Disclaimer : Rien n'est à moi.


Chapitre I :

« What do we say to Death ?

Not today. »

Trois mois plus tôt – Camelot.

Un cavalier arriva, un jour. Il montait un cheval noir corbeau, et il venait d'un endroit du monde qu'on ne connaissait plus. Son visage était à moitié brûlé. C'était un messager d'un pays inconnu, qui arborait une bannière sur laquelle on pouvait voir un lion.

Quand il se présenta devant le Roi Arthur, il ne s'inclina pas. Il dit qu'il voulait parler à Uther et on lui répondit que celui-ci était mort.

-Vive le Roi, murmura-t-il.

Arthur ne sut pas dire s'il était sarcastique.

Il lui tendit un rouleau, se fit servir à boire, et attendit.

Arthur brisa le sceau – un lion, là encore – et laissa ses yeux se balader sur l'écriture inconnue.

Pendragon,

Baratheon est mort. Si tu tiens autant à Stark que tu le prétends, tu sais ce que tu as à faire. Mon petit-fils est sur le trône, maintenant. Les jours d'Eddar Stark sont comptés. Amène la bâtarde.

Tywin Lannister.

Arthur jeta un regard en biais au cavalier et demanda :

-Qu'est-ce que cela veut dire ? Qui êtes vous ? Qui est Tywin Lannister ?

Le cavalier grogna.

-Je suis le Limier. Tywin Lannister est le maître de la maison Lannister. Votre père a conclu un accord avec lui, un jour. Aujourd'hui, il réclame son du.

-Je n'ai jamais entendu …

Mais un toussotement à sa gauche l'interrompit. C'était Gaius. Il demanda la permission de parler. Arthur finit par hocher la tête, et Gaius commença :

-Il dit la vérité, Votre Majesté. Je ne connais pas les termes exacts du contrat entre les Lannister et votre père, mais je sais qu'il y en avait un.

Arthur garda le silence quelques instants. Gaius semblait mal à l'aise. Il observa un instant la salle et finalement, il raconta :

Il y a bien longtemps, avant qu'Uther ne soit sur le trône, notre peuple côtoyait des peuples qui nous semblent bien loin, maintenant. Les Pendragon étaient liés aux Stark, une maison puissante qui règne sur la neige et les montagnes, aujourd'hui dirigée par Eddar Stark. Le père d'Uther, et le père d'Eddar Stark avaient formé une alliance. Cette alliance stipulait qu'en cas de guerre, les deux maisons devaient s'aider. Même si personne n'a jamais fait appel à cette alliance, je pense qu'il en reste des traces, quelque part. Puis Uther est arrivé au pouvoir et ce fut la Purge. Ce … C'était horrible, et Uther semblait penser qu'il n'y avait jamais assez de soldats à son service. Alors, pour pouvoir éradiquer les sorciers, Uther est parti pour la maison des Lannister et a créé une autre alliance – il savait que Stark n'accepterait pas d'envoyer ses soldats tuer des civils. Il est donc allé voir Tywin Lannister. Les Lannister sont riches et influents, ils ont une grande armée et ils ne reculent devant rien. Uther n'a jamais expliqué les détails de cette alliance. Je sais simplement qu'il était en position de lien entre les Lannister et les Stark. Cette alliance a été oubliée – Uther ne l'a plus jamais mentionnée.

Seul un rire répondit à Gaius. Le Limier, attablé, leva son verre en grognant :

-Quelle plaie que les alliances, pas vrai ?

Arthur répondit :

-Tant que je ne sais pas précisément de quoi …

Mais le Limier rit à nouveau et secouant la tête.

-Non, vous n'avez pas le choix. Les Lannister ont le trône : le petit fils de Lannister est Roi. C'est un jeu de politique comme vous n'en avez jamais vu. Si vous ne faites rien, vous brisez votre alliance envers les Stark et les Lannister. Cherchez dans vos papiers : votre alliance avec les Stark stipule que si Winterfell ou son maître sont en danger, vous devez leur venir en aide. Les Stark ne sont peut-être pas au courant qu'ils peuvent faire appel à vous, mais quelqu'un se fera un plaisir de le leur rappeler après la mort d'Eddar. Je suis là pour vous aider.

-Nous aider ?

Le Limier se redressa et avança lentement.

-Je suis ici pour vous aider à convaincre la bâtarde de m'accompagner. Donnez la moi, et vous remplirez votre part du contrat pour Lannister, et en plus, vous sauverez la vie de Stark.

Arthur échangea un regard avec Gaius, et celui-ci demanda prudemment :

-Et qui est cette bâtarde ?

-De ce que je sais, elle s'appelle Morgana.

