Hello tout le monde !
Wahou ! Je ne m'attendais pas à ce que ce chapitre ait autant de succès ! Vos remarques et vos encouragement m'ont beaucoup touché... Un grand merci à Alatariel Melawen, Snapinou, Polgarra, Zaika, Dianeyoplait, Babypearl pour vos gentilles reviews.
Ilda : merci pour ta review ! Rusé, machiavélique et tu verras, limite un peu tordu dans ses techniques de drague ! bisous
D.-K : Je suis contente de voir que le côté humour de la fic te plaise. Parceque c'est pas si facile d'essayer d'être drôle ! lol ! Encore merci, BIZ
Eileen19 : Encore un très grand merci. Sinon, ne t'inquiètes pas, je patienterai !!! Bisous et bon courage...
Cixi : merci beaucoup, ta review me fait plaisir !
Mais il est temps de laisser place au second chapitre, en espérant que vous passiez un bon moment de lecture !
CHAPITRE 2 : LA DINDE ET SEVERUS
- Miss Granger, je dois bien avouer que ces mots me restent au travers de la gorge, mais… j'ai besoin de votre aide…
Le dos droit, la tête haute, les bras croisés sur la poitrine, Severus Rogue se tenait dans l'entrebâillement de la porte du petit appartement d'Hermione Granger, laquelle affichait un visage totalement stupéfait face à cette soudaine apparition.
Les yeux écarquillés, elle fixait son ancien professeur d'un air que ce dernier aurait pu qualifier d'effronté, voire d'impoli, s'il ne connaissait pas aussi bien la « très comme il faut » Miss Granger. Du moins, il connaissait l'élève. En bon professeur qu'il était, l'idée que la Gryffondor ait pu changer depuis la fin de sa scolarité, ne lui effleurait même pas l'esprit !
- Vous devriez fermer la bouche, ce n'est pas très élégant pour une jeune… Ce n'est pas très élégant, conclut-il en se moquant ouvertement d'elle.
L'homme continuait d'afficher un petit sourire narquois.
Toujours cet air supérieur, prêt à écraser. Toujours ces remarques cruelles, prêt à humilier. Elle se gifla mentalement en pensant qu'elle avait vraiment été naïve de croire que les quelques conversations qu'ils avaient partagées lors du forum avaient amélioré leurs relations. Non ! Il n'avait pas changé ! Exécrable…
- Non mais je rêve ! Vous vous présentez chez moi, vous dîtes que vous avez « besoin de mon aide » et vous me traitez comme si j'étais encore votre élève !
Elle l'observa, immobile, attendant une réponse qui ne venait pas.
- A quoi vous attendez vous en vous fouttant délibérément de moi ? Que je tremble et que je dise « En quoi puis-je vous aider Professeur » ? Dehors ! Hermione fulminait.
D'un geste brusque elle claqua la porte qui vint se cogner contre la botte de cuir noir. D'une main ferme, il la repoussa et pénétra dans la pièce qu'il devina être le salon.
- Ne soyez donc pas si sotte ! Bien sûr que vous n'êtes plus mon élève – Merlin soit loué – mais je vous croyais plus intelligente Miss Granger ! Etes vous incapable de reconnaître l'ironie…
Hermione afficha un air dubitatif, ce qui força Rogue à se justifier.
- L'humour Miss Granger ! la nargua t-il, moqueur.
Etonnée, elle l'observa un moment, se demandant s'il ne s'agissait pas encore d'une de ses répliques acerbes pour la rabaisser, mais non… il n'y avait pas cet habituel rictus qui déformait sa bouche. Son visage était impassible et ses yeux ne laissaient transparaître aucun sentiment hostile envers sa personne.
- L'ironie n'est drôle que lorsqu'elle est partagée. Et je ne suis pas vraiment habituée à vous voir faire de l'humour Professeur ! A vrai dire, je ne pensais même pas que ce mot fasse parti de votre vocabulaire…
- Et bien voilà une vérité rétablie sur ma personne ! Une autre… continua t-il plus bas, comme pour lui-même.
Hermione se demanda de quoi Rogue pouvait-il bien parler…
- Me laisserez vous entrer ou devons nous continuer cette conversation sur votre palier ? Il me semble que même chez les moldus, les parents apprennent à leurs enfants les règles de politesse les plus essentielles ! Mais je vous en prie Professeur, entrez ! ajouta t-il narquoisement en imitant les intonations qu'Hermione adoptaient en classe lorsqu'elle était encore son élève.
Bien qu'irritée par son comportement, Hermione invita Rogue à pénétrer dans le salon d'un geste de la main.
Cet homme avait tout de même un sacré culot à se présenter chez elle ! Même si elle refusait obstinément de se l'avouer, sa curiosité de Gryffondor était piquée au vif ! Son ancien professeur l'intriguait et elle s'était souvent surprise à penser à lui ses derniers jours…
En fait, elle pensait à lui depuis le forum qui s'était tenu quinze jours auparavant à Poudlard… Elle l'y avait rencontré plusieurs fois. C'était sûrement un pur hasard mais ils n'avaient cessé de se croiser le premier jour.
Au début, la tension entre eux était palpable, chacun gardant en mémoire leurs anciens statuts de professeur et d'élève. Puis, ils avaient fini par oublier cette barrière, et, mettant de côté leurs réserves, avaient entamé une discussion qu'ils brûlaient tous deux de partager, puis une autre, et encore une autre… Leurs échanges, tout d'abord au sujet de son travail, puis le lendemain, concernant une conférence sur les potions où Rogue devait prochainement présenter ses travaux, avaient été cordiaux, intéressants même. Adultes, si Hermione avait dû les définir en un mot.
Elle avait réellement apprécié ces moments et avait été flattée que Rogue l'écoute et prenne le temps de discuter avec elle en la traitant sur un pied d'égalité. Ce n'était pas tous les jours qu'Hermione rencontrait une personne brillante au point de pouvoir confondre ses théories sans que cette dernière s'endorme ou trouve une excuse pour prendre la poudre d'escampette !
Jamais Hermione n'avait envisagé son ancien professeur sous cet angle. Elle savait qu'il était intelligent, mais qu'il puisse être aussi prolixe et cordial, ça non, jamais. Elle l'avait toujours imaginé taciturne, voire pas du tout sociable, or, il lui avait montré une toute autre facette de sa personnalité. Bien sûr, il demeurait toujours le redoutable, froid et cruel maître des potions, mais il était aussi intéressant, passionné par ce qu'il faisait et n'était pas dénué d'esprit…
Puis, sans qu'elle n'en comprenne la raison, le dernier jour du forum, il ne lui avait plus adressé un seul mot ni accordé le moindre regard, l'ignorant superbement.
Elle en avait été blessée et triste à la fois en se demandant pourquoi sa réaction la touchait-elle autant. Pire, pour la première fois depuis des années, elle s'était sentie comme cette gamine qu'elle était à douze ans, l'horripilante je-sais-tout de Gryffondor, cherchant désespérément à attirer son attention ! Comme elle l'avait désirée sa reconnaissance, lui, le seul à la lui refuser !
Et aujourd'hui, voilà qu'il se présentait chez elle, comme si de rien n'était, pour une étrange requête… Quelle attitude devait-elle adopter ? Le jeter ? L'inviter à entrer ? Elle ravala sa fierté et tenta d'effacer de son visage toutes les émotions qui étaient en train de l'assaillir. Elle ne voulait surtout pas qu'il tire avantage d'un quelconque signe de faiblesse de sa part.
- Je vous en prie, assaillez vous.
Rogue prit place dans le canapé de tissu beige qui trônait au milieu du salon.
- Du thé, un café, ou bien un whisky peut-être ? demanda la jeune femme en se dirigeant vers une pièce adjacente qui devait être la cuisine.
- Je prendrais la même chose que vous Miss. Merci.
Alors que des bruits de vaisselle puis une porte de placard se firent entendre, Rogue s'autorisa à jeter un coup d'œil à la pièce, curieux de voir où vivait Granger.
Son ancienne élève habitait dans un appartement moldu, et il n'aurait pu imaginer une seule seconde qu'une sorcière vivait ici s'il n'avait pas remarqué la cheminée qui devait servir de moyen de transport au vu des résidus de poudre de cheminette sur les pourtours de l'âtre.
L'appartement était propre mais la propriétaire ne semblait pas du tout ordonnée. Des tas de bouquins et de papiers remplis de notes jonchaient le sol, la table basse ainsi que le canapé dont les coussins avaient été jetés au sol ou roulés en boule contre les accoudoirs.
Découvrir que cette jeune femme si brillante et organisée dans le travail puisse être aussi brouillon chez elle le fit sourire. Miss parfaite ne l'était peut-être pas tant qu'elle ne le laissait croire !
Il l'imaginait très bien au milieu de ce capharnaüm, allongée sur son canapé, la nuque soutenue par un des coussins déformés par les longues journées de lecture, sirotant un thé avec un livre à la main. Mais pourquoi donc pensait-il à une telle chose ? Depuis quand Granger pouvait être une image plaisante à son esprit ? Depuis… il le savait très bien en fait ! Et c'était de sa faute après tout !
Mais aussi soudainement qu'elle lui était venue, cette pensée s'évanouit lorsque son regard se posa sur un drôle d'objet. Il en avait déjà vu de semblables dans des boutiques de Londres et savait que les moldus s'en servaient pour travailler, se divertir et même communiquer. Intrigué, il posa ses doigts sur le dessus du clavier.
- Non ! Hermione venait d'apparaître avec deux tasses de chocolat fumant.
Surpris, Rogue stoppa net son geste et rétracta son bras.
- J'étais en train de travailler sur une étude pour le ministère et je n'ai pas eu le temps de sauvegarder, expliqua t-elle, d'une voix précipitée.
Quelques manipulations et Hermione replia le drôle d'appareil sous l'œil médusé et interrogateur de Rogue.
- Je travaille sur ordinateur. C'est bien plus pratique que les plumes à papote…
- Si vous le dîtes… répondit-il, peu convaincu.
Elle ne répliqua pas et tendit à Rogue une tasse de chocolat.
- Maintenant, peut-être allez vous m'expliquer en quoi je puis vous aider Professeur. Je suppose que ça doit être important pour que vous vous présentiez chez moi sans y avoir été invité…
Il ne tiqua pas à la pinçante remarque de la jeune femme.
- Effectivement Miss Granger….
Il semblait néanmoins embarrassé, ce qu'Hermione ne manqua pas de remarquer.
Face à l'apparente difficulté de Rogue à entrer dans le vif du sujet, elle se permit de soutenir son regard et se paya même le luxe de relever le sourcil dans une parfaite imitation de son professeur. Après tout, son odieuse conduite à son égard durant sa scolarité et la façon dont il l'avait snobée le dernier jour du forum méritaient bien cette petite provocation…
Bien que visiblement irrité, Rogue ne répliqua pas mais se racla bruyamment la gorge…
- Vous connaissez Miss Edgmond, il me semble…
Hermione se mit à rougir violemment à l'évocation de son exubérante collègue.
Linda Edgmond était secrétaire du service dans lequel travaillait Hermione. Petite, mince, les cheveux noir jais, de jolis yeux marron pétillants de malice, la jeune femme attirait le regard des hommes. Elle avait fais ses études à Salem et, à trente deux ans, n'était pas encore mariée.
Si elles n'étaient pas vraiment ce qu'on pouvait appeler des amies intimes, le célibat avait progressivement rapproché les deux jeunes femmes qui sortaient parfois ensemble le week-end.
Linda était plutôt jolie et le savait. Elle plaisait aux hommes mais ses relations ne dépassaient guère quelques semaines ! Hermione pensait connaître la raison de ces échecs à répétition mais se gardait bien de le lui dire, ne souhaitant pas gâcher l'ambiance et la bonne humeur du service. Pour Hermione, toute vérité n'était pas bonne à entendre ! Pas celle là en tout cas ! Son comportement superficiel, ses manières apprêtées, ses caprices, sa moue boudeuse, tout en Linda lui rappelaient Lavande !
Oh oui, Hermione avait rougi lorsque, la semaine dernière, Linda lui avait raconté « la plus merveilleuse nuit qu'elle avait passée, son meilleur coup depuis des années » !
Hermione s'affairait sur un rapport ministériel lorsque, ce matin là, Linda était arrivée en retard au bureau, le regard brillant. Elle arborait le sourire des grands jours, ces jours où elle avait un « amoureux », comme elle s'amusait à le dire !
- Eh bien, on dirait que tu as passé une nuit agréable ! s'exclama Hermione en souriant à sa collègue.
