Auteur: Claire1663

Bêta : Vinnie

Disclaimer: Tous les personnages ainsi que l'histoire originale appartiennent à JK Rowling.

Titre : Manipulations.

Résumé: Harry va à la rencontre de Voldemort dans la Forêt Interdite lors de la Grande Bataille mais lorsque le sort de la mort le frappe, la vérité éclate.

Flashback

Aide à la lecture : UA. Personnages OOC. Amélia Bones est vivante ainsi que Dumbledore. Tom Jedusor a ouvert la Chambre des Secrets, non en 1943 mais en 1945 (sa dernière année à Poudlard), la même année où Dumbledore réussit à vaincre Grindelwald. Adriana Dumbledore décède en 1945 au moment du duel entre Albus Dumbledore et Gellert Grindelwald.

Voldemort a pris le pouvoir au Ministère mais Poudlard reste le dernier endroit libre du monde sorcier. Harry est bien parti à la chasse au Horcruxes aux cours de l'année et revient à Poudlard pour retrouver le diadème.

Comme pour les livres, Voldemort comprend que ses ennemis connaissent l'existence des Horcruxes et tentent de les détruire. Il décide donc de se confronter à la dernière poche de résistance, Poudlard, ainsi qu'à Dumbledore et Harry Potter.

L'histoire débute au moment où Harry rejoint Voldemort dans la Forêt interdite. La scène dans laquelle il plonge dans la Pensine dans le bureau de Dumbledore n'a pas eu lieu.

Note de l'auteur : Je tiens à remercier tous ceux et celles qui m'ont laissé des reviews ainsi qu'aux followers et favoris. En tous cas, de ce que j'ai pu comprendre, je peux vous dire que le titre Manipulations n'est pas dû aux hasards.

Bonne lecture.

Chapitre 2 Réminiscences

Harry se réveillait. Les sons et les formes lui semblaient encore flous mais ce qui l'étonnait était le fait de ne rien ressentir. Aucune douleur, juste un sentiment de paix et de plénitude. Il se sentait bien et c'est pourquoi il voulait rester là, simplement à profiter de cet état tant qu'il lui était permis. Il ne gardait aucun souvenir d'avoir jamais ressenti cette sérénité.

Il consentit à ouvrir les yeux pour ne voir que du blanc. Il cligna des yeux en constatant qu'il voyait parfaitement. Il n'avait aucune lunettes mais pourtant rien ne lui était flou, seulement blanc. Toutefois, des structures commençaient à prendre forme et il put reconnaître la gare de Kings Cross, en blanc et propre.

Il se releva et commença à faire quelques pas lorsqu'il distingua des formes qui s'approchaient de lui. C'était assez indistinct et pourtant il ne ressentait aucun danger. Son célèbre instinct ne lui indiquait aucun risque. En fait, ce lieu ne lui inspirait que paix.

Les formes continuaient à avancer et Harry commença à espérer. Il pouvait maintenant définir quatre allures différentes et plus elles se rapprochaient et plus la joie qui lui avait tant manqué ces derniers temps revint à lui.

Là, devant lui, se trouvait ses parents, son parrain et le père de son filleul : James et Lily Potter, Sirius Black et Rémus Lupin.


Narcissa ne pouvait le croire. Son fils, son bébé avait été enlevé par ce vieux fou parce qu'il était l'âme-sœur de Voldemort. Mais il ne s'était pas arrêté à cette ignominie. Il avait osé recourir à la magie terrible des sacrifices pour transformer la chair de sa chair en une simple essence magique. Il avait osé manipuler la vie de son enfant mais également celle des Potter pour pouvoir avoir une arme de choix contre le Seigneur des Ténèbres. Et tout cela dans le but d'affermir sa domination sur le monde sorcier !

Et non content de cela, il avait sacrifié son pion, son enfant. Et maintenant, il était mort, seul, dans la forêt…

Elle voulait le voir, le prendre dans ses bras et le pleurer. Elle voulait le voir pour savoir si cela était la vérité parce que, sincèrement, elle ne pouvait le croire.

