Bonjour, voila la suite, comme promis.

Merci beaucoup à tous ceux qui ont lu ce premier chapitre et merci de vos si gentils retours.

J'espère que la suite va vous plaire.

Bonne lecture... :)

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Chapitre 2:

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Lucifer venait de disparaitre, laissant Dean seul dans le jardin. Les bruits de la bataille s'étaient brusquement tus.

Le chasseur se précipita.

Il gravit quatre à quatre les marches de la grande bâtisse et entra en trombe dans le bâtiment. Ses compagnons avaient livré une bataille acharnée. Dean vit le cadavre ensanglanté de Risa au sol, les yeux encore ouverts, la gorge tranchée. Il parcouru des yeux la pièce maintenant silencieuse, ne voyant que du sang et des morts partout.

Pas un son, pas un gémissement. Après le vacarme du combat, ce calme avait quelque chose de surréaliste.

Dean parcouru rapidement toutes les pièces du rez de chaussé. Dans chacune c'était le même spectacle morbide. Il monta le grand escalier et c'est là qu'il le vit: Castiel, immobile, recroquevillé au sol, dans une mare de sang. Il se jeta à genoux aux côtés de son ami.

- Cass !

Pas de réponse. Du sang s'écoulait d'une large blessure au niveau de son flanc droit, et il avait pris une balle dans la poitrine, sous sa clavicule gauche. Dean approcha deux doigts de son cou et souffla de soulagement en sentant son pouls battre faiblement mais régulièrement.

- Putain, t'es vivant! Accroche toi !

Leur camp était à plusieurs heures de routes, Dean savait que son ami n'y arriverait pas vivant si il n'arrêtait pas l'hémorragie.

Il finit d'abord rapidement l'inspection de la maison afin d'être sûr de ne pas se laisser surprendre, mais il n'y avait plus personne, pas de démon et pas le moindre survivant.

- Fils de pute ! Grogna t'il entre ses dents à l'intention de son double. Tu les as tous envoyés se faire massacrer. Si tu étais toujours en vie, je te buterais moi même !

Il revint aux côtés de Castiel toujours inconscient.

- Accroche toi, Cass. Je suis là.

La chemise de l'ancien ange était à présent couverte de sang. Dean l'ouvrit et en déchira la manche pour examiner les blessures. La large entaille de son côté méritait des points de suture mais pouvait attendre. Elle n'était pas trop profonde. Mais la plaie de sa poitrine était plus inquiétante, saignant énormément. Il fallait extraire la balle.

Dean avait souvent joué les infirmiers de fortune tant pour lui-même que pour Sam, à chaque fois qu'ils avaient été blessés au cours de leurs chasses par le passé.

- Merde Sam, comment est-ce que tu as pu dire oui ?! Ne put il s'empêcher de murmurer.

Mais la culpabilité lui dévorait le cœur. Il savait très bien pourquoi Sam avait cédé. Tout était de sa faute ! Comment est-ce qu'il avait pu rejeter son frère de cette façon? Merde !

Il secoua la tête. Ce n'était pas le moment. Cass se vidait de son sang. Tous les autres étaient morts, mais pas lui. Pas question. Il ne le permettrait pas.

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Il allongea Castiel au sol, sur le dos, le plus doucement possible, sortit son couteau et son briquet, stérilisa la lame sommairement en la passant dans la flamme et entreprit de retirer la balle. Le projectile s'était logé profondément dans sa poitrine, et il dut s'y reprendre à plusieurs fois. Castiel toujours inconscient gémissait et Dean espéra vraiment qu'il ne se réveille pas.

Enfin, il sentit la balle au bout de sa lame et la fit remonter. Ça y était, il la tenait !

Le saignement augmenta d'un seul coup, rouge vif, en jets fins. Une artère avait dû être touchée pendant l'extraction.

- Merde ! Non ! Cass !

