Ohayo minna !
Déjà je souhaite remercier du fond du cœur Sasa875 et julie2709 pour avoir choisi de prendre le risque de me suivre ! Merci merci, en espérant que la suite vous plaise ;)
Bon bah voilà le premier chapitre de cette fiction... *a le trac*
J'espère qu'il vous plaira !
Pour ce qui est de la publication je compte poster un chapitre par semaine ou un toutes les deux semaines, cela dépendra de mon cher emploi du temps~~
Je rappelle que les personnages de cette histoire appartiennent à Oda-sensei et que c'est un UA avec du yaoi.
Je ne vous embête pas plus et vous souhaite une bonne lecture :)
Chapitre 1
Un enfant sous l'orage
Cela fait maintenant huit jours que le ciel pleure des larmes glacées sur la ville.
Le rideau de pluie engloutit les bâtiments, transforme les passants en silhouettes fantomatiques et noie l'asphalte sous des rigoles d'eau que les voitures propulsent sur les trottoirs en vastes gerbes inattendues.
L'humeur maussade du temps déteint sur les étudiants et nombreux sont ceux qui affichent des têtes moroses ou sans expression. Tout le monde est humide, tout le temps. Les vêtements collent aux peaux, les cheveux gouttent sur le lino et l'odeur âcre du goudron gorgé d'eau s'accroche aux narines.
Je déteste ça.
La fin des cours arrive et je me lève rapidement pour éviter le flot d'élèves qui va se déverser dans les couloirs en chahutant et criant la joie de le libération.
Vivement que je commence un stage à l'hôpital et que je puisses enfin quitter les bancs abîmés de la fac de médecine.
Sans plus prêter attention aux cordes d'eaux qui crépitent sur le sol, je déplie mon parapluie et plonge dans la pénombre que les nuages s'obstinent à répandre sur la ville.
Tout devient flou et opaque autour de moi.
Les sons, les formes, les odeurs... tout est noyé sous ces litres de liquide dégoulinant du ciel pour venir grésiller sur mon parapluie.
Déjà, mes chaussures sont trempées et je grogne en accélérant le pas.
Enfin la vague silhouette de ma voiture apparaît devant moi et je m'empresse de déverrouiller la portière pour me glisser dans le petit habitacle et savourer un instant l'atmosphère calme et sèche qui flotte à l'intérieure.
La pluie crée des rides mouvantes sur le pare-brise et je pousse un soupir avant de démarrer et de m'engager sur la route. Le mouvement répétitif des essuie-glaces qui crissent sur le verre m'apaise et je conduis sans empressement vers le petit appartement que je loue, au cœur de la banlieue.
Le périph' est blindé et les voitures roulent lentement, le temps s'étire et je pousse un soupire de soulagement en quittant enfin l'embouteillage pour aller slalomer dans les petites ruelles qui me mènent devant mon immeuble. J'effectue un créneau rapide et maîtrisé avant de me confronter de nouveau à la colère humide du ciel qui finit de tremper les quelques endroits de mes vêtements qui avaient été épargnés.
Je m'engouffre dans le petit passage qui mène à la cour de mon immeuble où la pluie crépite sur les grosses poubelles vertes qui gisent contre les murs sales.
Alors que je me dirige vers la porte d'entrée mon regard s'accroche sur une petite tâche sombre, glissée entre deux poubelles. Il me faut quelques secondes pour arriver à distinguer une fine silhouette dissimulée par l'épais rideaux de pluie. Le couvercle d'une des bennes à ordures qui l'entourent est rabattu et posé sur l'autre bac en plastique, à sa gauche, créant ainsi un abri de fortune contre la pluie. C'est la concierge qui va gueuler vu ce que la poubelle, grande ouverte, engloutit comme litre d'eau. Des minces filets dégoulinent déjà des bords sales, preuve que le vaste bac d'ordure est déjà gorgé de pluie et donc que le squatteur ne vient pas d'arriver.
La pluie glacée glissant dans mon dos me fait subitement prendre conscience que je me suis arrêté et je détache mon regard du local poubelle -la curiosité n'a jamais été mon fort- avant de pénétrer dans le petit hall où flotte une odeur de refermé et de poussière.
Au mois il a l'avantage d'être sec. Ce qui, par les temps qui courent est une propriété non-négligeable.
Je grimpe les escaliers quatre à quatre -l'ascenseur est en panne depuis maintenant trois semaines- et ouvre enfin la porte de mon appartement, noyé dans les ténèbres.
J'allume la lumière, laisse choir mon sac de cours sur le sol et me dirige vers la petite cuisine avec un seul objectif en tête : me faire un café brûlant et bien fort avant de filer prendre une douche.
La silhouette sous le couvercle de la poubelle m'est déjà sortit de l'esprit.
Une rafale de pluie projetée contre ma vitre me fait relever la tête de mes cours et je me perds un instant dans la contemplation de cet orage destructeur qui secoue la tombée de la nuit.
