Bonjour ! Voila, quelque chose comme une semaine plus tard, la suite. C'est un des chapitres que j'avais d'avances, il m'en reste quelques uns, puis après je ne pourrais plus garantir d'avance du tout... Mais bon, pour le moment, on est ici en deuxième année avec les maraudeurs, et comme à chaque chapitre, un événement important de la vie de Remus. J'espère que ça vous plaira, les choses commenceront à devenir vraiment intéressantes, bientôt. Bonne lectuuure !


Chapitre II

D'ici, Remus avait une vue absolument imprenable sur le parc… Il était accoudé à la rambarde qui longeait le dos du dernier rang du terrain de quidditch, et il voyait des touffes d'herbes vertes émerger d'un peu partout, des boules rougissantes pendre aux branches des arbustes, parfois aussi des lapins traversant la pelouse d'un air serein. Non, vraiment, tout était idyllique au printemps. Même le saule cogneur –qui avait grandi à une allure incroyable – arborait une parure rose pâle d'un raffinement extraordinaire quand on connaissait ses humeurs. Dans deux jours, il aurait l'occasion de les admirer d'encore plus près… Il venait de poser son menton au creux de ses bras croisés lorsque retentit derrière lui : « Hé Remus ! Qu'est-ce que t'attend ? »

Il se retournât paresseusement, contemplant Sirius voler à plusieurs mètres au-dessus de lui en jouant avec sa batte, James jurant au loin contre le vif d'or qu'il coursait depuis plus d'une heure, sans succès.

-« J'ai pas le droit… Et toi non plus, je te signale. » rajouta Remus avec une pointe de malice dans la voix.

En effet, James et Sirius avaient appris à utiliser un balais avant de tenir correctement sur une bicyclette, ce qui les avaient tous deux propulsés aux sélections de l'équipe de quidditch de Gryffondor. Pourtant, seul James avait été retenu en tant que poursuiveur, malgré l'efficacité de son ami. Pendant trois jours, Sirius était resté muet, ruminant son échec. Apparemment, il ne digérait pas d'avoir à s'incliner devant James. C'avait été trois jours très spéciaux, et pesants, pour tout le monde. Même s'il paraissait taciturne de prime abord, s'il avait la certitude que vous étiez quelqu'un de confiance, une toute autre personne s'ouvrait à vous. Cela avait pris deux mois tout entier à Remus, et celui-ci n'était pas sûr que Peter ait tout à fait accompli la tâche. Pendant sa période de mutisme plus d'une dispute avait failli éclater, ce qui n'était pas dans les habitudes du petit groupe qu'ils formaient maintenant à eux quatre. James avait continué de parler de tout, de rien, développant un don certain pour ignorer ce qui se trouvait juste sous son nez. Mais ses histoires et blagues lourdingues manquaient affreusement de légèreté, de la subtilité dont Sirius faisait usage à outrance. Mais Sirius ne parlait pas, et James devenait carrément pénible. Fort heureusement, le quatrième matin, le duo arrivait dans la Grande Salle côte à côte riant gentiment, sous le regard confus de Remus et Peter. La vie reprit son cours sans que personne ne tienne compte à Sirius de son silence injustifié.

-« Hého, allo la Lune, ici la Terre… la métaphore fit doucement rire Remus, qui sortait de sa rêverie. T'as entendu ?

- Oui, mais non. Demande à Peter, il voudra certainement… il jeta un regard alentour pour le trouver.

- Ah ! Tu veux rire ? Il a déjà pris ses jambes à son cou. Mais- mais vous imaginez si quelqu'un- si quelqu'un VIENT ? » dit-il en prenant une voix couarde et bégayante, en finissant sa phrase sur des aiguës stridents.

Malgré lui, Remus ne put que rire et à partir de ce moment, l'autre savait qu'il ne pouvait plus que céder. Alors, il se mit à tournoyer autour de lui, dangereusement prés de son corps frêle de garçon.

-« Aller Mumus ! Quoi, tu vas pas laisser passer cette occasion ! »

Il grinça des dents sous ce surnom, qu'il entendait de plus en plus souvent dans sa bouche ces derniers temps, mais finit quand même par dévaler les gradins sous les cris victorieux de son ami. Il n'eut aucun mal à forcer le placard à balais d'entrainement et en prit un parmi tant d'autres d'après les conseils de Sirius : Un Feuopoudre, qu'il avait dit.

