« Tu l'aimes bien, hein ? »

La question de Sirius avait été accompagnée d'un coup de coude qui avait obligé James à détourner les yeux de Lily pour les poser sur son meilleur ami, assis à côté de lui à la bibliothèque, en train de travailler. Contrairement à ce que tout le monde semblait penser dans ce château, cela leur arrivait une fois de temps en temps.

« Quoi ? Qui ?
- Evans, répondit Sirius avec un sourire moqueur. »

James se racla la gorge, se repositionna légèrement sur sa chaise, et jeta un nouveau coup d'oeil vers la jeune femme. Elle était belle. Elle l'était tant qu'il se demandait pourquoi il était le seul à ne pas pouvoir s'empêcher de la dévisager. Tous les autres garçons auraient dû avoir les yeux rivés sur elle, tous, mais il les aurait attendu à la sortie de la bibliothèque si ça avait été le cas et il leur aurait donné quelques pastilles de gerbe qu'ils avaient, lui et les maraudeurs, transformées pour qu'elles ne ressemblent qu'à de banals bâtons de réglisse.

« Heureusement que je l'aime bien Patmol, on bosse ensemble tous les jours, chuchota t-il discrètement tout en reprenant son travail comme s'il n'avait pas compris ce que son meilleur ami voulait vraiment dire.
- Arrête tes conneries, Cornedrue, je ne parle pas de vos trucs de préfets, beugla Sirius en éclatant d'un grand rire qui attira toute l'attention sur eux.
- Tais toi. Tout le monde nous regarde, on va encore se faire virer.
- Elle nous regarde, souligna t-il avec un éclair de malice dans les yeux. Hé, Evans ! Comment va ma préfète préférée ce matin ? »

La jeune femme arqua un sourcil, soupira bruyamment, secoua la tête, et continua à gratter frénétiquement son parchemin avec sa plume sans gratifier le maraudeur d'une réponse.

« Bon dieu, elle n'est pas commode.
- Elle est en colère pour hier soir.
- Ce n'était que quelques bouteilles de whisky-pur-feu, ronchonna Sirius en se balançant sur sa chaise avec désinvolture.
- C'est exactement ce que je lui ai dit, mais...
- Laisse moi deviner, elle t'a traité de stupide troll inconscient qui nous fera perdre tous nos points et elle est partie furax dans son dortoir ?
- Tu as entendu ?
- Tout le château a entendu, ricana Sirius. »

James grimaça, osa un nouveau regard vers Lily, et se trouva désolé d'être la source de ce froncement de sourcil qu'il crevait d'envie d'éradiquer.

« Elle t'aura pardonné ce soir.
- Peu m'importe, marmonna James en feignant porter de l'intérêt à son manuel de potion.
- Oh allez, ne fais pas comme si ça ne te faisais rien. Avec Lunard et Queudver si tu veux, mais pas avec moi. Je te connais. Dès que j'aurais le dos tourné, tu vas aller lui manger dans la main.
- Je ne lui mange pas dans la main ! Protesta James en se redressant soudainement, piqué au vif.
- Dès qu'elle te reproche quelque chose, tu perds tes moyens et tu lui fais les yeux doux toute la journée en espérant qu'elle reviendra vers toi. Il suffit qu'elle parle un peu fort pour que tu t'excuses d'exister, le taquina t-il.
- C'est vraiment ce que tu penses ? L'interrogea James, profondément agacé. »

Pour toute réponse, Sirius haussa les épaules. C'en fut trop pour James qui fit bruyamment racler sa chaise sur le parquet de la bibliothèque avant de se diriger d'un pas décidé vers la table de la jeune femme. Il s'arrêta juste devant elle, mais elle continua à écrire sans lui prêter aucune attention. Dans sa tête, il se répétait un tas d'excuses, celles qu'il aurait peut-être dû prononcer pour le comportement négligent que lui et ses amis avait eu la veille, mais à la place, ce fut un torrent de reproches qui s'échappèrent de sa bouche.