Le verre est strié de gouttelettes de pluie qui dévorent leurs congénères, forment des rigoles, s'entremêlent et tremblent comme un nid de petits serpents. Le vent s'amuse maintenant à balancer les gouttes à droite puis à gauche, au gré de ses envies impulsives. C'est comme si la nature nous faisait une démonstration de sa toute puissance contre laquelle nous ne pouvons rien et je ne peux m'empêcher d'admirer cet acharnement chaotique.
Mes yeux glissent sur les dizaines de feuilles noires d'encres que je viens de remplir et j'enfouis une main dans mes mèches indisciplinées avant de me lever pour aller m'accouder contre le bord de la fenêtre et admirer de plus près la danse impitoyable de la pluie dans l'obscurité naissante qui se masse contre la verre. Une tâche verte et floue attire mon regard au bout d'un moment et je reconnais les trois grosses poubelles noyées sous les cordes de pluie. Et avec elles le souvenir encore frais du petit corps recroquevillé entre les deux gros bacs.
Un jeune enfant, vu sa petite taille.
Aussitôt, telle une feuille que le vent rabat encore et encore sur une vitre, l'image de ce minuscule corps coincé entre les poubelles se colle à mon esprit et ne veut plus s'y retirer malgré mes tentatives toutes plus vaines les unes que les autres pour l'écarter.
Énervé, je décide de reprendre la révision de mes cours mais plus le temps passe plus mon agacement croît comme un ballon rempli d'un gaz menacant d'exploser d'une minute à l'autre.
C'est une violente rafale de pluie contre ma vitre qui fait éclater mon calme vacillant.
N'y tenant plus je me lève rageusement, envoyant voler sur le parquet ma feuille d'exercices, pour aller enfiler à la va vite mon manteau encore humide.
La cage d'escalier est envahie par l'obscurité bleutée des temps orageux et je dévale les marches en rageant contre moi même.
Putain mais qu'est-ce que je fous, sérieux ?!
Et puis si il est toujours là, ce qui n'est déjà pas sûr étant donné que je n'ai pas pris la peine de vérifier de nouveau, qu'est-ce que je vais lui dire ?
"Salut gamin, me demande pas pourquoi mais j'avais envie de venir te voir, histoire de savoir ce que tu fous entre deux poubelles !"
Bah oui bien sûr, pourquoi pas lui proposer un thé pendant qu'on y est ?!
Je serre les dents et pousse brutalement la porte vitrée qui donne sur la petite cour. Si la vieille Kureha me voyait elle me jetterait dessus tout les couteaux qu'elle garde en réserve pour les "malappris" de "son" immeuble. Mais franchement j'en ai rien à foutre, ça fait bien longtemps que je n'ai plus peur de cette vieille folle centenaire.
Une rafale de pluie percute mon visage comme un coup de poing et je lance un juron avant de me diriger à grands pas vers les réservoirs à ordures.
Il est toujours là.
Minuscule silhouette recroquevillée sur elle-même.
Je me plante face à lui et les gouttes de pluie gonflent déjà mes vêtements, comme pour me rappeler la stupidité de ma hâte qui m'a fait oublier de prendre un parapluie.
Le couvercle rabattu est rempli d'eau et déborde allégrement, créant ainsi des dizaines de filets liquides qui obstruent le corps à ma vision.
Ce n'est qu'une forme vague et floue et ma voix transperce ce rideaux aqueux pour atteindre l'enfant.
"Qu'est-ce que tu fous là ?"
N'obtenant pas de réponse je suis obligé de m'accroupir pour mieux voir la petite silhouette que le couvercle me dissimule en partie.
Il ne bouge pas et je détaille entre les fils d'eau ses coudes éraflés qui entourent des genoux sales dans lesquels son visage est enfoui. Des mèches noires et ondulées sont plaquées sur son crâne et son t-shirt orange est gorgé d'eau. Un garçon probablement.
"T'es sourd gamin ?"
Je vois ses bras resserrer leur étreinte autour de ses jambes et sa tête s'enterrer un peu plus dans le creux de ses genoux mais il ne m'adresse pas de réponse.
"J'suis pas très patient tu sais et j'aime pas les gosses de base alors les insolents..."
Comprenant que je n'aurais pas de réponse en continuant ainsi je tend ma main vers lui, histoire de le secouer un peu et de lui faire comprendre que j'ai pas envie de passer la nuit avec les poubelles.
Sa réaction est électrique.
Son bras percute brutalement ma main au moment où celle-ci va le toucher, ses jambes se déploient comme des ressorts et il saute sur ses pieds, poings fermés et plantés devant son visage.
Je ne sais pas ce qui me choque en premier.
Son petit corps tremblant d'une rage brûlante, sa bouche déformée par un rictus, son regard noirs brillant de haine ou bien la plaie profonde qui traverse son arcade sourcilière droite et dont s'écoule un épais filet de sang, à moitié avalé par l'eau qui dégouline de ses cheveux.