C'est pourquoi elle fit rapidement demi-tour et reprit le chemin inverse qu'ils avaient emprunté pour le retrouver. Elle sentit Drago la suivre. Ce fils à qui il avait manqué son grand frère. L'ombre de ce dernier planant dans le manoir Malefoy. Elle savait que Lucius resterait avec Voldemort, ou plutôt Tom Jedusor, à la fois par allégeance pour cet homme mais également par vengeance. Venger son fils, venger la manipulation qu'ils ont tous subie.

Lucius vit avec horreur cet homme révéler ces sombres machinations à l'encontre de son fils aîné. Il pouvait sentir sa femme se tendre et puis partir. Il n'allait pas la retenir. Il comprenait. Il voulait également voir leur fils.

Harry Potter.

Par Merlin, son fils Altair et Harry Potter ne faisaient qu'un. En se remémorant son comportement qu'il avait eu avec le supposé fils de son ennemi, il avait envie de vomir. Il avait été infect, n'hésitant pas à tenter de lui lancer le sort de la mort. Et maintenant, il ne pouvait se rattraper, il ne pouvait pas s'excuser, son fils était mort.

Malgré sa longue disparition, il avait toujours eu l'espoir de le retrouver. Mais savoir que son corps sans vie reposait dans la Forêt Interdite, savoir que toutes ses espérances étaient, à présent, vaines, le mit dans une colère totale. La seule chose qu'il voulait, c'était la vengeance. Il voulait détruire cet homme.

Drago vit sa mère courir vers la Forêt Interdite. Il savait pertinemment que cette dernière allait retrouver le corps d'Harry Potter, son frère.

Il décida de la suivre. Pourquoi, il ne le savait pas, mais savoir que pendant sept ans il avait côtoyé son frère aîné le déstabilisait, mais qu'il soit saint Potter l'achevait complètement. Il avait été odieux avec lui. Le rabaissant sans cesse, lui crachant son affiliation avec le côté de la Lumière qu'il l'avait toujours senti coupable de la disparition d'Altair.

Mais aujourd'hui, tout était différent. Il n'y avait pas un côté gentil et un côté méchant. Tous avaient été trompés par l'homme, symbole même de la magie blanche. Il avait détruit sa famille.

Le plus dur était de savoir que même en connaissant la vérité, il ne pouvait rien faire, il ne pouvait pas se faire pardonner. Il ne pourrait jamais apprendre à connaître ce frère tant aimé.

Mais est-ce que Potter l'aurait excusé ? Aurait-il eu ce geste noble, qui le caractérisait tant, envers lui ? Il ne le saurait jamais.

Il continua à courir derrière sa mère. Il voulait la soutenir mais également s'excuser auprès d'Altair.

Toutefois, sa réflexion s'arrêta là quand il remarqua qu'une autre personne le suivait. Effrayé de subir une attaque mais également irriter de ne pas pouvoir se recueillir en paix, il s'apprêtait à lancer un sort quand il reconnut la matriarche des Weasley et soudain, il n'eut pas le courage de faire quoi que ce soit contre cette femme qui avait joué le rôle de mère et donc de famille de substitution à son frère.

Molly Weasley était anéantie par la mort d'un des jumeaux. Un de ses enfants avait dû payer de sa vie pour cette guerre. Alors, à la vision de Voldemort et de ses Mangemorts s'approchant du château, elle ne voulait que les bombarder de maléfices. De plus, elle ne savait pas où se trouvait Harry et cela l'inquiétait énormément. Elle avait tenté de demander à Dumbledore ce qu'il en était mais ce qu'il lui répondit ne l'avait pas soulagée. Au contraire, il avait affirmé que le Survivant faisait face à son destin.

Quel destin pouvait attendre un jeune adolescent de 17 ans ?

Et puis, les révélations sur Voldemort, et pire encore, la mort de son protégé, de celui qu'elle considérait comme un fils. Cela faisait deux enfants disparus à jamais.

Pourquoi ?

Comment pouvait-on s'amuser à manipuler la vie de tant de personnes pour le simple pouvoir ?

