Désolée pour le temps, j'ai déménagé… mais du coup le chapitre est long.

Merci pour les commentaires, ça fait plaisir d'en recevoir.

Chapitre 2 pour l'amour du geste

Faut pas croire pourtant que j'manque d'ambition

Je m'frai les palaces, les soirées mondaines

À ceux qu'on du fric, tirer du pognon

C'est assez moral et ça paye sa peine

- enchanté Bella, je m'appelle Jasper.

Il était beau, mais mon sixième sens s'était mis en alerte, comme rose l'avait dit; il ne joue pas dans la même cours que les autres. Ses yeux, non en fait tout son être semblait indiquer qu'il comprenait parfaitement le langage du corps. Si je ne faisait pas très attention avec lui, il me percerait à jour en moins d'une heure. Je ne lui volerais rien. Il était dangereux de le faire sans le connaitre mieux. Et son regard encré au mien semblait me confirmer qu'il savait déjà que j'avais un secret. J'en frissonnais de plaisir. Et puis il pouvait prendre ça pour de l'attirance après tout. Et là je le vit, ce petit je ne sais quoi dans le regard qui piqua mon cœur. Il était malheureux, et ce sentiments là je ne l'avais ressenti qu'en présence d'une seule autre personne. Ma douce Alice.

- allez hop, à l'apéral!

- Emmet lâche moi espèce de brute!

- ma petite Bella c'est pas poli de dévisager les gens comme ça, et puis quoi si il avait été en sucre il aurait fondu!

- n'importe quoi

- heureusement que je ne suis pas en sucre alors!

- EMMETT POSE MOI

- mon oreille!! T'es folle

- moi? Moi je suis folle?

Ce mec me rendait cinglée. Il était le frère que je n'avais pas, plus qu'un beau frère en tout cas. Il était vraiment super, et j'adorais le faire enrager… je ne compte plus le nombre de fois ou je lui ai dérobé ses vêtements quand il est sous la douche. Je ne suis pas perverse, de toute façon on ne voyait rien. Oh! et j'adorais lire les dossiers confidentiels qu'il ramenait. Mais ça c'était avant, depuis un sacré moment il ne ramène plus rien pour bosser chez lui; je pense que ma sœur le lui a demandé. Rabat joie celle là!

- alors Jasper tu bosses au FBI? Comment t'as rencontré Emmet?

Je sirotais tranquillement mon morito mais je bouillonnais en vérité.

- nous étions ensemble au lycée, mais je ne suis pas réellement au FBI

Je jetais un œil à ma sœur, elle m'avais menti… il était donc si dangereux. Je la vit boire une grosse gorgée de son verre

- je suis profiler

Pour le coup je m'étranglais, mais pas qu'un peu. Je pense que la gorgée entière de morito était passée par ma voie respiratoire. J'étouffai littéralement… oh bon sang il m'a fallu au moins dix minutes pour ne plus suffoquer. J'avais été portée par Emmet dans la salle de bain ou très glorieusement je vomissais tout en pleurant. Avez-vous déjà avalée quelque chose par la? Ça fait mal, n'essayez jamais. Ma sœur était près de moi, j'avais l'impression d'avoir du rhum dans le cerveau, je pleurais du rhum par ne nez, et les yeux et je ne serais pas étonnée si ça coulait aussi par mes oreilles. Et malgré tout je cherchais à parler à Rose qui était désormais seule avec moi.

- mais taie toi donc, idiote, respire! Bon dieu si j'avais su que ça te ferais cet effet là je te l'aurais dit

- bien sur que…

Non en fait je ne peut pas encore parler. Sur ce coup là je la maudissait. Je sais qu'Emmet allait sauver le coup, en me faisant passer pour une imbécile. Mais après tout c'est mieux que rien.

- bordel de merde rose!

- oui je sais, excuse moi, mais tu aurais détruit la maison en sachant qu'il était profiler, quoi que ça t'aurais peut être fait flipper et tu te serais sauvée.

- non surement pas!

- mais qu'est ce maman a fumé quand elle était enceinte de toi, c'est pas vrai t'as le cerveau monté à l'envers ou quoi?