Alors, Remus enfourcha son balais et mit doucement un mètre entre le sol et lui, puis deux et trois jusqu'à facilement une quinzaine, où lui et son ami rejoignirent James, tout content d'avoir enfin attrapé le vif d'or, ses cheveux plus désordonnés que jamais. Il fut décidé que l'objectif de celui-ci et de Remus serait de chasser la petite bille dorée tandis que Sirius enverrait ses cognards dans le tas, sans distinction aucune.

Ils jouèrent ainsi près d'une heure supplémentaire, Remus jetant à intervalle régulier des coups d'œil vers le château. Il évita plusieurs cognards, tandis que James, continuellement concentré sur le vif, ne put que subir son inattention. Il s'attendait sûrement à avoir le dessus, à rapidement vaincre le discret Remus qui ne montait sur un balais que lorsqu'il le devait, qui était si malhabile et sage au quotidien. Mais James ne savait pas ce qu'il renfermait au plus profond de lui, et que cet être, cette bête, serait à l'apogée de sa puissance dans exactement deux nuits. Ca rendait Remus rapide, adroit, fort et féroce. Pourtant, ni l'un ni l'autre ne fut vainqueur, car s'il ne dût prendre qu'un coup durant ce simulacre de match, ce fut un coup de batte, et ce en plein dans l'arête du nez.

Lorsqu'il reprit connaissance, tout autour de lui tournait et semblait hoqueter, une odeur de châtaigne et de menthe embaumant l'air. Un moment plus tard, il se rendit compte que les sursauts de sa vision étaient dus aux pas qu'on faisait sous lui, et ce parfum émanait des cheveux noirs dans lesquels sa tête était enfouie. Comme il bougeait, l'autre dit : « James est parti devant prévenir Pomfresh, on est presque au château Mumus. » Alors, il laissa son visage choir une nouvelle fois dans les boucles, profitant de la douce fragrance qui s'en échappait.

Le lendemain, Remus fit son entrer dans la Grande Salle avec un nez tout neuf, seulement recouvert d'un pansement pour cacher une blessure qui s'ouvrait presque sur le cartilage. Ses yeux étaient habituellement d'une couleur cuivrée changeante, tantôt brune, tantôt rougeâtre qui, au soleil, se parsemait d'or. Mais, en ce jour de mai, on ne discernait presque plus son iris du blanc de son œil, injecté d'un sang coagulé brunâtre. L'ensemble lui donnait une allure des plus manichéennes : son côté bon, généreux et bienveillant aves ses amis, tandis que l'autre présentait la partie obscure de sa personne, le répandeur de mort cruel et sanglant. Pourtant, alors qu'il allait rejoindre ses trois amis déjà attablés, il remarqua les regards de diverses jeunes filles de première année le suivre tout le long de son trajet. Lorsqu'il arriva à hauteur de Sirius, celui-ci posa une main à plat contre son dos, l'accompagnant tandis qu'il s'asseyait.

-« -ça allait mal tourner, disait Peter d'un air suffisant tandis que Remus prenait place. Vous imaginez toute une semaine à lustrer les escaliers jusqu'à l'heure du repas ? il ria en se beurrant une tartine, sous le regard déconfit de James. Bonjour l'horreur.

- Tss, Macgo aurait surtout dû nous récompenser d'avoir ramené Remus et de pas l'avoir laissé pour mort ! s'exclama-t-il en faisant un clin d'œil au laissé pour mort en question, la colle qu'il avait manifestement reçu n'ayant pas raison de sa bonne humeur naturelle.

- Au faite, Remus… Désolé… » dit doucement Sirius. Sous le regard interrogateur de son ami, il ajouta : « Pour ton nez » en dessinant des moulinets du bout du doigt autour du sien. « Et ton œil. » Le garçon semblait accablé.

-« C'est rien, tu sais. J'en ai vu des pires. » il commenta avec un sourire. Même si cela sonnait comme une consolation, Remus savait qu'en effet, il en avait vu des biens pires. Mais son ami ne semblait pas soulagé.

