Un grand merci à mon super béta pour la relecture.
Bonne lecture :D
Chapitre 2 -Elegantly Wasted
(Fichu Avec Élégance)
BPOV
"A quoi diable pensait cette styliste quand elle faisait les magasins pour acheter cette merde ?" jura Rosalie alors qu'elle faisait voler des vêtements hors de mon placard. "Tout est horrible."
"Bien, ce n'est pas seulement moi. Je n'arrivais pas à mettre un peu de sens dans tous ces vêtements." Je m'allongeais sur le lit et regardais Rosalie travailler. Elle était déjà habillée, d'une robe rouge de soie en jersey qui collait à chaque courbe voluptueuse qu'elle avait. Ses cheveux blonds étaient bouclés et dansaient gentiment autour de ses épaules, atteignant le milieu de son dos. Elle était vraiment une déesse. Il n'y avait personne d'autre comme elle. Il était 22h, mais Rose avait juré que nous étions dans les temps, et que personne qui était 'quelqu'un' ne serait là plus tôt.
Finalement, elle revint à la surface avec une robe de soie noire dos nu. "Au moins, elle est noire. Tu peux faire beaucoup de chose avec du noir. On fera tout ça avec les bijoux et les chaussures." Je n'avais encore jamais porté cette robe. Je me glissais dedans et Rose noua les liens dans mon dos. Le décolleté était modeste devant, remontant jusqu'au bas de ma gorge. Mais elle tombait complètement dans le dos, le laissant nu juste au-dessus de mes fesses. Je me sentais ridiculement exposée, mais Rose insistait qu'elle était parfaite.
"Rose, je ne peux pas porter un soutien-gorge avec ça," me plaignis-je. Ce n'était pas comme si mes filles étaient particulièrement volumineuses, mais la robe était soyeuse et fine. Si j'avais un coup de froid, ma… situation… serait douloureusement évidente sous le fin tissu.
"Pansements adhésifs," dit Rose résolument. Et ça ne loupa pas, avec deux pansements adhésifs stratégiquement placés, tout resta lisse sur le devant.
Elle dénicha une paire de talons hauts à lanière de couleur étain de mon placard que je n'avais jamais mise non plus.
"Rose, tu sais que je ne mets pas de talons. Je vais me tuer."
"Tu ne mets pas de talons sur scène, ce qui est différent. Mais pour quelque chose comme ça, tout ce que tu as à faire c'est te tenir là. Tu peux y arriver. Tu es une star maintenant. Tu dois trouver le truc avec les talons. Et si tu es vraiment inquiète, j'assignerai Jasper pour te surveiller et te tenir toute la nuit."
Elle trouva de longues boucles d'oreilles en argent sombre brillantes qui allaient en quelque sorte avec les chaussures, alors je les mis aussi. Rose frisa mes cheveux en de larges boucles et les laissa cascader dans mon dos. Ils m'arrivaient à la moitié du dos maintenant je ne les avais pas coupés depuis des années. J'avais pensé les raccourcir, mais Aro trouvait que la longueur me donnait un air plus gentil, ce qui était bien sûr, bon pour mon image. Rose appliqua du fard à paupières gris et une touche de gloss brillant rose pâle.
Rose me fit tourner devant elle, ce que je réussi à faire dans mes chaussures stupides avec seulement une petite oscillation. J'étais fière de moi. Elle se déclara elle-même satisfaite et on appela la voiture qui était prévue pour nous prendre. Elle nous attendait à l'entrée de la rue bien évidemment on n'attendait jamais longtemps, et en quelques minutes on était en direction de Geisha. Aro avait dit qu'il s'agissait d'une place à sushi super sympa et d'un bar à Hollywood. Jasper et Emmett étaient supposés nous retrouver là-bas, mais que je vis le tas de voitures et de personnes dans leurs vêtements chics trainant devant la corde de velours, je me demandai comment on allait les trouver dans ce bordel.
Je sortis en première et puis Rose se glissa en dehors de la voiture.
Elle lia son bras avec le mien et le pressa un peu pour me rassurer alors qu'un mur de flashs explosa dans nos visages. La partie la plus bizarre c'était quand ils appelaient nos noms et nous parlaient comme s'ils nous connaissaient. Dans le passé, si quelqu'un à Seattle avait dit "Hey, Bella ! Par là ! Comment vas-tu ?" c'était forcément quelqu'un que je connaissais. Maintenant c'était juste un gars avec un appareil photo essayant d'avoir une photo décente. Il fallait simplement sourire et bloquer tout le reste. Rose était putain de naturel à ça. Elle garda son bras droit lié au mien et mis sa main gauche sur sa hanche. Elle avait cette façon de placer ses pieds, un pied légèrement devant l'autre et ses orteils en avant, qui rendaient ces jambes absolument magnifiques. Elle semblait faire cette pause automatiquement dès qu'elle voyait un appareil photo. Elle secoua ses cheveux le long de son dos et sourit.