Je sentait l'air s'engouffrer dans ma gorge en brulant, j'allais passer ma soirée à tousser mais je pouvais de nouveau relever la tête sans pleurer. Je ne pleurais même pas volontairement, d'ailleurs je ne me rappelle plus quand j'avais vraiment pleurer pour la dernière fois.

- Rosalie Swan, la prochaine fois que tu me fais un coup pareil, je t'enferme dans la cave. Putain j'ai pas de secret pour toi! Et malgré le fait que ça soit pas forcément facile de dire à ma commissaire de frangine que je vole des tableaux de Magritte!

- ah non pitié taie toi! Pas ce soir… allez recompose toi une tête qui ne fera pas fuir Jasper, tu fais peur là!

Je me regardais d'abord vaguement dans le miroir, pour tourner la tête violemment et encore plus près vers celui-ci

-oh mon dieu.

Mon maquillage avait coulé, j'était trempée… en fait j'allais même devoir me changer.

- tiens met ça

Elle me tendit le deuxième chemisier que j'avais acheté avec elle, finalement j'allais le faire mon défilé. Alice allait crever de rire en entendant ça.

- je me dépèche

Quelques minutes plus tard, un quart d'heure en fait, je descendais enfin.

- un morito bella?

Qu'il est drôle celui là, je pense que je ne suis pas prête d'en boire de nouveau.

- je vais attendre que l'autre sorte de mon cerveau. Je suis désolée Jasper, je suis fascinée par ce genre de métier. Pouvoir deviner la pensée de quelqu'un par rapport à ses gestes ou à ses actions…c'est carrément génial! T'as toujours voulu faire ça?

- en fait, je faisait le même cursus qu'Emmet mais un gars du FBI est venu me voir un jour pour me proposer ce taf, j'ai trouvé ça cool alors je suis parti.

- ouais, t'as toujours été plutôt observateur comme mec! Au lycée il arrivait à savoir si on allait avoir une interro le lendemain!

Je le regardait attentivement, il dégageait quelque chose d'attirant, d'apaisant. On avait envie de se confier à lui et son regard perçant donnait en effet l'impression qu'il en savait long sur vous.

- hé bien j'ai du te paraitre bien idiote dis donc…

- en fait j'avais rarement vu quelqu'un d'aussi surpris!

- moi je n'avais jamais vu quelqu'un recracher du rhum par le nez…

- j'avoue que c'était distrayant!

- hé les mecs si je vous gène vous le dites hein!

Au moins l'ambiance n'était pas tendue. Ma sœur savait y faire pour cacher ses sentiments. Moi j'adorais ça.

- ma sœur est très maladroite.

Ouais encore une idée géniale de ma frangine, être un monument d'inattention et de maladresse dans ma vie quotidienne. Et après avoir passée dix ans à faire semblant, c'était devenu naturel.

- tu fais quoi dans la vie?

- architecte, ça pose pas trop de problème du moment que je me pointe pas sur le chantier quand ils travaillent… sinon il se peut que je m'encastre dans le béton ou qu'une poutre me tombe dessus…

- les mecs sur les chantiers l'appellent la terreur!

Et bien sur Emmet n'y était pour rien, il était venu un jour avec moi et s'était moqué de ma maladresse devant mes employés. Je n'était plus du tout crédible. encore heureux que le chef de chantier était mon ami parce que sinon je pourrais même être interdite d'entrée dans ma propre maison!

- tu as beaucoup de contrat?

- heu, je viens de finir mes études et j'ai ouvert ma boite avec une amie et pour le moment le seul chantier qu'on ai… hé bien c'est ma propre maison!

- arrête de dire ça comme ça! Ma sœur fait un complexe parce qu'elle n'a pas eu de demande depuis que sa boutique est ouverte. Mais bon c'est pas une boutique de fringue, faut d'abord que les gens voit ce que ça donne et croit moi avec la maison que t'as faite construire, même moi je me demande si on va pas vendre ou en faire faire une!

- quoi? Mais je l'adore moi cette maison

- Emmet, ma sœur essaye de me remonter le moral! T'aurais pas pu être profiler toi!

Nous passâmes une bonne soirée, Jasper était quelqu'un de très ouvert, très sympa. Il était facile de se lier d'amitié pour lui. Mais il était très malheureux, c'était vraiment étouffant. Finalement j'étais contente d'aller voir ma maison le lendemain! J'étais dans ma chambre, en pyjama quand on frappa à ma porte.