Le liquide carmin redessine l'arrondi de sa joue d'enfant, mouchetée de tâches de rousseur, dévale son cou et assombrit son haut d'une large tâche noire.
Sa position témoigne clairement qu'il est prêt à se jeter sur moi si je tente de l'approcher et sa voix hargneuse me le confirme.
"Dégage ! Tu me touches j'te bute pigé ?!"
N'importe qui aurait été choqué par l'agressivité qui émane de sa bouche enfantine mais pas moi.
Je connais trop ce ton acide et virulent pour en être surpris.
"Tu es blessé.
- Comme si j'étais pas au courant ! Casse toi si c'est pour dire des conneries !"
Ce gosse m'énerve déjà, rien d'étonnant : j'ai toujours eu du mal avec les gamins.
J'ai envie de me lever et de laisser ce merdeux se débrouiller tout seul mais quelque chose m'en empêche.
Ses yeux ressemblent à deux minuscules perles où seraient condensées toutes les ténèbres du mondes. Leur noirceur est telle que je ne peux distinguer la pupille de l'iris et cela renforce le côté sauvage et animal qui se dégage de lui. La haine et la colère qui suintent de ce regard fou ne me rappellent que trop bien les stigmates de mon passé et je serre les dents.
Je parcours rapidement son petit corps trempé du regard et note mentalement toutes les égratignures et les bleus qui parsèment sa peau laiteuse.
Je devrais rentrer au chaud, me refaire un bon café et oublier ce gosse au regard abyssal mais je ne peux pas.
Parce que le sang continue de dévaler de sa blessure visible et de lécher sa joue.
Parce que j'arrive à entrapercevoir, derrière cette carapace de haine qui fait briller ses yeux, une plaie encore plus profonde que je ne connais que trop bien, pour en avoir encore une douloureuse cicatrice.
Si cela avait été juste un simple gosse, qui avait fugué pour une de ces raisons stupides que trouvent les adolescents pour faire des conneries, je l'aurais laissé en plan sans remord.
Mais justement ce n'est pas le cas et je ne suis pas partie.
J'attrape d'un geste vif un des bras du gamin et je le tire vers moi, sous les trombes d'eau.
Immédiatement son corps se tend, son autre bras s'écrase sur mon torse, ses jambes s'emballent et tentent de l'écarter de moi, en vain.
"LÂCHE MOI ! J'VAIS T'BUTER ! LÂCHE MOI MERDEEEE !"
Il se démène avec une force étonnante, ses poings percutent sans cesse mes épaules et mon torse, la rage désespérée de ce gosse me sidère mais je ne le lâche pas pour autant. Sa tête se secoue dans tous les sens, projetant des gouttelettes ensanglantées sur mon visage. Ses cris redoublent d'intensité et il finit par se jeter sur moi en hurlant.
La douleur me foudroie et je me retiens de justesse de le libérer sous la surprise : ses dents sont profondément plantées dans la chaire de mon avant-bras et il balance son visage de tous les côtés pour déchirer ma peau et me faire lâcher prise.
Putain ! Ce gosse est un monstre c'est pas possible !
La douleur me brûle le bras et je sens ma chaire s'arracher sous ses crocs de bête. Le sang chaud inonde sa bouche et tache son nez et ses joues déjà souillées. Je n'ai plus le temps de faire des concessions.
Ma main libre s'écrase dans le ventre du gamin et le choc est tel qu'il échappe un cri qui lui fait desserrer les dents. Je ne lui laisse pas le temps de reprendre ses esprits et emprisonne d'une main ses poignets avant de refermer l'autre sur ses joues pour le faire taire.
" . . Sale gosse !" martelé-je d'une voix sifflante.
La pression que j'exerce sur ses poignets fait redoubler d'intensité le flot de sang qui s'écoule de ma blessure mais je n'y prête pas attention.
J'ai connu bien pire.
Il tente de se débattre encore avec une énergie que je ne pensais pas capable de la part d'un si petit enfant puis finit par se fatiguer inutilement au bout de quelques minutes.
Je sens son corps s'élever au rythme saccadé de sa respiration et son regard me fusille.
Le tourbillon de haine virulente et de rage qui émane de ses yeux est comme une flamme brûlante avec laquelle il voudrait me faire souffrir, à défaut de pouvoir le faire physiquement, mais ça ne marche pas.
Je sens un sourire amusé et sadique étirer mes lèvres et susurre d'une voix basse et moqueuse :
"C'est pas avec ce regard que tu vas me tuer sale morveux. J'reconnais que t'as la hargne mais ça suffit pas. Dommage hein ?"
Je savoure l'éclat d'énervement qui incendie ses orbes abyssales tandis que ses dents se serrent face à ma provocation avant de reprendre d'une voix plus sérieuse.
"Bon, maintenant que t'as fini ton cirque tu vas m'écouter bien sagement ok ?"
Pour toute réponse il tente de mordre la paume de ma main mais je l'ignore et continue à parler.