On se tint là un moment, dans le barrage aveuglant des flashs jusqu'à ce que Rose décide qu'on leur avait assez donné. Elle envoya un texto à Emmett pour voir où ils étaient. A l'intérieur dans le fond du bar fut la réponse. On avança jusqu'à la ligne de la corde de velours. Pour nous, elle fut levée avec un sourire et on fut escorté à l'intérieur. A plus, les bonnes poires dans la queue .
Il faisait noir, il y a avait du monde et c'était vraiment bruyant à l'intérieur. Je me préparai à être misérable et me demandai pendant combien de temps je devrais raisonnablement supporter cela. On se battit pour cheminer dans la foule, ce qui n'était pas si grave quand Rosalie était en tête. Les océans s'ouvraient en deux pour elle. Elle regardait dédaigneusement d'un côté à l'autre, ne rencontrant pas les regards et ne montrant aucune attention à personne. Elle aimait ce rôle, réalisais-je. C'était comme si elle était née pour ça. Pour ce truc de gloire quasiment dingue, et parfois vraiment chiant, mais voir Rose ici maintenant, je ne pouvais pas l'imaginer passer sa vie entière dans l'obscurité avec nous à Forks ou même la semi-obscurité à Seattle. Ça, c'était depuis toujours sa destinée.
Finalement, on repéra Jasper et Emmett au bar, penchés nonchalamment contre ce dernier, entourés d'une foule de filles au trois-quarts dévêtues qui leur parlaient. Il y avait beaucoup de gloussement, de cheveux jetés en arrière et de battement de cils. Je n'arrivai pas à croire la façon dont les filles étaient habillées ici. Si quelqu'un mettait ça à Forks, tout monde aurait supposé qu'elles prétendaient déguisées en prostituée pour Halloween. Mais ici, c'était juste ce que les filles portaient pour aller en boîte. Et elles étaient toutes belles, mais des plus vulgaires. Ils devaient corser l'eau de LA ou autre. Je fis un signe vers les groupies à Rose et levai les yeux au ciel et elle rit. Emmett, étant beaucoup plus grand que toutes les personnes autour de lui, nous remarqua marcher vers eux et poussa sur le côté plusieurs des filles presque nues comme des feuilles de papier et fit un chemin pour nous.
"Ce sont nos dames !" dit-il d'une voix puissante. Les visages du harem tombèrent quand elles enregistrèrent notre arrivée. Reculez, putes. On est tout aussi fameuses que ces deux andouilles.
Jasper et Em firent un peu de place entre eux pour nous, pour qu'on ne soit pas bousculées et Jasper leva un doigt pour faire venir le barman vers nous. Il était là en un instant. Je repensai à toutes ces nuits qu'on avait passé à jouer dans les bars de Seattle, passant la foutu pause toute entière à essayer d'obtenir l'attention du foutu barman, Rose posant ses seins sur le bar en signe de désespoir quand tout le reste échouait. On dirait bien qu'on allait plus attendre pour les boissons, pensai-je piteusement.
Le harem fut, au bout d'un moment, infiltré par quelques jeunes gars branchés, cherchant à se rapprocher de Rose et moi. Pour l'instant, la décision avait été faite de cacher la relation de Rosalie et Emmett. Une idole sexuelle qui était pratiquement mariée n'était pas tout aussi sexy, après tout. Alors Emmett gardait ses mains loin de Rosalie au bar. Je croyais qu'il aurait un problème à regarder les mecs la draguer, mais étonnamment, avec Rose enveloppée dans son distant rôle d'icône sexuelle, elle les repoussait tous sans un mot. Elle gardait son menton levé, ses yeux concentrés au loin, elle répondait aux questions avec de brèves réponses et ne souriait jamais. Elle donnait l'impression d'être si exotique et intouchable que les gars n'essayaient même pas. Comme Aro l'avait prédit, ils vinrent vers moi avec entrain à la place. J'étais la fille douce, souriante et réelle.
Jasper et Emmett semblaient s'amuser comme des fous à me regarder répondre aux pathétiques soupirants l'un après l'autre. J'aurai simplement dû les repousser comme Rose, mais je suppose que j'étais trop polie. J'avais l'impression de devoir répondre à toutes les conversations ennuyeuses et idiotes, malgré mon peu d'intérêt. C'était épuisant. Et j'en avais assez. Je me faufilai finalement pour échapper aux 3 autres et partis à la recherche des toilettes. Je gardai les yeux baissés pour décourager toute personne de m'approcher.