Elle vit les Malefoy complètement bouleversés et surtout la digne sang-pur qu'était Narcissa Malefoy, née Black, courir en direction de la forêt, sans aucun doute pour retrouver le corps de son fils.

Un fils qui leur avait été enlevé. Elle se rappelait brièvement de cette sombre affaire à l'époque. Malgré les divergences qui s'étaient installées entre les deux familles, elle n'avait pu que se sentir déchirer, en tant que mère, face à la détresse de cette famille qui avait perdu leur enfant, leur premier enfant. Et maintenant, savoir que cet enfant et Harry Potter ne faisaient qu'un devait les achever.

Pour elle, rien ne changeait, Harry, Malefoy ou non, restait-le même. Cet enfant perdu et timide pour qui elle s'était prise d'affection.

Elle décida donc de les suivre. Le corps de Fred reposait dans la Grande Salle, il avait été entouré de sa famille pour le pleurer et elle n'allait pas laisser le corps de son autre fils seul dans la forêt. Elle vit le jeune Malefoy se retourner vers elle, prêt à défendre sa mère mais il ne lui fit rien. Seule la tristesse se lisait dans son regard. Elle comprit aussitôt qu'il devait énormément souffrir de la perte d'un frère qu'il n'avait que haï pendant toutes ces années.

Le curieux groupe se dirigea alors vers le lieu où devait reposer le corps d'Harry, mais rien. Narcissa s'arrêta et regarda attentivement autour d'elle, cherchant frénétiquement le corps sans vie de son fils. Mais aucune trace. Elle commençait à regarder dans les buissons et les fourrés lorsqu'elle entendit l'arrivée de son fils et celle de Molly Weasley.

-Mère ? Où est-il ? demanda Drago.

Cette dernière se retourna vers lui et lui montra le lieu où se trouvait le corps à leur départ :

-Il était ici. Lorsque nous sommes partis, il était ici. J'en suis sûre !

-Quelqu'un l'aurait déplacé ?

-Mais qui dans ce cas, intervint alors la matriarche des Weasley.

-Mme Weasley ? interrogea Narcissa Malefoy

-Le plus important, maintenant c'est de le retrouver !

Lady Malefoy acquiesça et continua de chercher pendant quelques instants avant de se rendre compte que le corps avait bien disparu.

Mais elle ne put réfléchir plus au pourquoi de la situation qu'une explosion eut lieu à Poudlard, les inquiétant.


-Papa, maman ?

Les deux formes en question, qui n'étaient autres que James et Lily Potter, lui sourirent. Un sourire rempli de bienveillance et de tendresse.

Harry ne put s'empêcher et accourut vers sa mère. Cette dernière l'accueillit avec tout l'amour qu'elle portait à son unique enfant qu'elle avait protégé du mieux qu'elle pouvait.

Harry était tellement heureux de pouvoir enfin être enlacé par sa mère. Toutes ces années de souffrance semblaient être balayées par ce simple geste qui lui avait tant manqué. Et là son choix, son sacrifice semblait si minime face à la joie qu'il ressentait à l'instant.

Soudain il sentit une autre étreinte. Il leva les yeux et vit son père refermer ses bras autour de sa femme et de son fils. A ce moment-là, Harry ne pouvait empêcher les larmes de bonheur glisser le long de ses joues. Une autre voix l'interpella :

-Moi aussi je veux un câlin !

Et un poids les bouscula et tous se retrouvèrent à terre et Harry fut aux premières loges de la scène la plus comique qu'il lui était donné de voir : Sirius se faisait littéralement secouer comme un prunier par son père alors que Rémus lui faisait les yeux de professeur mécontent. Lui se trouvait toujours dans les bras de sa mère. Il l'aida à se relever et regardait la scène avec l'enthousiasme d'un enfant.

Mais voir Sirius aussi insouciant lui rappelait qu'il avait été la cause de sa mort mais également de sa déchéance. S'il n'avait pas été là, ses parents seraient encore en vie, Sirius serait toujours aussi foufou et Rémus, moins fatigué de ses longues années solitaires.