« Je suis peut-être un troll inconscient, mais toi, tu es une espèce de petite chouineuse qui fait la gueule à chaque fois que quelque chose ne lui convient pas, une princesse qui croit qu'elle a tous les droits sur nous et qu'elle est la seule à décider de ce que Gryffondor doit devenir. Et tu sais quoi, Lily ? Vas-y, fais la gueule. Continue d'avoir ce comportement puéril, continue de hurler comme une hystérique à chaque fois que quelqu'un veut s'amuser un peu dans ce foutu château pour se distraire des horreurs auxquelles on sait qu'on sera confronté dès qu'on mettra un pied hors d'ici. Je n'en ai rien à cirer. Je continuerai à faire ce que je veux, que tu sois d'accord ou pas. Vas te faire voir. »

Tout était sorti d'un coup, et elle le dévisageait avec des yeux ronds comme des souafles pendant que la bibliothécaire demandait abruptement à James de se taire ou de débarrasser le plancher, ce qu'il fit sans plus attendre.

Il rejoignit sa table, attrapa ses livres à la va-vite et les fourra dans son sac avant de le balancer sur son dos et de quitter la bibliothèque sans un regard vers Sirius qui s'empressa de le suivre, à la fois surpris et amusé par son comportement.

« Elle a raison, tu agis vraiment comme un troll parfois, lui fit-il remarquer.
- Tu as dit que je lui mangeais dans la main. Voilà la preuve que non, rétorqua t-il sèchement après s'être rendu compte qu'il n'avait pas le soutient de Sirius sur ce coup là.
- Je n'ai pas dit que c'était mal.
- Tu l'as insinué ! Protesta James en s'arrêtant soudainement et en pointant un index menaçant sur le torse de son ami. »

Sirius ne répondit pas, il se contenta de regarder le doigt de James, puis de relever les yeux jusqu'à rencontrer les siens et ce fut suffisant pour qu'il recule légèrement. Il réajusta son sac sur son épaule avec embarras, passa sa main dans ses cheveux, mais n'eut pas besoin de murmurer l'excuse que Sirius n'attendait même pas. Leur amitié n'en nécessitait aucune. Jamais.

« Je pensais que... Je croyais que tu te moquais de moi.
- Oh oui, je me moquais de toi, confirma Sirius avec un sourire en coin, et si tu agissais comme ça avec Vance ça m'aurait vraiment énervé, mais Evans est cool.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- J'essayais juste de te faire avouer que tu en pince vraiment pour elle. Je ne pensais pas que tu allais partir au quart de tour et l'agresser comme ça.
- Je ne l'ai pas agressée ! J'ai juste... J'ai...
- Qu'est-ce qu'il a fait, encore ? Intervint Rémus. »

Suivit par Peter, il observa tour à tour Sirius et James en sachant pertinemment que la réponse qu'il attendait n'allait pas arranger leurs affaires.

« Il a passé ses nerfs sur Evans, expliqua Sirius en ricanant. »

Rémus se contenta d'un profond soupir et d'un regard consterné vers le fautif. La relation qu'ils entretenaient avec Lily Evans était compliquée depuis bien longtemps. Tantôt rivaux, tantôt amis, c'était difficile de suivre, mais s'il y avait une chose dont le lycanthrope était certain, c'était que la jeune femme était la seule personne capable de parler en leur nom et de leur éviter l'expulsion, les retenues, et les remontrances... La seule que le professeur McGonagall était disposée à écouter lorsqu'ils déconnaient au delà des limites.

« Tu ferais bien de réparer ça, Cornedrue.
- Ne t'en fais pas Lunard, il va la bécoter un peu après le dîner, et tout ira bien, ricana Peter.
- Hmmm... Bien vu Queudver, mais je ne suis pas certain que la demoiselle soit d'humeur après ce qu'elle vient de recevoir à la figure.
- Je n'ai jamais bécoté Lily, marmonna James, partiellement déçu par sa propre déclaration et contrarié par les soupçons qu'il avait lui même éveillé chez ses amis.
- Tu as bécoté ton oreiller en rêvant de Lily, c'est mieux que rien, ajouta Peter en gloussant. »

James s'apprêta à répondre mais il referma sa bouche, contrarié. Ses trois amis se dressaient devant lui, essayant tous plus ou moins de ne pas éclater de rire devant sa mine renfrognée, et il se rendit compte à ce moment là qu'il était aussi transparent pour Rémus et Peter qu'il l'était pour Sirius. Il n'avait plus rien à cacher, plus rien. Ils savaient déjà tout.