Je trouvai finalement les toilettes, placé à la fin d'un sombre petit couloir (pourquoi devaient-ils toujours les cacher ?) et après une rapide visite, je sentis que je pouvais en supporter encore un peu. Alors, peut-être que je pourrais rentrer à la maison. Alors que je quittais les toilettes, je remarquais un plus petit bar derrière dans le coin. J'avais besoin d'un autre verre. C'était bondé, mais j'espérais que ma nouvelle célébrité me dégagerait un espace.
Cela ne marchait pas. Je faisais face à un mur de grands dos masculins entourant le bar et je pouvais me glisser nulle part.
Je regardais le bar de chaque côté espérant voir une faille quand une voix incroyable, près de mon oreille, murmura, "Je peux t'apporter quelque chose ?"
J'avalai un petit cri de surprise et essayai de ne pas penser au frisson que je sentais à sa chaude haleine dans mon cou.
"Oh, j'essayai d'arriver jusqu'au bar," riais-je en haletant.
"Là, laisse-moi, " dit-il, donnant un cou d'épaule à un gars de deux fois sa taille, et il n'était pas petit. Le gars commença à se défendre, et puis aperçu son visage et se recula, nous faisant de la place. Je me glissai à côté de lui et réalisai qu'il devait être "quelqu'un" pour avoir ce genre de réaction.
Il me regarda et sourit curieusement. "Quoi ?"
"Je te connais ?" lâchai-je. "Tu sembles familier… "
"Je ne pense pas. Je suis James."
"Hey James, ravie de te rencontrer. Je suis…"
"Tu es Bella Swan, d'Éclipse." Il me fit un grand sourire.
"Ah, oui. C'est moi," répondis-je, rougissant légèrement, comme à chaque fois que j'étais reconnue. Puis la façon dont il pencha sa tête sur le côté et fronça ses yeux un peu alors qu'il me regardait me fit rassembler les pièces du puzzle. ''Oh ! Tu es ce gars ! De ce film !"
Il rejeta sa tête en arrière et rit. "Oui, je suis ce gars de ce film. Je me demande si c'est comme ça que je suis listé dans l'Internet Movie Data Base ?"
"Désolée, je ne t'avais pas reconnu. Tes cheveux sont différents…"
"Ils étaient long dans le film, faux. Ça c'est moi," dit-il, pointant ses courts cheveux blond, artistiquement ébouriffé au sommet.
"Oh… bien sûr. Je suis une idiote. Je ne suis toujours pas habitué à vivre à LA. Si je vois quelqu'un qui semble familier, je suppose simplement que je le connais, ou que je l'ai déjà vu avant. L'idée ne m'ait pas venu à l'esprit que c'est LA et qu'il y a des acteurs ici et si quelqu'un semble familier c'est probablement juste parce que je l'ai vu à la TV… et je devrai peut-être arrêter de radoter maintenant."
"Tu ne radotes pas. Tu es délicieuse," dit-il doucement, baissant le son de sa voix et se penchant plus près de moi.
Ça me faisait me sentir légèrement mal à l'aise, et j'étais sur le point de me reculer quand une autre voix nous interrompit, celle-ci était si grave, soyeuse et riche que je sentis mes genoux se liquéfier juste à ce son.
"Alors c'est ce qui t'a retenu, James."
Je me tournai pour regarder le plus beau visage que j'ai jamais vu. Et je l'avais déjà vu avant.
EPOV
Putain de soirée de lancement d'album. Toutes ces stupides soirées de LA pour la pub sont nulles, mais les lancements d'album sont les pires. La tempête parfaite d'acteurs avides et pop star égocentriques. Chacun de leur côté c'était déjà pas terrible. Mais mélangés ensemble, ils te donnaient l'envie de t'ouvrir tes putains de poignets. Et Taylor Swift ? Putain, qu'est-ce que je faisais là ? C'est vrai. Pas mon idée. James voulait qu'on se retrouve ici. Aucun doute qu'il avait ses yeux fixés sur un jeune morceau de viande fraiche et qu'elle était quelque part ici.