Conscient du cheminement de pensée de son fils, Lily le serra plus fort dans ses bras :

-Harry, mon chéri, tu n'es aucun cas responsable de notre mort ou de notre destin. Nous avons fait nos choix.

-Mais vous êtes morts pour cela.

-Oui, c'est vrai et si je devais choisir, je recommencerais.

-Mais Sirius ? Il est mort pour me sauver alors que je me suis trompé. Je suis tombé dans un piège. Je n'ai pas réfléchi et il en est mort.

Ce fut à ce moment-là que les trois Maraudeurs s'approchèrent doucement de leur protégé. Sirius prit alors la parole :

-Harry, jamais je n'ai pensé que c'était ta faute. J'ai décidé de te protéger et je suis mort pour cela. J'ai tenu la promesse que j'avais faite à tes parents.

-Mais sans moi, vous n'auriez jamais eu à souffrir.

-Harry, crois-tu que nous ne voulions pas de toi, dit alors James. Tu ne peux pas savoir combien j'ai été heureux d'apprendre que j'allais devenir papa.

-Dumbledore ?

-Ce n'est pas les manigances de ce monstre qui ont changé quoi que ce soit. Ta mère et moi, nous voulions un fils et nous t'avons eu toi ! Le peu de temps que nous avons vécu ensemble a été un bonheur incomparable.

-Ton père a raison, mon chéri, intervint Lily, nous n'avons jamais regretté nos décisions et ce qui en a découlé.

Harry regarda attentivement ses parents et son parrain et ne vit aucune faiblesse dans leurs regards. Ils n'exprimaient que l'amour, la fierté et un air déterminé.

Son regard se porta alors sur son ancien professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Ce dernier avait joué le rôle de parrain à la mort de Sirius. Pourtant savoir qu'il y avait un orphelin de plus dans le monde sorcier le chagrinait. Rémus n'avait même pas eu le temps de profiter de son nouveau rôle de père.

-Teddy ?

L'ancien Maraudeur le fixa avec bienveillance :

-Il saura que ses parents se sont sacrifiés pour que des temps nouveaux et plus heureux arrivent.

Le Survivant lui sourit mais une expression inquiète apparut sur son visage :

-Mais je suis également, en partie, un Malefoy.

-Oui mais tu es aussi notre fils, dit James. En fait, pour être honnête, nous sommes soulagés de savoir qu'une famille t'attend en bas.

-Je fais totalement confiance au parrain de mon fils pour le protéger et le chouchouter, dit alors Rémus alors que Sirius prit la parole :

-Tu pourras profiter de la fibre maternelle de ma cousine, elle est pire qu'une lionne.

-Attendez, vous insinuez que je vais retourner là-bas…mais je suis mort !

-Eh bien, mon chéri, tu as le choix.

-Le choix ?

-Oui, celui de rester avec nous ou celui de revenir dans le monde des vivants afin d'abattre le véritable Seigneur des Ténèbres, une bonne fois pour toute.

-Je…je ne sais pas. J'ai tellement envie de rester avec vous. Je suis fatigué, tellement fatigué.

-Nous le savons, mon chéri, c'est pourquoi ce choix te revient. Tu es seul maître de ta destinée.

-Mais l'Horcruxe qui était en moi pourrait revenir ?

-Non Harry, intervint James, vous êtes maintenant deux âmes dissociées. Viens avec moi.

Harry prit alors la main de son père qui l'emmena quelques pas plus loin. Au début, il ne voyait rien. Tout semblait un peu flou mais il put, à mesure que ces pas l'y approchaient, distinguer une vague forme gémissante au sol.

Harry commença à s'approcher, l'ancien patriarche de la famille Potter le laissa faire, un sourire aux lèvres. La forme qui gémissait au sol aperçut Harry et plus ce dernier se rapprochait et plus son gémissement diminuait. Il semblait plus calme, acceptant cette présence près de lui.

-Qu'est-ce que c'est ?

Mais avant que son père ne puisse répondre, la forme s'évapora.

-Qu'est-ce qui se passe ?

