me retournais brusquement vers la grande place que je venais de quitter en entendant l'hymne de Panem. Vrillant mon regard sur l'écran géant qui venait de s'allumer, j'eus à peine le temps d'apercevoir le sceau du Capitole avant que le Président O'Connell ne prenne sa place. Mes yeux s'arrondirent sous ma surprise mal contenue. Etais-je à ce point perturbé que j'en avais oublié la traditionnelle annonce de la moisson?
— Chers habitants des douze districts de Panem et chers habitants de notre magnifique Capitole, si je vous parle ce soir, c'est pour vous annoncer que dans treize jours précisément, la Moisson de la dixième édition aura lieu. Des envoyés du Capitole seront chargés dans chaque district de récolter les vingt quatre tributs. Je vous assure que cette dixième édition des Hunger Games va vous surprendre ! Rien que par le choix de l'arène et des nouveautés., débuta-t-il.
Cet homme était pourvu d'un charisme des plus impressionnants à mon avis, qui n'ait pas aussi humble que je n'aimerais le faire croire. Je regrettais uniquement que les extravagances esthétiques de la capitale ne furent pas à mon goût. Ses abus de couleurs attirés l'oeil c'était certain mais faisait également disparaître l'aspect militaire du Chef du pays qui était pourtant l'une des choses que j'appréciais le plus en sa personne.
— Je vous rappel que les Hunger Games existent par votre faute, habitants des districts. Vous avez osé vous soulever contre moi, payez-en le prix, assumez les conséquences de votre idiotie passée. Et souvenez-nous, il n'en restera qu'un et un seul tribut. Profitez de vos enfants tant que vous le pouvez, il se pourrait que ça soit la dernière fois.
Je frissonne en repensant aux Jours Sombres. Quel gâchis. Une guerre et une révolution qui n'auront menés qu'à des démonstrations inégales de forces. Qui aura poussé un homme aussi juste que Clavius O'Connell à prendre des mesures drastiques pour le bien-être d'un pays aussi fragile que Panem. "Profitez de vos enfants tant que vous le pouvez, il se pourrait que ça soit la dernière fois." Cette dernière phrase me laisse perplexe cependant. Si je cessais de me voiler la face, je dirais qu'elle suintait d'ironie et même, de sadisme mais vu que ce n'est pas le cas, je reste de marbre avant de me secouer. Les rebelles sont à l'origine de ces Jeux et de ces morts, mais peu importe, bientôt ils disparaîtraient. Et je les exterminerai moi-même s'il le faut, fois de Bryden Pond.
Pourtant lorsque l'image de Fox s'impose à mon esprit, accompagné des sanglots étouffés d'une femme dans la maison la plus proche de là ou je me trouve, je ne peux m'empêcher de ressentir une sorte de pincement au niveau de la poitrine. Ce n'est que le début parait-il.
La lueur diffusée par l'écran géant s'affaiblis pour ensuite disparaitre. Les rues du district sont de nouveau plongé dans le noir et je ne peux m'empêcher de penser que celle du Deux sont bien mieux éclairées... même si nous ne rivalisons pas encore avec le Douze. Ce territoire ou on trouvait les gisements de charbons était l'image même de la misère et si je devais admettre une chose à notre voleur et à son équipe, c'était bel et bien que ces gens avaient plus besoin de nourriture que nous mais, je ne pouvais m'empêcher de me dire que ce n'était pas non plus la meilleure des initiatives que de distribuer ainsi des denrées au hasard, périssables de plus.
Réajustant mon sac sur mon épaule, je me détournais pour reprendre mon chemin vers mon ancienne maison. Peut-être mon trajet serait-il vain, peut-être mes parents avaient-ils emménagés en compagnie de Leeloo dans le village des vainqueurs mais j'en doutais. Mon père aimait trop sa maison, assez proche des côtes sans pour autant être trop loin de la place du marché. Et ceci sans compter sur une certaine fierté parfois mal placé qu'il devait principalement à son propre père, l'homme le plus bourru qu'il m'ait été donné de connaître de toute ma courte existence.
Malheureusement pour moi, alors que j'étais presque arrivé à destination, j'eus la désagréable surprise de voir sortir d'un bar la silhouette tanguante du pacificateur en chef. Baissant les yeux sur le sol tel une autruche, j'accélérai légèrement l'allure mais c'était bien trop compter sur la chance.