Je balayais la foule une fois encore pour le trouver, sans succès. C'était difficile de regarder trop attentivement tout en évitant en même temps contact visuel avec tous les autres dans la salle. Mais je n'étais sérieusement pas d'humeur. J'avais l'impression que chaque personne dans cet endroit cherchait une ouverture, essayant de s'approcher de moi, de trouver un moyen pour commencer à me parler. Et j'étais seul, la main serrée autour d'un verre. C'était mauvais. Quand tu étais aussi célèbre que moi, les gens trouvaient que c'était étrange de te voir seul. Les gens célèbres voyagent en groupe, apparemment. Très bientôt, les gens vont penser que j'avais besoin de compagnie, et ce n'était certainement pas le cas. J'en ai rien à faire à quel point tu aimais ma dernière photo, je ne voulais pas me tenir dans ce noir et bruyant paradis branché et t'écouter parler de ton nouveau projet brillant avec le rôle dans lequel tu étais sûr que je serais parfait.
Peut-être que je devrais simplement laisser tomber. Aller marcher, ou conduire. Ou retourner dans ma putain de maison et regarder la télé. Ne serait-ce pas original ? Trainer avec James était sans doute une mauvaise idée. Le genre de problème 'bourré, drogué, sexe avec des étrangers'. Et ce genre d'ennuis n'était pas ce dont je n'avais pas plus besoin à ce moment particulier de ma vie. Je fis passer une main à travers mes cheveux complètement ébouriffés et but une nouvelle grande gorgée de ma bière. Comment diable avais-je fini là ? Non seulement ici à cette putain de soirée pour Taylor Swift, mais ici, à ce point dans ma vie ? Ça avait bien commencé, et ça semblait aller si bien. Et je ne sais comment, tout ça s'éloigna de moi.
J'ai fais du théâtre à la fac, et en suis tombé amoureux. J'avais reçu assez de commentaires positifs de mes professeurs que je sentais l'envie d'essayer. Juste un an, pour voir si je pouvais réussir. Et si rien n'arrivait, j'irai à la fac de médecine juste comme mon père l'espérait pour moi.
Je déménageai donc à New York, occupant le canapé de l'appartement d'un ami et commençai à auditionner. Et ce que tu sais m'arriva. Eh bien, pas instantanément. Il y eut quelques petits rôles pour des petits spectacles dans des petits théâtres en ville. Je payai le prix de mon existence spartiate en nettoyant des tables.
Puis arriva le grand rôle. Je débarquai sur Hamlet dans ce petit théâtre d'avant-garde et rempli de cafards. Et j'ai putain de déchiré. Puis les dieux nous sourirent et le Times le commenta. Ils étaient enthousiastes. A propos de moi.
Le théâtre vendit les 100 sièges pour chaque performance en quelques jours. Ils ajoutèrent des dates. Elles furent vendues aussi. Ils bougèrent le spectacle dans un endroit plus grand et ça marcha. C'était le spectacle à voir de la saison. A cause de moi. J'étais présenté comme le prochain grand talent de ma génération. Le prochain Brando. Peut importe. Ce dont je me rappelais le mieux c'était l'euphorie pure que je ressentais chaque soir quand je descendais enfin de la scène après que le rideau soit baissé. J'avais passé les trois dernières heures transporté, transformé, en dehors de moi, perdu dans la langue et dans l'émotion. C'était la meilleure excitation que j'avais jamais ressenti. Et je pouvais le faire chaque nuit. Et ils me payaient pour le faire. J'avais l'impression d'avoir gagné le putain de gros lot.
Des agents m'appelaient, des offres arrivaient. Je fis deux autres petits spectacles, les deux rôles m'apportèrent encore plus de commentaires élogieux. Puis, arriva l'appel d'Hollywood. A cette époque, je pensais que l'argent me libérerait pour faire plus de rôle qui me passionnaient. Parce que, autant Hamlet était génial et autant c'était agréable de recevoir une paie, c'était une ridicule petite paie, et New York coutait cher. Des rôles géniaux dans des petits théâtres n'allaient pas subvenir à mes besoins. Je devinais que si je me débrouillais bien, je pouvais faire de bons films, des rôles qui comptaient. Et c'était toujours du théâtre, raisonnai-je, juste dans un milieu différent.
Alors moins d'un an après avoir déménagé à New York, je partis en direction de LA et j'eus l'impression de passer de l'autre côté du miroir. J'ai fais un ou deux petits films, en train de chercher mes marques, me faisant connaître. L'effervescence qui avait commencé à New York me suivie à LA. Tout le monde me voulait. Je m'en enivrais.