-« T'es sorti de nulle part, j'ai pas vu… J'allais taper dans le cognard pour assommer James avec –il rit ̶, mais j'ai pas eu le temps de toucher la balle que… »

Alors, pour le rassurer définitivement, le jeune garçon enfila son plus large sourire et déclara : « Mais c'est rien Sirius ! En plus, ça plait aux filles on dirait ! » James éclata de rire, Peter recracha son lard dans la même intention et Sirius détourna seulement la tête de ses œufs brouillés pour lui offrir un maigre étirement des lèvres.

Remus jeta un coup d'œil par la fenêtre, observant discrètement la pleine lune terne, perdue au milieu du bleu de l'immensité. Il finissait ce cour, puis il partait pour l'infirmerie… « Rem'… murmura une voix derrière lui, puis plus fort : Remus ! » Les interminables comptes-rendus du professeur Bins étant les seuls qu'il négligeait, il se retourna vers James.

-« Tu viens avec nous tout à l'heure ? il haussa un sourcil. Mais si ! Je t'ai dit tout à l'heure, en sortilège –t'as vraiment déjà oublié ? –, que Peter aimait bien une fille… Une serpentard ou quoi. T'imagines les enfants ! il ria à sa propre blague, s'attirant les regards de toute la classe. Il se pourrait que, peut-être, moi et Sirius on ait légèrement… extrapolé ? Les sentiments de cette fille, et qu'on l'ait rapporté totalement involontairement à Peter.

Ses yeux pétillaient de malice, appréhendant avec impatience le mauvais tour qu'il préparait à son ami.

- Quand il la verra en potion, se serra absolument épique ! »

En prononçant ces mots, il se laissa retomber sur le dossier de son siège, satisfait. Installé au bureau jumeau, Sirius suivait tranquillement la conversation, la mâchoire déposée dans le creux de sa paume. Oui, ça promettait d'être particulièrement drôle, et pourtant…

-« Non, désolé James, il jeta un coup d'œil vers Sirius qui restait silencieux, mais je ne me sens pas très bien… Je vais aller faire changer mon pansement et je me reposerai un peu au passage. »

La voilà, l'excuse qu'il servait depuis le début d'année pour disparaitre à chaque milieu de cycle lunaire… Le mensonge qu'il avait choisi était sûrement un des moins bateau qui s'offrait à lui. Il avait dit que parfois, sa tension montait en pic et qu'alors, elle lui donnait d'affreux cauchemars dont il ne se réveillait pas et qui, quelques fois, le faisait se blesser… Cela expliquait tout : les absences répétées, les blessures au petit matin, le manque de vigueur flagrant dans les jours qui suivaient...

Sirius souffla.

-« Ah bah tient, ça faisait longtemps… »

Exactement 29 jours, pensa Remus.

Pendant le reste du cours, Sirius lança un nombre de sarcasmes si élevé à Remus que celui-ci finit par céder et alla finalement à son cours de potion en se disant que s'il se dépêchait, rien de mal ne pourrait arriver. Pas vrai ?

En effet, l'attitude de Peter envers la pauvre Alice Hadcock fut un délice. Il insista tout d'abord pour être en binôme avec elle, mais une fois en place, il n'osa plus même respirer. Elle lançait des regards blasés et furibonds aux autres filles de sa maison qui lui répondaient d'un air désolé. Autant dire que leur remède contre les furoncles fut un véritable désastre. Malgré l'hilarité que provoquait le duo à sens unique, Remus ne put s'empêcher de visualiser le déclin du jour. Ici, dans les cachots, il était complétement impossible de ne serait-ce qu'apercevoir un rayon de soleil, et le garçon avait beau essayer de surprendre un infime changement de température, la salle de classe restait simplement glaciale.

Lorsque la cloche sonna, Remus ne prit pas la peine de vider son chaudron, laissant cet honneur à Clerk, avec qui il avait dû travailler. Malgré sa tentative de détaler le plus vite possible du cour de potion, le professeur Slughorn l'intercepta près de la porte.

-« Hé bien mon garçon, dit-il de son ton goguenard habituel, voilà quelques belles blessures ! Remus s'apprêtait à rire poliment et à partir, mais il n'en eut pas l'occasion. J'ai remarqué vos dispositions pour ma matière, et je vous sens très prometteur, oui, oui, très prometteur…

- Merci, professeur. Mais je v-

- Que diriez-vous d'un détour par mon bureau, vendredi prochain, hm ? » demanda-t-il, sa grosse face penchée sur lui, ses sourcils formant une vague bizarre.