- Rose il est tard, et avant que tu me demandes, oui mes valises seront faites demain pour laisser la chambre libre pour que tu puisses t'envoyer en l'air avec Emmet

- c'est Jasper, pitié ne m'en dit pas plus sur les activités sexuelles d'Emmet!

J'allais ouvrir la porte précipitamment

- je suis désolée!!

- non c'est moi, c'est vrai qu'il est tard mais j'avais besoin de venir te dire merci pour la soirée. Crois moi je suis content d'avoir passé cette soirée ici, personne ne m'a regardé avec pitié, et tu as tout fait pour me mettre à l'aise, j'apprécie ce geste.

- c'est de famille, t'inquiète! Et puis tu peux rester ici tant que tu veux! Regarde moi ça fait deux ans!

- et tu as survécu à Emmet, tu as mon respect éternel pour ça!

- par contre si tu veux avoir ta propre maison, tu sais qui venir voir hein!

- sans faute Bella! Bonne nuit!

Ah qu'il était sympa, j'allais pas devoir me forcer pour être ami avec. Ce qui rendait les choses plus aventureuses, et j'aimais ça aussi!

« elle dit toujours bonjour comme ça, elle est fatigante, intelligente, négligente, exaspérante, souriante, énervante, un rien méchante… »

- bordel Alice, t'as vu à quelle heure t'appelle!

- bonjour à toi aussi ma chère amie, il est neuf heure et demie et tu es censée être à l'agence dans une demi heure pour voir l'entrepreneur, si tu ne te lèves pas dans une demi-seconde j'appelle Emmet et je serais sur que tu auras un quart d'heure d'avance! Dépêche toi ma chérie je t'attend avec un café.

Elle raccroche sans même attendre que je réponde, comment elle peut parler aussi vite le matin. Son cerveau ne dort donc jamais!

Qu'avait -elle dit déjà?

- AAAHHHHH

Oh purée je vient de recevoir un seau d'eau glacé sur la tête, ok donc Alice avait parlé au sens propre… quelle question, évidemment.

- Emmet barre toi très vite, tu vas regretter ce geste jusqu'à la fin de tes jours.

- bonjour Bella

- sale con!

Mon lit était trempé, j'étais définitivement d'une humeur massacrante, j'avais louise attack en fond sonore dans la tête ce qui allait me poursuivre toute la journée. Et pour couronner le tout, j'allais être en retard. Oui je connais louise attack, je n'aime pas spécialement mais cette chanson à été écrite pour Alice, impossible de ne pas la mettre. J'aime la France et leur diversité culturel, alors je vole leurs artistes!

Après avoir pris une douche et m'être habillée sans croiser personne, je passais la tête par la porte de la cuisine pour voir Emmet de dos en train de déjeuner avec en face de lui un Jasper plutôt hilare. Je ne dit rien et regardais vers l'entrée. Au moment de partir je lançais un « bonne journée Emmet » assez convainquant. Je courus jusqu'à ma voiture et démarra en trombe, j'eut le temps de voir dans le rétro qu'il avait bien compris ce que j'avais fait. Rosalie allait le tuer, parce qu'il serait en retard au boulot. Je jetais ses clefs de voiture négligemment sur le siège passager en souriant. Finalement la journée était plutôt normale.

- pas trop tôt!

- toi! Tu ne perd rien pour attendre, je vais recouvrir ton bureau de cactus!

- tu me remercieras quand tu verras qu'accueillir un client en étant déjà dans son bureau est plus professionnel que de courir derrière dans la rue en lui jurant que ça ne se reproduira pas!

Elle avait raison en plus, ça m'énerve ça! Elle me donna mon café en souriant, je ne pouvais pas résister… heu en fait personne ne pouvait résister à Alice.

Et tout à coup, sans avoir prévenu une irrésistible envie de marcher sur les toits dans le noir me pris. OK ça c'est bizarre. Peut être que la soirée d'hier m'a encore plus émoustillée que je croyais.

- Alice, y a une soirée quelque part ce soir? J'ai envie de m'amuser…

- oooooohhh superrr!!!! Alors y a…

*soupir*

- quoi?

- tu m'écoutes ou quoi?

- oui justement, y a une soirée chez les Stanley?

