Désolé pour les quelques jours de retard. Il semblerait que mon partiel de ce matin m'ait pris plus de temps pour réviser que prévu. Second et dernier chapitre. Promis, un jour j'écrirais une fanfiction bien plus développé sur ce couple si passionnant. Merci à Silk's Shadow pour m'être fidèle. En espérant que toutes les deux, nous écrivions encore longtemps des histoires pour alimenter le désert fictionnel sur Gwaine & Léon. Merci également à lovePEOPLEandCOWBOY pour sa review. Ca fait plaisir de voir une nouvelle adepte. J'espère que ce chapitre vous plaira. (Je sens que je rentre dans une phase dans laquelle l'écriture recommence à m'obséder. En espérant que je puisse mettre cette nouvelle fougue à disposition de nos deux chevaliers préférés.) A bientôt je l'espère.


Ce fut un frisson qui réveilla le jeune homme. Son corps tout entier était emprisonné dans une étreinte de fraîcheur désagréable dans la mesure où il s'était endormi convaincu de se réveiller en se prélassant dans la chaleur ennivrante d'un autre corps contre le sien. Il papillona doucement des yeux, s'habituant rapidement à la lumière qui s'infiltrait dans la chambre. Son regard se promena sur les murs clairs, reconnaissant avec un plaisir sans nom une chambre qui n'était pas la sienne. Il avait toujours apprécié la chambre de son colocataire, beaucoup plus chaleureuse que la sienne. Gwaine avait longtemps pensé que cela était dû au fait que Léon en avait fait un espace sacré pour son calme et sa solitude. Ce n'était que très rapidement qu'il s'était avoué que cette préférence à sa propre chance avait plutôt à voire avec la présence de Léon.

Après quelques secondes à observer les signes de vie qui jonchaient la pièce, Gwaine observa avec plaisir son corps nu. Bien que légèrement vaniteux, le bonheur du jeune homme devant cette vision était la situation. Lui, nu, complétement nu dans le lit de Léon. Il en avait rêvé depuis si longtemps et hier soir, il avait enfin pu serrer son corps nu contre celui de Léon. Il avait enfin trouver assez de courage pour tenter sa chance avec l'homme qui avait rampé sous sa peau comme un espion invisible, pour ensuite prendre possession de son coeur. Il n'avait pas pu dire quoique ce soit, préférant laisser ses actes parler pour lui et dieu! quelle ivresse il avait ressenti lorsqu'il avait compris qu'il ne s'était pas trompé devant les signes de l'intêret de Léon. Il avait eu peur de s'être fourvoyé sur les sentiments de son ami à son égard, d'avoir mal interprété les signes qu'il avait cru décéler de l'attirance de Léon pour lui. Mais ce dernier avait accepté ses caresses, ses baisers. Et Gwaine s'était nourri avec gourmandise de la moindre sensation, du moindre gémissement de son compagnon. Et il avait hâte de pouvoir offrir à sa vue ce que son corps avait vécu la nuit dernière. Il avait hâte de s'aveugler avec la beauté d'un Léon submergé par le plaisir.

Cette douce rêverie fut contrariée lorsque Gwaine se rapella que l'objet de tous ses fantasmes, de toute son attention n'était pas à ses côtés. Il aurait dû se réveiller auprès de lui, pour une foix désireux de rester dans le lit de son nouvel amant. Lui qui avait toujours déserté les lits témoins de ses ébats aux premières lueurs de l'aube, il avait toujours su que le seul lit dans lequel il resterait alors que le soleil brillerait haut dans le ciel serait celui de Léon. Parce que sans qu'il s'en rende compte, Léon était devenu le premier homme qui avait conquis son coeur avant de conquérir son corps. Et c'était cette place si particulière qui avait jeté le trouble dans l'esprit du jeune brun. Léon n'était pas un quelconque flirt. Il était son ami avant tout. Mais Gwaine n'avait pu se résoudre à abandonner l'espoir qu'un jour il pourrait penser à lui comme son amant. Il avait pris son temps pour réfléchir avant de se convaincre que ce qu'ils pourraient vivre ensemble serait quelque chose d'absolument formidable, qui valait le coup de prendre ce risque.

Gwaine sourit en sachant que ce moment qu'il avait tellement redouté et ardemment voulu était désormais là, prémices d'un bonheur qu'il espérait serait sujet à la longévité. Le jeune brun écouta de longues secondes pour tenter de localiser son amant. Lorsque seul le silence lui fit écho, Gwaine se décida à sortir du lit. Faisant fi de se vêtir, le jeune homme quitta la chambre qui avait été spectatrice de sa première union charnelle avec Léon et qui le serait encore pour d'innombrables autres fois.

Hors du cocon protecteur de la chambre de Léon, Gwaine put percevoir quelques bruits qui provenaient de la cuisine. C'était plutôt inhabituel que la radio ne soit pas allumée. Gwaine avait appris très vite que Léon aimait préparer le petit-déjeuner en chantant de concert avec la radio. Lorsqu'il l'avait découvert, Léon avait semblé craindre la réaction de son nouveau colocataire avant que ce dernier ne l'entraîne dans une danse improvisée, ponctuée de nombreux éclats de rire. C'était alors devenu une sorte de tradition, se retrouver pour préparer le petit-déjeuner au gré de pas de danse et de la voix grave de Léon. Gwaine arriva à la cuisine de leur appartement et se pencha contre la chambranle de la porte, admirant avec plaisir le dos dénudé de son amant. Léon semblait profondément plongé dans ses pensées, ne s'ayant octroyé pas même la distraction que pouvait offrir la radio. Le jeune brun s'était attendu à un réveil plus chaleureux mais il n'allait pas bouder son nouveau bonheur.

A pas de loup, Gwaine s'approcha du dos de Léon avant d'entourer la taille de son amant de ses bras, se hissant sur la pointe des pieds pour saupoudrer les tâches de rousseur de l'autre homme de baisers chastes sur ses épaules. Ce chapelêt de tendresse s'interrompit brusquement lorsque Gwaine perçu que la tension qui emprisonnait le corps de son amant ne s'évaporait pas, bien au contraire.

"Léon?" murmura Gwaine contre l'omoplate du plus âgé.

"Que...qu'est-ce que tu fais?" bégaya Léon, qui se mit à trembler entre les bras de son compagnon.

Gwaine fronça les sourcils avant de se reculer, confus, laissant ses mains reposer sur les hanches vêtus du jeune homme. Le jeune brun réitéra son appel mais son ami refusait de lui répondre. Il décida d'attraper les bras de Léon et le retourna pour lui faire face. Gardant la tête baissée, ce dernier évitait obstentinément de croiser son regard. Le jeune brun sentait la peur lui vriller l'estomac. Léon regrettait leur nuit. Perdu dans cette plénitude qui possédait son sang depuis la nuit dernière, Gwaine n'avait jamais envisagé cette possibilité. Gwaine ne perdait pas seulement un amant, il perdait également l'un de ses plus proches amis. Lui qui rêvait de pouvoir enfin vivre plus proche de Léon, allait devoir apprendre à vivre désormais loin de lui. Gwaine refoula avec colère les larmes qui menaçaient de briser ses paupières. Si Léon ne voulait pas de lui, il s'en sortirait avec fierté. Le jeune brun attrapa les joues de l'autre homme et l'obligea à plonger son regard dans le sien. Et ce qu'il vit lui fit oublier sa propre souffrance. Léon semblait désemparé, pris au piège, au bord de la rupture, prêt à laisser les sanglots le gagner.

"Tu te souviens de la nuit dernière." murmura, presque incrédule, le plus âgé.

"Bien sûr que je m'en souviens." s'exclama le jeune brun, confus face à cette remarque de son ami.

"Tu dormais." souffla Léon. "Tu ne savais pas ce que tu faisais." ajouta frénétiquement le jeune homme, cherchant à échapper à l'étau des mains de son compagnon.

"Qu'est-ce que tu racontes?" s'amusa Gwaine. "Bien entendu que..."

Le jeune brun s'interrompit brusquement, prenant conscience de la situation. Léon l'avait pensé endormi, l'avait pensé inconscient de ses actes. Il ignorait que Gwaine avait voulu tout cela. Et il avait laissé Gwaine le caresser en pensant que ce n'était qu'un songe, qu'une impulsion dictée par le sommeil ou encore pris, par l'alcool. Gwaine se détacha brutalement de Léon et s'éloigna de plusieurs pas. Il pouvait voir les larmes orner les joues pâles de son ami.

"Léon!" sa voix se brisa quelque peu. "Tu...tu aurais dû m'empêcher de faire cela." souffla le jeune brun alors qu'un sanglot étouffé de son ami lui brisait le coeur. "Je...j'ai profité de toi." grogna Gwaine, une rage sans nom contre lui-même possédant avec violence le moindre de ses muscles.