Finalement, peut-être qu'il avait eu tort d'avoir peur de leur en parler, peut-être qu'il avait été stupide de redouter la réaction de Sirius. Il savait apparemment qu'il n'avait rien à craindre de Lily, que leur amitié ne serait jamais remise en question, qu'elle ne l'éloignerait pas de lui. Peut-être que c'était pour cela, qu'il avait dit qu'elle était cool. C'était son feu vert, celui qu'il n'avait pas donné pour Emmeline Vance.

« Vous avez gagné. C'est bon. J'abandonne. Oui, j'aime bien Lily. Je l'aime vraiment bien. Je veux dire... Elle est... Elle a un caractère de chien, je sais, mais elle...
- Une vraie qualité, si tu veux mon avis, commenta Sirius avec malice.
- Super, continua James. Elle est géniale. Est-ce que je suis le seul à m'en rendre compte ? Alors oui, peut-être que je lui mange dans la main, mais c'est parce que je ne veux pas qu'on retourne deux ans en arrière et...
- James ? »

Il fut coupé dans son élan par une petite voix qu'il ne connaissait que trop bien. Il fixa ses amis avec effroi et tourna légèrement la tête pour apercevoir Lily, quelques mètres derrière lui, les joues si rouges qu'il pouvait jurer qu'elle venait d'entendre tout ce qu'il venait de dire. Ses trois camarades avaient dû la voir venir, c'était obligé, mais aucun d'eux n'avait cru bon de le stopper, et maintenant ils arboraient tous des sourires idiots.

« Qu'est-ce que tu as entendu exactement ? L'interrogea-t-il, peu sûr de lui.
- Écoute, je ne veux pas qu'on retourne deux ans en arrière moi non plus. Je suis désolée. J'ai vraiment été stupide à propos de la petite fête... Vous ne faisiez de mal à personne. J'ai réagi un peu trop vivement... »

Il n'arrivait pas à y croire. Cela ressemblait vaguement à des excuses, et Lily n'était pas du genre à faire des excuses. Il le lui aurait bien fait remarquer pour la taquiner un peu, mais ça ne semblait pas être le bon moment, alors il prit simplement tout ce qu'il put prendre.

« A qui le dis-tu ? Souffla t-il en passant une main dans ses cheveux. »

Elle aimait quand il le faisait. Il le voyait dans ses yeux verts. Ils se figeaient sur sa main, et elle déglutissait. Elle avait longtemps détesté cette habitude, mais c'était seulement parce que James représentait tout ce qu'elle détestait. C'était bien différent depuis longtemps. Elle était agacée quand il le faisait en pénétrant dans la Grande Salle le matin juste parce qu'il savait que toutes les filles auraient les yeux rivés sur lui, mais quand il le faisait devant elle, juste pour elle, elle pouvait être certaine d'être la seule à s'imaginer à quel point ce serait plaisant d'y plonger sa propre main.

« Où sont les gars ? Reprit-il en regardant tout autour d'eux.
- Ils sont partis plus ou moins discrètement quand on a commencé à discuter, lui répondit-elle en souriant.
- Oh... Ils ont dû penser que tu allais hurler, pointa t-il en lui rendant son sourire.
- C'est sûrement ça. Une vraie bande de froussards, tes amis.
- Je ne peux pas leur en vouloir... Moi aussi, je pensais que tu hurlerais...
- J'ai pesé le pour et le contre... Ce n'était pas simple. Tu m'as insultée, et qualifiée de princesse, je ne savais pas vraiment comment le prendre... »

Elle se mordit la lèvre, il se gratta nerveusement l'arrière du crâne, un curieux moment de flottement les laissa tous les deux gênés, et James choisit d'ouvrir ses bras.