Hermione affichait un visage réjoui mais ne pouvait s'empêcher de jalouser secrètement Linda… Pour la jolie brune, tout semblait tellement simple ! D'un claquement de doigt, elle arrivait à se trouver un homme, et même si ça ne durait jamais bien longtemps, c'était toujours mieux que son désert sentimental ! Hermione avait beau faire des efforts, suivre les conseils de sa collègue, se maquiller et s'habiller de façon un peu plus féminine, rien n'y faisait, elle n'arrivait pas à aborder les hommes qui lui plaisait !
- Je suis amoureuse Hermione ! Oui tu as bien entendu, a-mou-reuse !
- Oh…
- Oui, je sais ce que tu te penses Hermione ! Linda s'enflamme et comme d'habitude, demain, elle dira que s'était un crétin, un nul, qu'il n'en valait pas la peine… Mais cette fois c'est différent… On se voit depuis huit jours maintenant, appuya t-elle fièrement.
- Huit jours ! s'exclama Hermione qui commençait à se dire que cette histoire valait peut-être la peine d'être entendue…
- C'est arrivé par hasard. Je l'ai rencontré lors d'un cocktail. Mon oncle me l'a présenté comme une de ses connaissances, mais… ce n'est pas ce qui est important ! Nous avons discuté un peu et il m'a invité à prendre un thé le lendemain soir après le travail. Une chose en entraînant une autre, et je l'ai invité chez moi…Par Merlin Hermione, ce type est un dieu du sexe ! s'exclama la brunette avant de lui chuchoter à l'oreille les détails les plus croustillants de ses nuits…
Alors que Linda lui expliquait chacun de ses orgasmes, Hermione restait silencieuse et s'efforçait de cacher son émoi. Malgré tout, ses joues s'étaient empourprées furieusement.
- Je ne sais pas si tu imagines, trois fois de suite, et à chaque fois j'ai cru que la terre s'effondrait sous moi ! Ses mains sont magiques. Il te touche et là tu n'es plus qu'une poupée de chiffon, incapable de résister à ses désirs, te pliant avec extase à ses moindres volontés…. Je suis folle de lui Hermione ! Je ne peux plus m'en passer !
- Mais tu le connais à peine, ce n'est pas très prudent et c'est un peu prématuré, tu ne penses pas …
En réalité, Hermione était verte de jalousie ! Elle, n'avait jamais eu la chance de ressentir ne serait-ce qu'un quart de ce que sa collègue venait de lui confier. Ron et Viktor avaient à peine réussi à lui suggérer les prémices du plaisir… Mais pourquoi, pourquoi, cela ne lui arrivait-il pas à elle ! La vie était vraiment trop injuste !
- Oh, ne t'inquiètes pas… C'est un homme respectable et reconnu de la communauté sorcière…
Hermione la scruta d'un air interrogateur.
- D'ailleurs tu dois sûrement avoir entendu parler de lui, c'est un professeur de potions. Tiens ! regarde, il n'a pas vu que je la lui ai empruntée. Oh, il était bien plus jeune… ajouta la secrétaire en tendant à Hermione une vieille photo noir et blanc d'un jeune homme plutôt élégant, mince, les cheveux noirs mi-longs, et qui, au vu du sourire de mauvaise grâce qu'il affichait, semblait passablement agacé de prendre la pose pour la photo…
Si elle n'avait pas été assise, Hermione serait sûrement tombée sous le choc de ce qu'elle venait d'entendre et de voir. Les yeux hagards et la bouche ouverte, elle ne se rendit pas compte qu'elle n'avait pas dit un seul mot en réponse. Inquiète, Linda la secoua légèrement, ce qui eut pour effet de la réveiller.
- Hermione ! Que se passe t-il ?
- Oh, rien, excuse-moi, je réfléchissais au rapport... Mais oui, il a l'air tout à fait respectable… continua Hermione qui fit semblant de ne pas reconnaître son ancien professeur.
Mais pourquoi n'avait-elle pas avoué à Linda qu'elle connaissait cet homme ? Elle n'arrivait pas à comprendre cette réaction idiote, presque puérile ! Cependant… avouer et reconnaître ne revenait-il pas à admettre et accepter ? Et ça, Hermione en était réellement incapable. Elle ne pouvait pas concevoir une seule seconde que Severus puisse aimer cette dinde de Linda ! Mais au fait, depuis quand Rogue était-il devenu Severus et Linda une dinde ?
J'espère que vous avez aimé ce nouveau chapitre !
A très bientôt,
Khalie