Le plus âgé releva brusquement la tête, le choc se dessinant dans ses larges prunelles. Très vite, ce fut à son tour d'aggriper Gwaine et de lui refuser le droit de s'éloigner.

"Non, non, non! Ne dis pas ça." implora Léon. "Tu n'as rien fait de mal."

"Rien fait de mal?" grogna Gwaine. "Je t'ai forcé à faire quelque chose que tu ne voulais pas." lâcha, acerbe, le jeune brun.

"C'est faux!" hurla Léon, secouant Gwaine comme pour lui faire entendre raison.

Gwaine se calma et scruta avec attention le visage de son ami qui s'était reculé de plusieurs pas. Il évitait de nouveau son regard et passa une main lasse sur son visage.

"Je...je voulais cela." murmura Léon et Gwaine sentit son coeur battre plus vite sous l'espoir que tout pourrait s'arranger. "Juste...pas comme ça. Pas parce que tu avais trop bu." souffla douloureusement le jeune homme, rivant ses yeux au sol.

Gwaine retint son rire en mordant sa lèvre et leva ses yeux plein de larmes au ciel. Qu'avait-il pensé? Avait-il oublié qu'il s'agissait de Léon, l'homme qu'il aimait? Léon, l'homme qui ne semblait jamais remarquer à quel point il était séduisant? Bien sûr qu'il ne s'était pas rendu compte de la véritable valeur des affections du jeune brun.

Le jeune homme s'avança doucement, mais Léon semblait trop troublé par l'attente d'un rejet pour s'en rendre compte. Délicatement, il passa ses bras autour du dos de l'autre homme et ce dernier s'abandonna à cette étreinte, posant son menton sur la chevelure séduisant de Gwaine. Ce dernier caressa tendrement le dos de Léon , le laissant pleurer tranquillement alors qu'il enfouissait son visage contre le torse du plus grand.

"Je n'étais pas ivre." murmura Gwaine après plusieurs minutes. Léon se tendit de nouveau dans ses bras. Pour le calmer, le jeune brun se serra un peu plus contre lui et il sentit avec plaisir Léon le presser un peu plus dans ses bras, plutôt que de l'éloigner de lui.

"Je suis désolé. J'aurai dû tout te dire plutôt que d'agir ainsi." ajouta-t-il, son oreille reposant sur le coeur de son ami.

"Me dire quoi?" souffla Léon, nerveux. Gwaine pouvait le sentir dans tout le corps de son compagnon. Et il pouvait désormais sentir sa propre nervosité lui faire écho. C'était le moment de se mettre à nu et de déposer son coeur dans les mains de Léon, le laissant en disposer selon son bon vouloir.

"Que je veux être à toi." répondit Gwaine, se détachant du torse de l'autre homme et levant les yeux vers lui pour l'en convaincre. Ce dernier baissa également son visage et les deux hommes échangèrent le plus honnête regard qu'ils avaient partagé depuis que l'un était entré dans la vie l'autre pour la chambouler totalement. Léon, tout aussi tendre qu'à son habitude, se pencha pour poser son front contre celui de son compagnon. Avec prudence, le plus âgé leva sa main pour caresser du bout des doigts la mâchoire du jeune brun. Ce dernier sourit avec émotion. Il était dévoré corps et âme par le besoin de toujours être celui qui inspirait de tels gestes de tendresse à cet homme fantastique.

"Pourquoi moi?" murmura Léon et Gwaine détesta immédiatement la lueur de doute qui assiégait les sublimes iris azurées de son compagnon.

"Pourquoi pas?" rétorqua aussitôt le jeune brun. "Me crois-tu assez stupide pour ne pas remarquer quel homme incroyable se trouve sous mes yeux?"

Léon ferma les yeux et nia tout cela d'un signe de tête. Gwaine soupira silencieusement et sa paume vint recouvrir la main de Léon sur son visage.

"Je suis amoureux de toi Léon." souffla Gwaine. L'autre homme ne put retenir le souffle qui se prit dans sa gorge. "Et je crois que c'est réciproque." ajouta-t-il avec une hésitation presque imperceptible dans la voix. "Si ça ne l'est pas, tant pis. Je serais toujours ton ami. Mais jamais je ne regretterais de t'aimer." termina d'une voix douce le jeune brun.

"Et si ça l'est?" souffla nerveusement Léon, ouvrant les yeux pour tomber dans les prunelles chaleureuses de celui qui venait de lui tendre la main vers un avenir qu'il avait ardemment désiré.

"Ca l'est?" demanda Gwaine, légèrement amusé. Léon ferma de nouveau les yeux et hocha timidement la tête. Alors le sourire du brun aurait pu rivaliser avec la pleine lune sur une nuit noire comme de l'encre de chine. Le poids qui enserrait son coeur depuis de trop longues minutes fondit comme neige au soleil. La tentation d'accentuer la rougeur sur les pomettes pâles de son compagnon se fit plus forte que tout, hormis le bonheur qui lacerait tout son être.

"M'aimes-tu Léon?" souffla Gwaine, impatient d'entendre cette voix suave lui confesser ses sentiments.

"Oui." lâcha dans un souffle Léon en croisant de nouveau le regard mendiant du jeune brun pour plus. "Oui. Je...je t'aime Gwaine." répondit-il avec un léger rire qui trouva son jumeau sur les lèvres de l'autre homme. Ce dernier passa ses bras autour du cou de son amant, désormais officiellement, et le serra dans ses bras. Léon étreint à son tour le jeune brun et les deux hommes rirent un long moment avant de sa calmer, coeur contre coeur, apaisés, loin de la tempête qui avait balayé avec rage leur relation quelques minutes plus tôt. Gwaine monta une main sur la nuque de son compagnon et enfouit ses doigts dans les mèches dorées de cette chevelure tant aimée.

"Alors je te promets de t'aimer du mieux que je le peux." murmura Gwaine contre l'oreille du plus âgé. Un pouce vint caresser sa propre nuque, comme une promesse d'être le sujet de la même affection.

Ils restèrent enfouis dans cette chaleur de leurs deux corps, avec plaisir, de longues minutes avant que les caresses ne se fassent moins réconfortantes, moins innocentes et beaucoup plus aimantes. Les deux hommes s'en rendirent parfaitement compte lorsque leurs souffles se firent plus anarchique. Ils se détachèrent instinctivement l'un de l'autre et, avec hésitation, Gwaine se hissa sur la pointe des pieds pour frôler ses lèvres contre la bouche charnue de son compagnon. Il laissa à Léon la décision de faire de ce moment leur premier baiser ou non. Ce dernier se lécha les lèvres avant de se pencher et de déposer un baiser sur le souffle du jeune brun. Celui-ci ne lui laissa pas l'occasion de se défiler et de le laisser sur sa faim. Il captura avec plus de ferveur, mais sans se dépâtir de la tendresse de son ami, les lèvres de Léon et les deux hommes se perdirent dans la fougue de l'union de leurs bouches, exilés dans l'euphorie de leurs débuts charnels.

Gwaine s'accrocha avec violence aux cheveux et à la peau nue de son amant. Comment quelqu'un avait pu décider de se délier de cette langue ravageuse le dépassait complétement. Toutefois, il le remerciait parce que désormais, cette place si précieuse dans les bras et le coeur de Léon lui appartenait et il ne comptait pas faire l'erreur folle de l'abandonner. Ils s'arrachèrent l'un de l'autre, à bout de souffle avant que leurs sourires ne s'imposent sur leurs visages.

"Et maintenant?" sourit Léon, caressant de ses pouces la chute de reins délicieuse du jeune brun, déchirant quelque peu l'ancrage de celui-ci dans leur conversation, l'entraînant de nouveau dans la luxure de la nuit dernière.

Gwaine sourit tendrement alors que ses mains emprisonnaient la mâchoire de son amant et il l'embrassa chastement.

"Maintenant." répondit Gwaine avec un clin d'oeil avant de s'éloigner à contre-coeur de ce corps tant aimé pour pouvoir atteindre le meuble derrière lui. Lorsque les notes de musique parvinrent aux oreilles de Léon, celui-ci sourit de ce sourire que Gwaine aimait tant, celui qui montrait à tous qu'il était réellement heureux. Désormais heureux avec Gwaine.

"Maintenant. Petit-déjeuner." continua Gwaine en tendant la main vers Léon qui l'attrapa sans hésitation avant que son amant n'enlace leurs doigts et se colle contre lui pour une nouvelle danse, différente de celle de la nuit dernière mais tout aussi sensuelle.

La voix grave de Léon s'accoupla aux éclats de rire des deux hommes et rien n'avait changé. Et bien! Peut-être une ou deux choses tout de même. Mais le changement, après tout, n'avait toujours apporté que de belles choses dans leur vie.