Note : Voici le 2ème chapitre de "Change Of Heart". Les choses sérieuses commencent niveau traduction (comprenez "apparition du domaine que je ne maitrise pas encore très bien") donc pardonnez-moi...
Merci à Niila pour sa review sur le précédent chapitre et évidemment à Gertrude2034.
Autres merci : à Emma Arthur et lora-66 pour leur commentaire sur la fic postée hier, "Beyond Freedom", que je vous invite d'ailleurs à aller lire... ^_^
Sur ce, Enjoy !
House commençait à se demander s'il n'avait pas complètement perdu son habilité à lire les gens et si cette petite femme potelée était sur le point de le poignarder et de lui voler son portefeuille. Parce que si c'était le cas, elle avait choisi la bonne ruelle pour le faire.
« Vous êtes sûre qu'il y a un bar là-bas ? » dit-il en essayant de ne pas paraître nerveux.
Jen laissa échapper un petit rire. Elle était vraiment nerveuse. Elle venait de partir du bar avec un inconnu et avait juste fait un vague signe de la main à sa sœur en sortant. Sarah lui avait fait un grand sourire et avait brandi ses deux pouces en approbation. Elle pensait déjà qu'elle pourrait lui mentir le lendemain et lui dire qu'elle avait couché avec lui, juste pour qu'elle la laisse tranquille un moment.
« Oui, absolument. Juste au coin. Attention au riz. » dit-elle en pointant un tas de riz cuisiné qui avait raté la poubelle. Ou qui en était tombé.
Les relents de crevettes en décomposition mêlés à ceux de vieilles poubelles prenaient à la gorge. House enjamba le tas avec prudence et secoua la tête. Glisser sur les restes d'un restaurant chinois n'était pas l'idée qu'il se faisait d'une bonne soirée. Pas plus qu'explorer les ruelles dégoutantes de Princeton un vendredi soir après minuit.
Juste comme sa légendaire courte patience arrivait à expiration, il aperçut un néon vert sur un côté de l'allée.
« Nous y voilà. »
Jen lui ouvrit la porte. House entra et après avoir regardé autour de la pièce, il du admettre qu'il était impressionné. La pièce était sombre et miteuse et c'était sale mais dans le bon sens du terme. Un trio de jazz jouait sur une scène située dans un coin, en plein dans une improvisation sérieuse. Il y avait quelques rangées de chaises tournées vers la scène et derrière elles, quelques tables. Une foule s'entassait devant un bar bien approvisionné, bien que petit, placé au fond de la pièce.
« Cool. » dit House « Vous voulez boire ? »
Un des clients installés dans les chaises près de la scène se tourna vers eux avec des yeux lançant des éclairs.
« Shhhhh ! »
Jen prit House par le bras et le conduisit à une table au fond de la pièce, près du bar. Une fois assis, elle se pencha vers lui.
« C'est un bar génial mais ils sont assez sérieux à propos de la musique. On est autorisé à parler quand on est aux tables mais près de la scène, ils insistent pour qu'on garde le silence. C'est un peu prétentieux mais je trouve ça bien qu'ils respectent les musiciens à ce point. »
House lâcha un petit rire moqueur. La musique est précieuse, oui. Mais pas de cette manière.
« C'est à moi de payer la tournée » offrit Jen « Qu'est-ce que vous prenez ? »
« Non, je vais y aller » il commença à se lever.
Il voulait un whisky mais il voulait un single malt décent. S'il lui demandait de commander, elle lui rapporterait un de ces affreux mélanges bon marché.
« Ca ira. Whisky, c'est ça ? »
« Oui, mais… »
Elle le regarda droit dans les yeux pour la première fois ce soir. Ils maintinrent le contact un peu trop longtemps.