Puis vint le mouvement qui me changea la vie, Darkness Falls, la superproduction d'action estivale. Bien sûr, jouer un tueur à gages international qui s'en prenait aux terroristes et se battait contre les mafieux russes étaient putain loin de Hamlet, mais sérieusement, tu dis non à un camion plein d'argent, ils te renvoyaient dans ta maison. Et si j'étais complètement honnête, cette merde était amusante. J'avais 22 ans, diablement beau (oui, j'en suis conscient), et vivait en vrai le fantasme d'un gamin de 12 ans, en ajoutant de gros flingues, voitures rapides, nanas sexy et explosions massives. Pendant un moment, ça donnait l'impression que la vie ne pouvait pas être meilleure.
Puis il y eut la suite inévitable à Darkness Falls, et j'appris les termes comme franchise. Il y avait d'autres grands rôles dans d'autres gros films. Je dis oui à tout. Je m'éclatai. La ville entière s'allongeait et ouvrait les jambes pour moi et j'entrais dedans. Je sortais toute les nuits, buvant, faisant la fête. Je n'avais même pas à essayer avec les femmes. Je regardais et elle était à moi. C'était stupide à quel point c'était facile. C'était stupide combien tout était facile.
Mais après tant de nuits tardives dans des endroits en vogue jusqu'à 5h du mat, ça passe ou ça casse. Je commençais à arriver tard sur le tournage, et parfois pas du tout. Les gens me laissaient faire un tas de conneries pendant une longue période, ce qui me faisait seulement pousser encore plus loin, parce que je savais que je le pouvais. La rumeur que j'étais un "acteur à problème" commença à faire le tour de la ville. Je fus étiqueté comme difficile. Ce qui m'énerva encore plus et me fit faire encore plus la fête. Allez tous vous faire foutre. Puis j'envoyai ma voiture dans barrière de sécurité et finis à l'hôpital pendant 3 semaines avec une fracture multiple du fémur, mettant le film dans lequel je travaillai à cette époque en pause temporaire qui devint permanente. Ils fermèrent la production tout entière pour le film parce que les investisseurs eurent vent de mon accident et abandonnèrent. Et maintenant je suis un gros risque. Moi, qui étais l'espoir de la nouvelle génération d'acteur. Personne ne voulait me toucher. Les directeurs parlaient toujours avec nostalgie de mon talent impressionnant, mon naturel à l'état pur en tant qu'acteur, et combien ils aimeraient m'utiliser pour ce projet ou celui-là. Mais les producteurs voyaient mon nom et paniquaient. Je coûte cher. Ils me voient et ils voient arrivée tardive et dépassement budgétaire et ils doivent prendre des assurances spéciales au cas où je fous en l'air les choses si terriblement que je coule le film entier.
Puis la partie trois de la trilogie Darkness Falls fut lancée, un jeune con inconnu de 20 ans eut mon rôle. C'est quoi ce bordel ? Je fus là que je réalisai que j'étais perdu.
Et c'était où je me trouvai maintenant. Je savais que j'avais tout foutu en l'air. Je savais que j'avais besoin d'arranger les choses. Mais je ne savais pas comment. Et que diable fais-je ? Je me tiens dans ce putain de stupide club, attendant de retrouver James, l'enfoiré qui était le principal responsable pour la majorité de mes nuits débauchées que je peux compter.
Je savais que je n'aurai pas du répondre au téléphone quand j'avais vu qu'il m'appelait. J'aurai dû le laisser aller sur la messagerie. Mais j'étais simplement allongé sur mon canapé à la maison, en train de boire, réfléchissant à combien tout était devenu merdique, et combien je me sentais impuissant pour faire une putain de chose à ce propos. Et à défaut d'autre chose, James était une putain de distraction. J'espérais qu'il avait quelque chose après ça. Parce que je ne voulais sûrement pas trainer autour ce putain club toute la nuit.
Je pris une dernière gorgée et regardai à nouveau la foule.
Putain de merde.
Elle sortit d'un sombre couloir dans sa robe noire comme si elle surgissait d'un coup de la nuit. De longs cheveux acajou tourbillonnaient autour de ses épaules pales nues. Sa fine robe de soie effleurait chaque courbe comme si elle était peinte sur son corps.
Et son visage…
Ses yeux semblaient sombres, mais c'était impossible à dire dans cet enfer. Ils étaient légèrement maquillés et larges. Des traits pales et délicats, de hautes pommettes et les lèvres pleines les plus exquises, brillant légèrement sous les lumières du bar.
Elle se tourna à moitié pour regarder derrière son épaule et j'aperçus le dos de sa robe. J'avalai brusquement de l'air. Putain. Il n'y avait pas de dos à la robe. Juste des liens autour de son cou, emmêlés dans ses longs cheveux, se balançant sur cette étendue sans fin de peau ivoire. Son dos était exposé jusqu'en bas, on pouvait presque voir le début de ses fesses.