"J'en ai rien à foutre de savoir comment tu t'appelles, d'ton âge et de toutes ces conneries, ni de la raison pour laquelle tu es sous une poubelle et je te le demanderai pas, compris ?
Tout ce que je veux c'est soigner cette blessure qui va te laisser une méchante cicatrice si je le fais pas. Ça te va ou tu comptes toujours me la jouer à la Hulk ?"
Une étincelle d'étonnement traverse son regard et je vois que mes paroles le laissent sceptique. Il ne s'y attendait pas et ça n'a rien d'étonnant : qui dirait ça à un gosse tout seul qui se cache sous des poubelles un soir de déluge ?
...Moi apparemment, et je veux même pas savoir pourquoi.
Ce gosse me fait faire des choses que je n'ai jamais faite et cela fait à peine dix minutes que je l'ai rencontré.
J'dois avoir un sérieux grain mais c'est pas trop le moment de penser à ma santé mentale.
La pluie n'a pas daigné s'arrêter durant notre "échange amical" et je suis trempé jusqu'au os. Le gamin aussi.
"J'dois te porter ou tu peux marcher seul comme un grand ? demandé-je alors que ma main s'écarte un peu de sa bouche pour le laisser répondre.
- T'façon c'est pas comme si j'avais le choix, siffle sa voix dédaigneuse.
- Tu compris vite gamin, c'est bien.
- Tu veux m'vendre à des salauds c'est ça hein ?" Crache t-il
Son ton sûr de lui et plein de mépris me fait soupirer et je lâche avec sérieux :
"Nan, je vais te découper en rondelles et te manger avec une poêlée de petits légumes. T'as p'tètre bon goût malgré que ton caractère de merde."
Ses yeux s'écarquillent de stupeur et je me félicite pour lui avoir fait fermer sa grande gueule.
"Bon si t'as finis de déblatérer des conneries on peut peut-être envisager de rentrer au sec ?"
Il ne répond rien mais ses yeux me lancent toujours des éclairs cependant que je le libère et me redresse pour me diriger sans un mot vers la porte d'entrée du hall. Je sais que je lui laisse la possibilité de sa barrer si il le désire mais au fond de moi je suis sûr qu'il ne vas pas le faire.
Je l'ai vu dans ses yeux après ma dernière réplique.
Et en effet, il pénètre dans l'atmosphère sèche et odorante du hall à ma suite, les mains dans les poches, sans un mot, le regard rivé au sol.
Une bonne étape de faite
Je me fustige mentalement pour cette remarque stupide – comme si j'étais soulagé qu'il m'ait suivit- et m'engouffre dans la cage d'escalier, ses petits pas résonnant dans mon dos.
Son regard balaye mon appartement et sonde avec attention chaque objet, meuble et fenêtre.
Je lui désigne du menton une des chaises qui encerclent la table.
"Va t'asseoir."
Il ne bouge pas de l'entrée et continue son inspection approfondie, m'ignorant royalement.
Décidément, j'dois être maso pour avoir ramené ce sale gosse chez moi.
Je laisse échapper un soupire d'exaspération avant d'aller chercher ma trousse de soin, posée dans un coin. Le gamin est encore devant la porte et je ne peux m'empêcher de grimacer en apercevant la flaque d'eau qui ne cesse de grandir autour ses pieds. Ses mèches ondulées gouttent continuellement sur le sol et cela m'agace plus que je ne le voudrais. Je fais un détour par ma salle de bain pour attraper une serviette que je fais tomber sur sa tête en revenant vers lui.
"Sèche toi un peu si tu veux pouvoir quitter l'entrée."
Ses mains agrippent le tissu moelleux et tirent brusquement dessus, le faisant tomber au sol.
"J'ai pas d'ordre à recevoir et de t'façon j'compte pas rester longtemps."
Sa voix est sifflante et agressive et je m'apprête à lui répondre que ça marche pas comme ça ici quand un gargouillement sonore me coupe la parole. Ses joues virent au rouge et il sert ses bras autour de son ventre comme si il voulait étouffer les plaintes de son estomac.
"C'est pas en compressant ton ventre que ça va calmer ta faim, morveux" ricané-je
Il me lance un de ses habituels regards meurtriers et je me penche pour ramasser la serviette qui s'imbibe lentement dans la flaque au sol. Quelques minutes s'égrènent en silence avant que je ne fasse demi-tour pour retourner dans la salle de bain en l'invitant à me suivre.
Évidemment il ne le fait pas.
Exaspéré, je m'adosse à la porte de la petite pièce et plante mon regard dans le sien.
"Bon écoute sale gosse borné, tu vas ramener ton p'tit cul tout de suite pour que je soigne ta blessure et après tu pourras retourner dormir avec les poubelle si tu y tient tant."
Ses poings se serrent et sa bouche se tord dans un rictus qui déforme ses traits fins alors que son cri transperce la douce pénombre qui flotte dans l'appartement.