-Ce que tu avais devant toi était le morceau de l'âme de Voldemort. Mais le rituel a fonctionné. Tous ses morceaux d'âme se sont de nouveau réunis dans un seul corps. L'âme de Tom Elvis Jedusor est à nouveau unifiée et les enchantements qui le poussaient à agir en tant que Lord Voldemort ont disparu. Il est à nouveau lui-même. Il est libre tout comme tu l'es.

Soudain la main délicate de sa mère lui toucha l'épaule, en signe de soutien. Rémus et Sirius étaient également présents et le regardaient avec tendresse. Ils savaient, ils savaient tous quel serait son choix. Et ce choix, il l'avait fait lorsqu'il avait pris la décision de combattre le véritable monstre de cette guerre, lorsqu'il s'était sacrifié. Il fixa alors chaque membre de sa famille avec un sourire.

-Eh bien, il semble que je vais devoir à nouveau supporter les gâteaux immangeables d'Hagrid.

Chacun lui rendit son sourire. Sa mère le prit à nouveau dans ses bras, Sirius tentant de faire de même, ou en tout cas de l'engluer dans une forme d'étreinte, son père et Rémus lui tapotèrent l'épaule.

-Nous sommes si fiers de toi Harry, dit alors James. Nous espérons te revoir dans très longtemps.

-Nous serons toujours avec toi, mon chéri, ne l'oublie pas.

-Amuse-toi bien, mon petit Cornedrue.

- Agi comme tu le sens, dit alors Rémus, tu as le droit également d'être un peu égoïste.

Sur ces paroles énigmatiques, Harry se fit alors étreindre par sa famille qu'il commençait peu à peu à ne plus discerner. Comprenant qu'il retournait au Monde des Vivants, il ne put s'empêcher d'avouer son amour pour sa famille qui le lui retourna.

Alors que le monde blanc lui échappait peu à peu, des souvenirs refirent surface dans son esprit, surtout un. Celui qui l'avait amené à découvrir la vérité.


Il était à la Maison aux Coquillages, il venait de sortir de l'entretien avec Gripsec. Hermione, Ron et lui discutaient de la meilleure façon de traiter avec le gobelin vis-à-vis de l'épée de Gryffondor lorsque Fleur Weasley, née Delacour, sortit d'une autre chambre.

-Pouvons-nous le voir ? demanda Harry.

-Il est faible mais oui, vous pouvez, par contre une seule personne. Je crois qu'il ne sent pas très à l'aise lorsque de nombreuses personnes sont autour de lui.

Hermione et Ron décidèrent donc de descendre afin de préparer au mieux le problème Gringotts alors que le Survivant entra doucement dans la chambre où se reposait le fabricant de baguettes.

-Bonjour monsieur Ollivander, puis-je entrer ?

-Bien sûr monsieur Potter, bien sûr.

Harry s'avança alors dans la pièce et s'assit face à l'homme.

-Puis-je vous poser quelques questions ?

-Bien entendu.

-Que savez-vous de la baguette de Sureau ?

-Une baguette mythique, monsieur Potter, rien de plus.

-Pourtant, Lord Voldemort y croit. Que lui avez-vous dit ?

-Seulement qu'elle a été volée il y a de cela de nombreuses décennies.

- Par qui ?

-Grindelwald.

-Mais il a été battu. Par Dumbledore.

-Exact.

Harry semblait réfléchir quelques instants avant de se tourner vers sa poche et d'y prendre deux baguettes :

-Pouvez-vous me dire à qui appartiennent ces baguettes ?

Ollivander prit alors, avec déférence, la première baguette que le jeune homme lui tendit :

-Bois de noyer, ventricule de dragon, trente-et-un centimètres huit, c'est inflexible. Elle appartenait à Bellatrix Lestrange. Maniez-là avec précaution.

-Et celle-ci ?

-Aubépine, crin de licorne, vingt-cinq centimètres, relativement souple. C'était la baguette de Drago Malefoy.

Alors qu'Ollivander tendit la baguette à Harry et que ce dernier la toucha, le fabricant de baguettes sentit quelque chose au travers de cette dernière.