Je réalisai que mon poing était serré si fort sur ma bouteille de bière que ça commençait à faire mal.
Veut. Ça.
Ce n'était même pas une pensée entièrement formulée, je savais simplement que je voulais la posséder et la tirer hors d'ici. Ça ne me traversa même pas l'esprit que je ne pouvais pas l'avoir. Parce que je pouvais avoir tout le monde. Ce n'est pas de la vantardise quand c'est la vérité.
Je déposai ma bouteille vide sur une table voisine et me tournai pour aller vers elle quand je le vis. Putain de James. Parlant à ma copine.
Il donna des coups de coude pour aller au bar, et elle s'avança dans le petit espace qu'il avait fait à côté de lui, tournant son visage vers lui. Son expression entière s'illumina de surprise et peu importe ce elle lui dit le fit jeter sa tête en arrière et rire.
Putain. Sois damné si ce putain de James me la vole juste sous mon nez. Je l'avais vu en premier. Du moins, je le pense. Putain. Qui diable est James de toute manière ? Il avait fait deux saisons dans cette série dramatique pour ado sur le câble avant de finalement atterrir dans son premier film l'hiver dernier. Je suis Edward Cullen et je gagnai contre James Carter.
Je me glissai derrière eux et me tins plus près d'elle que probablement accepté.
"Alors c'est ce qui t'a retenu, James."
Il se tourna, surpris. Tout comme elle, ses yeux bruns s'écarquillant avec surprise quand ils rencontrèrent les miens.
"Edward ! Te voilà ! Désolé, camarade. J'ai croisé la délicieuse Bella ici et ai perdu notion du temps."
Je me tournai vers elle et lui fit mon sourire breveté le plus éblouissant. On m'avait assuré que c'était étonnant.
"Bella, c'est ça ?"
Elle cligna des paupières et ne dit rien pendant un moment. Elle leva distraitement sa main et toucha ses lèvres avec des doigts. Éblouis. Tu vois ? Je l'avais dis. Puis elle sembla trouver sa voix.
"Bella Swan."
"Ravie de te rencontrer, Bella. Je suis Ed…"
"Tu es Edward Cullen. Je sais qui tu es."
Bien sûr qu'elle le sait. Tout le monde le sait.
"Ta réputation t'a précédée, camarade." James avait un sourire en coin, et tapa mon épaule avec sa main, un peu trop jovial.
Je lui jetai un regard assassin. Il avait besoin de partir. Maintenant.
"Je ne connais rien de ta réputation," dit Bella. "J'ai simplement vu tes films. Tout le monde sait qui est Edward Cullen."
Merde. Il n'y avait absolument aucune fourberie dans cette fille. Complètement sincère. Elle devait juste venir d'arriver.
"Bella et moi étions simplement en train de se mettre en route, Eddie, et je détesterai gâcher la fête. Ça ne te dérange pas si j'abandonne nos plans pour ce soir, hein ?" James se rapprochait derrière elle alors qu'il me fixait de ses yeux plein de méchanceté.
C'est quoi ce bordel ? Il ne pensait pas à me la faucher juste sous mes yeux, n'est-ce pas ?
"Je suis supposé abandonner la fille pour faire la fête avec un loser comme toi quand elle pourrait être avec moi ?" Je souris, plaisantant à moitié. J'avançai aussi d'un pas vers elle, penchant ma tête vers elle et augmentant l'effet du sourire alors que je parlais.
Les yeux de Bella passèrent de moi à James dans un sens et dans l'autre alors qu'on travaillait pour sortir de cette petite impasse.
"Merci, tous les deux, mais je ne suis pas vraiment intéressée pour faire la fête avec quiconque ce soir. En fait, je devrai retrouver mes amis. Je suis sûre qu'ils me cherchent." Bella se redressa et se recula d'un pas.
Elle m'envoyait balader ? Bon, James aussi, ce qui était super. Mais moi ? Elle préfère trainer avec ses stupides amis plutôt que de se faire une star de cinéma ? Qui fait ça ?
"Bells ? Hey, te voilà, bébé. Je croyais que je t'avais perdu."
James et moi pivotâmes pour examiner l'intrus. Grand, beau, blond. Et il connaissait manifestement Bella très bien.
Eh ben, putain.
Elle est prise.
Non pas que ça m'avait arrêté dans le passé. Ça dépendait de ce que Bella faisait maintenant. Je me tournai et la regardai avec espoir.
Son délicat menton se releva et elle fit un pas ferme entre moi et James en direction de Grand, Blond et Dégingandé.
"Hey, Jazz. J'ai juste été dérangée au bar."
