La liste des envies de Lisa
Chapitre 2 L'acteur l'ambulance et moi
By Louise Malone
Beta : Lyraparleor et Cullen15000
Bella PDV
Je n'en reviens toujours pas.
Mais comment en suis-je arrivée là?
En plus, j'ai peur en avion et là, je me paye plus de 20 heures de vol !
Tout est allé si vite que je n'ai pas eu le temps de comprendre ni de réfléchir et donc pas eu le temps de dire non.
Je suis certaine que la plupart des femmes seraient absolument ravies de faire ce que je m'apprête à faire. Moi… pas tellement...
Je suis en stage au Seattle Junior Tribune depuis un mois.
C'est sympa, l'ambiance est jeune, je m'y plais bien.
Le rédacteur dont je dépends, James, est un peu lourd sur la drague mais je lui ai raconté, l'air de rien, que mon père est shérif et ça l'a calmé...
Et puis, il y a deux semaines, pendant son jour de congé, la rédactrice en chef, Lisa, nous a amené son bébé au bureau.
Un adorable petit Raphaël de 7 mois, que nous avons tous pris dans nos bras pour le bisouiller. Une petite bouille de coquin, qui a bien rigolé avec nous en tous cas.
Le lendemain, Lisa n'est pas venue au travail. Elle nous a appelés à dix heures, catastrophée: elle sortait de chez le pédiatre, Raphaël avait la scarlatine…
En peu de temps, tout le bureau est tombé malade. James est hospitalisé tellement sa scarlatine est forte.
Je suis la seule à ne pas être malade: j'ai eu la scarlatine quand j'étais enfant.
J'ai passé plusieurs jours seule au bureau, à répondre au téléphone pour expliquer que mes collègues étaient tous hors service et puis, il y a deux jours, Lisa m'a appelée chez moi, pour me demander de la remplacer au pied levé.
Comment dire non à la maman d'un petit bébé aussi chou? En tout cas, moi, je n'ai pas trouvé.
Je les ai entendus parler de ce projet en réunion, bien entendu, et j'étais d'ailleurs bien contente de ne pas y participer.
Mais là...
Edward Cullen.
Oui, l'acteur. Oui, celui avec le bonnet vissé sur le crâne même quand il fait 43° à l'ombre (un jour, il va fondre). Oui celui avec les jeans qui tombent.
Cul à l'air, tête couverte, en quelque sorte...(n/Plume : HAHAHAHAHAHA Je vais mourir de riiiiire)
Bref.
Il était à Hong Kong pour je ne sais quelle raison et il a été arrêté pour excès de vitesse et en plus il était ivre.
En comparution immédiate son avocate a réussi à lui avoir du sursis. J'espère que cette femme est très bien payée.
Et cet idiot de Cullen a récidivé le soir même.
Encore plus ivre...
Là, il n'a pas coupé à une semaine de prison et il a aussi chopé trois mois de travaux d'intérêts généraux.
Mais le vrai souci, pour lui, c'est que bien entendu toute la presse s'est faite l'écho de ses déboires et que sa cote est en chute libre. Voire vertigineuse.
Sa participation au prochain film de Woody Allen est remise en cause.
Il a été écarté de la remise des prix du dernier Teen Awards.
Du coup, il essaye de se racheter une virginité.
Et, visiblement, le plan d'attaque de son attachée de presse (j'espère qu'elle est bien payée celle-là aussi) est de faire un mea culpa en forme de reportage sur ses travaux d'intérêts généraux.
Un reportage du journal pour lequel je bosse, qui a le double avantage de cibler la presse "jeune" et d'être basé à Seattle, la ville d'origine d'Edward Cullen
Il y a encore un pied-à-terre, pour ce que j'en sais.
Voilà pourquoi je me retrouve à voler vers Hong Kong, en classe affaire, assise entre deux hommes en costume cravate qui ont l'air de trouver mon décolleté à leur goût.
Aaaaahhhh...
Je suis enfin arrivée.
Il est 21 heures trente, il fait chaud et il pleut.
Youpi...
Je sens que ce reportage va être agréable, tiens.
Je dois passer trois jours sur place, en plus.
Essayons de voir les choses du bon côté: j'ai une chambre dans un super hôtel.
Non, le journal n'est pas riche mais c'est Edward Cullen lui-même qui paye. Quand je dis qu'il veut remonter sa cote...
