Note: Et voilà le deuxième chapitre! Bon il ne s'y passe pas grand chose (voir rien...=_="), mais il faut le temps de mettre l'histoire en place, ensuite promis j'essayerais de mettre plus d'action! ^^


Chapitre 2.

Il était assis dans une immense salle sombre entièrement remplie de montagnes de papiers, de livres et de coupures de journaux. Elles étaient tellement hautes qu'il ne pouvait même pas apercevoir les murs, ni le plafond. Devant lui se dressait une immense table en bois verni style Renaissance. Autour de la table quarante-huit chaises assorties. Sur les chaises étaient assis ses quarante-huit « lui ».

Ils bavardaient tranquillement sans faire attention à sa présence, certains avaient même une tasse de café à la main. Le petit Yann mangeait des biscuits secs, Michael griffonnait des notes dans un coin avec sa mine boudeuse, Nathan souriait timidement et Deak toisait les autres, l'air goguenard.

-Dites, pourquoi on reste là à rien faire ? Je commence à m'ennuyer...

C'était la petite voix flutée de Gabriel, installé à l'autre bout de la table, une pile de coussins sous ses fesses pour le rehausser.

Alexandre hocha la tête fermement, un air sérieux gravé sur son visage juvénile :

-Oui c'est vrai ça. On a encore plein d'enregistrements à mettre au propre, et tout ça à lire, dit-il en montrant du doigt une des piles de livres qui menaçait de s'écrouler sous son propre poids. Si on est en retard Bookman va encore se fâcher !

-Oh mais bouclez-la un peu tous les deux vous voulez bien ? J'essaye de dormir moi !

Ah, ça c'était William, l'indécrottable paresseux.

Evan, toujours imperturbable, passa une main dans ses cheveux et leur répondit d'un ton neutre :

-On doit rester ici pour attendre. Vous avez déjà oublié ?

Samuel le regarda, intrigué :

-Attendre qui ?

-Le quarante-neuvième, Lavi bien sûr.

Tous les regards convergèrent vers Deak lorsqu'il eu prononcé ces mots. Les quarante-sept « lui » le regardaient bouche-bée, comme s'il venait d'annoncer une chose totalement incroyable et Yann en lâcha même son biscuit alors que ses deux grands yeux verts s'écarquillaient sous le coup de la stupeur.

-Tu es sûr ? Lavi ? Cet apprenti là ? Mais il n'est pas...

Avant qu'il ne puisse terminer sa phrase, Deak avait repris la parole :

-Oui je parle bien de lui. Il ne devrait plus tarder d'ailleurs, l'apprenti raté.

Et alors même qu'il prononçait ces mots, son regard convergea dans la direction du raté en question, une moue infiniment cruelle et ironique déformant ses trais. Lavi sentit son souffle se couper. Suivant le regard de Deak, tous les autres semblèrent enfin remarquer sa présence et leur visage se transformèrent rapidement pour devenir les répliques exactes du masque hideux qu'arborait le quarante-huitième. Et alors qu'ils le fixaient avec rage et dégoût, ils lui crachèrent au visage d'une seule voix :

-Disparais, pauvre raté!

Lavi sentit alors que quelque chose de froid et un peu visqueux commençait à couler de ses yeux. Il porta sa main contre sa joue pour l'essuyer, et en la ramenant au niveau de son œil, il se rendit compte que ses doigts étaient recouverts d'une substance noire.

De l'encre, il pleurait de l'encre. Mais sa texture était plus épaisse que celle de l'encre qu'il utilisait pour écrire ses enregistrements. Il rapprocha sa main de son nez et frissonna de dégoût lorsqu'il reconnu l'odeur métallique du sang. Prit d'un accès de panique il frotta vigoureusement ses mains contre ses deux yeux pour tenter de se débarrasser du liquide, la substance repoussante coulant aussi de son œil droit.

Mais plus il frottait et plus le flot semblait redoubler, jusqu'à ce qu'il inonde l'intégralité de son visage en brouillant sa vue et en pénétrant dans sa bouche. Il voulu crier, mais alors même qu'il ouvrait la bouche il fut parcouru d'un spasme et se mit à tousser violemment et sentit un nouveau flot de liquide visqueux jaillir de sa gorge.

Tout était noir, il ne voyait plus rien et le flot d'encre qui s'écoulait de sa bouche allié à l'odeur étouffante du sang étaient en train de l'asphyxier lentement.