"Mais qu'est-ce que t'as à vouloir tant me soigner ?! Tu m'connais même pas ! J'en ai rien à foutre de c'te merde ! Ça fait même pas mal ! C'est plutôt toi qui devrais te soigner, tu pisses le sang !" crache t-il en rigolant et désignant mon bras blessé.
Je baisse les yeux vers mon avant-bras déchiqueté par ses dents et dont s'écoule encore des filets carmins qui serpentent jusqu'entre mes doigts.
C'est vrai, faut que je m'occupe de ça aussi.
"Je fais des études de médecine, c'est mon métier de soigner les gens. T'es qu'un gosse je vais pas te laisser te vider de ton sang sous mes poubelles. Ça ferait moche sur mon CV.
- Menteur ! T'en a rien à foutre que j'sois un gosse ! T'a déjà oublié comment tu m'a frappé ? J'suis sûr que t'a une autre idée en tête !"
Putain mais ce gosse me soûle à un point !
En deux pas je suis face à lui et saisit un peu brusquement ses cheveux humides de pluie et de sang.
"Premièrement, tu me parles pas sur ce ton et deuxièmement, ouais, t'as raison : j'vais trouvé une autre raison de te soigner. Pourquoi pas t'utiliser comme cobaye et en profiter pour étudier tes entrailles de plus près ?!"
Un sourire victorieux déforme sa bouche et un rire glacial jaillit de ses lèvres.
"Tu peux me buter sans inquiétude, c'pas comme si on allait me pleurer. En plus j'suis sûr que tu pourras vendre mes organes à un prix d'or, ça amusera tous ces connards de posséder les entrailles de son fils."
Cette fois, aucun mot n'arrive à sortir de ma bouche.
La façon qu'il a eu de cracher cette phrase, comme si elle lui déchirait les poumons, me fait prendre conscience de la folie de cet enfant.
Car c'est bien cela : il est fou, complètement.
J'ai l'impression que se mélange en lui une bouillie de sentiments tous plus cruels les uns que les autres.
Dégoût, colère, mépris, amertume, rage, cynisme et haine.
Surtout de la haine.
Envers le monde entier, envers lui-même et envers cette personne dont il a parlé en s'appelant "son" fils. Son père ou sa mère ?
Peu importe son identité, la violence qui a incendié ses yeux quand il a parlé de cette personne était tellement forte, tellement pure que j'ai pu voir à travers elle, toute la souffrance qui déchire ce minuscule corps.
Ses mèches glissent lentement entre mes doigts alors que je les relâchent.
Je les regarde tomber doucement sur son front humide et mes mots m'échappent.
"Tu as envie de tuer le monde entier n'est-ce pas ? Murmuré-je en plongeant mon regard dans le sien. Tu ne supportes pas les autres, leurs regards, leurs voix, leurs odeurs. Tu ne fais confiance à personne d'autre que toi-même, tu pense qu'ainsi tu es protégé. Mais c'est faux, la solitude c'est qu'une terre hostile où germe la haine. Et la haine ne protège pas, elle nous bouffe de l'intérieure sans qu'on ne s'en rende compte."
C'est ce que tu m'a appris, alors que je n'étais qu'un pauvre gosse taré et rongé de haine.
"Qu'est-ce que tu racontes ?"
Sa voix n'est plus qu'un murmure et je sais que je l'ai déstabilisé.
En même temps, qui ne peut mieux dépeindre son caractère que quelqu'un qui a vécu les même douleurs ?
Néanmoins je n'aime pas parler de moi, et surtout pas devant un gamin que je connais depuis seulement quelques minutes.
Je me redresse, conscient d'avoir trop laissé ton souvenir hanter ma mémoire et influencer mes réactions, ma voix est faible, comme si le moindre bruit pouvait briser la bulle de calme dans laquelle nous venons de plonger.
Aussi fragile qu'éphémère, je le sais.
"Viens."
Son regard est planté dans le mien et je ne peux qu'admirer la profondeur de ces deux minuscules abysses où flottent tant de sentiments contradictoires.
Méfiance, crainte, colère, mépris.
Mais aussi, j'en suis certain, une petite étincelle d'incertitude, d'hésitation et ... d'envie.
Une envie de faire confiance, peut-être pour la première fois ?
J'ai l'impression de me revoir enfant et ce n'est pas pour me plaire...
Après une dernière hésitation il me suit en silence dans la salle de bain et s'assoit sur le rebord de la baignoire, ses pieds ne touchent même pas le sol.
Je farfouille dans ma trousse de soin en savourant le nouveau silence qui s'étire dans l'appartement, seulement perturbé par le sifflement de sa respiration.
Mes mains habiles et habituées saisissent un coton et je me tourne vers lui pour éponger le sang et l'eau qui trempent son visage.
Il se crispe à mon approche et je le vois serrer les dents et les poings. Il ne doit pas supporter qu'on le touche.