Et puis, bon, je n'ai que 21 ans et demi et c'est quand même une expérience que je pourrai noter sur mon CV.
Il fait nuit, le taxi roule à vive allure dans les rues encombrées, cependant j'arrive à voir les grands immeubles et l'ambiance est très différente...
L'hôtel est majestueux mais je suis trop fatiguée pour réellement y faire attention. Je me laisse tomber sur mon lit et je dois faire appel à toute ma volonté pour ne pas m'endormir et aller prendre une douche.
J'ai à peine eu le temps d'enfiler mon pyjashort que le room service m'apporte une table roulante.
Je souris toute seule, et quand je veux donner un pourboire au serveur il me répond que c'est déjà fait.
Ah.
Je m'empresse de soulever les cloches qui protègent les assiettes.
Du poisson, du riz, une assiette de carpaccio d'ananas et de la mousse au chocolat…
Ça pourrait être pire ^^
Je trempe mon doigt dans la mousse au chocolat quand je remarque une enveloppe à mon nom, que je décachette immédiatement:
"Chère Mlle Swan,
Je suis hélas retenu ce soir par des impératifs professionnels mais j'espère que vous passerez une excellente soirée, ainsi qu'une nuit reposante. N'hésitez pas à demander tout ce que vous souhaitez au room service, vous êtes mon invitée. Je suis impatient de vous rencontrer demain matin. Comme vous le savez sans doute déjà nous avons rendez-vous dans le hall de l'hôtel à midi.
Bonne nuit,
Amicalement,
Edward Cullen."
C'est gentil. Il veut VRAIMENT se faire bien voir, mais bon, autant en profiter.
Je mange, puis je me couche.
Je suis épuisée et je m'endors en quelques secondes...
Je me réveille toute courbaturée vers 6 heures, décalage horaire oblige.
Je décide de me la jouer jet set et je commande un pichet de jus de fruits frais, une assiette de pancakes au sirop d'érable et des toasts avec du café au lait.
Puis je me lève, m'étire et commence à rédiger mon article.
"Edward Cullen, l'acteur bien connu qui fêtera prochainement ses 28 ans, a eu un comportement tout autant déplorable qu'inattendu, il y a deux mois, à Hong Kong.
Cette attitude est d'autant plus attristante que ce jeune acteur est particulièrement célèbre auprès d'un public jeune, qui voit en lui un modèle.
De manière tout à fait appropriée, M. Cullen a reçu une sanction exemplaire de la part des autorités de Hong Kong, en purgeant une peine de prison d'une semaine, il a également été condamné à effectuer 3 mois de travaux d'intérêts généraux en tant qu'auxiliaire ambulancier.
C'est dans ces conditions que je vais partager son quotidien, au cœur de cette ville immense, cosmopolite et bigarrée, au passé si présent malgré une modernité affichée."
Je décide de me faire couler un bain, que je parfume, après avoir longuement hésité devant la multitude des sels de bain, avec celui à la fraise.
Puis je sors pour trouver mon petit déjeuner posé sur le bureau.
C'est quand même la classe.
Je fais une petite sieste après mon petit déjeuner puis je commence à me préparer.
J'enfile un jean, un tee-shirt noir avec un panda dessus et mes baskets de toile kaki.
Je me fais une queue de cheval, me mets juste un peu de brillant à lèvres puis je prépare ma besace. Mon carnet de notes, plusieurs stylos, l'appareil photo que le journal m'a passé et que je ne suis pas certaine de bien maîtriser et un parapluie.
Voilà.
Je descends à 11 heures 25 et je regarde autour de moi.
Le hall est grand, mais il y a des canapés et des fauteuils et comme je suis légèrement en avance je me pose sur un fauteuil club.
Pas le genre d'être ponctuel, les stars hollywoodiennes, non?!
J'ai à peine posé mes fesses qu'une voix chaude et grave m'interpelle:
"Isabella Swan?"
"Oui"
Je lève la tête et rencontre une paire d'yeux verts.
Argh.
Il est quand même super super beau.
Et grand, bien plus que je ne le pensais. Et carré, et charismatique.
Je me reprends.
Boulot.
Je ne souris pas, mais lui si.
A côté de lui il y a une jolie femme d'une quarantaine d'année, qui me regarde comme si j'étais un super héros.