« Faites-moi confiance. » dit-elle
House se rassit, tout en essayant d'analyser le sentiment qui l'avait traversé sous son regard. Il la regarda se frayer un chemin jusqu'au bar. Elle travaillait avec les tout-petits. Elle devait avoir testé mille et un regards pour forcer les enfants à faire ce qu'elle voulait. Sûrement que quelques uns devaient marcher sur les adultes aussi. Mystère résolu. House porta à nouveau son attention sur la musique. C'était une improvisation atrocement longue et il ne fut pas déçu lorsque la dernière note mourut. Jen revint du bar, souriant à nouveau et ne le regardant pas comme elle l'avait fait toute la soirée.
« Talisker, ça vous va ? »
« Plus que bien, merci. »
House leva son verre et inhala le parfum boisé du breuvage avant d'en prendre une gorgée. Finalement, il avait bien fait de lui faire confiance sur ce coup là. Il lui sourit chaleureusement et il apprécia une nouvelle fois de voir ses joues s'empourprer. Il décida que ça valait peut-être le coup de voir s'il pouvait finir la soirée dans un lit avec elle.
« Alors, qu'est-ce que vous faites dans la vie ? » demanda-elle
« Je suis médecin. »
« Vraiment ? » elle remonta sa manche « J'ai ce grain d beauté sur mon bras… »
House lui servit son regard le plus méprisant et dédaigneux et Jen eut un mouvement de recul.
« Euh, c'était pour rire. » dit-elle « Je n'ai pas vraiment de… »
Elle souhaitait que le sol l'avale sur le champ. Elle ne le connaissait pas, alors il lui était tout à fait possible de simplement se lever et partir. Elle n'aurait jamais à le revoir ni à reparler de ça.
House lui fit un petit sourire. Il savait qu'elle avait dit ça pour faire blague mais il ne pouvait pas s'empêcher de la taquiner.
« Très drôle » dit-il
« Apparemment non. » répondit-elle.
Il nota une petite note de frustration dans sa voix, elle était en colère envers elle-même pour ce faux-pas.
« Laissez-moi regarder. »
Il posa une main sur son poignet découvert et le tira vers lui.
« Non, je n'ai pas vraiment… oh ! »
Jen essaya de dégager de sa prise. Elle s'arrêta avec un petit cri alors que House faisant courir délicatement son doigt le long de l'intérieur de son bras, la caressant de l'intérieur du coude jusqu'à son poignet. Il traça les veines bleues de son poignet un moment avec un air d'intense concentration.
« Tout me semble parfait. » dit-il en la regardant, une note taquine dans la voix.
Il l'observa alors que sa langue humectait ses lèvres et il sentit son pouls faire un bond sous ses doigts. Il ne put se retenir de ressentir une intense satisfaction. Une seconde auparavant, elle se recroquevillait de honte et maintenant elle fondait sous ses doigts. Oh, je sens que je vais bien m'amuser avec toi, pensa t-il. Ca lui rappelait les débuts de son amitié avec Wilson, avant qu'il n'ait appris à prédire ses stratagèmes, avant que ses réactions ne soient atténuées par le cynisme.
Cette pensée l'interpela. Comme Wilson ? Et bien, c'était le but de l'exercice de ce soir. Wilson avait trouvé une version féminine de House. Avait-il réellement trouvé une version féminine de Wilson ? House fut sortit de ses pensées lorsqu'il réalisa que Jen avait encore une fois rencontré son regard. Une fois de plus, il était aspiré dans ces profondeurs brunes, se demandant dans quel cours les futurs enseignants apprenaient ce regard en particulier. Celui qui lui donnait envie d'avouer tout et n'importe quoi. Oui madame, c'est moi qui ai dessiné sur le mur avec un crayon rouge. J'ai été un très vilain garçon.