Il finit par s'écrouler au sol. Sa tête tournait, et sa gorge le brulait atrocement. La seule pensée cohérente que son cerveau était encore capable de produire tournait en boucle dans sa tête : « Que ça s'arrête...que ça s'arrête ! »

Lavi se réveilla en sursaut et couvert de sueur. Complètement perdu, il s'assit sur son lit et tenta de reprendre ses esprits. De tous les rêves imaginables, pourquoi fallait-il qu'il en fasse d'aussi tordus ? Et qui plus est toutes les nuits depuis au moins deux semaines ! Quelque chose ne tournait vraiment pas rond chez lui. Il passa la main sur son front pour dégager les mèches humides qui s'y étaient collées et poussa un grand soupir. Il savait déjà qu'il avait l'esprit dérangé, alors pourquoi fallait-il que son inconscient mette un point d'honneur à le lui rappeler constamment? D'ailleurs les choses avaient nettement empirées depuis sa brève rencontre avec Road dans l'Arche...

« Foutue gamine ! » Marmonna-il avant de s'extraire brusquement de son lit. Constatant que Bookman n'était déjà plus dans le sien, il se mit en quête d'affaires propres dans l'inextricable fouillis qu'était leur chambre et, bien qu'il fasse encore nuit noire, partit en direction de la salle de bain.

Une fois propre et habillé, le jeune homme alla rejoindre son maître dans la bibliothèque. Il s'installa sur une chaise en face du vieil homme plongé dans sa lecture, se saisit du premier livre sur la pile d'ouvrages rassemblés sur la table et commença à prendre des notes sur son contenu. Ils restèrent ainsi un long moment, sans que Bookman prête la moindre attention à son apprenti.

Au bout de trois quarts d'heure, le vieil homme releva la tête de son livre et regarda enfin le garçon en face de lui.

-Tu ne dors pas toi ? Sa voix était neutre, tout comme son visage.

-Apparemment non, répondit Lavi d'un ton plat, sans cesser de prendre ses notes. Bookman soupira et posa son livre sur la table.

-Tu es bien étrange depuis quelques temps. Tu dors mal et tu es de plus en plus distrait. Que s'est-il passé exactement ? Et voyant que le roux ne quittait toujours pas des yeux sa feuille de papier, Regarde moi quand je te parle Junior !

L'apprenti reposa son stylo violemment et releva un œil vert courroucé vers le vieil homme.

-Je t'ai déjà dit ce qu'il s'était passé ! Qu'est-ce que tu veux savoir de plus ?

Et c'était vrai, ou tout du moins en partie. Lavi avait bien été obligé de confier à son mentor ce qui lui été arrivé dans l'Arche; ce genre de choses ne pouvaient pas être cachées par un mensonge ou une réponse évasive. Il avait juste fait en sorte de garder pour lui les aspects les plus troublants, ceux qui, si ils étaient su, les conduiraient invariablement lui et Bookman à quitter la Congrégation sur le champ.

Et ça il ne le voulait pas .

-Tu ne m'as pas tout dis. Je comprend que tu préfères garder certaines choses pour toi, mais fais très attention jeune homme, sinon tu sais ce qui arriveras. Combien de fois t'ai-je répété de ne pas t'impliquer ? Je sais que dans ces conditions ce n'est pas une tâche facile, mais si tu comptes devenir un Bookman un jour, il va bien falloir t'y résoudre ! Ces personnes sont condamnées à disparaître un jour ou l'autre, et tu ne pourras rien y faire. Tout ce que tu y gagne c'est de te faire du mal et de compromettre ton propre avenir !

-Je sais déjà toutes ces choses ! Tu passes ton temps à me les répéter, et je fais ce que je peux pour rester objectif ! Mais dis moi comment je pourrais me battre, donner mon propre sang dans cette putain de guerre sans m'y impliquer un minimum ? C'est juste impossible, inhumain !

Lavi bouillonnait intérieurement. Pourquoi est-ce que Bookman ne voulait pas comprendre ? Il faisait réellement des efforts, tous les jours ! Seulement ça n'était jamais suffisant, et les sentiments encombrants revenaient toujours à la charge, semblant prendre un malin plaisir à l'aveugler pour le détourner de son chemin pourtant clairement tracé.

Bookman resta silencieux pendant un court instant, avant de planter ses deux yeux insondables cerclés de noir dans celui de son apprenti et d'annoncer froidement :

-Un Bookman n'a pas à être humain.

Lavi cilla, puis baissa la tête. Il reprit le stylo et tenta vainement de reprendre sa lecture suivie, mais trop de pensées se bousculaient dans son esprit. Au bout de huit minutes il remit l'ouvrage sur la pile, se leva et marmonna un bref « Petit déjeuner » avant de sortir de la bibliothèque.