Excuse-moi ? Dérangée ? Alors je suis simplement une espèce de distraction ? Putain de merde. Et son nom est Jazz ? Quel putain de nom c'est Jazz ?
Bella glissa sa main dans le creux de bras de Blondie et il se pencha pour planter un rapide baiser sur sa joue. Elle nous regarda par-dessus son épaule, alors qu'on ressemblait à un couple d'idiots.
"Jazz, ce sont James et Edward'' dit-elle, comme si on n'était n'importe quels losers au bar. Elle posa légèrement sa petite main sur le torse de Blondie, geste familier. "C'est Jasper."
D'accord, alors son nom n'est pas Jazz, mais Jasper n'est pas mieux, à mon avis.
Jasper hocha la tête, ses yeux intenses. Le connard a trop compris notre manège.
James et moi lui fîmes un signe de tête rapide et froid en retour.
"C'était sympa de vous rencontrer tous les deux," dit-elle doucement avant de se tourner et de s'en aller avec Jasper.
Ça venait vraiment d'arriver ? Elle nous a mis un vent à tous les deux ?
Je tentai un regard vers James et son visage était un masque d'incrédulité, de rage, et de jalousie. Je suis sûr qu'on voyait la même chose sur ma tête.
Je dus soudainement plus du tout d'humeur à passer une minute de plus avec James ce soir.
"Alors, ce fut un échec. Dommage. Elle était savoureuse," James sourit en direction de l'endroit où Bella était partie. "Mais Vicki est là quelque part et tu sais qu'elle est toujours prête à s'amuser un peu. Que dis-tu qu'on conclut avec elle et qu'on retourne chez moi ?"
Je lui jetai un rapide coup d'œil et me sentis dégouté. Je ne voulais rien avoir à faire avec Vicki ou James ce soir. Bien que j'avais certainement eu beaucoup à faire avec eux dans le passé.
"En fait, je venais là pour de dire que je suis assez explosé. Je vais y aller et rentrer chez moi."
James fronça ses yeux pendant un instant, essayant de me lire. Puis il décida probablement que cela ne valait pas le coup de me faire chier car il haussa simplement les épaules et sourit.
"Peu importe. Je me la garderai pour moi alors."
Je me tournais et commençais à traverser la foule, ignorant tous les regards plein d'espoir des gens que je dépassais. Je ne voulais pas parler à une autre personne ce soir. Je voulais simplement me casser d'ici et prétendre que la nuit n'était jamais arrivée.
BPOV
Mon cœur manqua littéralement un battement quand je me tournai et regardai ce visage. Je le connaissais déjà, bien sûr. Je vais au cinéma, je lis les magasines. Et tout le monde sait qui est Edward Cullen. Et c'est ce que je lui ai dit, l'interrompant alors qu'il cherchait à se présenter.
J'avais toujours pensé qu'il était peut-être le plus bel homme sur la planète. Mais c'est une star de cinéma, il est supposé être beau. Je n'étais pas du tout préparé à ma réaction physique à sa présence en chair et en os.
Ses yeux verts émeraudes… comment avais-je fait pour ne pas remarquer leur couleur quand je l'avais vu à l'écran ? Et ces cheveux, ces glorieux cheveux de bronze. Pour être honnête, les cheveux d'Edward Cullen étaient en quelque sorte une célébrité à part entière, mais aucun superlatif ne pouvait capturer ce à quoi ils ressemblaient vraiment. Combien mes doigts désiraient s'y glisser et les tenir étroitement. Comment ils tombaient d'une manière séductrice sur un œil et qu'il me regardait à travers eux. Et ses lèvres… oh, Dieu, je n'avais jamais vu des lèvres comme les siennes. Douces, pleines… je pouvais presque les sentir contre les miennes. Je crois que j'avais même touché inconsciemment ma propre bouche alors que je le regardais, à mon plus grand embarras.
Il était la perfection vivante. Et la perfection me regardait comme si j'étais quelque chose à manger. Je ne suis pas exactement expérimentée, mais je ne suis pas non plus une vierge effarouchée. Je reconnus l'expression dans son regard. James l'avait aussi. Ils avaient tous les deux le 'Charmer la Dame' en marche rapide. Ce que je n'arrivai pas à comprendre était pourquoi ? Pourquoi diable Edward Cullen, entre tous, se tenait là, en train de me draguer ? Ça n'avait aucun sens dans aucun univers que je pouvais concevoir.
Puis il se lança et commença à parler.