Dans le silence de plomb qui tomba après cette annonce, Gaius ne put s'empêcher de penser : Si on fait appel à nous maintenant, c'est que les Stark ont bien raison : l'hiver approche.

OOO

Les sifflements des flèches, le bruits des épées et des pas lourds des soldats en armure, le son de sa propre respiration haletante se mélangeaient dans l'esprit de Morgana pour former une cacophonie insupportable. Ses jambes avaient du mal à se mouvoir, maintenant. Le paysage s'était transformé en tableau uniforme de vert et marron.

Puis ce fut la douleur.

Elle sentit la flèche se planter dans son dos avec une acuité surprenante. Il lui semblait sentir chacun de ses nerfs, chacun de ses tissus hurler de douleur. Quelqu'un cria – ce n'était pas elle, mais le soldat qu'elle venait de mettre à terre. Elle ignora les protestations de son dos et leva l'épée. Elle savait maintenant. Elle planta la lame dans la gorge du soldat. Elle savait. Elle perçut le bruit d'une corde qu'on lâche et l'impact d'une nouvelle flèche dans son dos lui fit faire un pas en avant.

Gwaine entra dans son champ de vision. Il murmurait quelque chose, mais elle n'écoutait pas. Sa poigne moite se resserra autour de l'épée, et elle se mit en garde, quand bien même il lui semblait ne pas en avoir la force. Elle savait que les soldats s'étaient arrêtés, derrière eux.

Ils se regardèrent, firent se toucher leur arme. Elle attaqua en premier.

Elle savait.

Gwaine sembla surpris de la voir si bien se battre – il ne devrait pas, songea Morgana avec colère, parce qu'elle avait déjà mis tout le monde à genoux, par le passé. Sa lame s'enfonça légèrement dans le bras du chevalier et il recula. Puis il jeta un regard par-dessus l'épaule de Morgana et ses yeux, en se reposant sur elle, semblèrent dire je suis désolé. Elle entendit des pas lourds, se retourna et elle le vit.

Elle savait. Elle savait qu'elle ne pourrait pas s'échapper, cette fois.

Un homme vêtu de noir, la moitié du visage brûlée, l'épée brandie, s'avança vers elle et leva son arme. Elle n'attendit pas qu'il fût sur elle, se jeta sur lui. Elle fut rejetée en arrière presque immédiatement : il était fort, plus fort qu'aucun des soldats qu'elle avait croisés jusqu'alors, et sa technique était impressionnante. Elle frappa plusieurs fois, et chaque fois sa lame ne trouvait que le métal de l'épée adverse. Elle ne pourrait plus tenir bien longtemps, à présent – pas avec deux flèches dans le dos. Brusquement, alors que l'épée de son adversaire se dressait pour frapper, les bruits autour d'elle disparurent, et elle entendit simplement une voix aux accents étrangers murmurer Que dit-on à la mort ? Et une voix d'enfant répondit Pas aujourd'hui.

Puis le cri du dragon blanc effleura son esprit et l'homme la frappa au visage.

Arthur garda un visage impassible, alors que Le Limier chargeait Morgana sur ses épaules. Il aurait du être soulagé, reconnaissant, même : les Lannister le libéraient de la plus grande menace qui planait sur Camelot. Ils avaient cherché Morgana pendant des mois et des mois – ils avaient même cru qu'elle était morte – puis le Limier était arrivé et retrouver la jeune femme n'avait été qu'une question de jours.

Gwaine vint se placer à côté de lui, Arthur pouvait sentir son regard pesant sur lui. Il fit mine d'être absorbé dans ses pensées.

-Ne fais pas semblant, Arthur.

-Elle nous tuerait si elle le pouvait.

-C'est ta sœur. Et les Lannister … Ils ne m'inspirent rien de bon.

-Je suis votre roi, Sir Gwaine. C'est à moi que les décisions incombent.1

-Et quel roi, Votre Majesté.

Gwaine sembla vouloir partir. Puis il sembla vouloir parler. Mais il ne dit rien et il partit. Arthur regarda son ami et chevalier s'éloigner, et il s'avoua à lui-même que oui, peut-être qu'ils faisaient une erreur – peut-être qu'il faisait une erreur. Mais jamais il ne dirait cela à voix haute.

Il rentrerait à Camelot, écrirait une lettre à Tywin Lannister, en expliquant que, conformément aux traités formés par son père et son grand-père, il viendrait en aide aux Stark et contenterait les Lannister en échangeant la vie d'Eddar Stark contre celle de Morgana. Le petit garçon en lui espéra que cela suffirait et qu'il n'entendrait plus parler des Lannister, des Stark, ou de l'hiver. Mais il savait bien qu'un tel espoir était vain.