Avec douceur mais fermeté je tamponne son front et les bords de sa plaie en regardant le coton s'alourdir entre mes doigts et prendre une teinte écarlate. Quand il n'est plus qu'une boule de sang et de saleté je le jette d'un geste désinvolte dans l'évier et glisse mon index sur son front pour écarter les mèches qui lui caressent le front avant d'attraper une autre boule cotonneuse sur laquelle je verse du désinfectant.
D'un regard appuyé je lui fais comprendre que cela va sûrement le piquer mais il ne bronche pas.
Soit il n'a pas compris, soit il n'a pas peur de la douleur.
Et vu le spécimen je penche plutôt pour la seconde option.
Je commence donc à désinfecter la plaie et savoure son absence de réaction.
C'est plus agréable de le soigner que de lui taper la causette à ce gosse.
Je continue mes soins dans le silence et le calme et, au bout d'une petite demi-heure, la plaie est recousue et dissimulée derrière un bandage qui fait le tour de son crâne.
Quelque chose s'est apaisé en lui, comme la mer après une tempête, et ses yeux vibrent d'une fatigue qu'il n'arrive pas à dissimuler.
Le jet d'eau qui s'écoule du robinet emporte les marques de sang qui parcourent mes doigts et je regarde pensivement le liquide carmin se diluer et disparaître dans la bonde avant de fermer le robinet.
Il n'a pas bougé et je ne peux m'empêcher de soupirer en remarquant sa lutte pour garder les paupières ouvertes.
Là, tout de suite, il ressemble à n'importe quel gosse de ... quel âge a t-il en fait ? J'ai promis que je ne lui demanderai rien de personnel et je ne comptes pas revenir sur ma parole, mais je ne peux m'empêcher d'être curieux avec lui. À vue d'œil dans les 9-10 ans je pense, je n'ai jamais été doué pour fixer des âges par rapport au physique.
En tout cas, maintenant que son visage est lavé et que ses mèches ont séchées et ne cachent plus son front, je remarque de nombreux détails que je n'avais pas pu voir auparavant.
La rondeur enfantine de son visage, la pâleur de sa peau mouchetée de centaines de tâches de rousseur qui lui donnent un air canaille mais doux à la fois, les cils fins qui ornent ses yeux, les mèches ondulées qui encadrent ses traits fins et lui caressent la nuque, la beauté fragile mais intense de son regard perdu dans le vide.
Tout en lui respire une fragilité déconcertante depuis que la haine et la rage ont désertées ses traits et j'ai l'intime impression d'avoir devant moi la véritable apparence de ce pauvre gosse.
Comme un hérisson ayant perdu tout ses piquants, il ne lui reste plus que son minuscule et faible corps d'enfant.
Profitant de cette accalmie silencieuse je m'occupe rapidement de ma blessure.
Il y est pas allé de main morte en tout cas. Je ne suis même pas sur d'éviter la cicatrice vu ce carnage, mais bon, j'ai pas perdu mon bras c'est déjà ça...
Une fois cette opération terminée je range mon matériel et me tourne vers lui.
Ma voix fait éclater l'étrange bulle rêveuse dans laquelle il s'était blotti et je sais que le petit hérisson vient de brandir à nouveau ses aiguilles de haine, réflexe de protection qui l'accompagne depuis trop longtemps sûrement.
"Que veux-tu faire maintenant ?"
Son corps glisse sur le rebord de la baignoire pour tomber debout sur ses pieds et ses mains s'enfoncent dans ses poches tandis que son regard se plante sans vergogne dans le mien.
Il a vraiment peur de rien ce gosse.
"J'ai faim."
Un claquement de langue agacé résonne derrière mes lèvres et, sans un mot, je lui tourne le dos pour me diriger vers la table où attendent mes feuilles de cours, abandonnées au moment où j'ai eu l'excellente idée d'aller jouer à défendre la veuve et l'orphelin. Je plonge une main dans mes cheveux et reprend la lecture d'un texte sur les artères coronaires tout en griffonnant des notes sur une feuille.
"Oy ! J't'ai dit qu'j'avais faim ! T'es sourd ?!"
Ayant fini la lecture du premier texte je relis rapidement mes notes et attaque un article sur les symptômes d'un infarctus du myocarde quand mon livre disparaît de mon champ de vision pour aller s'écraser sur le sol dans un fracas tonitruant. Vu le nombre de pages c'est presque étonnant que le parquet ne soit pas déjà troué.
"J'ai. La. Dalle ! Faut te le dire comment ?"
Je pivote lentement sur ma chaise et observe en silence le gamin, poings fermé et regard meurtrier, qui vient de balancer mon livre par terre.
"Tu sais combien ça coûte un livre de médecine de 500 pages ?
- Rien à foutre, t'avais qu'a pas m'ignorer !"
Je me lève et la différence de taille pourtant flagrante, n'a pas l'air de le déranger le moins du monde. Je sens les effluves de la colère commencer à lécher mon ventre mais me fais violence pour ne pas envoyer le gosse valser dans un coin.
"80 balles. Et encore c'est pas le plus cher.