- oui, j'ai eu une invitation. Tu l'as pas reçus? Ils doivent pas savoir ou l'envoyer tu vas me dire!

- mmmh peut être, j'ai pas regardé mon courrier depuis une semaine

- t'es pas possible!

- c'est un soirée spéciale?

- tu débarques toi ma parole! Les 25 ans de l'enfant bénie…

Quelle poufiasse cette Jessica, ses parents avaient gagnés à la loterie et jouaient les arrivistes plein d'oseille depuis toujours. De vrais emmerdeurs! Mais Rosalie avait été au lycée avec elle et elles se détestaient. Moi ça me faisait bien marrer que ses parents invitent toujours les familles les plus fortunées d'Amériques, on faisait parti du lot avec Alice et toutes les deux on en faisait baver à la poufiasse. Rosalie s'étouffait à chaque fois qu'on la mentionnait!

- on va aller faire les magasins…

- nan j'ai mieux pour cette fois! Tu connais Garavanni?

- bien sur pour qui me prends tu!

- c'était un ami de papa, il m'a toujours dit que même le jour de sa retraite je pourrais toujours lui demander de me faire des robes… et je ne me suis jamais gênée, j'en ai une dizaine de lui que personne n'a jamais vu. Et il vient de m'en envoyer deux nouvelles carrément sublimes!

Là elle me surprenait, bordel fallait que j'aille voir chez elle…

- j'en ai l'eau à la bouche.

- on va lui montrer ce que c'est qu'avoir de l'argent à la morue!

Bien. En attendant, la journée allait être riche. J'allais enfin voir ma maison finie. J'allais vivre seule à Miami pour la première fois de ma vie…

J'étais contente mais en même temps un petit truc me disait que je n'étais pas faite pour vivre sans personne à embêter, avec qui discuter, personne à voler. Je sais ce que vous pensez, je devrais me faire psychanalyser. Je ne sais pas ce qui s'est passé pour moi quand j'étais en train de prendre forme dans le ventre de ma mère mais il est sûr que quelque chose de pas net m'était arrivé. Mais le fait de s'en rendre compte montre que je ne suis pas totalement foutu.. Si?

- mademoiselle Swann, si vous persistez à vous perdre dans vos pensée pendant que je vous expose mon projet pour votre piscine, vous allez vous retrouver avec un bac à sable!

- ah pardon jake, je pense déjà à ce soir

- mouais, Alice m'a dit… Stanley hein? Vous en avez pas marre de l'emmerder cette pauvre fille?

- on voit bien que tu la connais pas. C'est une peste, et puis elle n'a que ce qu'elle mérite. Elle pourrait être gentille parfois, pas tout le temps mais parfois. Non, à la place elle préfère se pavaner avec un jeune acteur en pleine gloire chez Disney! Trop jeune souvent d'ailleurs.

- mauvaise langue!

- quoi mais pas du tout, qu'est ce que tu racontes! J'ai pas envie de me taper des jeunes cons de 20 piges tout ça parce que pendant un an ils sont bankable! Et puis franchement… 20 ans quoi… les mecs sont des gamins à cet age là.

- STOP! Merci, tu as déjà fait mon procès la semaine dernière tu te souviens?

- mais pas toi, raah

- bin si justement. Moi tout autant qu'un autre. Et j'ai osé te draguer. TOI!

J'ai un problème relationnel. Je l'ai toujours su. Je ne peux pas inclure dans ma vie une relation amoureuse basée sur la confiance tout en dérobant ladite confiance de mon amoureux. Je ne suis pas quelqu'un d'honnête et je m'en arrange très bien. Tant que je suis honnête avec moi je trouve mon équilibre, mais je vois l'amour comme une extension de soi, et je ne peux pas mêler quelqu'un à mes états d'âme… et puis imaginez que l'homme idéal existe et qu'il me comprenne; je devrai partager! HORS DE QUESTION!!!!! Je bannissais donc l'amour de ma vie et j'étais chanceuse, je n'avais pas ce besoin impérieux d'horloge biologique qui me pousse à trouver « l'homme » et fonder une famille. Et comme je suis un tantinet vieux jeu, je ne suis pas ultra fan du sexe pour le sexe. Ma libido entière est tournée vers le vol. Oui je prend mon pied en tenue sombre, un loup sur le visage à dérober la vie intime des êtres qui croisent mon existence. Je ne refuse pas non plus l'amour d'un homme, je ne suis pas une nonne! Je m'éclate d'ailleurs à voler les hommes des autres! Mais Jake c'est pas pareil. Je n'aurais pas pu lui faire ça. Lui il avait été attiré par moi. Jusqu'au jour où je lui avait montré ma vrai nature qui à part aimer faire du shopping et les conversations de nanas, j'étais aussi un vrai bonhomme ! Je bois à la bouteille, j'ai des discutions plutôt « virile ». Les hommes dans ma vie m'adorent une fois qu'ils me connaissent. Jake en fait parti. Mais sa femme idéale est douce, gentille, belle, désirable, aimable, sincère… je ne suis pas de celles là. Et celui qui me prendra comme je suis… je crois qu'il n'existe pas!