— Mais que vois-je!, s'écria-t-il sur un ton un peu trop aigu. L'enfant prodige est de retour!
Il me rejoignit de son pas chaloupé au milieu de la rue tandis que ses compagnons allumaient ce qui ressemblait à des cigarettes - un produit de "luxe" parait-il.
— Alors ils sont parvenus à t'enlever le balai que t'avais dans le cul, dans le Deux, mon garçon?, ricana-t-il, son haleine d'ivrogne me faisant froncer le nez.
Je me mords la langue pour éviter de commettre une erreur. Bien quelques répliques salées me viennent à l'esprit en cet instant. Me mettre à dos la figure de l'autorité du district, aussi incompétent soit-il, ne m'aiderai certainement pas dans mon ascension vers le Capitole. Dommage qu'il n'existe pas de "comment congédier gentiment un ivrogne" pour les nuls car j'aurais certainement dévoré un tel ouvrage comme beaucoup d'autres dans le District.
Et pourtant, la postérité, le destin ou je-ne-sais-quel-autre-idiotie avait décidé que j'allais avoir la chance de m'en tirer cette fois. Une nouvelle voix résonne dans la nuit noire et je ne peux m'empêcher de me sentir soulager. Eamon McDouglas, homme de main du Président se tient à quelques mètres de nous. Son costume flambant neuf jure avec l'aspect miteux de l'établissement d'ou il sort.
— Agent Pond, heureux de vous revoir., me salua-t-il avant de me tendre une main que je serrais sans hésitation.
Lui et moi, nous ressemblions par bien des aspects. Non seulement à cause de nos physiques relativement similaires mais également à mes yeux, par nos motivations et nos valeurs. Nous nous étions connus peu de temps après mes premiers déboires avec Fox. Il avait été chaleureux et avenant, pas moqueur pour un sous devant mon "échec" contrairement à d'autres sûrement moins bien placé pour parler.
— Comment allez-vous?, m'interrogea-t-il ensuite aimablement. Je trouve étonnant que le Capitol accorde des vacances à un agent aussi talentueux en cette période.
— Bien, merci., répondis-je, flatté. Si seulement vous pouviez avoir raison alors je n'aurais même pas à défaire mes bagages. Malheureusement, je crois que vous me surestimez. Je ne fais que débuter et mon dossier doit être au milieu d'une pile d'autres identiques en tout points.
Loin de moi l'idée d'une quelconque fausse modestie, aussi risquait-il de s'écouler quelques temps avant que l'on ait besoin de moi. Au moment ou il amorçe une réponse, une sonnerie d'alarme retentis en provenance de la barrière Est, provoquant des jurons de la part du vieux Kravitz. J'aurais certainement ris devant sa semi-chute et le fait qu'il s'adressait désormais à un buisson plutôt qu'à son agent qui se trouvait deux mètres plus loin si la situation n'avait pas été si pathétique. Un rictus prend possession des traits de l'Agent McDouglas avant qu'il ne se retourne résigné vers moi.
— Eh bien, on dirait que le devoir nous appelle. Rentres bien et mes plus sincères salutations à ta famille.
J'acquiesce et lui souris prêt à lui répondre mais, il est déjà en train de rassembler les hommes présents. J'aurais aimé en faire partie. Renfiler mon uniforme et partir en mission avec lui. Je respectais énormément mon Chef d'escouade mais, il était impossible de les comparer. Eamon jouant un rôle tellement plus... unique pour ne pas dire, important. Quelques jours en sa compagnie m'aurait très certainement plus appris que mes cinq ans au Centre de formation des Pacificateurs.
Ils s'éloignent et je reprends mon chemin. J'arrive rapidement devant la petite maison de mon enfance. Elle n'a pas vraiment changé. Mi de bois, mi de pierre, elle ne semble pas plus embelli que les autres malgré que l'argent ne doit plus être un problème pour notre famille désormais. Par les fenêtres j'aperçois de la lumière dans les pièces communes du bas mais l'étage lui est plongé dans l'obscurité. Je fixe un instant la lucarne de ma propre chambre depuis le seuil en me demandant à quoi ressemble l'endroit depuis le temps.