"Je suis Edward Cullen, et voici Nic, (n/nic : zut de zut de zut DCD) mon attachée de presse. Nous sommes ravis de vous rencontrer"
Je me suis levée et je leur serre la main.
Edward Cullen porte un pantalon bleu marine, un tee-shirt blanc avec un logo en chinois rouge et bleu, et une veste assortie au pantalon, avec des bandes réfléchissantes, et des chaussures style rangers. Ça lui donne un sacré style. Il est encore plus beau.
Il me reluque lui aussi, sans beaucoup de discrétion et je vois très nettement Nic lui donner un coup de coude dans les côtes. (n/Nic: jamais je ferais jamais ça ! Si ? Peut-être :)
Il se reprend et me tend un sac, que je prends, surprise, mais il m'explique:
"Vous devez porter la tenue réglementaire du service d'ambulance dont je fais partie.
Je ne réponds pas: à quoi je vais ressembler là-dedans?!
Mais Nic me rassure:
"Ne vous en faites pas, votre rédactrice en chef nous a donné votre taille et votre pointure"
Je souris comme je peux.
"Bon, je vais me changer"
Je leur laisse mon sac à dos et me change vite fait dans les toilettes.
Quand je ressors une autre jeune femme, qui tient un golden retriever en laisse, les a rejoints. Edward Cullen me présente:
"Voici Debby, mon avocate. Et ma chienne, Plume"
Je serre la main de Debby et veut me pencher pour caresser le chien, mais six mains m'en empêchent:
"Non non! Il ne vaut mieux pas, elle attend des chiots, ce qui la rend un peu hargneuse!"
Effectivement, elle me montre les dents! (n/Plume : je pleure de rire. Mais vraiment ! Faut que j'aille faire pipi mdr)
Bon, voilà qui me change de mon chat, le gentil Ronron!
Heureusement, Edward Cullen donne le coup d'envoi:
"Il est temps d'y aller Mlle Swan. Ou alors on peut s'appeler par nos prénoms?"
"Bien sûr, moi c'est Bella, en fait!"
"Mon frère adore me taquiner en me surnommant Eddy, mais je préfère Edward!"
Nous sortons et sa main sur mon épaule me fait quand même bizarre.
Combien de filles et de femmes seraient prêtes à me trucider pour prendre ma place?
Il y a en effet une ambulance garée sur l'emplacement réservé aux taxis, devant l'hôtel.
Une jeune femme et un homme plus âgés me saluent avec force courbettes. Ils parlent un anglais teinté d'un fort accent chinois et je les comprends mal.
Leurs prénoms sont compliqués, et je me promets de demander à Edward de me les écrire...
Nous montons tous les deux à l'arrière, tandis que les deux autres passent devant. Parfait. Je sors mon carnet de notes et interroge Edward:
"Avez-vous pu choisir votre affectation pour ces TIG?"
"Non. Les autorités ont estimé que je mettais la vie d'autrui en danger et qu'être ambulancier me serait bénéfique"
"Et qu'en pensez-vous?"
"Au début j'avais peur, du sang, de la maladie, de la mort mais en fait cette expérience est incroyable. Je sais que j'ai mûri et pris conscience de beaucoup de choses. Avant j'étais un ado attardé mais je suis devenu adulte grâce à ça. Je ne peux que reconnaître que j'en avais besoin !"
"Avez-vous suivi une formation particulière?"
"Oui, bien sûr. J'ai eu une formation théorique pendant deux semaines puis une semaine de stage en binôme avant d'être lâché dans le grand bain!"
"Avez-vous été confronté à des choses difficiles?"
"Oh oui. Plusieurs décès, toujours des personnes âgées, et des blessures impressionnantes. Je vais vous faire une confidence: la première jambe avec fracture ouverte que j'ai vue, je devais me répéter que ce n'était pas du maquillage!"
Nous rions ensemble, mais bientôt la vitre nous séparant des places avant s'ouvre et l'homme nous prévient que nous allons sur les lieux d'une intervention. La victime serait un homme de 54 ans avec des douleurs à la poitrine.
Edward se tourne vers moi, l'air grave et concentré:
"Ecoute Bella, tu restes derrière moi, tu n'interviens pas, tu es discrète si tu prends des photos, d'accord?"