- donc se sera le bac à sable! Par contre je vais voir les détails avec Alice pour les motifs.. Je suis pas sure que des cœurs rouge en velours ça soit pratique.

La porte de mon bureau claqua, laissant partir un Jake carrément mort de rire. Parfois j'étais désabusée… mais je leur rendais bien! Je jetais un coup d'œil sur le projet de mon chef de chantier d'ami, et j'avais d'un coup très très envie de vivre chez moi rapidement…

Je quittais le « bureau » assez vite, j'aimais ma vie. Vraiment. Travailler avec son amie était quelque chose de précieux, et j'en avais bien conscience!

Je rentrais une heure chez Rose, pour récupérer mes affaires et rejoignit Alice dans mon nouveau quartier. J'étais un peu nerveuse il faut bien l'avouer. J'allais voir mon œuvre en vrai, plus seulement sur papier ou en chantier… non cette fois, à part la peinture elle était terminée. J'allais pouvoir me projeter dans ce nouvel univers, et réfréner les ardeurs d'Alice. J'étais arrivée. Je restais quelques minutes à bord de ma voiture puis sortie.

La vue était incroyable, c'était la seule maison en hauteur, on avait fait venir de la terre pour faire une sorte de butte recouverte d'herbe et de fleurs « à la sauvage » comme le mentionne Alice. J'avoue que le rendu est superbe! Ça fait colline de notre enfance, quand on batifolait dans les prés. Sauf que tout en haut de la butte il y avait ma maison. Ma magnifique maison de deux étages. J'arrivais au portail et vit Alice arriver en courant. Elle venait du garage, elle n'avait pas du perdre une minute. Mon garage pouvait contenir cinq voiture, il faisait la longueur de la maison. Que voulez vous, j'aimais l'idée d'avoir le choix d'accorder ma voiture à la couleur de mes chaussures. « scandaleux! » mais tellement jouissif. Le premier étage était lumineux car tout était en baie vitrée, avec vue sur la mer… direction les îles. Le rêve américain a du bon, surtout pour celui qui peut se le permettre. J'avais, et je le savait le privilège d'une des plus belles vue de la région. L'étage supérieur était réservé aux espaces de bien être. Chambre, hammam, salle de bain, salle de divertissement, suite pour les amis… vue sur l'océan.

- voila, j'ai fait des dessins pour la déco. Tu as le choix entre cinq ambiances.

- cinq? Mais enfin, tu me connais, tu sais ce qui va me plaire pourquoi donc cinq thèmes différents?

- parce que je voulais que tu puisses avoir le choix

- que je puisse croire que j'ai le choix oui…

Je jetai un œil sur les feuilles. Connaissant Alice, elle avait déjà choisit ce que j'aurais chez moi, et malgré tout… la connaissant vraiment, je savais que les choix seraient difficile. Et ça l'était. J'avais envie de tout ça moi…

- tu peux pas venir tous les six mois et faire tourner les déco?

- heu… en fait oui je peux, puisque tu as les moyens de faire ça, mais ça ne va pas t'aider à t'identifier à cette magnifique demeure! Au passage tu te rends compte que le jour ou tu va montrer ce paradis à ta sœur, c'est elle qui va emménager ici?

- arrête, j'ai déjà prévenue Emmet que si je le voyait plus de trois jours de suite par semaine je lui demanderais un loyer

- t'es gonflée

- oui c'est ce qu'il a répondu!