Lorsqu'il arriva au réfectoire, Jerry venait tout juste d'allumer ses fourneaux et la grande salle était presque vide, seuls quelques scientifiques somnolaient devant des tasses de café sur une table à l'écart. Après tout c'était normal, il n'était que cinq heures trente du matin.

L'apprenti Bookman se dirigea vers le comptoir, où il fut accueilli par le sourire radieux du chef cuistot:

-Bonjour Lavi ! Tu es bien matinal ce matin dis donc ! D'habitude je ne te vois pas avant au moins neuf heures et demie ! Tu as vu, même Kanda-kun n'est pas encore arrivé ! Ah mais tu sais comme on dit : l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt !

Devant l'air rayonnant du cuisinier, Lavi se força à remettre en place son sourire radieux, mais le cœur n'y était pas vraiment.

-Bonjour Jerry ! Ouais faut croire que je suis tombé du lit ! Il tenta un rire enjoué mais le résultat n'était pas très...concluant.

-Alors, qu'est-ce que tu aimerais manger ce matin mon poussin ?

Apparemment l'Indien n'avait rien remarqué. Normal, il était devenu très doué avec le temps. Il commanda des toasts et un jus de fruit qui furent prêt en moins de deux minutes, puis partit s'installer à une table près du fond de la salle.

Il venait à peine d'entamer son premier toast lorsque la porte du réfectoire s'ouvrit et laissa apparaître un Kanda à la mine particulièrement grincheuse. Lavi le regarda se diriger rapidement du côté du comptoir. « Je ne suis pas le seul à avoir mal dormi » se dit-il en voyant les yeux cernés du Japonais et son teint qui semblait encore plus pâle que d'habitude. Il observa de loin son rapide échange avec Jerry et cru entendre ce dernier prononcer son nom. Peu après Kanda partit s'installer, un plateau entre les mains, et alors qu'il passait non loin de Lavi fit mine de ne pas l'avoir vu. En temps normal celui-ci aurait sauté sur l'occasion pour lui lancer une remarque horripilante, mais là il devait admettre qu'il était plutôt soulagé de ne pas avoir à entamer une conversation.

Kanda continuait à se diriger vers le fond de la salle , comme pour mettre le plus de distance possible entre lui et les éventuels gêneurs (Lavi étant bien entendu compris dans le lot). Ne trouvant pas d'objet plus intéressant sur lequel fixer son attention son œil entrainé de futur Bookman s'attacha à suivre la silhouette du brun un peu plus loin devant lui.

On pouvait deviner sa fatigue et sa mauvaise humeur rien qu'en voyant sa tenue : il n'avait pas endossé son uniforme, se contentant de son assortiment habituel : chemise blanche, pantalon noir, bottes noires (même si depuis quelques temps il semblait avoir opéré une sorte de « retour aux origines » en arborant de plus en plus souvent des tenues plus asiatiques). Il n'avait même pas prit la peine de nouer ses cheveux en hauteur, et la queue de cheval basse les amenait flotter doucement dans le bas de son dos, juste au dessus des reins.

Lavi les regarda un moment, songeur. Kanda était vraiment fascinant dans un sens. Un vrai paradoxe ambulant : il avait le pire caractère imaginable, passait son temps à vous prendre de haut, à vous cracher des insultes à la figure et piquait des colères pour un rien et à côté de ça, il était tellement beau qu'il était juste impossible de ne pas s'arrêter pour le regarder (quelque soit ce que vous étiez en train de faire) et vous extasier devant une telle réussite de la nature. C'était à se demander si l'art était vraiment exclusivement humain. Il émanait une telle grâce, un tel charisme de tout son être, qu'il semblait presque surnaturel.

C'était clairement visible en cet instant, alors que la barrière épaisse de l'uniforme avait disparue et laissait le champ libre aux éventuels observateurs (ici en l'occurrence Lavi) qui pouvaient ainsi pleinement admirer la ligne délicates des épaules, la taille fine et souple, les longues jambes fuselées et surtout la cascade de cheveux noirs et lustrés qui dégringolait jusqu'aux hanches du Japonais. En fait il ressemblait vraiment à une sorte de félin. Une panthère noire par exemple, ou un gros chat sauvage.

Kanda grondait souvent comme un chat en colère.

Son visage aussi était remarquable. Aussi impeccable que le reste, sans la moindre bavure. Les traits étaient vraiment fins, délicats et en même temps très durs. Sans parler des yeux qui pouvaient littéralement vous congeler sur place ou vous engloutir dans des abysses noires et sans fond. L'un dans l'autre le brun dégageait quelque chose d'indéniablement viril, mais l'effet était presque immédiatement contre-balancé par la délicatesse de l'ensemble, et au final Kanda Yu se présentait comme la personne la plus belle et la plus parfaite que Lavi ai jamais vu.

