Prologue : Rouge Sang
Rouge.
Il aimait bien le rouge, il ne savait plus d'où. Il avait toujours aimé le rouge.
Rouge comme du sang. Son sang.
Il n'aimait plus cette couleur. Sur elle, cela avait toujours paru déplacé, étrange. Elle devait être au-dessus de ça, sa Louve. Mais c'était bien elle qui se vidait de son sang, étendue sur le sol.
Le Sannin resta immobile. Ce qui se déroulait devant ses yeux était trop horrible pour qu'il puisse garder son contrôle. Lui qui avait toujours su garder son sang-froid, même dans les pires situations, le voilà réduit au silence parce qu'une simple femme était en train de mourir.
Mais pas n'importe quelle femme.
Et pas n'importe quelle mort.
Et toujours, comme une interminable litanie, son sang qui coulait sur le sol. Le sien, celui d'un autre, mais toujours cette même odeur un peu fade, vaguement sucrée.
Il parvint à tourner la tête. Tiens, eux aussi étaient paralysés ?
C'était bien l'horreur qu'il lisait sur le visage de ses ennemis, mais ce n'était pas le sang qui les troublaient ainsi. Orochimaru ne savait pas, il ne voyait pas ce qu'il y avait de plus traumatisant que cette femme à l'agonie. Il en avait vu pourtant des cadavres, de ninjas ou de civils. Il savait les tuer sans faire couler leur sang.
Rouge.
Il aimait bien le rouge, mais c'était avant. Avant qu'elle ne soit étendue là, sur le sol du village de Konoha.
Il était un meurtrier, un assassin, alors, pourquoi ça faisait mal de la voir ainsi ? C'était comme une intense douleur dans la poitrine, comme si son cœur ne voulait plus battre, et l'incompréhension se mêla à la souffrance du Kage d'Oto.
L'odeur devenait écœurante. Il y en avait tant, il y en avait trop. Et la douleur qui ne se calmait pas… Il n'était pas blessé lui pourtant, pourtant… Elle était plus forte que lui, alors pourquoi était-elle allongée ?
Ils allaient gagner, ils allaient détruire le minable village de la feuille, ils ne feraient plus rien du tout. Elle allait simplement mourir.
Rouge.
Comme les pupilles de leur élève, comme un lever de soleil. Comme son sang sur la terre-battue.