Je regardais plus attentivement les dessins.. Rouge, rose, orange… et couleurs chaudes pour le premier étage; vert pomme et lilas pour le deuxième dans ma chambre… zen pour le reste, meubles ultra design…

- ça! Ça me plait.

- je savais. Super je commence demain… après midi! Parce que maintenant, pose tes valises, tu dors chez moi. On va se préparer à la soirée « anti-Stanley » chez les Stanley!

- enjoy!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

J'avais du mal à me décider à partir… le terrain était sublime. L'emplacement pour la piscine débordante était le seul point qui me montrait que tout n'était pas encore fini. Mais la terrasse promettait de superbe barbecue.

En regagnant mon Aston martin noire je songeais à la chance que j'avais d'être née si heureuse.

J'avais pris un sac en vue de la nuit chez Alice et dans ce sac… je resserrais involontairement celui-ci en pensant au costume noir qu'il cachait. Oui ce soir, après avoir saoulé Alice et tentée de la mettre dans les bras d'un homme très beau et très riche, j'allais dérober quelque chose à la peste. Jessica avait quelque chose qui m'intéressait. Une sérigraphie unique d'un artiste que je vénérais et qui me refusait un exemplaire de son œuvre. Légalement je n'obtenais rien de lui. Comment cette débile avait pu avoir un original? Un mystère. Par contre elle n'allait pas le garder longtemps!

- je connais ce regard, tu prépares une vacherie à Stanley toi!

- tu me connais trop bien chère amie.

J'avais parfois de la peine de mentir comme ça à une fille comme Alice, aujourd'hui serait de ces jours ou je m'aimais moins. Alice faisait tout pour moi et voila comment je lui rendait, en lui mentant.

Après un sourire un peu coincé, je montais et regardais Alice grimper dans son tank d'une autre époque. Une fois arrivées nous grimpions directement dans la chambre de mon amie. Sa maison était fabuleuse, ancienne d'extérieur ce qui lui donnait un caché impressionnant, et puis Alice savait la mettre en valeur. L'intérieur était un magasin de déco, une maison de magasine mais tellement personnel qu'on avait vraiment l'impression d'entrer dans Alice! C'était son don, elle savait donner une âme aux maisons.

-bon, alors prépare toi à voir les plus belles robes du monde!

Je ne savais pas qu'elle avait un nouveau dressing… ça faisait trop longtemps que je n'étais pas venue, je voulais résister au vol ici. Pas avec elle.

Quand je vis les robes, mon obstination à ne pas vouloir la voler prit son sens. Elle arrivait à me surprendre, à m'émerveiller sans que j'ai besoin de lui dérober quelque chose. Les deux robes étaient tout simplement irréelle.

- à l'essayage, moi je prend celle la c'est clair!

- comme tu veux, les deux sont tellement belles de toutes façons.

Et j'avoue que le sur mesure a du bon!

- t'as pas pris ton sac Bella?

- non, qui sait si je vais vraiment dormir chez toi ce soir!

- ooohhh madame à de grands projets! Au fait tu m'as pas raconté la soirée avec monsieur FBI

- en fait il est profiler, il est vraiment sympa. Tu sais, c'est le genre de mec à qui tu peux tout confier parce que tu sent que tu peux lui faire une confiance absolue.

- il est homo?

- heu… non… il vient de se faire virer par sa femme

- bin, peut être parce qu'il est homo!

- je pense pas. on en a pas parlé mais il avait l'air vraiment malheureux

- il est canon?

- oué, ça va.

- ok donc il est magnifique mais tu veux t'en faire seulement un ami.

- et bien je n'ai pas projeté de me marier dans les cent prochaines années donc bon…

- tadam! Alors?

Elle était époustouflante dans cette robe caramel.

- alors? Valentino te connais bien. Et moi?

- toi il ne te connais pas, mais moi je te connais et cette robe est sublime!

- tu lui as demandé de la faire pour moi?

- cadeau ma Bella.

J'adore cette fille.

- et en parlant de cadeaux, merci pour celui que je vais avoir la semaine prochaine.

- quoi?

Je m'étranglais, comment pouvait-elle savoir ça elle…

- désolée, mais tu sais que tu ne peux rien me cacher, je vois tout… et tu as oublié de ranger ton courrier.