Alors même qu'il parvenait à cette conclusion, le Japonais leva le nez de son bol de riz blanc (depuis quand s'était-il assis?) et lui lança un regard noir. Et Lavi se rendit compte avec horreur et stupéfaction qu'il venait de passer les cinq dernières minutes à mater Kanda.

Revenant immédiatement à la réalité et complètement mort de honte, le rouquin baissa les yeux sur son assiette et recommença à manger son toast beurré en se maudissant intérieurement pour sa stupidité.

OoO

Depuis qu'il avait passé les portes du réfectoire, Yu avait senti un regard insistant se poser sur lui. Décidant de l'ignorer il alla droit à Jerry pour commander son repas et se prépara mentalement au babillage insupportable auquel il aurait forcement droit. Et en effet à peine avait-il atteint le comptoir que le cuisinier était lancé

-Bonjour bonjour Kanda-kun ! Oh mais dis moi tu as une mine affreuse ce matin mon chou ! Tu as mal dormi ? Tu sais, tu devrais faire comme je t'ai dis et arrêter de boire autant de thé le soir ! Ça empêche de s'endormir et en plus c'est diurétique ! Alors, qu'est-ce qui te ferais plaisir ce matin ? Des soba ?

Le brun prit une grande respiration, histoire de se calmer un peu. Les délicieuses soba étaient bien la seule raison qui l'empêchait de castrer Jerry pour oser l'appeler « mon chou » et lui parler comme à un gosse de cinq ans. Mais bizarrement ce matin il n'avait pas vraiment envie d'en manger. En fait il n'avait pas vraiment envie de manger tout court, mais comme il comptait s'entrainer il fallait bien qu'il se force un minimum, sinon il serait encore plus inefficace qu'il ne l'était ces derniers temps. Il grogna donc une salutation puis commanda un bol de riz blanc avec son habituel thé vert. Jerry lui lança un joyeux « Ça roule mon mignon ! » avant de s'éclipser en sifflotant dans sa cuisine pour revenir une minute plus tard avec la nourriture demandée. Alors qu'il tendait son plateau au brun, il se pencha vers lui, et lui demanda sur le ton de la confidence :

-Il se passe quelque chose de particulier ce matin ? Vous êtes debout bien tôt tous : regarde Lavi-kun est déjà levé lui aussi !

Alors comme ça c'était le regard du Baka Usagi qu'il le suivait depuis qu'il était entré ? Kanda ne se retourna pas. Il ne lui donnerait pas ce plaisir. Même si il était un peu étonné de le savoir là si tôt. C'était effectivement totalement inhabituel : ce flemmard n'apparaissait jamais avant au moins huit heures trente. Pas qu'il s'en plaigne d'ailleurs, c'était toujours ça de répit.

Le japonais marmonna un vague «Pas que je sache.» avant de prendre son plateau et se dirigea d'un pas alerte vers sa place habituelle, à l'autre extrémité du réfectoire. En passant à côté de Lavi il l'ignora encore résolument, bien décidé à lui montrer qu'il pouvait bien le fixer si ça lui chantait, son existence lui importait toujours moins que celle d'une poussière sur sa botte.

Il finit par s'assoir et concentra son attention sur son repas. Mais même au bout de trois minutes il pouvait toujours sentir le regard insistant du roux posé sur lui, et pour dire les choses clairement, ça commençait à vraiment le faire chier.

Qu'est-ce qu'il pouvait bien y avoir de si passionnant à le regarder pendant des plombes ? Mieux : quelles pouvaient bien être les pensées de cet abruti à l'instant ?

Oui son tatouage s'était encore élargi. Non il n'avait toujours pas récupéré Mugen. Oui il avait une gueule de déterré et il était fatigué. Non ça ne donnait certainement pas le droit à cet idiot de le fixer comme une bête curieuse pendant plus de dix putains de minutes !

Bien décidé à lui faire comprendre que sa patience avait des limites (qui plus est très réduites), Kanda releva la tête de son bol et lança au débile à l'autre bout du réfectoire un regard particulièrement mauvais. L'effet fut immédiat : le roux sursauta légèrement en prenant la mine typique d'un gamin prit la main dans le sac alors qu'il fait une bêtise. Il rougit ensuite légèrement, et baissa vite son visage gêné et un peu honteux vers son plateau.

Le Japonais poussa un petit « tch! » satisfait, et recommença à manger son riz. Comme quoi il avait toujours un minimum d'autorité sur la bande d'idiots qui lui servaient de coéquipiers.