« Trêve ? Lui proposa t-il.
- Trêve, confirma t-elle. »

Elle le considéra un instant avant de sourire et d'accepter son étreinte. Elle dura quelques secondes, mais fut assez longue pour qu'ils se sentent tous les deux confus. Il ne s'habituait pas à l'avoir si proche de lui. Voilà deux ans qu'ils étaient amis, et ce genre de contact n'était que trop rare à son goût, mais il pouvait difficilement lui faire part de ce manque.

« Tu as vraiment entendu toute la conversation, tout à l'heure ? La questionna t-il en relâchant son étreinte.
- Je suis arrivée quand tu disais que tu me mangeais dans la main, répondit-elle l'air moqueur. Pourquoi ? Il y avait autre chose de plus croustillant ?
- Non. Rien. Rien du tout, affirma t-il en retenant un soupir de soulagement.
- Bon, dans ce cas là... On se voit ce soir pour la ronde ? »

Elle avait déjà commencé à s'éloigner pour retourner dans la bibliothèque lorsqu'il acquiesça mécaniquement. Une seconde plus tard, Vance était pendue à son bras.

« Quand est-ce que vous allez enfin vous décider ? Le questionna t-elle en lui jetant un regard las.
- De quoi tu parles ?
- Rien, laisse tomber, soupira t-elle. Tu as invité Lily à la soirée d'après match samedi ?
- Non, pas encore. On a eu quelques désaccords ces derniers jours... Répondit-il en commençant à marcher vers la Salle Commune.
- Il faut absolument qu'elle vienne.
- Pourquoi ne lui demandes-tu pas toi-même ?
- Parce que... La jeune femme s'interrompit et grimaça légèrement. Lily et moi, on ne s'entend pas trop en ce moment. »

James fut un peu étonné par cette déclaration. Lily n'avait jamais mentionné qu'elle avait eu un différent avec Emmeline et en plus de cela, il savait qu'elle l'appréciait beaucoup. Elle avait été un soutient pour elle lorsque ses parents étaient morts, et elle l'avait aidé à rattraper ses cours.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? L'interrogea t-il.
- Devine, répondit-elle avec un sourire triste. »

Il fronça les sourcils, observa longuement Emmeline dont les yeux pétillants de malice contrastaient avec son air peiné, et il se rappela de la discussion qu'il avait eu avec Lily quelques jours plus tôt en cours de Runes. Etait-il possible que...

« Elle n'est pas... Jalouse ? N'est-ce pas ?
- J'espère que si, répondit Emmeline, parce que sinon, je ne sais pas ce qu'elle a. »

Tout était de plus en plus confus dans l'esprit de James. Il imaginait mal Lily être jalouse de qui que ce soit, mais en même temps, tout coïncidait tellement...

« Ça fait plusieurs jours que j'attends qu'elle craque, continua la jeune femme. »

Cette fois, James dû s'avouer complètement à la ramasse. Emmeline était la définition même de la bonne copine, capable en tout temps de vous remonter le moral, de vous faire rire, de vous montrer ce que vous n'arrivez pas vous-même à voir... S'il n'avait pas été aussi épris de Lily, il aurait pu rester indéfiniment avec elle.

« Est-ce que tu es en train de dire que ce qui est arrivé entre toi et moi n'est arrivé que parce que tu essayais de lui démontrer quelque chose ? Reprit-il en plissant les yeux comme s'il interrogeait le suspect numéro un d'une enquête particulièrement importante. »

Elle lâcha son bras, afficha une moue désolée, et acquiesça lentement, faisant partir James dans un fou rire démentiel. Elle s'attendait à tout, sauf à cela, et ce fut son tour d'être complètement décontenancée.