- Alice! Bon sang c'était sensé être une surprise!

- mais je ferais comme si je ne le savais pas promis! Au moins tu sais que je vais adorer!

- c'est pas pareil…

Nous continuâmes à discuter de tout et de rien pendant que nous nous préparions, je n'avais pas sa patience pour toutes ces choses de filles… moi je partais le matin sans me maquiller et si je voulais me coiffer ça prendrait des heures. Et je vous jure que le matin, je n'ai jamais le temps.

Mes Louboutin aux pieds je proposais à Alice de monter dans l'Aston pour faire sensation. Ma voiture est un modèle unique, fait sur mesure pour mon excentricité. Allez hop, soirée pétasse en route.

- la tête qu'elle va faire quand elle va me voir arriver.

- et la notre quand on verra qui sera à son bras!

- au fait, on a un cadeau?

- bien sur, j'ai pris soin de mettre ton nom sur la carte.

- t'as pris quoi?

- une bague de chez tiffany's

Je jetais un coup d'œil rapide à mon sac à l'arrière. J'avais hâte qu'il fasse nuit.

- descends alice, je reviens

- mais mademoiselle c'est mon travail de mettre votre voiture au…

- et moi je vous dit que personne au monde à part moi ne mettra les mains sur ce volant Est-ce clair?

- oui.. oui pardonnez moi!

- je t'attend devant, je ne voudrais pas que toute la gloire d'affronter les lions toute seule te revienne.

- le contraire m'aurait étonné!

je conduisis ma voiture à l'arrière de la demeure Stanley. Une très belle maison, il fallait leur reconnaitre ça, la mère de Jessica avait du gout. Quel abruti ce voiturier, pourquoi faut il que les gens se sentent obligé d'insister. Je ne suis pas débile, je sais bien que c'est son boulot, de toute façon vu la façon dont il était habillé je n'aurais pas pu le confondre avec un invité! Mais mettre moi-même ma voiture à l'emplacement prévu était un repérage excellent pour la deuxième partie de ma soirée. Pas trop de garde, quelle vanité de croire qu'ils sont intouchables. De toute façon une seule pièce m'intéresse et d'après les plans que j'ai récupéré c'est cette fenêtre. Je garais donc ma voiture près de là et descendis lentement.

Quelques minutes plus tard, accompagnée d'Alice je pénétrais chez les nouveaux riches avec toute l'arrogance de ma position sociale. Tout le monde me connaissait et je ne prenais la peine de saluer que les personnes que j'appréciais, et ce soir… ils étaient rare!

- qui sont tous ces gens?

- des starlettes qui croient que les soirées de Jessica sont une opportunité pour réussir dans la vie!

Tout en me disant ça Alice salua quelqu'un d'une façon délicieusement hypocrite. Je me séparais d'elle et dérobais quelques montres, que voulez vous, je suis comme une pie. tout ce qui brille m'éblouis. Je n'avais pas encore aperçu la reine de la soirée quand un jeune homme de publicité m'aborda.

- vous êtes nouvelle? je ne vous ai jamais rencontré?

Je failli m'étouffer de rire dans mon verre de champagne. Il fallait que je fasse attention ou ça allait devenir une habitude. A défaut de le trouver charmant, au moins il m'aura fait rire.

- pardon?

- vous voulez faire du cinéma?

- heu… on peut rembobiner? bonjour je suis Bella Swan et vous êtes…

- désolé! je ne vous ai jamais vu en vrai, je ne pouvais pas deviner

- pas grave, ça fait du bien de ne pas être reconnu tout le temps, au moins vous ne m'avez pas abordé pour mon nom

- non mais pour être honnête pas non plus par pur altruisme. Je vous trouve ravissante

- Mike chéri, je vois que tu as rencontré mon amie Bella!

son amie, non mais j'aurais tout entendu ici.

- heu oui, je dois dire que la rencontre a été plutôt inhabituelle , je ne l'ai pas reconnue. Elle est plus jolie que tu ne me l'avais décrite

- oh vraiment? je ne sais plus…

- bon anniversaire Jessica, je suis venue avec Alice. Tu n'as pas du savoir ou envoyer mon invitation puisque je viens seulement d'emménager.

- oui tout à fait, merci, oh tu as emménagé? c'est bien… bon je dois y aller j'ai tellement d'inviter à saluer… tu viens Mike chéri?