Finalement, je l'oublie pour me tourner vers la porte. Puis-je me contenter de rentrer comme je l'aurais fait par le passé ou suis-je censé frapper et attendre que l'on vienne m'ouvrir? J'hésite un temps puis me résigne. Cinq ans, c'est long. Néanmoins avant que je n'ai pu faire un geste, le battant s'ouvre sur la silhouette de mon paternel.
— Qu'est-ce que vous attendez devant not'e porte?, grogne-t-il avec mauvaise humeur tout en plissant les yeux pour tenter de m'apercevoir.
Une partie de moi, celle que j'ai laissé au Deux, serait presque tenté de s'excuser et de partir. Ce qui aurait été bien entendu parfaitement ridicule. A la place, je m'avance pour entrer dans le champ restreint de la lueur des lampes d'intérieures. Son expression change du tout au tout en l'espace d'une fraction de secondes.
— Bryden?
J'acquiesce et la surprise laisse finalement place à une autre expression à laquelle je ne m'attendais pas : la colère. Avant que je n'ai le temps de réagir, il se jette pratiquement sur moi et me lance un coup de poing dans la mâchoire. Je l'évite de justesse et recule, perdu.
— Espèce de petit con!, s'exclame-t-il. Même pas foutu de donner des nouvelles régulièrement! Ta mère était désespérée! Sa gamine se retrouve dans l'arène et l'autre décide de se barrer sans rien demander à personne! C'est pas comme ça qu'on t'as éduqué que je saches! J'me trompe?
— Dunkar., le coupe une voix douce depuis le seuil. Tu vas réveiller les voisins, chéri.
Il se retourne et je laisse mon regard glisser vers la silhouette de ma mère. Elle semble si fatiguée, la belle et forte Madame Pond. J'ai l'impression qu'elle a maigrit et vieillit plus que de raison. Peut-être n'est-ce qu'un effet de la nuit? Peut-être est-ce de ma faute.
Lorsqu'elle s'avance et me tend les bras, je n'hésite pas avant de la serrer dans les miens. Sa main frêle se pose dans mes cheveux et les caresse tandis que son parfum, de l'Armérie, m'emplis les poumons. Je ferme les yeux tandis que mon père grommelle dans sa barbe quelques mètres plus loin. Ce n'est que maintenant que je réalise à quel point ils m'ont manqués durant toutes ces années. Je me sépare de ma génitrice et accepte sans rechigner la tape sur le crâne que mon père ne peut s'empêcher d'ajouter, sans violence cependant. Sa manière de me pardonner en quelque sorte.
Je détourne le regard de celui de ma mère, un peu gêné par sa manière de me dévorer des yeux comme si j'étais la huitième merveille du monde, son sauveur. Aussi ne puis-je retenir plus longtemps la question qui me brûle les lèvres depuis quelques heures déjà.
— Comment va Leeloo? Elle s'est fait à sa vie d'héroïne du peuple?
Mon ton est enjoué bien qu'un peu ironique et je souris. Malheureusement, je comprends rapidement que j'ai commis une erreur car le sourire de ma mère s'efface, j'ai l'impression qu'elle va verser les larmes qu'elle avait retenue jusqu'alors, et mon père se ferme. Je me braque moi-même sans véritablement le réaliser tandis qu'une alarme semble clignoter dans ma tête.
— Ta soeur... Ta soeur ne va pas très bien, Bryden., m'annonce Meryll dans un murmure.
Que pensez-vous de ce second chapitre? L'action n'est pas spécialement au rendez-vous je l'admets. Je pose le décor du District Quatre doucement, mais étant donné que je tente d'avoir un public le plus large possible, je préfère m'attarder un peu sur la présentation. Sinon, avez vous une idée de ce qui aurait pu advenir de Leeloo Pond ces cinq dernières années? Dans quel état Bryden va-t-il retrouver sa soeur? Et en dehors de cela, que pensez-vous d'Eamon? Lui et Fox vont se faire discrets durant les prochains chapitres qui seront plutôt centrés sur les anciennes connaissances de Bree : sa famille, mais également d'autres personnages tel que Castiel, Lexie ou Meade.
De plus, j'ai toujours un chapitre d'avance et mon plan est terminé. La première partie comprend une trentaine de chapitres. La longueur sera toujours la même, soit 4 pages works ce que je trouve être une moyenne. Merci à ceux ayant laissés leurs avis sur le premier chapitre. Bref, j'espère que cela vous aura plus et attends vos avis avec impatience ! (:
