CHAPITRE PREMIER

Une visite surprise

La bibliothèque où travaillait Hermione souffrait d'un manque de moyen chronique. Les livres usés étaient rafistolés avec les moyens du bord. La très jeune administratrice se désespérait de l'état des ouvrages proposés au public. Celui-ci d'ailleurs se faisait rare à part quelques habitués qui y venaient régulièrement. Elle soupira soudain envahie par la lassitude. Son regard se perdit dans les allées propres mais d'une tristesse à mourir de la grande salle. « Rien ne va dans ma vie » constata t-elle alors qu'elle répertoriait les ouvrages empruntés, ceux qui étaient devenus inutilisables à force de réparations. Ses pensées la menèrent insidieusement vers Ron avec lequel elle s'était définitivement fâchée depuis deux mois suite à sa trahison, puis vers Lucius. Une bouffée de désir la submergea à l'évocation de leur étreinte. « Hum, j'aimerais que ça recommence … » réclamait son corps, tandis que son cerveau envoyait le message inverse « Il ne cherchait qu'à s'amuser bien sûr, il t'a oublié tu peux en être certaine ». Elle ferma les yeux. « Ma vie se résume à administrer une bibliothèque en ruine, à passer ma vie toute seule, je suis une sorcière inutile si ce n'est pour les Elfes. Au moins j'ai obtenu des droits pour eux ». Un bruit de talons la fit se retourner. « Un visiteur dont le pas m'est étranger ? Qui peut s'être aventuré jusqu'ici ? ». Lentement elle fit face à l'inconnu, tout sourire. Quand ses yeux rencontrèrent ceux de l'homme en face d'elle, il disparut, mais une couleur rosée envahit ses joues. « Comment osait-il ? » se disait-elle maintenant sur ses gardes.

- Bonjour Miss Granger. Un sourire et une lueur espiègle dans ses yeux accompagnèrent la salutation.

- Monsieur Malefoy. Elle lui tendit la main qu'il prit pour la porter aussitôt à ses lèvres bien dessinées. Hermione ferma les yeux et détourna discrètement le visage pour dissimuler son trouble.

- Hum, cet endroit n'est pas très gai à ce que je vois. Les yeux de glace balayèrent l'espace en prenant leur temps. Les rayonnages étaient quelques peu éclaircis par le manque d'ouvrages.

- Non en effet consentit la jeune sorcière. Notre budget est tous les ans un peu plus succinct et je ne vois pas dans ses conditions comment je pourrais acheter de nouveaux livres qui sont relativement chers si je les veux neufs et de bonne qualité. Elle toussota mettant sa main devant sa bouche. S'asseyant elle invita son visiteur à faire de même. Lucius Malefoy s'installa avec ses gestes précis et sa classe habituelle. Les yeux ambre d'Hermione ne pouvaient s'en éloigner. Monsieur Malefoy qu'est-ce qui vous amène ? Questionna t-elle toujours méfiante.

- Je suis là pour vous proposer un don. Devant l'air surpris de la gryffondor, il eut un petit sourire narquois. Il inspira une bouffée d'air où se mêlait de l'encaustique moldu et de l'air citadin, tout en l'observant. « Miss Granger vous avez un beau visage, vos cheveux semblent indomptés et vos yeux sont tellement expressifs ! Et je sais que vous n'avez pas oublié … ». Il se reprit, s'obligeant à maintenir la droite ligne qui mènerait à la réussite de son plan, qui ne pouvait qu'être qu'infaillible.

- Un don ? Répéta Hermione qui le regardait les yeux ronds.

- Oui. J'ai une … (il détourna ses yeux qui se fixèrent quelque part sur le parquet ancien, enfin ils revinrent sur la gryffondor) très belle bibliothèque personnelle mais par manque de temps et de place, je souhaiterais me défaire de quelques livres.

- Bien. Vous pouvez les faire amener et …

- Non miss Granger.

- Je ne comprends pas … qu'est-ce que vous voulez ?

- Je veux que vous veniez dans mon manoir, que vous preniez ceux qui vous intéresse pour votre bibliothèque. De plus, je tiens à faire un don en complément au budget alloué par la municipalité. A ces mots le cœur d'Hermione s'accéléra.

- Euh … combien ? Fit-elle d'une voix presque inaudible tellement ce geste la surprenait de la part d'un serpentard tel que Malefoy.

- Vingt millions de gallions. Cela sera-t-il suffisant pour rénover cet établissement ?

- Ou … oui ! Certainement ! « C'est trop beau pour être vrai … il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, ce n'est pas possible ! ». Elle s'était levée et arpentait son bureau tentant de canaliser son excitation. Lucius retint un ricanement devant l'émoi de la jeune femme. En tailleur conventionnel, soit un pantalon marron qui soulignait la finesse de ses jambes, une chemise blanche avec par-dessus une veste assortie. Elle s'était chaussée d'escarpins, Hermione donnait l'image de quelqu'un de très sûr d'elle-même. « Hum, vous êtes agréable à regarder miss Granger ! » pensait Lucius en la suivant d'un regard gourmand. Elle n'arborait pas de bijoux ni de signes extérieurs de richesse, ce qui lui indiquait que sa vie était simple, peut-être trop se dit Lucius. « Je vais vous apporter le piment qu'il vous manque dans votre vie » pensa t-il d'une humeur à présent malicieuse.

- Cependant il y a une contrepartie. Le serpentard venait de lâcher la phrase qui fit retomber l'enthousiasme d'Hermione tel un couperet.

- Laquelle ? Elle se rassit, attendant qu'il veuille bien poursuivre.

- Je veux donc que vous veniez au manoir, mais pas seulement. Hermione sentait son euphorie la quitter aussi surement que la rougeur de ses joues. Je veux que nous refassions ce que nous avons fait à Poudlard.

- Quoi ? Mais … vous n'y pensez pas ?

- Si, franchement cela fait quelques temps que cette idée me trotte dans la tête. Il lui sourit, séducteur en diable et certain qu'elle accepterait. Après tout aucune femme ne s'était refusée à lui jusqu'à présent.

- Votre proposition je la refuse dans ces conditions fit péremptoire la jeune sorcière.

- Allons, allons. C'est un marché inhabituel, mais je crois savoir que vous vivez seule, et cette bibliothèque a un énorme besoin de rénovation et la venue d'ouvrages d'exception ne pourrait que l'avantager. Votre fonction serait reconnue plus qu'elle ne l'est aujourd'hui et le budget sera sans aucun doute augmenté pour l'année suivante, j'y veillerai personnellement. Il va sans dire cependant, que votre venue dans mon manoir va s'accompagner de certaines règles et celles-ci seront édictées par mes soins. Une lueur espiègle faisait briller ses yeux dont l'attrait devenait irrésistible pour la gryffondor.

- Et dans l'éventualité que j'accepte … Hermione s'obligeait à se concentrer sur ses mains dont les doigts jouaient avec la surface de son bureau, qu'elles sont ces règles ?

- Oh, elles sont simples. Vous aurez le droit de lire, de trier, de prendre tous les ouvrages qui vous intéresse. Disant cela il s'était levé et parcourait les rayonnages presque vides. Hermione se mordit la lèvre inférieure, honteuse et furieuse à la fois que les arguments du serpentards fassent mouche. Lucius pouvait percevoir l'irritation d'Hermione et cela commençait à l'amuser follement. Il se tourna vers elle et réussit à capter l'attention dans ses yeux dorés. En contrepartie vous m'obéirez aveuglement pour … le reste. Une bouffée de chaleur envahit les joues de son interlocutrice.

- Que … j'ai peur de comprendre ! Emit doucement Hermione.

- Vous vous donnerez à moi quand, où, et de la façon dont je le désire. Il venait de se saisir de la main droite d'Hermione et jouait à présent à caresser sa paume. Je pense que cela ne vous déplaira pas, n'est-ce pas ?

- Je … elle passa sa langue inconsciemment pour s'humecter ses lèvres à présent sèches. Vous me … elle ferma les yeux pour rompre le contact hypnotique, vous allez me faire … souffrir ? Il ne la lâchait pas, mais accentua la caresse. Un gémissement traduisant la sensation exquise que cela lui procurait franchit avant qu'elle ne puisse l'en empêcher la barrière de sa bouche.

- Je ne pense pas … cela va dépendre de votre soumission lui glissa t-il dans l'oreille sur un ton suave.

- J'ai le droit à un délai de réflexion ? Murmura t-elle.

- Hum, je peux faire ça, quelques minutes dans ce cas. Je vais visiter votre établissement miss Granger.

Hermione était dans tous ses états. Certes sa vie était un désert sentimental mais delà à accepter la proposition de Malefoy. Elle se mordit la lèvre et jeta un regard désespéré aux rayonnages vides ou presque, aux ouvrages délabrés, bref à ce qui portait un nom qu'elle ne méritait pas soit « bibliothèque ». Si elle avait à sa disposition la somme que verserait Lucius Malefoy elle saurait quoi en faire et en plus il se proposait aussi de faire un don des livres anciens qu'il possédait, or sa bibliothèque en avait un énorme besoin. C'était une offre tellement inespérée … une offre qui ne se représenterait pas et qu'elle devait à tout prix accepter. « Ta vie est tellement terne ! Tu es toute seule alors pourquoi pas ? Mais être son « jouet » alors ça … ». Elle s'assit et se prit la tête dans ses mains. Choix cornélien que lui mettait entre les bras le serpentard. « Bah … un mois ! C'est vite passé ». Sa décision était prise à présent, elle rejoignit Lucius qui avait ouvert un livre des plus abîmé. Il leva son visage fin et pâle dans sa direction.

- Alors miss Granger ? Qu'elle est votre décision ?

- J'accepte.

- Vous acceptez aussi mes conditions ? A ces mots elle inspira profondément. Ne pas renoncer maintenant, « un mois, juste un mois ! » se répétait-elle.

- Oui.

- Bien. Il lui caressa la joue et l'attira vers lui. Sa bouche prit possession de celle de la jeune directrice. Il joua avec sa langue toute en la maintenant de son bras droit par la taille et de l'autre il lui caressait le cou à travers la barrière de ses cheveux épais. Hermione gémissait de plaisir, sa main avait quitté la taille pour aller agacer les mamelons qui s'étaient érigés sous le chemisier. Enfin il mit fin au baiser. Il toussota tandis qu'Hermione ne se lassait pas de le regarder. Hâte que vous soyez au manoir.

- Quand ? Il était toujours à quelques centimètres de son visage, sa main caressait négligemment ses seins à travers le chemisier.

- Si vous êtes libre, je ne vois pas pourquoi nous ne commencerions pas ce soir ?

- Bien. Je passerais chez moi pour prendre quelques affaires et …

- Je vous accompagnerais puis nous sortirons.

- Avec une sorcière comme moi, vous voulez vous montrer en public ?

- Et pourquoi pas ? Il releva un sourcil interrogateur.

- Je … les gens vont se poser des questions, moi et vous un ancien mangemort ! Une rougeur irrépressible envahit de nouveau ses joues.

- Là où nous irons, je suis un habitué. Cessez de vous inquiétez. Il saisit sa canne et prit la direction de la sortie. A ce soir, dix-huit heures, cela vous va-t-il ?

- Oui.

- Bien. A ce soir, ici même. Bonne journée miss Granger, et n'oubliez pas de prévenir que vous fermez la bibliothèque pour un mois !

- Je ne vais pas oublier grommela Hermione.

- Vous ne regretterez pas votre décision miss Granger lança t-il tout en ouvrant la porte. Je vous le promets ! Fit-il suave dans son timbre de voix.

- Je l'espère monsieur Malefoy, mais si … cela ne me convient pas, je tiens à vous prévenir que je partirais !

- Hum … je ne crois pas non. Il revint vers elle. Je ne tolèrerais pas la rupture d'un contrat alors qu'il a été sciemment accepté … (ses yeux indiquaient clairement qu'il ne valait mieux pas qu'elle s'y avise). Je ne vous ferais aucun mal miss Granger alors faites –moi confiance.

- Avouez que votre passé n'est pas en votre faveur et que j'ai des raisons de m'inquiéter !

- Allons, allons, une gryffondor telle que vous ! Je vous promets que vous allez adorer votre mois de … vacances dit-il ironique ! Elle le regardait très suspicieuse. De nouveau il prit sa bouche et y déposa un baiser furtif. Il lui fit un petit geste d'au-revoir avant de passer le seuil.