"Bien sûr"
"Si tu sens que tu vas t'évanouir tu t'assois tout de suite, je ne pourrais pas m'occuper de toi, OK?"
"Non mais ça va aller, j'ai mon brevet de secouriste!" Il secoue la tête comme si j'avais dit une bonne blague:
"Il y a une grande différence entre la théorie et la pratique, tu vas voir"
Je vois.
Réfugiée derrière le viseur de mon appareil photo, j'observe Edward prendre la tension de l'homme, qui est en sueur et est très agité.
Le co-équipier d'Edward parle en chinois dans son téléphone, sans doute en liaison avec un médecin de l'hôpital.
La jeune femme ausculte l'homme, et je comprends vite que c'est elle, le médecin.
Puis ils chargent l'homme sur le brancard et on monte tous dans l'ambulance.
Edward prend régulièrement la tension du monsieur, tandis que le médecin lui pose un masque à oxygène et lui parle.
Edward m'explique, tandis que les cahots de l'ambulance me projettent sur lui:
"Il est en train de faire un infarctus du myocarde, on l'amène aux urgences"
Je me fais toute petite dans mon coin, assez impressionnée, je l'avoue.
Je tâche de me recentrer sur pourquoi je suis là: écrire un article sur Edward Cullen et ses TIG.
Il assure, je peux le dire. Il est concentré, professionnel, bien que ce ne soit pas son métier.
Moi qui imaginais un homme abusant de sa beauté, se comportant en star dans l'ambulance, laissant les autres travailler tandis qu'il joue sur son téléphone, ben je me suis bien plantée.
Il n'a rien à voir avec ce portrait, ni avec les faits qui lui ont valu cette condamnation. Il a peut-être bien évolué, en effet...
Ensuite on prend en charge un homme âgé tombé dans ses escaliers. Sans doute une fracture du col du fémur. Edward lui tient la main tout le long du chemin.
Puis un adolescent tombé de scooter, qui a des écorchures partout, surtout sur la jambe et le bras droit. Il crie de douleur et Edward aide le médecin qui le perfuse. Les cris me tordent les tripes, et ça fait visiblement cet effet-là à Edward aussi: son front est couvert de sueur même si il demeure en apparence calme.
Puis un SDF ivre.
Après celui-là l'odeur dans l'ambulance est tellement forte qu'on doit l'aérer un bon moment et Edward pulvérise du désodorisant médical en se bouchant le nez.
Puis on a 20 minutes de pause et Edward partage son sandwich avec moi, parce que je n'ai rien prévu, tandis que nos deux compagnons avalent une espèce de salade d'algues.
On n'a pas pu beaucoup parler à cause du rythme un peu infernal, et là, j'avoue que je suis sonnée, mais Edward me pose des questions:
"Tu travailles depuis longtemps au Seattle Junior Tribune?"
"Je n'y travaille pas, je suis stagiaire"
"Hein? Ta rédac chef a dit à Nic qu'elle nous envoyait son meilleur reporter!"
Je vais étrangler Lisa. Lentement. Et puis après j'adopterai Raphael!
Mais en attendant je rougis:
"Bah en fait ils sont tous malades! Il ne restait que moi!"
Je lui raconte l'histoire de la scarlatine et il est mort de rire.
"Je te trouvais bien jeune aussi, pour être une journaliste aguerrie!"
"J'ai bientôt 22 ans"
"Quand?"
"Le 13 septembre"
Il me sourit en me détaillant de la tête aux pieds.
"Alors on est tous les deux dans le même bateau: on doit faire face alors qu'on n'est pas des professionnels. Tu t'en tires bien, je n'aurais jamais deviné que tu étais encore stagiaire. Mais bon je dois avouer que je te trouve tellement mignonne que je ne suis sans doute pas totalement objectif."
Je me sens rougir encore plus. Il me drague là, non?
Mais ça m'énerve. Il est prêt à tout pour un bon papier ou quoi?
Alors, d'une voix un peu sèche je lui mets les points sur les i:
"Ne t'en fais pas pour l'article. Ma rédac chef le réécrira sans doute"
Il me sourit:
"Je me moque totalement de l'article. C'est Nic et Debby qui ont insisté pour faire un plan com'. Elles se préoccupent plus de ma carrière que moi. Je les adore, elles me maternent. (n/Nic : oui et alors ? )Mais je veux être engagé pour mon talent d'acteur, pas pour ma réputation ou le nom de mes amis. Et pour ce qui est de ton article je veillerai personnellement à ce que personne ne change une ligne de ce que tu auras écrit"
Ah.