Il ne la quitta pas des yeux lorsque sa langue passa une nouvelle fois sur sa lèvre inférieure. Sans plus réfléchir, il se pencha vers elle, posant une main sur sa joue, pressant légèrement ses lèvres contre les siennes. Il se recula imperceptiblement et il vit qu'elle avait les yeux fermés. Se rapprochant d'elle à nouveau, il aspira sa lèvre inférieure, la tirant gentiment. Il ne manqua pas le doux soupir qu'elle souffla dans sa bouche, ni l'inattendue excitation que cela lui provoqua. Il fit courir le bout de sa langue sur sa lèvre, comme elle l'avait fait quelques secondes plus tôt, puis l'attira contre lui avec la ferme intention de poursuivre son exploration.
Le cerveau de Jen avait plié boutique dès lors qu'il avait commencé à caresser son bras. C'était comme si quelqu'un dans un magasin avait mis une pancarte « de retour dans 5 minutes ». Parti. Et puis il avait commencé à l'embrasser et oh mon Dieu que c'était bon. Mais ensuite une voix de diablotin se fit entendre. Elle lui rappela qu'elle était en surpoids, que les hommes ne flashaient pas sur les filles comme elle dans les bars, qu'elle n'embrassait pas les inconnus. Que – sans compter Timmy Watson à l'école primaire – elle n'avait embrassé que trois hommes de toute sa vie. Enfin, quatre maintenant. Lorsqu'elle sentit sa langue se glisser dans sa bouche, Jen se détacha de lui et posa une main sur son torse pour le repousser. Elle vit la confusion dans ses yeux et détourna le regard.
« Désolée. C'était très bien. »
Elle-même pouvait entendre qu'elle était essoufflée.
« Oui, c'est ce que je pensais » dit-il son regard toujours sur elle, perplexe.
« C'est juste que... » elle le regarda et se décida à lui dire la vérité « Je n'embrasse pas très bien. »
Quoi ?
« Et bien, pour ce que j'ai vu, je dirais que vous vous en sortez très bien. »
Jen laissa échapper un petit rire.
« Merci. C'est que… et bien, mon dernier petit-ami n'aimait pas, euh, embrasser avec la langue. Donc je n'ai pas vraiment pratiqué… récemment » ajouta t-elle, pensant que la vérité – c'est-à-dire ces treize dernières années - était de loin trop pathétique pour l'admettre.
House fronça les sourcils, se demandant comment quelqu'un pouvait ne pas aimer embrasser. C'était quelque chose qu'il appréciait particulièrement et malgré le mythe de Pretty Woman, nombreuses étaient les prostituées qui le laissaient les embrasser. C'était une des choses qui lui manquaient le plus dans le fait de ne pas être en relation. Il posa ses deux mains sur son visage et l'attira à lui à nouveau. Il baissa la tête pour bien la regarder dans les yeux.
« Par chance, il se trouve que j'embrasse extrêmement bien. J'ai gagné des médailles au lycée et tout. »
Jen rit nerveusement.
« C'est comme la danse. Du moment que l'homme peut mener, tout ce que vous avez à faire c'est suivre. »
« Sérieusement ? »
« Sérieusement. »
Il l'attira vers lui et Jen découvrit qu'il avait raison. Quelque part au fond de son esprit – le tout petit recoin qui n'était pas focalisé sur ses lèvres. Sa langue. Sa saveur. Sa barbe égratignant son menton – Jen sortit sa poupée vaudou imaginaire à l'effigie de son ex, Matt, qu'elle gardait spécialement pour cette occasion. Elle y planta une énorme aiguille imaginaire. Ca, c'est pour ne m'avoir jamais embrassée correctement.
Ni l'un ni l'autre ne remarqua qu'un nouveau groupe, un guitariste et une chanteuse, avaient pris place sur la scène et entamaient une lente chanson d'amour. Finalement, le besoin d'air se fit ressentir et House se sépara d'elle, se laissant aller dans sa chaise. Il enleva une main de son visage pour se saisir de son verre et il but une longue gorgée. Il reporta son regard sur Jen. Elle n'avait pas bougé, les yeux toujours fermés, les lèvres entrouvertes, sa bouche rouge, luisante et gonflée. Il avait glissé une main dans ses cheveux, incapable de les libérer de leur lien, et un désordre de mèches encadrait son visage. Elle était si sexy qu'il devint douloureusement conscient de sa propre réaction et il bougea discrètement sur sa chaise.