Remus avait entendu des quatrième ou cinquième année parler du Club de Slug dans la salle commune, et il était très flatté de s'y voir invité… Mais maintenant n'était pas le bon moment. Pourtant, il resta aimable et écouta le professeur qui divaguait de plus en plus, lançant un regard des plus larmoyants à James et Sirius qui s'échappaient pour aller lustrer les escaliers, gloussant devant l'embarra de Remus.

Au bout d'une quinzaine de minutes qui parurent l'éternité, Remus souffla de soulagement. Il attrapa la bandoulière de son cartable de cuir et entreprit de courir jusqu'au premier étage où logeait l'infirmerie, derrière l'horlogerie de la pendule du hall. Il croisa, au passage, ses deux amis à genoux tout occuper à décrasser les rambardes de pierre.
Lorsqu'il arriva, aussi essoufflé qu'un garçon de 12ans pouvait l'être, Mme Pomfresh était furieuse. Elle le traina par le coude dans le passage secret qui leur permettait de se rendre au saule cogneur discrètement en lui hurlant de sa voix suraiguë qu'il était complétement irresponsable, qu'elle était à la limite de l'envoyer chercher, que « on ne joue pas avec ces choses-là. » En sortant du tunnel, à l'intérieur duquel résonnaient les pas, les voix, les rires, les cris, Remus découvrit avec horreur une pointe de lumière surgir encore de derrière les montagnes. Ils redoublèrent de vitesse. La médicomage gribouilla de sa baguette quelques mouvements vers l'arbre qui s'immobilisa immédiatement, et ils s'engouffrèrent tous les deux entre ses racines. Remus sentait l'adrénaline se déverser et bouillir dans ses veines tandis que la bête en lui répondait à l'appel de la pleine lune qui flottait certainement déjà au-dessus du souterrain. Il serra ses poings aussi forts qu'il le put, tandis que l'infirmière lui intimait l'ordre de continuer seul jusque la cabane, non sans inquiétude. Mais, quelques mètres plus tard, un terrier de niffleur lui infligea le coup de grâce. Il aperçut le rayonnement pâle de la pleine lune traverser le trou, s'étendre sur son visage et, immédiatement il se figea. Il y eut une seconde de battement, et pendant ce minuscule moment, Remus appréhenda tout ce qui l'attendait.

Déjà, il sentait ses muscles se déchirer sous la distorsion des os qui s'agrandissaient, s'amincissaient, se tordaient dans des angles inconcevables. Il tombait à genoux tandis que la déformation de son visage en museau lui arrachait un hurlement qui, à mesure, mutait vers l'appel à ses semblables. Bientôt, ses ongles s'extirpaient de leur nid pour laisser places à des griffes acérés torturant le sol boueux. La courbe de ses genoux s'inversait, le faisant couiner de plus belles. Enfin, il sentit sa colonne vertébrale s'allonger à tel point qu'elle perça son dos et se déploya, balayant le sol tandis qu'elle se recroquevillait entre les pattes de l'animal. Un dernier hurlement, et Remus perdit le contrôle de son être.

Le lendemain, Remus se réveilla à l'infirmerie, et il le sut avant même d'avoir décollé ses paupières l'une de l'autre. En effet, il avait les yeux baignés d'une lumière orangée qui sentait l'aurore malgré le fait qu'il soit clos. Il étira ses membres endoloris, palpant à l'aveugle les zones de son corps nu sous les draps le plus souvent lésées. Lorsqu'il toucha son épaule gauche, une douleur aiguë le foudroya, aussi subite et brulante que la foudre qui s'abat sur la terre vierge. Il se força finalement à constater ses blessures mais il n'en eut pas le temps. Au pied de son lit se tenait côte à côte James et Sirius, le premier l'air gêné, l'autre les yeux fixes . Il semblait fasciné par le spectacle qui s'offrait à lui, alors Remus cacha son torse découvert, profondément honteux des différentes ecchymoses et cicatrices qui recouvraient son corps.

Puis il réalisa.