Dean savait qu'il devait cautériser la plaie, sinon son ami allait se vider de son sang et mourir sous ses yeux. Il appuya fortement la chemise déchirée de Castiel sur la blessure avec sa main gauche qui tenait également son couteau. De sa main droite, il approcha son briquet de la lame et la chauffa de nouveau, jusqu'à ce qu'elle rougisse cette fois. Lorsque le métal fut incandescent, il retira le tissu imbibé de sang puis appliqua la lame sur la plaie. La peau grésilla, dégageant une forte odeur de chair brûlée

Castiel hurla. Son corps se convulsa sous l'effet de l'intense douleur. Puis il retomba au sol, inerte.

- CASS !

Dean chercha le pouls de son ami, mais ne le trouva pas.

- Cass ! Non non non ! Me fais pas ça, mec!

Il posa son oreille sur son torse. Rien.

- Cass ! Pas question, je vais pas te laisser mourir !

Il se positionna à genoux à côté de Castiel, posa les mains sur son sternum, bras tendus et commença un massage cardiaque.

- Un, deux, trois, quatre, cinq. Allez Cass, merde ! Reviens !

Pas de pouls.

Il bascula la tête de Castiel en arrière, posa ses lèvres sur les siennes ouvertes et souffla deux fois puis reprit le massage.

- Un, deux, trois, quatre, cinq. Putain Cass, reviens !

Deux nouvelles insufflations. Toujours pas de pouls.

Dean savait exactement ce qui était entrain de se passer, il était entrain de le perdre. Cette idée le terrifia et la colère l'envahit.

- Putain Cass, je te l'interdis. Merde!

Il lui assena un violent coup de son poing fermé sur la poitrine à l'emplacement du cœur. Puis un deuxième. Puis un troisième.

- CASS ! ...Je t'en prie ... me laisse pas toi aussi... La douleur prenant le pas sur la colère.

Il chercha de nouveau le pouls au cou de son ami et cru sentir une pulsation. Dean posa son oreille sur le torse de Castiel et il entendit un battement presque inaudible mais bien présent. La poitrine de Castiel se souleva faiblement. Il respirait. Il était revenu.

Toujours à genoux aux côtés de Castiel, Dean baissa la tête et souffla longuement. Puis, il s'assit auprès de lui, dos au mur, la tête renversée en arrière, reprenant son souffle. C'était moins une, il n'y croyait plus.

Il passa sa main sur son visage, tentant de maîtriser les tremblements qui le secouaient tout entier. Il ne pouvait détacher son regard de la respiration maintenant régulière de son ami toujours inconscient.

- Putain Cass, tu m'as foutu une de ces trouilles, mec !

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Soudain, la réalité de sa situation frappa Dean comme une gifle. Il était coincé en 2014, dans un monde dévasté, envahi de Croats. Castiel était grièvement blessé, et tous les autres étaient morts.

Mais qu'est ce qu'il était censé faire maintenant ?

Sa première idée fut d'appeler Sam ou Bobby. Mais Sam était possédé par le Diable, et Bobby...

Non, il était seul. Vraiment seul. Et il avait besoin d'aide.

Il se redressa.

- Zacharie ! C'est toi qui m'as mis dans ce pétrin. Ramène ton cul et viens le guérir !

Mais l'ange ne répondit pas à sa prière.

- Zacharie ! C'est bon, j'ai compris ta putain de leçon. Ramène toi maintenant !

De nouveau ce fut le silence. Dean ne comprenait pas. L'ange aurait dû sauter sur l'occasion. Il avait un bon moyen de pression pour le faire céder. Et pourtant il ne se montrait pas.

Est ce qu'il ne le croyait pas sincère? Dean ne savait d'ailleurs pas lui-même si il l'était, mais il voulait sauver Castiel.

Au bout de plusieurs minutes, il dut se rendre à l'évidence, Zacharie ne viendrait pas. A quoi est ce qu'il pouvait bien s'attendre de la part d'un de ces foutus emplumés de toute façon ? Il allait devoir se débrouiller seul, comme d'habitude.

Il se releva, jeta un coup d'œil à son ami toujours inconscient. Il était si pale. Mais sa blessure à la poitrine avait cessé de saigner. Celle de son flanc coagulait doucement, mais il allait devoir la suturer si il ne voulait pas qu'elle s'infecte.

Dean souleva Castiel. Il descendit l'escalier avec difficultés, son fardeau toujours inerte dans les bras.

Il évita de regarder les cadavres allongés au sol. Il ne pouvait plus rien pour eux.

Il aurait au moins voulu leur donner une sépulture décente, mais il n'avait pas le temps de les enterrer. Tant pis pour les morts, il devait penser aux vivants. Son regard se posa un instant malgré lui sur Risa qui semblait le fixer de ses yeux morts, figés dans un reproche muet.

Dean savait que ce n'était pas lui qui les avait envoyés à la mort. Mais c'était celui qu'il deviendrait dans le futur. Comment avait il pu en arriver là ?

Il déglutit avec difficulté, releva la tête et dirigea son regard droit devant lui, puis avança vers la sortie.

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Le soleil à l'extérieur lui fit mal aux yeux. Il faisait doux, et ce beau temps semblait presque une insulte supplémentaire faite à ceux qui venaient de donner leur vie.

Quelle ironie ! Comment le monde pouvait il sembler si normal, et l'être aussi peu ?

Dean allongea Castiel à l'arrière du camion, aussi confortablement qu'il le put. L'ancien ange tremblait. Le choc, sûrement. Il le recouvrit de sa veste, puis se mit au volant et prit le chemin du camp.

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Il arriva à la nuit tombante. Chuck l'attendait, anxieux. Son visage se ferma lorsqu'il ne vit qu'un seul camion revenir alors que trois étaient partis la veille.

Il ne posa pas de question, il avait compris.

Il regarda Dean un instant, semblant se demander quelle version de son chef était revenue du champ de bataille. Celle de 2009 ou celle de 2014 ?

- Tu n'es pas lui, n'est-ce pas ?

Dean secoua la tête. Il n'avait pas le temps pour les explications.

- Non, Chuck. Je suis désolé. Il est mort, ils sont tous morts. Et Cass est blessé. Je t'expliquerai plus tard. Va me chercher de quoi nettoyer ses blessures et du fil pour suturer.

Chuck acquiesça et partit de suite.

Dean reprit Castiel dans ses bras, et le porta dans la cabane de son double, la sienne maintenant supposa t'il.

Il allongea l'ancien ange sur le lit. Son corps tremblait toujours et pourtant il ne semblait pas fiévreux. Puis Dean comprit: Castiel n'avait rien pris depuis la veille au soir, dans le camion, lorsqu'il lui avait montré le tube d'amphétamines. Il tremblait sûrement à cause du choc, mais probablement aussi parce qu'il était en manque !

Dean regarda l'ancien ange inconscient sur ce lit. Encore une fois, il se demanda comment le soldat de Dieu majestueux qu'il avait connu avait pu se transformer en l'être brisé, drogué, misérable, qu'il avait sous les yeux. Si il ignorait comment son ami avait pu en arriver là, quelque part, au fond de lui, il savait qu'il avait probablement aussi sa part de responsabilité dans cette déchéance. Castiel n'était plus un ange. C'était un être humain, et il avait tout perdu. Comment son double avait-il pu le laisser tomber aussi bas ?

Ton double c'est toi, lui murmura sa conscience. Il l'a utilisé à chaque fois qu'il en a eu besoin et l'a ensuite laissé tomber comme un moins que rien. Ca te rappelle quelque chose ?

- Cass...

Il chassa cette pensée d'un revers de la main. Pas le temps pour les remords, Chuck venait d'arriver avec le nécessaire de soin.

Dean ouvrit la petite trousse, sortit les compresses, le désinfectant, du fil et de l'adhésif.

Avec des gestes rendus sûrs par une longue pratique, il nettoya la blessure, rapprocha les berges de la plaie et commença à la recoudre. Il repensa à la dernière fois où il avait dû faire des points. C'était sur Sam qui avait pris un coup de couteau dans le bras, une chasse au vampire qui avait failli mal tourner.

Sam...

L'image de Lucifer dans son costume blanc vint s'imposer à son esprit. Dean serra les dents.

Il ne savait pas comment il allait s'y prendre, mais il se jura de tout faire pour récupérer son frère, quoi qu'il puisse lui en coûter ! Il allait faire la peau au Diable et récupérer son frère, quitte à y passer sa vie ou à mourir en essayant.

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Castiel gémit. Il ouvrit les yeux et porta par reflexe la main à son côté que Dean était toujours entrain de suturer.

- Ne bouge pas Cass. Tu as été blessé. Oui, je sais, ça fait mal. J'ai presque fini.

Castiel s'immobilisa. Dean vit dans ses yeux qu'il le reconnaissait. Il savait qu'il n'était pas le Dean de son époque et pourtant, gardant son regard intensément fixé sur lui sans dire un mot, il le laissa faire et reposa sa main sur le lit.

Dean termina rapidement les points de suture, puis appliqua un pansement sur la plaie, mal à l'aise, sans vraiment comprendre pourquoi.

- C'est fini.

Il inspecta la plaie de sa poitrine, le saignement n'avait pas repris. Les chairs brûlées laisseraient une vilaine cicatrice, mais au moins, il était vivant.

- Repose toi maintenant. Je vais aller te chercher de l'eau. Tu as perdu beaucoup de sang. Tu dois boire pour compenser. Dit il en se dirigeant vers la porte, quasiment soulagé de se soustraire enfin à ces yeux trop expressifs.

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Lorsque Dean sortit de la chambre, Chuck l'attendait, mais il n'était pas seul. La pièce était pleine et la porte ouverte laissait deviner que tout le camp était là. Dean parcouru les visages les plus proches qui le fixaient. La plupart lui étaient inconnus, mais il en reconnu tout de même quelques-uns, Jo et Ellen, Rufus, Pamela. Il chercha Bobby avec espoir, mais ne le vit nulle part.

Dans un coin, il eut la surprise de reconnaître les visages de ces deux abrutis qui se prenaient pour des chasseurs de fantômes. Il n'arrivait pas à se souvenir de leurs noms. Ils avaient bien failli se faire tuer et les faire tuer aussi en même temps en interférant dans leur enquête. Putain d'amateurs ! Ils avaient changé, semblaient plus matures. L'un d'eux, le brun, portait une large cicatrice qui lui barrait le visage, traversant son front, épargnant son œil mais reprenant ensuite le long de sa joue.

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Tous les regards étaient braqués sur lui, mais personne ne disait rien. Dean ne savait pas comment il allait pouvoir leur expliquer la situation, qu'il n'était pas le Dean de leur époque. Et aussi tout ce qui s'était passé, l'attaque, la mort de tous leurs amis, celle de leur chef.

Les gens qu'il voyait lui étaient, pour certains, familiers, mais ils appartenaient tous à un futur qu'il n'aurait pas dû connaître et dont il ne savait rien. Il ne les connaissait plus.

Ce fut Chuck qui le premier rompit le silence.

- Je leur ai expliqué l'essentiel, Dean. Ils savent qui tu es.

Certains acquiescèrent et Chuck reprit la parole.

- Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?

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Dean marqua un temps d'arrêt et les dévisagea à son tour, stupéfait. Ils savaient tous qu'il n'était pas leur meneur et pourtant ils le regardaient comme si ils attendaient une réponse de sa part, comme si il pouvait leur fournir la solution à ce merdier dans lequel ils étaient tous enfoncés jusqu'au cou.

Dean se demanda si ils étaient conscients qu'il était sûrement au moins aussi paumé qu'eux, si ce n'était bien plus. C'était lui qui avait besoin d'aide pour retourner dans son époque et empêcher tout ça d'arriver si il le pouvait.

Et pourtant tous ces gens le scrutaient anxieusement, attendant les directives de leur chef tombé au combat. Et apparemment maintenant ses directives à lui.

Son regard se posa sur Chuck qui le fixait comme les autres. Le prophète lui fit un petit signe de tête. Silencieux encouragement.

Dean acquiesça comprenant le message implicite. Il prit une grande inspiration puis commença.

- Ok, les gars, voilà ce qu'on va faire...

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Tous les regards convergeaient vers lui et pourtant Dean n'avait pas la moindre idée de ce qui allait ensuite sortir de sa bouche.

- Bon... Reprit il en se raclant la gorge. La bataille ne s'est pas déroulée comme prévu, ça je crois que vous l'avez tous compris. Il n'y a pas de bonne façon de vous dire ça, alors je ne vais pas y aller par quatre chemins. Chuck vous a expliqué qui je suis. Je viens de l'année 2009. Votre Dean est mort, et ceux qui l'accompagnaient aussi. Castiel est le seul survivant. C'était un piège. Lucifer nous attendait.

- Et comment est-ce qu'il a su ? Demanda une voix masculine dans l'assistance.

- Ça, j'en ai pas la moindre idée, et c'est un point qu'il va nous falloir éclaircir. En attendant, que chacun reprenne son poste. Vous savez tous ce que vous avez à faire. Sécurisez le camp. Je ne pense pas que Lucifer lance une attaque cette nuit. Si il avait voulu nous tuer, il aurait très facilement pu finir le boulot là-bas, mais je ne veux pas prendre le risque que le camp soit attaqué.

Cette fois c'est Ellen qui prit la parole.

- Tu veux dire que Lucifer t'a laissé partir...juste comme ça ?

- Exactement. Je veux dire qu'il était tellement sûr de gagner, qu'il n'a même pas jugé utile de me faire la peau. Mais il a eu tort et j'ai bien l'intention de le lui prouver dès que j'en aurai l'occasion.

- Non, il a raison. Reprit elle. Il sait que tu ne le feras pas.

- Quoi ?

- Tuer ton frère. Il sait que tu ne pourras pas tuer Sam. C'est pour ça qu'il est sûr d'avoir déjà gagné. Le Dean qui vivait avec nous, celui qui a vu tout ce qui s'est passé, l'épidémie, tous ces massacres, lui, il aurait pu. Mais pas toi. C'est pour ça qu'il ne t'a pas tué. Il n'en avait pas besoin.

Dean devait bien reconnaître qu'Ellen disait vrai. Jamais il ne pourrait se résoudre à tuer son frère. Même lorsque son père lui avait dit, il y avait plusieurs années, que si il n'arrivait pas à sauver Sam, il devrait le tuer, jamais Dean n'avait pensé une seule seconde qu'il en arriverait là un jour.

- Tu as raison Ellen. Je ne tuerai pas Sam. Mais j'ai bien l'intention de récupérer mon frère et de faire la peau au Diable !

- Et tu comptes t'y prendre comment ?

Dean soupira.

- Franchement ? … J'en ai pas la moindre idée, mais j'y arriverai. Dit-il simplement mais fermement.

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A sa grande surprise, les gens semblèrent accepter ses paroles et commencèrent à sortir de la cabane, les uns après les autres. Chuck dit un petit mot à chacun, désigna les sentinelles pour la nuit. Rapidement il ne resta plus que Dean et lui dans la petite pièce.

- Merci Chuck. Lui dit Dean, reconnaissant du soutien que le prophète lui avait apporté.

Celui-ci hocha la tête, se dirigea vers la porte à son tour, puis se retourna, la main sur la poignée.

- On a besoin de toi tu sais.

- Dis pas n'importe quoi. Je ne vois pas bien comment je pourrais aider qui que ce soit. Répliqua Dean, amer. Je ne suis même pas de cette époque.

- Peu importe. On a tous besoin de toi. Et lui probablement encore plus. Dit-il en faisant un petit signe de tête vers la porte de la chambre où se reposait Castiel.

Puis il sortit sans ajouter un mot.

Dean se passa une main sur la nuque en soupirant. Il se sentait complètement perdu, totalement impuissant. Il n'était pas chez lui, même pas dans son époque et ne savait pas combien de temps ce connard de Zacharie allait encore le laisser moisir ici. Et tous ces gens attendaient qu'il les guide alors qu'il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il devait faire lui-même. C'était absurde. Il ne voulait pas de cette responsabilité. Et il ne voyait vraiment pas comment il pouvait faire quoi que ce soit pour les aider, eux.

Mais lui, il pouvait l'aider. Il le lui devait. Il alla jusqu'au lavabo, saisit un verre qu'il remplit d'eau et se dirigea vers la chambre presque avec appréhension.