Quoi qu'il arrive ce soir, qu'il ait conclu le légendaire « coup d'un soir » ou non, House réalisa qu'il pouvait au moins ressentir de la fierté. Il faisait de son mieux pour s'assurer que chaque femme ait l'expérience d' un baiser à rendre leurs genoux flageolants une fois dans leur vie. Il avait le sentiment que c'était ce qu'il venait d'offrir à Jen. Il prit une autre gorgée de sa boisson et, avec un sourire et un haussement d'épaules, se pencha vers elle. Quelqu'un doit bien le faire…
Jen ne pouvait pas se souvenir de la dernière fois où elle sentait sentie comme ça. Son esprit était confus, soumis aux sensations uniquement. Elle pouvait sentir ses douces mains sur son visage, l'une d'entre elle glissant sur son oreille pour se loger dans ses cheveux. Elle regrettait de ne pas avoir suivit le conseil de sa sœur et de ne pas les avoir défaits. Elle aurait aimé pouvoir sentir ses doigts s'y emmêler. Son autre main descendit, s'immisçant à l'intérieur de son cardigan, caressant son cou et glissant le long de sa clavicule. Au bout d'un moment, elle continua sa descente, englobant un sein, ses doigts cherchant un téton à travers le tissu tricoté.
Elle fut ramenée à la réalité lorsqu'elle l'entendit gémir contre sa bouche alors qu'il pinçait son téton dressé entre ses longs doigts. Les faits lui revinrent lentement. Elle était dans un bar. Un lieu public. D'accord, c'était plutôt sombre mais les gens pouvaient quand même voir. Et à ce qu'elle pouvait voir, il était effectivement excité – une petite voix dans sa tête s'écria « Ouais ! C'est toi qui as fait ça ! » mais elle la fit taire. Il voudrait coucher avec elle. C'était ce que faisaient les gens de nos jours d'après Sarah. Okay, l'étape « baiser » s'était relativement bien passée. Mais Jen manquait tellement de pratique au niveau sexe qu'elle ne sentait pas assez à l'aise pour remettre le pied à l'étrier. Avec un parfait inconnu.
A contrecœur, elle se dégagea de lui, arrangeant son haut et regardant autour d'eux pour voir si personne ne les regardait. Mais personne n'avait les yeux tournés vers eux.
House se rassit lorsque Jen se recula, ravi qu'elle l'ait fait. Il était à deux doigts de l'attirer sous la table et de relever cette jupe… Non, se dit-il mieux vaut ne pas laisser cette pensée se poursuivre. Il finit son verre.
Jen leva son verre de vin et le vida en une gorgée. Elle attrapa son sac à main et se tourna vers lui.
« J'ai passé une bonne soirée, Greg. » dit-elle nerveusement.
House sourit. Sa nervosité contrastait avec sa bouche dévorante et ses joues empourprées.
« Je crois que je ferais mieux d'y aller. »
« O-k-ayy » dit House avec hésitation tout en se demandant comment la retenir, s'il devait lui demander son numéro de téléphone et comment diable allait-il sortir d'ici avec l'érection qui pulsait dan son jean.
Jen vit la confusion sur son visage et réalisa qu'il n'y avait rien qu'elle puisse faire. Elle n'allait pas se retourner et lui dire « Je m'en vais parce que j'ai vraiment envie de coucher avec vous et ça me fout la trouille de ma vie. »
« Bye. » couina t-elle en tournant les talons, courant presque pour sortir du bar.
House ne put rien faire de plus que regarder la porte se refermer derrière elle.
« Attends Cendrillon, je crois que tu as perdu une pantoufle. » marmonna t-il sarcastiquement.
A suivre…