OoO

Lavi était sidéré. Quelque chose devait vraiment clocher chez lui pour qu'il se laisse ainsi aller à divaguer, et si Bookman avait été là, il lui aurait sans doute donné un bon coup sur la tête. Et en plus il s'était fait lamentablement griller...

Il risqua un regard vers le brun qui comme il le pensait, arborait à présent un air satisfait, celui qu'il prenait toujours lorsque qu'il venait de rembarrer quelqu'un. Lavi sentit le coin gauche de sa bouche se relever imperceptiblement, « Kanda, tu es si prévisible parfois... ». Il supposait que ça faisait aussi partie de son charme. Enfin, ce n'étais pas une raison pour se laisser aller à le détailler pendant aussi longtemps.

C'était étrange cette faculté qu'avait le Japonais à détourner son attention à chaque fois qu'il apparaissait dans son champ de vision. Mais tout était tellement mystérieux chez lui ! Lavi, comme tout apprenti Bookman qui se respecte, était juste curieux, rien de plus normal.

Il fut interrompu dans son flot de pensées par l'arrivée au réfectoire d'Allen qui avait l'air passablement endormi. Le jeune homme avait les yeux encore à moitié fermés et se dirigeait d'une démarche mécanique et plutôt incertaine en direction de Jerry. Le roux se demanda un instant comment il réussissait à éviter toutes les tables avant de se rappeler que l'estomac d'Allen semblait capable de prendre le contrôle de son corps pour le conduire le plus efficacement possible vers la source de nourriture la plus proche.

Après quelques minutes, le garçon vint s'installer en face de lui avec une immense pile de nourriture et marmonna un vague « Salut Lavi. » avant de commencer à engloutir les plats les uns après les autres. Cinq minutes plus tard et la moitié des assiettes vidées, Allen avait l'air beaucoup plus vif et il ralentit sa cadence pour pouvoir parler avec son vis-à-vis.

-Tu t'es levé tôt dis donc ! Lavi esquiva une miette de pain et lui fit un grand sourire

-Ouais j'arrivais pas à dormir. Mais toi aussi non ? Normalement on déjeune plus vers neuf heures...

Allen haussa les épaules, un pilon de poulet dans chaque main

-Des fois j'ai faim avant alors je me lève, je mange un peu et je retourne me coucher !

Lavi se mit à rire doucement. Allen était vraiment trop drôle avec sa petite bouille d'angelot qui contrastait avec son appétit d'ogre. Être en sa compagnie avait toujours le don de le relaxer un peu et il se sentait déjà de meilleure humeur.

Deux bols de céréales aux fruits plus tard, Allen sembla se souvenir brusquement de quelque chose et il poussa une exclamation, aspergeant Lavi au passage de deux ou trois grains de raisins secs.

-Au fait ! J'ai vu Lenalee hier soir quand elle est rentrée et apparemment Komui a enfin décidé de l'emplacement du nouveau QG ! Lavi s'arrêta un instant dans sa tentative pour se débarrasser des intrus collés sur son visage et répliqua l'air surpris :

-Ah bon ?

Tiens ça c'était une nouvelle. Et d'ailleurs le vieux aurait pu se donner la peine de lui en parler quand il l'avait vu dans la bibliothèque.

-Alors c'est décidé ? On part quand ? Ne, ne Allen, on va s'installer où ?

Allen ria devant la tête de gamin de son ami avant de lui répondre

-Sur une petite île au nord de l'Angleterre, pas loin de l'Écosse. Normalement Komui va faire une réunion ce matin pour qu'on commence les préparatifs du déménagement !

Le sourire du Lavi s'élargit encore : enfin quelque chose d'intéressant ! Il s'ennuyait tellement depuis quelques temps qu'un peu d'activité serait la bienvenue. Et puis le changement d'air l'aiderait peut-être à se débarrasser de toutes les pensées déplaisantes qui polluaient son esprits... Il se souleva un peu du banc où il était assis pour regarder Kanda au fond de la salle.

-T'entend ça Yu-chan ? Ça y est, on déménage !

Lorsqu'il entendit l'exclamation du rouquin, Yu faillit lui crier d'arrêter de brailler comme un idiot dès le matin. Mais le contenu dudit braillement parvint à son cerveau et la seule pensée qu'il lui vint à l'esprit se résumait en deux mots « Oh merde. ».


GGL: Voilà à bientôt pour le prochain chapitre, en espérant que celui-ci vous ai plu! ^^ Si c'est le cas pensez à moi et mettez moi une petite review ça me ferais vraiment plaisir! *0* Et je vous répondrais promis! ^^