-Etrange, vraiment étrange.

Harry regarda attentivement le vieil homme et l'interrogea.

-Cette baguette vous a reconnu comme légitime propriétaire mais je ressens une autre sorte de lien, un lien plus puissant.

-Quel lien ?

-C'est comme si elle vous reconnaissait comme digne de la porter. Une baguette peut changer de propriétaires mais elle garde toujours l'empreinte de son premier propriétaire. Elle peut accepter un nouvel acquéreur par la force mais l'approuver d'autant plus si ce dernier a un lien avec son premier utilisateur.

-Mais je n'ai pas de lien avec Drago et encore moins avec la famille Malefoy.

-Oui…attendez, je sens autre chose.

-Avec la baguette ?

-Non, c'est beaucoup plus subtile. La première fois que je vous ai vu, j'ai ressenti la magie de Voldemort en vous, surtout avec votre première baguette mais maintenant je ressens une autre magie.

-Une autre magie ? Laquelle ?

-Celui d'un sorcier dont je n'aurais pas cru. Que j'avais oublié mais reparler de lui m'a rappelé des souvenirs dont celle de la marque de sa magie. Pourtant c'est impossible.

Harry fixa son interlocuteur et le pressa à parler :

-Grindelwald, je sens la magie de Grindelwald en vous, comme une empreinte.

-Pourquoi ?

-Cela, monsieur Potter, je ne saurais vous le dire mais sachez qu'il serait sage de ne pas ignorer ce fait. Cela pourrait être préjudiciable.

-Préjudiciable…à qui ? Pour quoi ?

-C'est à vous de trouver les réponses, monsieur Potter. Je ne suis qu'un humble fabricant de baguettes.

Sur ces paroles, Harry laissa le vieil homme se reposer mais avant de retrouver ses amis, il réfléchit. Hermione devait se reposer deux trois jours avant de pouvoir s'attaquer à Gringotts. Il pouvait donc se rendre à Nurmengard.


Ce souvenir laissa la place à un autre :

Harry avait réussi à s'échapper des griffes d'Hermione et Ron qui avaient insisté pour l'accompagner même s'il ne leur avait pas donné d'indication précise sur l'endroit où il désirait se rendre. Il ne voulait en aucun cas les embrigader dans une histoire qui lui semblait plus personnelle. Bill l'avait aidé à créer un portoloin pour se rendre le plus près possible de la prison de Nurmengard.

Au moment où il y arriva, le temps, et surtout l'ambiance, étaient complètement différents. Il avait quitté un cottage tranquille sous un printemps ambiant pour se retrouver à l'entrée d'une bâtisse grise près d'une mer déchaînée. Il enfila sa cape d'invisibilité et s'approcha de la porte d'entrée, il y put lire l'inscription "Pour le plus grand bien", vestige du régime totalitaire de Gellert Grindelwald.

Il rentra sans difficulté dans la prison et vadrouilla dans les nombreux couloirs jusqu'à y trouver la cellule tant recherchée.

Il réussit à déverrouiller la porte de la cellule et trouva, de dos, Grindelwald. Mais il n'eut pas à dire quoi que ce soit que l'homme le salua d'une façon qui le laissa interdit :

-Je vous attendais depuis longtemps, Harry Potter...ou devrais-je dire Altair Malefoy.


Ces souvenirs cessèrent. Il ne sut pas pourquoi il eut à se rappeler de ceux-ci mais il se doutait de la raison du choix de ces moments précis de sa vie. Ils étaient le symbole de la vérité, de la triste vérité de son existence.

Il tenta de bouger mais se sentit aussitôt ankylosé, diverses douleurs se rappelèrent à lui. Preuve qu'il avait quitté le monde si doux et agréable de la mort pour celui de la vie si dure. Il tourna son visage vers le ciel, se permettant quelques instants de paix avant le combat qui l'attendait lorsqu'une main surgit devant lui.

Il observa et reconnut le propriétaire de cette dernière et la saisit avec fermeté, décidé à affronter celui qui avait tellement affecté sa vie mais également celles de milliers de sorciers et êtres magiques.