Je ne sais pas trop quoi répondre. J'ai un peu le sentiment d'être Clarice Starling face à Hannibal Lecter.
Il est charmant, manipulateur, et pourtant il a les accents de la sincérité.
Encore une intervention pour nous. La dernière de la journée sans doute, vu qu'il est 19 heures 15 et que le service d'Edward se termine à 20 heures ce soir.
C'est une petite fille d'environ 5 ans, qui est tombée de vélo.
Sa mère est là, elle la réconforte mais elle ne peut pas monter avec elle dans l'ambulance: elle a aussi deux bébés jumeaux.
La petite, qui a sans doute un bras cassé, hurle quand nous refermons les portes.
Le médecin lui parle et tente de l'apaiser, mais Edward installe la fillette sur ses genoux, me tend une torche qu'il me recommande de tenir dans une certaine position et commence un spectacle d'ombres chinoises pour la petite fille, qui cesse de pleurer et rit même, quand Edward fait un ours dont il imite la grosse voix.
Le médecin rit aussi et peut poser une attelle à la petite fille.
Et c'est là que ça arrive.
Je deviens fan. Il me plait, il est beau, gentil et tellement différent de ce à quoi je m'attendais...
Quand nous avons déposé la petite fille à l'hôpital nous allons à la caserne de l'entreprise d'ambulances et nous quittons Shou Hsing, le conducteur, et Xin Quin, le médecin (oui j'ai enfin retenu leurs noms).
Nous nous retrouvons dans la rue, avec une circulation de dingue, et je cligne des yeux. Mais Edward a déjà hélé un taxi, qui nous ramène à l'hôtel.
Visiblement Edward y a sa chambre aussi.
Il me sourit:
"Que dirais-tu de prendre une bonne douche puis d'aller manger un morceau et ensuite de boire un verre dans un bar à chats?"
Je retiens mon rire. Un bar à chats?!
Mais j'accepte.
Je me lave et passe les mêmes fringues que ce matin.
Je termine à peine de démêler mes cheveux qu'on frappe à ma porte. Edward est déjà prêt.
Cette fois il se ressemble plus à lui-même, du moins à l'idée que je me faisais de lui, avec son jean laissant apercevoir un boxer noir, et un bonnet sur le crane, alors qu'il est en tee-shirt.
"Tu n'as pas chaud avec ce bonnet?"
"Un peu, mais c'est pour cacher mes cheveux, ils sont trop facilement reconnaissables"
Je n'ose pas lui dire que justement son bonnet le rend identifiable à des mètres à la ronde...Nous sortons de l'hôtel et un taxi nous dépose devant le Tim's kitchen. Ouahouh!
C'est carrément un des meilleurs restos de Hong Kong. Et nous, en jeans...
Mais tout se passe bien.
On discute de plein de trucs durant le repas, de mes études, de littérature, et même de cuisine. C'est simple, naturel. A plusieurs reprises on rigole comme des baleines.
Puis on va au fameux bar à chats.
C'est un salon de thé classique, en fait, mais avec une vingtaine de placides matous en surcharge pondérale flagrante qui dorment et se baladent dans le bar. A peine assis, deux chats viennent s'installer sur nous sans façons.
Nous commandons un thé pour moi, une bière pour Edward et deux soucoupes de lait, devinez pour qui?!
Nous passons à nouveau un excellent moment et quand nous rentrons à l'hôtel, à plus d'une heure du matin, je suis épuisée mais heureuse. Edward me raccompagne jusqu'à ma chambre, me fait un bisou sur la joue et on projette de se retrouver le lendemain à 10 heures, pour aller se promener, puisque les horaires d'Edward sont de 16 heures à minuit.
Je laisse tomber mes notes, me brosse les dents et file au lit.
Demain sera un autre jour.
J'ai programmé mon réveil pour 9 heures 15 et quand il sonne je sens un grand sourire naître sur mes lèvres. Finalement ce séjour est génial!
Je m'habille rapidement, vu la chaleur j'enfile un short en jean, un débardeur gris foncé et mes baskets de toile noires.
Je me fais une queue de cheval haute, et me passe de maquillage, qui ne résisterait pas à la chaleur humide de Hong Kong.