- Mais j'en ai rien à foutre putain !" hurle t-il en fendant l'air de ses bras fins.
Ma main part toute seule et saisit avec brusquerie le col de son t-shirt orangé avant de le soulever jusqu'à mon visage. Ma voix claque dans la pénombre, basse et menaçante.
"Je suis pas sourd et je sais parfaitement que tu crèves la dalle. D'ailleurs je suis sûr que ça fait plusieurs jours que t'a rien bouffé mais crois pas que c'est parce que j'ai été assez con pour soigner un p'tit merdeux que je vais aussi jouer au cuistot. Si t'a si faim que ça tu apprends la politesse et tu reviens quand tu sauras ce que veulent dire "merci" et "s'il vous plaît". Et si t'es pas content la porte est ouverte et les poubelles se feront un plaisir de t'accueillir !"
D'un geste ample et vif du bras je l'envoie voler contre le mur de la cuisine qu'il percute avec force avant de s'effondrer sur le parquet.
Il se relève en grimaçant, se frotte l'épaule, et s'en va, sans un mot ni un regard.
Pourtant il ne se dirige pas vers la porte d'entrée.
Je le vois entrer dans la salle de bain et je ne l'entends plus.
Il n'a même pas allumé la lumière.
Cela fait maintenant deux heures que la pluie a cessé d'étendre son manteau opaque sur la ville, le silence de la nuit a repris ses droits et je claque enfin le livre que j'étudie depuis plus de cinq heures.
Je n'en peux plus, j'ai juste envie de m'effondrer sur mon lit et de dormir pendant plusieurs jours d'affilé tellement je suis crevé.
Mon corps, resté trop longtemps immobile, proteste quand je me redresse et m'étire lentement, savourant les claquements secs de mes os qui propagent des vagues de bien être dans tout mon corps. L'horloge murale indique 01h26 et j'essaie de ne pas penser que je devrais être à l'université dans à peine sept petites heures.
Je me fige subitement quand un bruit faible parvient à mes oreilles.
Ma respiration se bloque, laissant ainsi le silence s'étirer dans le petit appartement et, de nouveau, j'entends quelque chose.
Cela ressemble au vrombissement que ferait un minuscule moteur, la légèreté du son me permettant à peine de le discerner dans l'épais silence qu'amène la nuit.
Le son provient de la salle de bain.
Aussitôt, mes muscles se détendent, mon souffle s'échappe de mes lèvres, accompagné d'un soupire.
Le gamin, je l'avais totalement oublié celui-là.
En même temps cela fait plusieurs heures qu'il n'a pas montré signe de sa présence et un mauvais pressentiment m'étreint le ventre. Si il a fait une connerie il va morfler, j'ai pas la tête à ça.
En deux pas je suis à l'embrasure de la porte de le salle de bain et contemple, perplexe, les ténèbres qui flottent dans la petite pièce.
Lentement, mes yeux s'habituent à l'obscurité, les contours ronds de la baignoire et du lavabo se découpent dans la pénombre et, blottit juste sous ce dernier, une petite tâche plus sombre attire mon regard. C'est d'elle que provient le ronronnement qui m'a surpris.
Il dort, voilà tout.
Je pousse légèrement du pieds la porte pour permettre à la lumière du salon de se faufiler jusque dans le petit espace et regarde en silence une flaque lumineuse glisser sur la silhouette et révéler les traits relâchés et endormis de l'enfant.
Il est dans la même position que celle où je l'ai trouvé sous les poubelles : appuyé contre le mur, les jambes repliées contre son torse et maintenues par ses bras. Sa joue droite est écrasée sur son genoux et sa bouche forme une petite ouverture d'où s'échappe de faibles soupirs.
À le voir avec ce visage apaisé et innocent on ne croirait pas avoir sous les yeux un gamin plein de haine qui mord comme un chien enragé.
Cette constatation m'arrache un ricanement et son visage remue doucement alors qu'une mèche échoue sur le bout de son nez et s'élève faiblement, au rythme de sa respiration.
Et, encore une fois, j'ai l'intime certitude d'avoir devant moi la véritable apparence de ce gamin, sans sa carapace haineuse et sertie de piques de méfiance.
Une envie de le porter sur le canapé me traverse l'esprit mais je la refrène bien vite avant de refermer la porte sur mon invité imprévu.
À quoi est-ce que je pense moi, sérieusement ?!
Pourquoi pas le border et lui faire un bisou du soir pendant que j'y suis !
C'est qu'un sale gosse qui a tenté de me bouffer le bras avant de balancer mes affaires par terre et je suis loin d'être une gentille nounou.
Alors que j'enfile mon bas de pyjama je ne peux m'empêcher de repenser aux événements de ce soir.
Pourquoi ai-je eu tant besoin de soigner ce gosse ?
Car oui, je devais le soigner. Ce n'était pas qu'une envie sur un coup de tête comme j'ai pu le penser tout à l'heure, c'était une nécessité, presque un besoin vital de soigner cet enfant au regard fou et acéré.