Comme il s'apprêtait à hurler, James écrasa sa main sur sa bouche douloureuse et chuchota lourdement : « Chhhhhht ! » il crachota un peu partout sur le visage de Remus. « On est venu ici avec la cape, si Pomfresh vient maintenant on est cuit ! » Le garçon à lunettes maintint sa prise jusqu'à ce que les traits du blessé se défroissent. Puis il relâcha doucement son visage, s'assurant qu'il ne comptait pas prononcer un mot sur le ton de trop.

-« Quelle ca- Mais qu'est-ce que- Pourquoi vous êtes là !? »

Malgré l'intervention de James qui l'avait aidé à calmer sa panique, il ne pouvait pas empêcher ses mots de se coincer dans sa gorge.

-« Hé, Remus, calmes toi… » Sirius s'approchait doucement, laissant sa main flottée au-dessus des draps immaculés.

Il fixa son attention sur les doigts de Sirius qui frôlaient le dessus de lit et réalisa que, plus que ses mains, son corps entier à lui tremblait.

-« Remus, reprit James le plus sérieux du monde, qu'est-ce que… Qu'est-ce qu'il s'est passé, hier ?

- Je- j'ai dit que j'étais pas bien, hier, je l'ai dit, se justifia-t-il d'une voix anxieuse qui lui ressemblait si peu. Et je commençais à être en retard, et si j'attendais trop ça allait- si j'attendais… il sentit sa trachée se serrer et ses yeux se remplirent de larmes.

- Rem', j'ai un truc à te dire, et j'aurais pas dû te le cacher… il se figea. J'ai une espèce de cape et, hm, elle rend un petit peu… Hm… Invisible… Remus écarquilla les yeux et s'apprêtait à répliquer, mais voyant James esquisser un mouvement vers sa bouche, il se ravisa. Et, il se passa la main dans la nuque, peut-être que moi et Sirius on est trop curieux, mais, quand on s'est échappés dans le parc, pour aller chercher nos balais, on vous a vu courir, et… Peut-être qu'on vous a suivi… »

Remus pleurait silencieusement, attendant l'aveu puis le départ de ses anciens amis.

-« Et dix minutes après Mme Pomfresh, c'était un grand loup brun au museau tranché et l'œil ensanglanté qui sortait de sous le saule cogneur, comme toi…

- Mais on avait pas- enfin, on avait pas fait le lien… C'est plutôt quand Dumbledore est arrivé en criant que c'était "le jeune Lupin" et en le renvoyant dans le tunnel avec un sort de feu que, tu vois, on a compris… Et du coup, c'est pour ça que t'es un peu…»

A présent, Remus sanglotait franchement, la vue de son épaule rosée, bouillie, n'arrangeant rien. Il avait plongé son visage sous les draps dans une vaine tentative de camoufler sa détresse. Il entendit des chuchotements, puis des bruits de pas qui s'éloignaient…

Lorsqu'il ressortit la tête des couvertures, il s'attendait à se retrouver seul dans la grande pièce vide et à subir sa solitude comme il en avait toujours eu l'habitude, mais il tomba face à face avec Sirius, et uniquement Sirius. Le regard terrifié de Remus parla de lui-même.

-« Je viens de lui demander de te laisser une minute… Il ne te déteste pas, tu sais ? Et moi non plus, dit-il en s'approchant de lui encore un peu plus. Vas-y Mumus, expliques moi. »

La respiration de Remus resta un instant coincée dans sa gorge puis, finalement, il vida son sac. Il expliqua que tout commença alors qu'il n'avait pas même encore commencé l'école, que les trois cicatrices qui lui barraient le visage venaient de là, que la douleur qu'il ressentait au moment de passer de l'autre côté était complétement insoutenable, qu'il avait l'impression de perdre la raison un peu plus à chaque fois, qu'il se sentait toujours plus bête que homme.

Pendant plusieurs minutes, Remus déversa tout ce qu'il avait toujours gardé pour lui, toute la souffrance qu'il avait enduré et enfouie au plus profond de sa personne. Lorsqu'il eut fini, il s'attendait à lire sur le visage de Sirius de la peur, du dégout, de la panique, de la consternation. Mais tout ce qu'il vu fut le sourire qu'il lui offrait. Alors, comme pour le rassurer, il posa sa main sur la sienne et déclara : « Tu sais, je pensais que moi et James, on était les seuls à se balader la nuit… dit-il avec une lueur de malice dans l'œil. On est des maraudeurs ! »