Quand j'ouvre la porte de ma chambre, avec 10 minutes d'avance, Edward est déjà là, à m'attendre devant ma porte.
Ce gars ne dort jamais ou quoi?!
Il porte un jean et un tee-shirt gris, ce qui fait que nous sommes assortis.
Ses yeux se posent sur mes jambes et remontent lentement le long de mon corps, détaillant mes cuisses, mon ventre, et je rougis quand il fait une œillade inconsciente mais appréciative en regardant ma poitrine. Il rougit à son tour quand il arrive à mon visage et que nos yeux se rencontrent. Il se racle la gorge:
"Tu as bien dormi?"
"Oui, parfait, et toi?"
"Super aussi"
"Bon, on va où alors?"
"On peut aller au bord de mer, si tu veux?"
"Oh génial!"
"T'es pas difficile comme fille!"
Ça sonne comme un vrai compliment dans sa bouche et je souris:
"Je n'aime pas me prendre la tête en effet!"
Sa bouche se tord en un sourire en coin qui fait accélérer mon petit cœur:
"Ça tombe bien, moi non plus!"
Nous sautons dans un taxi qui nous dépose sur le front de mer. On se ballade, nous mêlant aux autres touristes. La casquette de base-ball et les lunettes de soleil d'Edward le rendent anonyme. Mais je vois bien qu'il fait attention, regardant autour de lui avec attention. Nous passons par l'avenue des stars et devant le musée de l'espace.
"Bella, si tu veux on peut venir le visiter demain, là on n'a pas le temps"
"Oh, oui, j'adorerais!"
Il nous achète une glace chacun, en forme de fusée spatiale puis il est temps de rentrer. En retournant à la station de taxis, la foule devient compacte et Edward prend ma main dans la sienne pour éviter d'être séparés. Mais même une fois dans le taxi il ne lâche pas mes doigts, son pouce caressant doucement la paume de ma main. Ni lui ni moi ne disons rien, savourant le moment, tout en regardant par la fenêtre.
Une fois à l'hôtel nous n'avons que le temps de nous changer avant de reprendre un taxi qui nous amène à la caserne d'ambulances.
La fin d'après-midi se passe un peu comme hier: beaucoup de malaises dus à la chaleur, des touristes épuisés, un adolescent qui a trouvé malin de descendre les escaliers en skate: il a sans doute des côtes cassées mais s'en tire bien vu les circonstances.
Mais, quand, à 20 heures le médecin s'en va, je vois Edward se tendre.
Il m'explique, visiblement anxieux:
"Pour des raisons économiques il n'y a de médecins dans les ambulances que de 8 heures à 20 heures. Je n'aime pas travailler jusqu'à minuit à cause de ça."
Tu m'étonnes. A sa place je flipperais grave!
On prend en charge un ivrogne, un homme qui a des douleurs thoraciques et puis on est appelé sur les lieux d'un accident.
Tout de suite je comprends que ça ne va pas être comme d'habitude.
Il y a un certain chaos, l'accident entre une voiture et un scooter a eu lieu sur une artère à quatre voies très fréquentée et il y a des policiers et des pompiers.
Le conducteur de la voiture est indemne mais le pilote du scooter est allongé, inerte. Ses jambes et un de ses bras sont visiblement brisés.
Il porte son casque, que deux pompiers enlèvent, et Edward et le conducteur s'approchent de lui.
Quand je vois Edward fixer des électrodes sur la poitrine de l'homme je ferme les yeux.
Mon cœur bat à tout rompre et je n'ai pas le sentiment que tout ceci est réel. C'est un mauvais rêve et je vais me réveiller...
Quand j'ouvre à nouveau les yeux, l'homme est couché sur un brancard et Edward le recouvre d'un drap blanc.
Ils le chargent dans l'ambulance et je monte, horrifiée.
Edward m'explique, tandis que l'ambulance avance, pour une fois sans la sirène:
"On le transporte à la morgue de l'hôpital, c'est la loi ici"
Il chuchote, et je me sens mal. Je n'avais jamais vu de morts à ce jour.
Edward voit que je suis mal et il vient s'asseoir à côté de moi, me prend la main puis m'attire vers lui, me serrant fort pour me réconforter.
C'est alors que l'indicible se produit: le drap se met à bouger et un gémissement aigu s'élève.