- oui oui, ravi vraiment d'avoir fait votre connaissance Bella.

Je lui fit un petit sourire accompagné d'un signe de main avant de tourner mon regard vers l'assemblée. Plus rien d'intéressant ce soir. Jessica avait un nouveau bellâtre moins jeune que les autres et peut être un peu moins con aussi, donc pas de moquerie de ce coté là. Je vis Alice rire aux éclats puis me regarder en faisant un clin d'œil.

Une heure plus tard je la retrouvais près de Jessica qui venait de virer au vert pâle.

- tiens justement voila Bella avec l'autre robe, n'est ce pas qu'elle est divine? je regrette tellement qu'il soit en retraite.

- quelle chance tu as de l'avoir pour ami! il te fait les robes sans que tu ne lui demande rien?

- des cadeaux comme je vous dit!

je souriais, Alice adorait avoir un petit auditoire pour parler comme ça devant Jessica. Jessica la reine de la vantardise, la princesse de cette soirée.. détrônée. Elle fulmina encore quelques seconde avant de dire assez fort qu'il était temps d'ouvrir les cadeaux. Signe pour moi qu'il était temps de m'éclipser sans que personne ne le remarque.

- j'ai oublié le cadeau dans la voiture

- j'y vais Alice, note bien ce qu'elle a reçu! je veux un compte rendu!!!

- t'inquiète, pour ce genre de chose j'ai une caméra intégrée dans le cerveau!

J'étais à ma voiture en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Il faisait noir, chaud et la lune était faible. j'étais si excitée que je failli arracher ma robe en l'enlevant. Il fallait que j'aille vite. Ma combinaison enfilée, mon loup sur les yeux, mes gants… ok je suis prête. Après quelques cabrioles j'étais dans la chambre de la vipère. Mon dieu que c'était laid. Surchargé de photos d'elle en compagnie de diverses célébrités… je regardais rapidement dans les tiroirs, sa chambre était immense. Belle salle de bain, je prend ça. J'aime bien le rouge à lèvre pèche. Je tombais sur un magasine près de son lit, ouvert à un article qui parlait de… rooh génial! mon entreprise! vu le chiffonnage elle a pas dû apprécier! je regardais ma montre, mais fut surprise de ne pas la voir… je l'ai enlevé sans m'en rendre compte tellement j'étais impatiente. une erreur! Je me frappais mentalement pour cette bêtise et décidais que le temps était venue de quitter cette chambre. Ou était donc cette calligraphie bon sang.

Et enfin, enfin je la vit. Sublime dans un cadre qui ne la rendait pas en valeur. Mais aucune importance. Je sortis la fausse que j'avais pris le soin de faire. La subtiliser fut moins aisé que prévu, le cadre était en argent massif, très lourd et bien accroché. Mais sans alarme… l'affaire fut pliée en quelques minutes et je regagnais ma voiture pour me changer avec un sourire niais.

Arrivée à la voiture, je me changeais rapidement, pris le cadeau destiné à Jessica, mis mon propre cadeau au fond de mon coffre et rejoignis la salle. Elle ouvrait encore quelques cadeaux, tant mieux je n'avais pas mis trop de temps

- bah alors, t'en à mis du temps

Je tendis le cadeau à Alice et quelque chose me fit tiquer. Mon poignet était nu. je n'avais pas ma montre. Et cette fois j'en étais sure, elle n'était pas avec mes vêtements. Des sueurs froides me parcoururent le dos. Je touchais mon poignet avec incrédulité, impossible. C'était impossible.

- ça va ma Bella? tu es toute blanche…

- non, je… il faut que je sorte, je crois que je vais rentrer.

Je ne pris même pas la peine de la regarder, j'avais les larmes aux yeux et finis par pratiquement courir hors de cette maison. Comment le corps pouvait-il passer d'une telle euphorie à un désespoir sans nom en quelques minutes. Je tournais face à la maison et m'arrêtais en soufflant, regardant mon poignet que je lâchais finalement. Et en relevant les yeux je fit face à une constatation que je n'arrivais pas à croire. pas à moi, ça ne pouvait pas m'arriver. Qui avait osé faire ça!

Et je soufflais pour moi-même… on m'a volé ma montre…

A suivre…