C'était clair qu'il ressentait qu'il avait une sorte de suprématie sur James. Comme s'il ressentait que simplement parce qu'il était Edward Cullen alors James devait immédiatement quitter le terrain et disparaitre. Non pas que j'avais un intérêt à ce que James reste dans les environs, mais il était là le premier, me commandant un verre et me parlant. Et Edward Cullen devrait être autorisé à simplement le chasser comme une mouche ? Je ne pense pas.
Mais alors James n'abandonna pas et soudainement ils étaient en train de se lancer des regards noirs comme deux cowboys en plein midi dans une ville du Far West. J'avais la sensation d'être un os que deux chiens méchants se battaient. Ça aurait du être flatteur. Ça l'aurait probablement été pour un grand nombre de filles ici. Mais je n'aimais pas ça. Ça n'avait simplement rien à faire avec moi. C'était juste, Edward et James, deux frères ennemis, en plein combat de coq avec leur connerie de relation amour-haine et j'étais juste le nouveau jouet brillant qu'ils avaient décidé chacun d'avoir.
Putain de merde. Mes pieds souffraient. J'étais prête à rentrer à la maison. Et juste comme ça, Jasper fut là et je m'échappai, les laissant tous les deux se lancer des regards noirs, pour l'un l'autre et pour Jasper.
"C'était quoi ça, Bells ?" rit Jasper, alors qu'il posait son bras autour de mon cou et me ramenait vers Emmett et Rose. "J'ai levé les yeux et tu étais attaquée par deux stars de cinéma !"
"Je n'appellerai pas vraiment James une star. Il est seulement un peu célèbre," protestai-je.
"Mais Edward Cullen ! Draguant notre petite Bella ! Tu as visé vraiment haut, ma puce !" rit-il une nouvelle fois et frotta les articulations de sa main sur le sommet de ma tête, me tenant étroitement le cou.
"Lâche-moi, Jazz ! Ne me décoiffe pas !"
"Désolé. Je devais te taquiner un peu. Je n'allais pas venir, je veux dire, je croyais que les filles adoraient ce genre de conneries. Mais Rose regardait et dit qu'elle voyait que tu commençais à être énervée et m'a envoyé te chercher. C'était bon ?"
Je levais les yeux au ciel. "C'était mieux que bon, bien que t'en ai un peu rajouté une couche en m'embrassant sur la joue comme ça. Oui, j'admets que c'était un peu flatteur au début, mais l'instant d'après ils se tapaient le torse et luttaient sans merci pour moi. Et je n'avais pas l'impression que ça avait grand-chose à voir à avec moi. Juste leur étrange dynamique. Et en plus, je ne suis pas intéressée d'être une pièce de viande pour un acteur célèbre. Et c'est tout ce que ça aurait été. Avec n'importe lequel des deux."
"Brave fille," dit Jasper, serrant mes épaules.
Pièce de viande. Pièce de viande. Je continuai de me répéter ça dans ma tête pour m'empêcher de m'attarder sur ses magnifiques yeux vert, ces cheveux de bronze sauvage que mes doigts désiraient toucher, ses pommettes, ses lèvres… unghh…
Stupide Bella. Edward est une star de cinéma pour une raison. Tu penses vraiment que tu es la seule qui veut faire courir ses doigts dans ses cheveux ? Reste dans la file. Et dans la file tu serais… avec toutes les autres femmes ici, en ajoutant celles dans la rue… et le reste des femmes de LA, plus une brochette d'hommes aussi. D'accord, il semblait être attiré par toi. Et ça aurait mené à une seule chose. Et qui veut être le coup d'un soir anonyme d'un gars ? Ou pire, juste un pion dans son stupide jeu avec James. Tu vaux mieux que ça.
Bien vrai. Je vaux mieux que ça.
Et, bonjour ? Je suis un peu célèbre, aussi ! D'accord, il ne semblait avoir aucune idée de qui j'étais. Peut-être qu'il n'aimait pas les émissions comme ça. Peu importe. J'ai besoin d'arrêter de penser à Edward Cullen, à partir de maintenant.
"Alorssss, petite cousine," dit Emmett de sa voix puissante. "Attirer Edward Cullen, huh ?"
"La ferme, Em !"
"Quoi ?" protesta-t-il, perplexe. "On en parlait tous !"
Rosalie le frappa le derrière de sa tête.
"Tu vas bien ?" me demanda Rose avec un regard intense.
"Oh, ouais. Je vais bien," dis-je avec ce que j'espérais être un sourire nonchalant, déterminée à vraiment le penser. Et j'étais déterminée à ne pas penser à Edward Cullen.
Ne plus penser.
A partir de maintenant.
Je le jure.
N'oubliez pas de me dire ce que vous en avez pensé...
A la semaine prochaine
