Chapitre 2 : Le Départ
-Joyeux anniversaire, Harry Potter.
Cette phrase lui fit l'effet d'une décharge électrique. Il était effaré. Alors qu'il attendait la mort, Voldemort venait tout simplement de lui souhaiter un bon anniversaire.
Il mit quelque secondes à ce remettre du double choc qu'il venait de subir, puis son cerveau se mis à tourner à une vitesse faramineuse.
Pourquoi est-ce qu'il est là ? C'est vraiment Voldemort ? Il se moque de moi ? Il va me tuer ? Pourquoi il dit ça ? Et si je lui claque la porte au nez et que je m'enfuis par derrière ?
Tout cela en à peu près une seconde, et son cerveau faillit bien atteindre la surchauffe quand Voldemort lui donna encore à penser :
-Ecoute moi bien, j'ai besoin de toi pour régler une affaire nous concernant, alors tu vas aller bien gentiment prendre tes affaires et venir avec moi.
Après analyse de la phrase, Harry sentit une vive colère monter en lui alors que les questions se bousculaient de plus belle dans sa tête :
-Ca va pas bien, non ! Je m'en fiche de vos affaires ! Je ne viendrai jamais avec vous, vous pouvez me tuez tout de suite parce que je ne vous aiderai jamais à faire quoi que se soit ! Plutôt crever !
Tout de suite après avoir prononcé ces paroles, il les regretta. D'abord parce que la physionomie du visage du mage noir avait légèrement changée, et dire qu'il était d'assez mauvaise humeur était un euphémisme. Et ensuite, bien qu'il répugnait à Harry de devoir faire autre chose avec Voldemort qu'un duel à mort, il ne devait pas oublier la prophétie, et le fait qu'il était désormais responsable de l'avenir de la communauté magique et que se serait vraiment idiot de perdre la possibilité de vaincre Lord Voldemort juste parce qu'un imbécile n'avait pas pu retenir sa langue sous le coup de l'émotion.
Ce furent ces raisons qui le poussèrent à bafouiller une sorte d'excuse dans le genre "jenevoulaipasdireçaexcusezmoi,jenesaispascequimapris" qui se transforma en un charabia inintelligible quand l'expression de l'homme se durcit.
-Tu n'as toujours pas appris à réfléchir depuis notre dernière rencontre...
La cicatrice de Harry devint plus douloureuse, il se mordit la langue. Le souvenir du ministère, là ou le sorcier avait pris possession de son corps, là ou Sirius était mort, le faisait encore frissonner.
Alors que Voldemort s'apprètait à dire autre chose, le corps massif de l'oncle Vernon apparut dans le couloir. Il était rouge et semblait sur le point d'exploser :
-Que faites-vous dans ma maison ! Hurla-t-il. Prenez le gosse et fichez le camp ! Je ne veux plus jamais avoir affaire à des gens comme vous et...
Il aurait pu continuer à crier encore longtemps mais Voldemort pointa sa baguette magique sur lui, ce qui eu pour effet de lui faire porter ses mains à sa gorge, dont plus aucun son ne voulait sortir. Puis le Lord ordonna d'une voix agacée : "tuez-les". Aussitôt, plusieurs mangemorts dont Harry aurait été bien incapable de dire d'ou ils étaient sortis - peut-être tout simplement ne les avait-il pas remarqués - apparurent, s'inclinèrent rapidement et trois éclairs verts firent disparaître les trois êtres qui avaient gâché toute son enfance.
La dernière chose que Harry entendit d'eux fut les cris de goret qu'on égorge de Dudley et ceux perçants de la tante Pétunia.
Il entendit sortir de sa gorge un cri mou et vaguement indigné :
-Hey !
C'était quand même sa famille, il s'y était habitué. Et puis Voldemort était responsable de la mort de suffisamment de membres de sa famille. De toute façon, il n'avait pas le droit, un point c'est tout.
Cela ne l'empêcha pas de rester totalement neutre, il n'arrivait pas à ressentir la moindre trace de tristesse. Pire, il sentit naître tout au fond de lui un atroce sentiment de soulagement. Il prit subitement peur. Il ressentait du soulagement à voir les personnes qui l'avait élevé mourir ? Ce n'était pas normal. Après tout peut-être que la tante Marge avait raison. Peut-être qu'il n'était qu'un monstre, une tare, une chose immonde qu'il aurait fallu noyer dès la naissance...
Voldemort sembla comprendre se qui se passait dans sa tête, il faut dire qu'il avait le don de lire au plus profond d'un être...
-Soulagé, n'est-ce pas ? Après ce que tu a subi chez eux, c'est tout à fait normal... Tu vois comme on se ressemble, ajouta-il avec un air cruel, j'étais très content quand j'ai tué mon père... Allez chercher ses valises, ordonna-t-il à l'adresse des mangemorts.
Ces mots, peut-être parce qu'ils étaient vrais choquèrent plus encore Harry, qui fit un effort pour mettre en pratique ses cours d'occulmencie. Voldemort avait lu dans ses pensées !
-Ce n'est pas la peine, je reste ici, je ne suis pas comme vous, je ne suis pas un assassin !
Voldemort ne parut pas s'offusquer de cette réponse. Il grimaça même ce qui pouvait ressembler à un sourire, ce qui rendit son visage encore plus laid.
-J'ai cru comprendre que tu avait une certaine faiblesse pour les belettes...
A ces mots, Harry sentit son coeur remonter jusque dans sa gorge.
-Je n'en ai que deux sur sept, mais ça devrait te décider, non ?
Ron et Ginny... il n'avait pas le choix...
-Ou sont-ils ?
-Chez moi. Si tu est obéissant, il ne leur arrivera rien.
-Si je vous suis, vous les relâcherez ?
-On verra. Cela dépendra de toi.
-Vous ne leur ferez aucun mal ?
Il ressentit une douleur plus vive à la cicatrice. Cette conversation commençait sérieusement à exaspérer le Lord, qui arrivait bientôt aux limites de sa patience, et Harry se jura d'arrêter de lui poser des questions, il ne voulait pas risquer la mort de ses amis !
-Tu sait transplanner, non ? demanda-t-il d'un ton brusque. Donnes-moi ton bras.
Voldemort referma une main décharnée sur son bras, et Harry eut simultanément l'impression d'étouffer dans un long tuyau noir et serré, et que sa tête allait éclater.
Quand il repris son souffle, dégageant vivement son bras, il ne vit tout d'abord que des points noirs, trop occupé à respirer et à frotter frénétiquement sa cicatrice, puis il redressa la tête, remit ses lunettes d'aplomb sur son nez, et contempla le paysage.
La suite au prochain chapitre !
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