Est-ce parce que sa haine sourde et dévorante fait douloureusement échos à celle qui a enflammé mon passé ?
Ou bien, est-ce à cause de ce sale temps qui aurait rouillé mon cerveau ?
Ou tout simplement parce que la gentillesse et l'attention que tu m'a porté ont tellement pénétrés en moi qu'ils m'ont poussé à soigner un pauvre enfant perdu comme tu l'as fait avec moi ?
Je n'arrive pas à savoir quelle réponse est la bonne et cela ne fait qu'augmenter mon énervement.
Je suis du genre à aimer tout savoir, comprendre le pourquoi du comment de chaque chose ,alors quand une des pièce du puzzle m'échappe, je ne peux plus penser à autre chose du moment que je ne l'ai pas retrouvé et enfilé à sa place.
C'est comme ça.
J'ai besoin d'avoir en permanence sous les yeux l'immense puzzle qu'est ma vie.
Et je ne tolère aucune erreur.
Encore moins quand j'ai la désagréable impression qu'il me manque un pan entier du puzzle.
Des pièces qui n'existent pas encore mais dont l'ombre plane déjà sur le plateau de jeu.
Le hurlement strident de mon réveil me projette brutalement hors de l'océan de songes dans lequel j'étais plongé et j'émerge avec difficulté, après avoir éteint au préalable l'ennemi attitré du sommeil.
Encore étourdi par les morceaux de rêves qui s'accrochent à mes paupières je titube jusqu'à la salle de bain.
La lumière inonde la pièce et me fait plisser les yeux, face à moi, se reflète mon visage aux yeux encore embrumés de sommeil et je grimace avant d'allumer l'eau et de plonger ma tête sous le jet glacé.
L'effet est immédiat : les quelques effluves de fatigue qui s'agrippaient encore à moi filent dans la bonde, emportées par le liquide.
Je me redresse et contemple en silence mon visage dégoulinant de gouttelettes d'eau qui retracent les courbes fines et bien dessinées de mes joues et mon nez.
Ma petite barbichette finement rasée retient quelques perles d'eau qui étincellent à la lueur chaude de la lampe et mes yeux gris me sondent avec attention. Mes cheveux noirs en pagaille entourent mon visage basané et des cernes profondes assombrissent mes yeux. Décidément, c'est pas mon jour...
Après une dizaine de secondes d'observation supplémentaire je tends la main vers la serviette accrochée à ma gauche afin d'essuyer les gouttes accrochées à ma peau.
Sauf que ma main ne rencontre que le vide.
Étonné je me redresse et fronce les sourcils face à l'emplacement vide qui aurait dû soutenir le tissu.
Bizarre... Pourtant je ne l'enlève jam...
Mon sang se glace dans mes veines alors que le souvenir de la serviette tombant sur la tête du gamin me frappe de plein fouet.
Je ne l'avais pas remise à sa place en effet.
Mais ce n'est pas cela le problème.
Tout en sachant déjà ce que je vais découvrir, je me penche pour balayer du regard l'espace vide sous le lavabo.
Il n'est plus là.
Sans prendre la peine d'éteindre la lumière je me précipite hors de la pièce et inspecte rapidement chaque recoin pour me confronter à l'évidence : le gosse est réellement parti de chez moi.
Un mauvais pressentiment s'insinue en moi et je vais pour ouvrir le frigo avant de cracher un juron sonore. Il a fait ses courses, c'est le moins qu'on ne puisse dire.
Saucisson, pâté, quelques légumes et autres aliments sont aux abonnés absents et mon pied tape rageusement dans une porte de placard entrouverte et dépossédée de tout son contenu.
Je tombe sur une des chaises de la cuisine et ma tête plonge dans mes mains alors que je me rend compte avoir été complètement berné par ce petit con.
J'ai beau faire des études de médecine c'est pas comme si je roulais sur l'or et il a emporté plus de la moitié de mes réserves pour une ou deux semaines.
Putain-de-sale-gosse-ingrat.
Je le soigne alors qu'on ne m'a rien demandé et tout ce que je gagne en retour c'est un cambriolage en règles de mes tiroirs.
Ce gosse est apparu dans ma vie aussi vite qu'il en est parti, comme un coup de vent brutal qui disparaît aussitôt après avoir fracassé une fenêtre.
Il faut que j'arrête de penser à ce petit malpoli car cela ne va faire qu'alimenter la rage qui me consume à petit feu.
En tout cas, j'espère bien ne plus jamais le revoir.
C'est mieux pour moi comme pour lui.
Hmm... alors ?
L'ambiance n'est pas à la joie n'est-ce pas *regarde sur le côté, gênée*
Malgré tout certain(e)s d'entre vous seraient-ils tentés de venir se joindre à moi pour suivre les aventures de Law et de chibi Ace ?
Sur ce je vous dis à la prochaine, portez-vous bien !
Maya