Edward devient tout blanc et bondit sur l'homme, tandis que je lutte contre la crise de nerfs.
Il est vivant...
Edward frappe frénétiquement à la vitre de séparation et hurle au conducteur de foncer aux urgences: le mort est vivant...
C'est somme toute une bonne nouvelle mais heureusement que je ne suis pas cardiaque.
Edward lui met de l'oxygène et lui prend la tension, n'étant sans doute pas capable de faire plus.
Un staff de médecins nous attend devant la porte des urgences et je suis soulagée, bien qu'encore sous le choc, quand l'homme est pris en charge.
Nous repartons, et Edward craque. Il se laisse glisser sur le sol de l'ambulance, blanc comme un linge:
"Je le crois pas... Le tracé de l'électro était plat...Je te jure qu'il l'était! Je l'ai enregistré, heureusement!"
"Je te crois. Décompresse, ce n'est pas ta faute, tu n'es pas médecin..."
Il approuve de la tête mais se tord les mains.
De retour à la caserne d'ambulances, le conducteur explique à leur chef ce qui s'est passé et celui-ci rassure Edward, et nous fait signe de partir.
Nous prenons encore un taxi pour retourner à l'hôtel et à peine assis Edward m'enlace. Je suis gênée, et je lui demande si on aura des nouvelles de l'homme.
"Non, je ne pense pas. C'est le métier qui veut ça. C'est le plus dur je pense"
Le taxi file dans les rues, et si je me calme un peu je suis bien sûr encore bouleversée...
Quand on arrive à l'hôtel Edward ne lâche pas ma main pour traverser le hall, prendre le couloir et emprunter l'ascenseur.
On ne s'arrête pas à mon étage, et je ne dis rien.
Il m'entraîne dans le couloir et ouvre une porte, sur ce qui est évidemment sa chambre.
Ou plutôt sa suite.
Une fois la porte refermée, il me prend dans ses bras, toujours sans un mot et nous nous embrassons d'un même mouvement.
Je crois que nous en avons tous les deux très envie, et les émotions que nous venons de vivre nous rendent impatients.
Frénétiques même.
Sa langue caresse la mienne tandis que ses mains me retirent la lourde veste d'uniforme.
Je tire sur le sienne et avant de soulever mon tee-shirt il quitte mes lèvres un instant:
"Tu veux bien?"
Je fais signe que oui, impatiente de continuer.
"Je ne fais pas ça pour l'article mais parce que tu me plais!"
"Moi aussi"
Nous n'avons pas besoin d'en savoir davantage. Une fois nus nous prenons une douche ensemble pour nous purger des souvenirs et des odeurs.
Puis, enlacés, nos lèvres ne se quittant pas, nous roulons sur le lit.
Il explore mon corps de ses mains, de sa bouche et je lui rends la pareille. Puis nous nous fondons l'un dans l'autre, uniquement séparés par la petite protection de plastique.
Nos corps se meuvent en parfaite harmonie, s'imbriquant l'un dans l'autre, le plaisir naissant et mourant dans nos ventres à plusieurs reprises.
Vers cinq heures du matin, juste avant de céder au sommeil, Edward me murmure, en caressant mes cheveux, tandis que les poils de sa poitrine sur laquelle je suis allongée me chatouillent le nez:
"Quand je pense que Nic et Debby m'ont seriné des dizaines de fois d'être gentil avec toi..." (n/ Nic : c'est à ce moment qu'il pense à nous ?)
"Mais tu es gentil!"
"Ouais. Elles voulaient que je sois un gentleman aussi!"
Nous rions ensemble, et je m'endors couchée sur lui, repue de plaisir.
Je me réveille seule dans le grand lit.
Je retrouve mon portable, il est plus de 14 heures.
Je suis désorientée. Mais mon regard tombe sur un mot posé sur l'oreiller:
"Ma belle, tu dors trop bien je n'ai pas le cœur de te réveiller. Je vais bosser. Repose toi bien, j'ai bien l'intention de profiter de ton merveilleux corps en rentrant tout à l'heure. Je reviens vers 18 heures. Commande ce que tu veux au room service mais un conseil: mange bien, prends des forces! Love XOXOXO Edward"
Je repars demain.
Pas envie.
Ma gorge se serre, mon cœur aussi.
Je ne dois pas penser à ça.