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Lorsqu'il entra, Castiel le regarda approcher sans un mot. Dean posa le verre sur la petite table et l'aida à se redresser. Castiel grimaça de douleur, mais ne laissa pas echapper un son. Dean vérifia rapidement les bandages. Pas de saignement.

Castiel frissonnait de tout son corps. Il savait que Dean n'était pas dupe, qu'il avait compris que ce n'était pas uniquement la douleur qui provoquait ces tremblements. Il ne dit rien, mais tendit sa main, face à lui, doigts écartés en regardant le chasseur droit dans les yeux.

Il n'avait plus rien de l'ex ange hilare presque fier de se vautrer dans la luxure, qu'il avait rencontré la veille. Dean pouvait lire la douleur dans son regard, mais pas seulement physique, celle de toutes les souffrances endurées précédemment et qui l'avaient conduit jusqu'ici. Il pouvait voir dans ses yeux la honte de se montrer ainsi devant son ancien protégé, faible, déchu, drogué. Et pourtant malgré ça, Castiel ne tentait pas de se dissimuler, espérant sans vraiment y croire que le Dean de son passé pourrait le comprendre et l'aider.

Dean fixait cette main tremblante tendue devant lui.

- Dean... je ...

- Où est ce qu'elles sont ?

Castiel resta silencieux ne sachant pas de quoi Dean parlait.

- ...Tes pilules. Précisa t'il devant le regard interrogateur de Castiel. Tu en as besoin. Tu es presque mort aujourd'hui, ton corps ne supportera pas le manque. Alors tu vas en prendre, mais crois moi, ça sera la dernière fois. Dès que tu iras mieux, c'est fini. Tu m'entends ! Je ne sais pas ce qui s'est passé pour que tu tombes aussi bas, mais c'est terminé! T'es un ange, mec. Ressaisis toi ! Cracha Dean avec colère.

- Je n'ai plus rien d'un ange Dean. Répondit Castiel tout bas en baissant les yeux.

- J'en ai rien à foutre de savoir si tu es toujours un putain d'ange ou pas! Rien à foutre que tes pouvoir se soient fait la malle en même temps que ces connards d'emplumés! Je te l'ai déjà dit, là-bas, je vais pas te laisser crever. Je sais pas du tout comment je vais m'y prendre, mais je vais retrouver Sam, sortir Lucifer de son corps et lui faire la peau. Et j'ai besoin de toi. Alors tu vas te secouer un peu, guérir et m'aider, tu m'entends ?

- Tu ne comprends pas... Souffla Castiel d'une voix presque inaudible. Je ne peux pas t'aider. Je ne suis plus rien.

Dean s'approcha du lit, furieux. Il saisit Castiel par les épaules, et relacha sa prise en le voyant grimacer de douleur.

- Arrête de t'apitoyer sur son sort ! T'es pas rien. T'es juste humain. Comme chacun d'entre nous. On est tous humains ici, et on fait le boulot quand même. On ne se cache pas sous notre lit sous prétexte qu'on n'a pas de supers pouvoirs. Alors oui, c'est dur, ça fait mal, et parfois on en crève, mais on le fait quand même !

- Je ne sais pas comment.

Castiel releva les yeux et les fixa dans ceux de son vis à vis. Ce que Dean y lu fit instantanément retomber sa colère. Son ami semblait si vulnérable, il lui demandait son aide, il était perdu lui aussi. Pas de la même façon que lui, pas pour les même raisons, mais tout aussi perdu. Dean soupira.

- Je vais t'aider Cass. On va s'aider mutuellement d'accord.

L'ancien ange était épuisé, il retomba sur le lit en gémissant. Dean lui releva la tête pour l'aider à boire son verre d'eau.

- Alors elles sont où, tes putain de pilules ?

OoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Voila mes amis. J'espère que ce petit chapitre vous a plu.

L'histoire n'a pas énormément avancé mais il fallait bien que nos deux amis se retrouvent et se redecouvrent.

On se retrouve la semaine prochaine si vous le voulez bien. Passez une bonne semaine. ;)