Cela faisait un moment qu'elle prévoyait son plan, mais elle n'avait jamais pu le mettre à exécution. James était difficile à approcher, et elle n'était même pas persuadée de lui plaire. Elle aurait pu le mettre au courant de son plan avant pour faciliter les choses, mais accepter d'en faire partie serait revenu, pour James, à avouer qu'il avait bien des sentiments pour Lily, et Emmeline savait bien qu'il ne lui aurait jamais confié un tel secret. Peu lui importait, elle n'avait pas besoin de l'entendre de sa bouche. Elle le savait, elle le voyait, et elle n'était pas la seule. Les autres maraudeurs l'avaient remarqué, eux aussi.

« Et tu avais prévu quelque chose pour samedi soir, n'est-ce pas ? Continua t-il.
- Le final. Je m'étais dit qu'on pourrait officialiser les choses devant elle, se peloter un peu... Murmura t-elle, vaguement embarrassée.
- Oh, grandiose. A quelle heure est-ce que je dois lui dire de venir ? »

Emmeline qui s'apprêtait à se justifier du mal qu'elle aurait pu faire à son amie s'arrêta net et remarqua le sourire fou qui éclairait le visage de James. Peut-être qu'elle avait finalement trouvé un allié pour son combat, peut-être que les choses allaient enfin avancer, peut-être qu'elle arriverait à démontrer à Lily que la vie n'était pas pavée que de malheurs.

Elle l'espérait. Elle savait que son plan n'était pas le meilleur, qu'elle blesserait peut-être son amie, qu'elle la blessait sûrement déjà, mais elle se disait pour se consoler que c'était peut-être un mal nécessaire à son bonheur. Lily avait vécu énormément de choses difficiles pour une jeune femme de son âge. Elle était orpheline et devait se battre chaque jour un peu plus contre l'incertitude, contre un futur auquel elle ne croyait pas, pour une vie tranquille qu'elle ne pensait pas mériter.

Depuis le jour où elle l'avait vue pleurer la mort de ses parents dans les escaliers de la tour menant aux dortoirs, Emmeline s'était jurée qu'elle ferait tout pour lui faire retrouver l'espoir nécessaire pour mener ses combats à bien, et Merlin savait qu'elle allait en avoir besoin. Etre une fille de moldue était difficile à vivre pour certains sorciers, même si Lily ne l'avait jamais montré, mais être orpheline de parents moldus était une autre histoire.

Lily était forte, probablement d'avantage que n'importe qui dans ce château aux yeux d'Emmeline. Elle s'était forgée une armure qui la protégeait de tout mais qui l'empêchait également de s'ouvrir au reste du monde. Elle n'était pas froide et renfermée, au contraire, mais elle dissimulait toutes les émotions susceptibles de lui faire du mal au fin fond d'elle même où elle les étouffait. Elle avait commencé à avoir plus peur de vivre que de mourir.

Quand elle l'avait vu franchir la porte de la Grande Salle d'un pas décidé, une semaine après le décès de ses parents, Emmeline s'était dit que Lily prenait le taureau par les cornes et qu'elle allait flanquer un beau coup de pied aux derrières à ce foutu coup du sort qui l'avait momentanément mise hors jeu, mais elle avait rapidement vu au travers de son uniforme impeccable, de sa queue de cheval irréprochable, et de ses airs de jeune fille exemplaire.

Lily avait décidé de faire de son aspect extérieur l'exact opposé du champs de mines qu'elle était à l'intérieur, et elle réussissait tous les jours. Elle parvenait à tromper le monde entier par un comportement admirable, un sourire éclatant d'une joie qu'elle ne savait plus ressentir, et une dépendance au travail qui lui valait les meilleures notes du château.

Emmeline ne pouvait plus la laisser s'enfermer à l'intérieur de cette prétendue perfection, ce faux monde qui n'était pas le sien, elle voulait la voir vivre à nouveau, et elle savait que James pouvait l'aider. Elle le savait parce qu'il était la seule personne à réussir à la bousculer, à briser le personnage qu'elle s'était créée, à la faire sortir de ses gonds et à pouvoir l'atteindre là où elle ne voulait pas l'être. Lily allait revivre, Emmeline l'aurait juré lorsqu'elle tapa dans la main de James Potter, ce jour là.