J'hésite entre commencer par la douche ou le petit déjeuner quand le téléphone sonne. Je ne décroche pas mais il sonne encore, et encore. Je finis par me décider à répondre: c'est Edward.
"Ca va ma puce?"
"Oui, un peu courbaturée mais ça va! Et toi?"
"Super. J'ai un sourire de débile tellement je suis bien et content. Je te saute dessus dès que je rentre tu es prévenue!"
"On n'ira pas visiter le musée de l'espace alors?"
"Oh non! Mais on pourra revenir!"
"Ok"
Je ne sais pas quoi lui dire. Il a l'air de vouloir me revoir...Mais bon, il ne le fera sûrement pas. Autant profiter du moment présent.
"Bella je dois raccrocher on repart!"
"Sois prudent!"
Je prends une douche, puis commande du café et un repas complet, vu l'heure, puis travaille à mon article.
Je le rédige sans peine, insistant sur les conditions de travail difficiles voire dangereuses des ambulanciers, et de la prise de conscience d'Edward.
Ce qui n'est que la vérité.
Edward arrive un peu en avance et à peine a-t-il franchi la porte qu'il pique un sprint et se jette sur moi, m'attrapant, me balançant sur son épaule et nous précipitant sur le lit.
Je crie et je ris mais très vite je ne fais plus que crier: je ne sais pas où il a apprit ça mais Edward m'administre une cunni incroyable.
La nuit est trop courte, bien qu'on ne dorme pas un instant.
On parle, on rit et on fait l'amour plusieurs fois.
Ce n'est qu'au dernier moment qu'on discute de ce qui va se passer. Mon avion décolle à 9 heures, je dois partir à 6 heures et demi, Edward commence à 7 heures, il ne peut donc pas m'accompagner.
On échange nos numéros de portables, nos adresses mails.
Edward me jure venir me voir dès son retour à Seattle. Je n'y crois pas un instant mais je ne vais pas gâcher nos derniers instants ensemble. Je lui donne l'article sur une clé USB et il me jure que c'est ce qui paraîtra.
Quand je descends dans le hall je me retrouve nez à nez avec Nic et Debby, et je comprends qu'elles vont m'amener à l'aéroport.
Elles ne savent visiblement pas, pour Edward et moi, et tout le long du trajet elles me chantent les louanges d'Edward, espérant sans doute influencer mon article en bien.
Nic me sourit tout en m'expliquant :
"Il est amusant, et joueur, mais c'est un cœur d'or!"
Il a une langue en or aussi, tu sais...
Debby en rajoute une couche:
"Oui, il est très généreux, même si encore un peu immature!"
Nic approuve vigoureusement et je me contente de leur sourire.
Elles veulent ma place ou quoi?!
6 semaines plus tard.
Bien sûr on a parlé au téléphone et par skype tous les jours.
Bien sûr on a eu du sexe par téléphone et par webcam.
Bien sûr je suis tombée amoureuse de lui, de plus en plus profondément.
Bien sûr il me disait que lui aussi.
Mais le serrer dans mes bras, alors qu'il est de retour pour de bon, et que je suis la première personne qu'il est venu voir à sa descente d'avion, c'est quand même magique...
Je n'ai pas pu aller le chercher à l'aéroport à cause des paparazzi et il a du semer Nic et Debby alias les pots de colle, par contre il a amené Plume, qui est en ce moment même dans la cuisine, en tête à tête avec le plus gros os à moelle que j'ai pu acheter chez le boucher.
Et moi je retrouve mon amoureux, que je ne vois plus comme un acteur à la mode mais comme un ambulancier au grand cœur.
FIN!
Ndla: L'histoire du mort ressuscité dans l'ambulance est VRAIE, j'ai vu ça dans un reportage TV, il y a quelques années, un acteur d'une série TV locale (il me semble que c'était à Hong Kong) faisait des heures de bénévolat en tant qu'ambulancier, c'était en rapport avec sa religion, il devait faire quelque chose pour les autres, et il ramassait un accidenté, constatait son décès mais le "mort" se réveillait dans l'ambulance, je vous dis pas la tête de l'acteur! ^_^
THE END
A suivre
Hello les filles ..Louise M comme d'hab m'a épatée. Bon je suis l'attachée de Presse d'EDWARD CULLEN alors respect hein ?
Kiss Lisa
Nic
